15/04/2016

Molière commente De Saussure

C’est toujours un plaisir de relire ces lignes de Molière. Quelle maîtrise de la langue ! Quel talent : en quelques mots dire autant de vérités. Molière a bien raison : n’est pas thérapeute qui veut…

Qui sont les Sganarelle des temps modernes selon vous ?

Allez, je suis sympa, je vous donne un indice : de l’orange tu porteras, et Sganarelle tu deviendras !

 

Bonne lecture and keep calm !

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SGANARELLE entre sur le théâtre en chantant, et tenant une bouteille.- La, la, la.

VALÈRE.- J’entends quelqu’un qui chante, et qui coupe du bois.

SGANARELLE.- La, la, la... Ma foi, c’est assez travaillé pour boire un coup : prenons un peu d’haleine. (Il boit, et dit après avoir bu.) Voilà du bois qui est salé, comme tous les diables .

Qu’ils sont doux
Bouteille jolie,
Qu’ils sont doux
Vos petits glougloux !
Mais mon sort ferait bien des jaloux,
Si vous étiez toujours remplie.
Ah ! Bouteille ma mie,
Pourquoi vous videz-vous ?

Allons, morbleu, il ne faut point engendrer de mélancolie.

VALÈRE.- Le voilà lui-même.

LUCAS.- Je pense que vous dites vrai : et que j’avons bouté le nez dessus.

VALÈRE.- Voyons de près.

SGANARELLE, les apercevant, les regarde en se tournant vers l’un, et puis vers l’autre, et, abaissant sa voix, dit.- Ah ! ma petite friponne, que je t’aime, mon petit bouchon 

... Mon sort... ferait... bien des.... jaloux,
Si...

Que diable, à qui en veulent ces gens-là ?

VALÈRE.- C’est lui assurément.

LUCAS.- Le velà tout craché, comme on nous l’a défiguré.

SGANARELLE, à part. Ici il pose la bouteille à terre, et Valère se baissant pour le saluer, comme il croit que c’est à dessein de la prendre, il la met de l’autre côté : ensuite de quoi, Lucas faisant la même chose, il la reprend, et la tient contre son estomac, avec divers gestes qui font un grand jeu de théâtre.- Ils consultent en me regardant. Quel dessein auraient-ils ?

VALÈRE.- Monsieur, n’est-ce pas vous qui vous appelez Sganarelle ?

SGANARELLE.- Eh quoi ?

VALÈRE.- Je vous demande, si ce n’est pas vous, qui se nomme Sganarelle .

SGANARELLE, se tournant vers Valère, puis vers Lucas.- Oui, et non, selon ce que vous lui voulez.

VALÈRE.- Nous ne voulons que lui faire toutes les civilités que nous pourrons.

SGANARELLE.- En ce cas, c’est moi, qui se nomme Sganarelle.

VALÈRE.- Monsieur, nous sommes ravis de vous voir. On nous a adressés à vous, pour ce que nous cherchons ; et nous venons implorer votre aide, dont nous avons besoin.

SGANARELLE.- Si c’est quelque chose, Messieurs, qui dépende de mon petit négoce, je suis tout prêt à vous rendre service.

VALÈRE.- Monsieur, c’est trop de grâce que vous nous faites : mais, Monsieur, couvrez-vous, s’il vous plaît, le soleil pourrait vous incommoder.

LUCAS.- Monsieu, boutez dessus 

SGANARELLE, bas.- Voici des gens bien pleins de cérémonie.

VALÈRE.- Monsieur, il ne faut pas trouver étrange que nous venions à vous : les habiles gens sont toujours recherchés, et nous sommes instruits de votre capacité.

SGANARELLE.- Il est vrai, Messieurs, que je suis le premier homme du monde, pour faire des fagots.

VALÈRE.- Ah ! Monsieur...

SGANARELLE.- Je n’y épargne aucune chose, et les fais d’une façon qu’il n’y a rien à dire.

VALÈRE.- Monsieur, ce n’est pas cela, dont il est question.

SGANARELLE.- Mais, aussi, je les vends cent dix sols, le cent.

VALÈRE.- Ne parlons point de cela, s’il vous plaît.

SGANARELLE.- Je vous promets, que je ne saurais les donner à moins.

VALÈRE.- Monsieur, nous savons les choses.

SGANARELLE.- Si vous savez les choses, vous savez que je les vends cela.

VALÈRE.- Monsieur, c’est se moquer que...

SGANARELLE.- Je ne me moque point, je n’en puis rien rabattre.

VALÈRE.- Parlons d’autre façon, de grâce.

SGANARELLE.- Vous en pourrez trouver autre part, à moins : il y a fagots, et fagots. Mais pour ceux que je fais...

VALÈRE.- Eh ! Monsieur, laissons là ce discours.

SGANARELLE.- Je vous jure que vous ne les auriez pas, s’il s’en fallait un double .

VALÈRE.- Eh fi.

SGANARELLE.- Non, en conscience, vous en payerez cela. Je vous parle sincèrement, et ne suis pas homme à surfaire.

VALÈRE.- Faut-il, Monsieur, qu’une personne comme vous s’amuse à ces grossières feintes ? s’abaisse à parler de la sorte ? qu’un homme si savant, un fameux médecin, comme vous êtes, veuille se déguiser aux yeux du monde, et tenir enterrés les beaux talents qu’il a ?

SGANARELLE, à part.- Il est fou.

VALÈRE.- De grâce, Monsieur, ne dissimulez point avec nous.

SGANARELLE.- Comment ?

LUCAS.- Tout ce tripotage  ne sart de rian, je savons, çen que je savons.

SGANARELLE.- Quoi donc ? que me voulez-vous dire ? Pour qui me prenez-vous ?

VALÈRE.- Pour ce que vous êtes, pour un grand médecin.

SGANARELLE.- Médecin vous-même : je ne le suis point, et ne l’ai jamais été.

VALÈRE, bas.- Voilà sa folie qui le tient. (Haut.) Monsieur, ne veuillez point nier les choses davantage : et n’en venons point, s’il vous plaît, à de fâcheuses extrémités.

SGANARELLE.- À quoi donc ?

VALÈRE.- À de certaines choses, dont nous serions marris.

SGANARELLE.- Parbleu, venez-en à tout ce qu’il vous plaira, je ne suis point médecin : et ne sais ce que vous me voulez dire.

VALÈRE, bas.- Je vois bien qu’il faut se servir du remède . (Haut.) Monsieur, encore un coup, je vous prie d’avouer ce que vous êtes.

LUCAS.- Et testigué, ne lantiponez point davantage, et confessez à la franquette, que v’êtes médecin.

SGANARELLE.- J’enrage.

VALÈRE.- À quoi bon nier ce qu’on sait ?

LUCAS.- Pourquoi toutes ces fraimes-là ?  à quoi est-ce que ça vous sart ?

SGANARELLE.- Messieurs, en un mot, autant qu’en deux mille, je vous dis, que je ne suis point médecin.

VALÈRE.- Vous n’êtes point médecin ?

SGANARELLE.- Non.

LUCAS.- V’n’estes pas médecin ?

SGANARELLE.- Non, vous dis-je.

VALÈRE.- Puisque vous le voulez, il faut s’y résoudre .

Ils prennent un bâton, et le frappent.

SGANARELLE.- Ah ! ah ! ah ! Messieurs, je suis tout ce qu’il vous plaira.

VALÈRE.- Pourquoi, Monsieur, nous obligez-vous à cette violence ?

LUCAS.- À quoi bon, nous bailler la peine de vous battre ?

VALÈRE.- Je vous assure que j’en ai tous les regrets du monde.

LUCAS.- Par ma figué , j’en sis fâché, franchement.

SGANARELLE.- Que diable est ceci, Messieurs, de grâce, est-ce pour rire, ou si tous deux, vous extravaguez, de vouloir que je sois médecin ?

VALÈRE.- Quoi ? vous ne vous rendez pas encore : et vous vous défendez d’être médecin ?

SGANARELLE.- Diable emporte, si je le suis.

LUCAS.- Il n’est pas vrai qu’ous sayez médecin ?

SGANARELLE.- Non, la peste m’étouffe ! (Là ils recommencent de le battre.) Ah, ah. Hé bien, Messieurs, oui, puisque vous le voulez, je suis médecin, je suis médecin, apothicaire encore, si vous le trouvez bon. J’aime mieux consentir à tout, que de me faire assommer.

VALÈRE.- Ah ! voilà qui va bien, Monsieur, je suis ravi de vous voir raisonnable.

LUCAS.- Vous me boutez la joie au cœur, quand je vous vois parler comme ça.

VALÈRE.- Je vous demande pardon de toute mon âme.

LUCAS.- Je vous demandons excuse, de la libarté que j’avons prise.

SGANARELLE, à part.- Ouais, serait-ce bien moi qui me tromperais, et serais-je devenu médecin, sans m’en être aperçu ?

VALÈRE.- Monsieur, vous ne vous repentirez pas de nous montrer ce que vous êtes : et vous verrez assurément, que vous en serez satisfait.

SGANARELLE.- Mais, Messieurs, dites-moi, ne vous trompez-vous point vous-mêmes ? Est-il bien assuré que je sois médecin ?

LUCAS.- Oui, par ma figué.

SGANARELLE.- Tout de bon ?

VALÈRE.- Sans doute.

SGANARELLE.- Diable emporte, si je le savais !

VALÈRE.- Comment ? Vous êtes le plus habile médecin du monde.

SGANARELLE.- Ah ! ah !

LUCAS.- Un médecin, qui a gari , je ne sais combien de maladies.

SGANARELLE.- Tudieu !

VALÈRE.- Une femme était tenue pour morte, il y avait six heures ; elle était prête à ensevelir, lorsqu’avec une goutte de quelque chose, vous la fîtes revenir, et marcher d’abord, par la chambre.

SGANARELLE.- Peste !

LUCAS.- Un petit enfant de douze ans, se laissit choir du haut d’un clocher, de quoi il eut la tête, les jambes, et les bras cassés ; et vous, avec je ne sai quel onguent, vous fîtes qu’aussitôt, il se relevit sur ses pieds, et s’en fut jouer à la fossette.

SGANARELLE.- Diantre !

VALÈRE.- Enfin, Monsieur, vous aurez contentement avec nous : et vous gagnerez ce que vous voudrez, en vous laissant conduire où nous prétendons vous mener.

SGANARELLE.- Je gagnerai ce que je voudrai ?

VALÈRE.- Oui.

SGANARELLE.- Ah ! je suis médecin, sans contredit : je l’avais oublié, mais je m’en ressouviens. De quoi est-il question ? où faut-il se transporter ?

VALÈRE.- Nous vous conduirons. Il est question d’aller voir une fille, qui a perdu la parole.

SGANARELLE.- Ma foi, je ne l’ai pas trouvée.

VALÈRE.- Il aime à rire. Allons, Monsieur.

SGANARELLE.- Sans une robe de médecin ?

VALÈRE.- Nous en prendrons une.

SGANARELLE, présentant sa bouteille à Valère.- Tenez cela vous : voilà où je mets mes juleps. (Puis se tournant vers Lucas en crachant.) Vous, marchez là-dessus, par ordonnance du médecin.

LUCAS.- Palsanguenne, velà un médecin qui me plaît ; je pense qu’il réussira ; car il est bouffon.

 

 

 

Molière, Le médecin malgré lui, Acte I, scène 5.

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03/04/2016

Journée mondiale de l'autisme: souvenirs, souvenirs :-)

Un grand merci à tous les acteurs de cette Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme qui, chaque 2 avril, permet aux personnes concernées et à leurs familles de mettre en lumière leur combat qui dure tout le reste de l'année !

1 jour sur 365 pour dire: nos enfants ne sont pas que des autistes, ils sont avant tout des enfants, petits ou grands ! Des personnes qui ont des compétences !

Visionnez notre  petit montage vidéo: amateur, mais qui vient du cœur :-) !!




IMG_6268.JPGIMG_6275.JPGIMG_6279.JPGIMG_6258.JPGIMG_6266.JPGIMG_6264.JPGRendez-vous en 2017 et rejoignez-nous tout le reste de l'année en créant des projets à nos côtés :-)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La vidéo est aussi visible sur notre page facebook: 

https://www.facebook.com/Autisme-Gen%C3%A8ve-767505886694877/?ref=settings

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01/04/2016

2 avril 2016: journée mondiale de sensibilisation à l'autisme

Autisme suisse romande, association organisatrice des événements du 2 avril en Romandie, vous invite à nous rejoindre le samedi 2 avril dès 14h à Lausanne, où nous vous accueillerons en bleu pour célébrer la journée mondiale de sensibilisation à l'autisme !

 Le bleu, c'est la couleur symbole de l'autisme.

journnee mondiale_2016.jpg

 Ce sera l'occasion d’échanger directement avec les personnes concernées et leurs familles.

 

A cette occasion, de nombreux bâtiments seront illuminés en bleu, dont le Jet d'eau: allez le regarder, cela vaut le détour :-) Des drapeaux tout en bleu flotteront sur le pont du Mont-Blanc rappelant au plus grand nombre que les troubles du spectre de l'autisme concernent 1 personne sur 100 !

 

 

CaroleParodi-9531-XL.jpg

 

 

Infos: http://www.autisme.ch/

 

Pour toutes les personnes qui souhaiteraient s'associer à notre cause, rendez-vous au semi-marathon de Genève, le 8 mai et courez en bleu pour Autisme Genève, association locale d'autisme suisse romande.

 

Infos: info@autisme-ge.ch

 

 

Enfin, pour les personnes qui s'intéressent à ce sujet, voici la conférence de presse du 22 mars dernier autour de la question de l'école inclusive qui avait inauguré les actions officielles liées à la Journée de l'autisme:

 

 

 

http://livestream.com/GvaPressClub/AutismeGeneve2016/vide...

 

inclusion_en_classe_ordinaire_avec_une_ais.jpg

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19/03/2016

Inclusion scolaire: la guerre des chiffres n'aura pas lieu

 De quoi parle-t-on lorsqu'on parle d'inclusion ?

 

Lorsqu'on est parent, on parle avant d'un parcours de vie, celui de son enfant. Un enfant né différent.

 

Très vite, on se rend compte que sa vie, sa vie personnelle, sa vie familiale, sa vie professionnelle, sa vie sociale va être changée par cette différence. On s'y prépare, plus ou moins, parfois moins que plus.

 

On comprend assez vite qu'il va falloir chercher au plus profond de soi-même des forces spéciales, des forces qu'on ne soupçonnait peut-être même pas d'avoir. Mais on les a.

 

Lorsqu'on est parent, on parle avant tout de son enfant. De son parcours.

 

Tout débute par une inquiétude.

 

Il ne parle pas, peu, autrement

Il ne joue pas, peu, autrement;

Il ne regarde pas, peu, autrement;

Il ne mange pas, peu, autrement

Il... pas, peu, autrement...

 

Pas, peu. Autrement.

 

Cela continue par un "ce n'est pas grave".

 

Il y a quand même du "peu", du "autrement" et on met au pas les pas. Et on avance.

 

Puis, au bout d'un moment, ça finit par: "il est autrement".

 

Pas beaucoup.

Un peu.

On ne sait plus.

 

La vie devient dès lors un défi: les actes les plus anodins du quotidien une épreuve à surmonter.

 

On comprend assez vite qu'il va falloir chercher au plus profond de soi-même des forces spéciales.

 

Et on poursuit. On dort parfois un peu moins, on remonte comme on peut le courant à contre-courant et on puise, par ci, par là, des petites forces, des sourires, du soutien, du répit. Mais si peu.

 

On vit au quotidien les regards, mais ce n'est pas encore trop grave. Puis on vit l’exclusion, comme une gifle. Là cela devient bien plus grave. Puis, peu à peu le monde devient de plus en plus petit. Il est maintenant minuscule. On vous a volé tous les possibles.

 

Votre enfant a maintenant quatre ans et le monde, pour lui, est devenu minuscule. On lui a volé tous ses possibles.

 

Vous comprenez alors, pardon, on vous fait comprendre alors que votre enfant est vraiment différent.

 

Et la différence ici se traite ailleurs. Si possible loin, à l'abri sans doute des regards.

 

Alors, on continue à se battre, en dormant encore un peu moins parfois, en remontant le courant encore un peu plus à contre-courant et en puisant, par ci, par là, des petites forces, des sourires, du soutien, du répit. Mais si peu.

 

On sent quand même un peu la fatigue. Et votre enfant qui grandit. Là-bas, à l'abri des regards. Mais, pour son bien, disent-ils.

A la fatigue s'ajoute alors un brin d'amertume. Mais on l'enfouit, au fond, tout au fond de soi, là où se cachent les forces. A quoi pourrait bien servir l'amertume ?

 

De quoi parle-t-on lorsqu'on parle d'inclusion ?

 

Lorsqu'on est parent, on parle avant d'un parcours de vie, celui de son enfant. Un enfant né différent.

 

On ne parle pas de chiffres, on n'a pas le temps. Ce n'est pas intéressant pour un parent. Chiffres de quoi ? A celui qui inclut le plus ? A celui qui s'enorgueillit de dire ce qu'il ne fait pas ? A celui qui dégoise à tort ?

 

Quels chiffres ?

 

Un parent n'a pas besoin de chiffres: il sait. Sa mesure est celui de son quotidien. C'est son quotidien et celui de son enfant qui mesurent le bien.

 

Ici, le bien est ailleurs. Loin. Si possible des regards.

 

Ailleurs, j'ai pu mesurer que le bien était bien là. Au quotidien. Je n'ai pu mesurer sa grandeur parce que la grandeur ne se mesure pas.

 

Quels chiffres ?

 

De quoi parle-t-on lorsqu'on parle d'inclusion ?

 

Moi, je parle de mon enfant. Celui a qui on a dit "non". Non ta place n'est pas à l'école. Non ta place n'est pas parmi tes pairs. Exclu. Sous le regard de tous, acteurs et garants du système.

Là-bas, on lui aurait dit "oui". Voilà ce que je comprends. Il aurait eu sa place à l'école, une place à sa mesure. Il aurait été avec les autres enfants de son âge. Inclus. Reconnu. Un élève, tout simplement. Là-bas, il aurait été lui. On ne lui aurait pas volé ses possibles.

Alors, non, la petite guéguerre des chiffres n'aura pas lieu. Celle qui essaye de justifier l'injustifiable, celle qui essaye d'embrouiller, de masquer, celle qui essaye de sauver quoi au juste ? Les choix d'antan ? Ceux qui qualifiaient nos enfants d’"arriérés" ? Ceux qui faisaient croire que nous étions des avant-gardistes ?

 

L'exclusion n'a jamais été une idée avant-gardiste. Ou le croit-on ici ?

 

Non: la guéguerre des chiffres n'aura pas lieu. Celle qui veut sauver les apparences. Celle qui veut masquer la réalité.

 

De quoi parle-t-on lorsqu'on parle d'inclusion ? Mais demandez donc aux parents.

 

Ici, dans notre pays, on parle d'enfants laissés au ban. Leur vie durant.

 

Là-bas, on parle d'élèves assis sur les bancs. Acteurs de leur vie.

 

 

Alor non la guéguerre des chiffres n'aura pas lieu.

 

Nous, on veut juste parler de nos enfants. Ceux à qui ici on a dit "non" et à qui, là-bas, on aurait dit "oui".

 

Voilà ce qu'est l'école inclusive. Une école à qui on ne dit pas "non" à des enfants parce qu'ils sont différents.

 

 

Je vous invite à découvrir l'école de là-bas

https://www.facebook.com/Autisme-Genève-767505886694877/?...

 

 

inclusion en classe ordinaire avec une AIS-2.jpg

06/03/2016

Peut-on encore autoriser l’approche psychodynamique pour les enfants autistes dans les milieux institutionnels publics ?

Peut-on encore autoriser l’approche psychodynamique pour les enfants autistes dans les milieux institutionnels publics ?

L’approche psychodynamique a été formellement reconnue comme non consensuelle par la Haute Autorité de la santé, dénoncée par les instances onusiennes et reconnue comme inefficace, au niveau international,  par tous les spécialistes de la question. Mais un fief de psychiatres et de psychologues analystes continuent, malgré tout, à affirmer le contraire, à organiser des conférences en diffusant des contre-vérités, y compris dans des espaces universitaires, et à s’occuper directement de nos enfants après avoir entraîné dans leur sillon des enseignants et des éducateurs, apparemment peu formés et encore moins informés.

diablotin.gifLe plus insolite est lorsque vous dialoguez avec ces acteurs : ils vous affirment qu’il ne faut pas diaboliser l’approche psychodynamique (Pape Satàn, pape Satàn aleppe ! comprendra qui voudra) et que, bien évidemment, elle n’est utilisée QUE pour soulager les équipes, afin de recevoir leurs émotions, leur ressenti, dans des séances de débriefing bien agendées, elles,  parce qu’elles ont eu le courage de travailler avec nos petits diablotins.

Je ne sais pas s‘il faut du courage pour travailler avec nos affreuses têtes euhhh … ils sont  de quelle couleur les diables ? allez disons rougeâtres… affreuses têtes rougeâtres…. mais ce qui est sûr c’est qu’il nous faut, en tant que parents, beaucoup de courage pour les écouter, eux, lorsqu’ils parlent de  nos enfants.

Chérubins déchus, êtres morcelés, dysharmoniques au possible faisant subir des émotions si terrifiantes à leurs référents que ces deniers ont besoin de séances exutoires pour gérer leur ressenti intérieur afin, évidemment, d’éviter des actes malveillants !  Tout un programme.

 Au fond, on pourrait se dire que si, après tout, ces séances dirigées par des thérapeutes experts en (outils ?) psychodynamiques peuvent faire du bien à ces professionnels éprouvés par nos enfants … et éviter que cela débouche par des périodes d’absence prolongée, pourquoi pas…

 

Et peu importe l’image qu’ils renvoient des enfants aux familles. N’en parlons pas.

 

perplexe.gifPar contre, j’avoue que je me suis toujours posée la question de savoir pourquoi certains professionnels avaient ce besoin si intense de partager religieusement  leur ressenti afin d’apaiser le sentiment de mal-être intérieur que leur procurent nos enfants (no comment) et d’autres qui œuvrent pourtant depuis des décennies avec ces mêmes enfants réussissaient à leur survivre  sans aucun besoin de se confesser. Mystère.

Peut-être est-ce une question d’outils ? Lorsqu’on sait employer les bons outils (qui ne sont pas psychodynamiques) avec nos enfants, on n’a pas besoin de partager son ressenti en séance protocolée, mais on utilise plutôt ce temps (précieux) pour parler des objectifs à atteindre, pour parler des moyens à mettre en œuvre pour les atteindre. Ça prend en effet du temps. Un temps utile et qui occupe l’esprit.

Peut-être pourrais-je inviter certains de nos professionnels -apparemment martyrisés- à voir comment travaillent les professionnels dans d’autres pays qui ne ressentent pas tout le besoin d’organiser des séances de débriefing émotionnel après avoir travaillé toute la journée avec des enfants autistes ? Comment cela se fait-il ?  Ils ne vont tout de même pas me dire que les enfants autistes dans les autres pays sont moins diablotins que ceux de nos contrées ? Ce serait infernal comme argument.

 

 

Soyons sérieux.

Peut-on encore autoriser l’approche psychodynamique pour les enfants autistes dans les milieux institutionnels publics ?

Ce n’est pas éthique, ce qui à mes yeux, prime et de surcroît cela fait perdre un temps précieux aux enfants, à leur famille et aux professionnels qui essayent de travailler (enfin) autrement. Et le temps c’est de l’argent. Juste ?

 

index.jpgPersonne n’est dupe. On sait bien que cette approche ne sous-tend pas QUE les séances de débriefing pour le personnel (contrairement à ce qu’on veut nous faire croire), mais qu’elle sous-tend bel et bien à toute la vie institutionnelle.  Utiliser des outils spécifiques avec un « esprit » psychodynamique trompe sciemment les familles et ne donne que de piètres résultats pour les enfants eux-mêmes. C’est une mascarade.

 

 

Il faudra beaucoup de temps pour changer de « culture institutionnelle ». Un temps pendant lequel certains s’enorgueilliront, forts de leur pouvoir. L’orgueil fera son ouvrage. Il est facile de duper nos petits satans, mais il est bien plus difficile de lutter longtemps contre ce qui est évident.

 

Peut-on encore autoriser l’approche psychodynamique pour les enfants autistes dans les milieux institutionnels publics ?

A qui doit-on poser la question ?

 

27/02/2016

L'école inclusive: changer nos "représentations"

La question de l’inclusion est devenue un sujet politique. C’est même un des axes prioritaires du DIP.  Nous nous en réjouissons.

 

 

classe.jpg

C’est un sujet toutefois qui prête à confusion et qui crée des tensions. Ce n’est pas étonnant. Il y a souvent une mauvaise compréhension du terme même d’« inclusion ». Chaque acteur sur le terrain en ayant sa propre perception et définition. Il y a ceux qui pensent qu’elle correspond à un idéal, certains qu’elle n’est possible qu’en passant  préalablement par l’étape « intégration », d’autres encore imaginent que le simple transfert du dispositif du spécialisé au sein de l’école ordinaire suffira et quelques personnes enfin, apparemment peu informées, croient que l’inclusion médicalisera l’école. Difficile dans ces conditions de dégager une convergence.

 

De cette façon, chacun se fait sa propre « représentation » de l’inclusion.  Une représentation qui se forge au gré du crédit qu’on attribue aux personnes handicapées et de la place que la société leur accorde. Dans notre canton, les enfants à besoins spécifiques  sont, dès leur plus jeune âge, séparés de leurs pairs : quelle représentation pourrions-nous donc bien en avoir, sinon celle d’enfants « faibles », « déficitaires », « à réparer » ? D’enfants qui nécessitent d’être « à part » parce qu’ils sont différents et qu’il a été décidé de traiter la différence en mode séparé (pour leur bien) ?

La ségrégation est historique dans notre canton. Mais elle repose sur un faux postulat, celui de croire que l’exclusion est préférable à l’union, et sur une confusion, celle d’attribuer au terme « séparé » le sens de « désunir » et non celui d’« isoler ». N’importe quel élève, y compris un élève à besoins spécifiques a parfois besoin d’être « isolé » pour mieux apprendre, mais il n’a jamais besoin d’être désuni de ses pairs.

Comment faire évoluer notre « représentation » des enfants à besoins spécifiques ?

Peut-être faudrait-il s’interroger sur la formation pédagogique et ses filières. Les outils employés par les enseignants dits spécialisés sont en réalité très utiles pour tous les élèves.  Clarifier les espaces, fournir des supports visuels, structurer les tâches, mais aussi soutenir les efforts de l’élève en mettant en place des systèmes motivationnels concrets sont des mesures simples et utiles pour quiconque. La seule différence, peut-être, c’est que pour l’élève autiste et pour tous ses camarades à besoins spécifiques, ces outils sont tout simplement incontournables.  Mais au détour de cet incontournable, il y a la rencontre et le partage. N’est-ce pas là aussi le sens du métier d’enseignant : offrir des espaces d’échanges ?  Créer des liens, plutôt que de les défaire ?

Pourquoi séparer des enfants lorsqu’on peut, au contraire, les faire se rencontrer ? Pourquoi voir le déficit, là où il y a en réalité un potentiel ?

Peut-être faudrait-il s’interroger sur l’organisation de nos ressources humaines et logistiques. Est-il envisageable de diminuer plutôt que de penser toujours à augmenter ? Pourquoi augmenter le nombre d’intervenants peu qualifiés plutôt que de diminuer le nombre d’élèves par classe ? Ce moins deviendrait un plus pour tous, ne le pensez-vous pas ? Est-ce que l’idée d’avoir une classe à moindre effectif avec un titulaire formé et un assistant formé paraît si insensée ? Et y  en réfléchissant bien, n’aurions-nous pas déjà la majorité des ressources à disposition ?

Pourquoi séparer des enseignants tous qualifiés lorsqu’on peut au contraire les faire se rencontrer, et favoriser leur collaboration dans un même espace ?

 

Peut-être faudrait-il s’interroger sur les espaces eux-mêmes.

 

Réunir, organiser des espaces de travail distincts, combiner des moments d’apprentissage isolés, plus individuels et des moments collectifs, visualiser, concrétiser… c’est tout cela que l’école inclusive favorise. N’est-elle pas tout simplement  l’école des enfants ? Les enfants, c’est connu, n’ont pas tous la même forme d’intelligence, ils n’apprennent pas tous de la même manière.

Pourquoi compartimenter, uniformiser les apprentissages alors que le développement même de l’enfant n’est que flux ?

 

Peut-être faudrait-il s’interroger sur le droit. Les droits fondamentaux de nos enfants d’être parmi leurs pairs et de partager avec eux les rires de l’enfance, ses questionnements et ses espoirs.

L’école inclusive ce n’est rien d’autre que tout cela : partager des savoirs, partager des espaces,  alterner des apprentissages collectifs et individuels, adapter les ressources pédagogiques, respecter le droit de l’enfant d’être reconnu dans son intelligence. Cette école-là nous donne une magnifique opportunité de faire évoluer nos « représentations » du handicap.

Aujourd’hui nos enfants, de fait, sont exclus de la société, parce que physiquement placés dans des lieux de vie, lieux de travail, lieux de loisirs séparés des autres, des autres définis « normaux ». Normaux ?

Genève a créé une économie (onéreuse) parallèle, celle des handicapés. Un choix qui aujourd’hui est pointé du doigt par des instances internationales de la défense des droits humains.

Mettre le droit au centre de tous les dispositifs, qu’ils soient politiques, économiques ou sociétaux : voilà ce à quoi nous invite la mise en place de l’école inclusive de demain. C’est le message que le DIP a livré lors de la journée qu’il a consacrée, en novembre 2015, à l’école inclusive.

Une révolution inéluctable est en marche, une révolution aussi importante que celle qui a amené le droit à la liberté d’expression, le droit de se réunir, le droit à l’égalité des races… C’est une belle révolution et, à terme, j’en suis sûre, rien ne nous semblera plus absurde, comme il nous semblerait absurde aujourd’hui de défendre l’apartheid, qu’on ait pu croire que la séparation était préférable à l’union, que la création d’une « société » parallèle, identifiée par le label « besoins spécifiques », était plus appréciable que l’union.

C’est le droit et le droit seul qui a mis fin à ce que nous percevons aujourd’hui comme des absurdités. Alors, nous avons le droit, je pense, de rêver en ce qui concerne l’avenir de nos enfants…

 

L’école inclusive est une école qui épouse le mouvement. Epouser le mouvement est le meilleur moyen de le conserver. Et le mouvement, c’est la vie.

 

 

 

 

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28/11/2015

L'inclusion: un concept en pleine évolution...

Dans le principe, il y eut un manque de vocabulaire.

Puis, un manque de compréhension.

Ensuite, un refus : « partager mon territoire, ça va pas la tête ou quoi ? » Non, non !

Ensuite, une hésitation.  Non, oui…. « Et si l’autre pouvait quand même un peu améliorer notre quotidien ? »

Ensuite, un peu plus d’évidence : « Diantre ! Cet autre (étranger, handicapé, sportif ou artiste hors norme) peut vraiment m’amener un plus …incroyable !»

Enfin, l’homme devint sapiens.

 

evolution-de-l-homme.jpg

 

Au pays de « oui, oui », tout est possible. Même marcher debout.

Même aller à l’école lorsqu’on est un enfant ! Oui, oui !

 

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Absolument, tout est possible.

 

Alors, à quel stade en sommes-nous dans l’histoire de notre évolution à Genève ?  Qu’en pensez-vous ?

 

Moi je dirai au : « Non, oui ! »

….non ?

euhh…. opsss peut-être  au « non, non » alors :-) ?

… non ?

à « l’inclusion ? »

… non ? zut….ne me dîtes pas qu’on en est encore à :

« L’inclu., quoi ? »

 

Quoi ?! J’en perds les mots !

 

 

 

 

 

 

22/11/2015

Le droit des enfants comme moteur de l’école inclusive

 

J’ai assisté hier, samedi 21 novembre, à la journée sur l’école inclusive organisée par le DIP. 

Nous avons assisté à une très belle présentation, donnée par l’archiviste du DIP, Mme Chantal Renevey Fry, sur l’histoire de la « filière » spécialisée qui –à Genève- depuis le début s’est dessinée comme « séparatiste ».  Les personnes dénommées à l’époque comme « retardées », « arriérées » etc. étaient perçues comme dérangeant la « norme ». Il était donc préférable, et ce avec les meilleures intentions du monde de la part des responsables de l’époque qui ont fait ce choix, de les séparer des « élèves normaux » pour leur permettre d’apprendre à un rythme différent.

 

 La ségrégation est donc un héritage.

 

Il est difficile de se défaire d’un héritage qui est ancré dans les mentalités, dans les rouages administratifs et économiques d’une société. 

C’est d’ailleurs exactement ce qu’a formulé l’excellent conférencier de la matinée, M. Thomazet, maître de conférences à l’Ecole Supérieure du Professorat et de l’Education Clermont-Auvergne, spécialiste de l’école inclusive, qui a parfaitement illustré le changement de paradigme que la société, et donc aussi l’école, doit réussir à opérer pour faire de l’inclusion une réalité. Au centre de son argumentation, M. Thomazet a placé le DROIT.  Le droit aussi défini par des instances supranationales.

C’est exactement ce qu’Autisme Genève met en évidence et défend depuis le début : le DROIT.

C’est le sens de son action lorsqu’elle a interpellé, en 2014, le comité des droits de l’enfant, instance onusienne, pour attirer l’attention sur la ségrégation de fait qui existe en Suisse, et tout particulièrement dans le Canton de Genève. Nos enfants, dans leur très grande majorité, sont de fait en dehors du circuit scolaire ordinaire. 

Je suis donc ravie que la vision et une action comme celle d’Autisme Genève auprès de l’ONU correspondent aux propos énoncés par M.Thomazet, invité d’honneur du DIP. Pour créer l’école inclusive, il faut effectivement, comme le dit ce conférencier, changer de paradigme.

Ce sera probablement long.  Nous le savons. Mais je pense que cela sera encore plus long si des responsables de notre Canton n’utilisent pas le droit comme un tremplin pour accélérer le « processus » (mot employé pour qualifier la mise en place de l’école inclusive).

Il ne faut donc pas considérer les initiatives d’Autisme Genève, aussi dérangeantes soient-elles, comme une menace, mais comme un moteur pour le changement. Au fond peu importe que cela soit une association ou une autre instance qui pointe du doigt les contradictions d’un Etat. L’essentiel c’est de les pointer et de faire primer le DROIT sur les autres considérations.

C’est exactement ce qu’a fait le pays basque espagnol, dont le gouvernement en s’appuyant sur les associations de parents, a créé non seulement l’école, mais également la société inclusive. Nous l’avons vu de nos propres yeux. C’est un modèle, par ailleurs, qui a été primé au niveau international.

Nous nous réjouissons, à Autisme Genève, de finaliser notre rapport sur le voyage que nous avons effectué, en octobre dernier, au pays basque espagnol et de livrer les vrais chiffres sur l’inclusion scolaire dans cette région.  Puisque nous avons eu la chance de rencontrer deux membres du gouvernement, nous décrirons également les décisions politiques qui ont permis de changer radicalement de paradigme en passant d’un système ségrégationniste à un système TOTALEMENT inclusif et ce tout au long de la vie des personnes à besoins spécifiques.

C’est possible. C’est ce possible que nous voulons partager avec le gouvernement, mais aussi avec le plus grand nombre de personnes et plus particulièrement avec les acteurs de l’éducation à Genève.

Je pense qu’en leur disant que c’est « possible » et en leur démontrant comment cela est possible nous transmettons une vision positive et très constructive de l’avenir.

Nous ne sommes pas une association d’opposition, n’en déplaise à celles et ceux qui veulent véhiculer cette image de notre association (c’est si simple de se battre contre le pot de terre), mais de co-construction. Nous sommes une association qui, grâce à sa manière différente de penser, propose du possible. 

Autisme Genève a fait du droit un axe de pertinence. Lui demande-t-on d’être une association consensuelle et de se taire ? 

 

Memento audere semper

 

30/10/2015

Pour apprendre, il faut se taire. Et écouter.

La plus grande difficulté ce n’est pas de naître ni d’être autiste, c’est d’être autiste avec des non autistes. C’est d’être une minorité qui dépend d’une majorité qui agit sans savoir. Pire qui prétend savoir.

Mon fils, autiste, m’a appris une chose essentielle : celle d’écouter, de l’écouter.

Il est vrai que c’était le seul moyen de comprendre. Il faut dire qu’il y a un peu plus de dix ans maintenant, lorsqu’il n’était encore qu’un jeune enfant, ce n’est pas lui qu’on m’invitait à écouter, mais plutôt tous ces autres, plus grands, plus solennels, plus savants, dont je n’oublierai jamais ni le nom, ni le visage, ni les mots. Des mots vides de sens.

Mon fils, autiste, m’a appris une chose essentielle : celle de mettre du sens sur ce que ces autres prétendaient à tort être du non-sens.

 

C’est en écoutant mon fils que j’ai appris.

 

J’ai écouté son regard, ses gestes aussi bizarres semblaient-ils, j’ai écouté ses tournoiements incessants, j’ai écouté sa manière de ranger et encore ranger et encore ranger et encore ranger mes livres sur cette étagère poussiéreuse de ma vieille bibliothèque qui me servait alors de repère. Repère. J’ai écouté son cœur. Et un jour, j’ai pu écouter des mots. Des mots pleins de sens.

 

C’est en écoutant son regard, ses gestes, ses tournoiements, ses rangements, son cœur et peut-être aussi ses mots que j’ai appris.

 

Pour apprendre, il faut se taire. Et écouter.

 

Ensemble, nous avons commencé à tracer un chemin, lui et moi, en ramassant au gré de nos pas tout ce qui nous permettait d’avancer et nous avons avancé. Nous avançons encore. Au début, je mettais bien plus de cailloux que lui, mais les brindilles qu’il ramassait colmataient déjà ce que mes cailloux ne pouvaient remplir.

Aujourd’hui c’est moi qui ramasse les brindilles et lui les cailloux. Il a 16 ans. Le chemin derrière nous est long, très long.

Et demain ? Demain, je le regarderai ramasser ses cailloux et ses brindilles. Et je me dirai sûrement que tous ces autres, plus grands, plus solennels, plus savants, dont je n’oublierai jamais ni le nom, ni le visage, ni les mots avaient bien tort de ne pas croire que son regard, ses gestes, ses tournoiements, ses rangements, son cœur et peut-être même ses mots avaient depuis toujours du sens. Le sens de sa vie.

 

Pour apprendre, il faut se taire. Et écouter.

 

Sur son chemin, mon fils, a toujours choisi : au début son choix avait le poids d’une brindille, aujourd’hui d’un caillou et demain il aura le poids de mille brindilles et de mille cailloux.

 

N’est-ce pas là la meilleure manière de s’autodéterminer ?

 

Pour comprendre, je vous invite à participer à une matinée réalisée par des conférenciers, débatteurs, protagonistes eux-mêmes autistes. Une matinée qui questionne sur la capacité que nous avons vraiment à les écouter.

samedi 7 novembre 2015 de 9h à 13h

au centre médical universitaire (CMU) A 250

Avenue de Champel 9, Rue Michel-Servet 1, Genève

 

Infos : http://autisme-ge.ch/5em-colloque/

 

Affiche_7 NOVEMBRE.jpg

11/10/2015

L’inclusion scolaire à Genève : un vrai théâtre !

rideau_theatre_10.jpgL'inclusion est devenu le thème à la mode.  Une priorité gouvernementale. Presque une ligne budgétaire. Il y en aura une. Aucun doute sur la question.

Mais les échanges vont quand même être vifs. Les acteurs vont discuter dans des commissions ad hoc constituées spécifiquement pour en débattre avec des gens très sérieux, des experts.  Le débat va être vivant, passionnant. Il y a ceux qui vont dire qu'on en fait trop pour les handicapés, les autres affirmeront qu’on n’en fait pas assez. On va se fâcher sur le sujet.  Les arguments vont fuser. Tout le monde essayera de faire primer sa position, forcément la meilleure. Et puis il y aura les sages. Les sages eux connaissent déjà la conclusion des débats. Ils savent déjà comment sera l'école inclusive. Normal, ce sont des sages. Et pour cause.

 

Magnifique: tous les registres sont parfaitement mis en scène, magistralement administrés par un pouvoir qui tait son nom. Normal, le pouvoir est toujours anonyme. Et pour cause.

 

Tout est parfait.  Synchro.  Déterminé. Lever le rideau !

Mais, au fait: joue-t-on vraiment la bonne pièce ?  C'est déjà quoi le titre de la pièce  ?

 

L'inclusion, c'est quoi au juste ?

 

  • Une politique d’essai-erreur ?  On essaye un modèle d’inclusion, puis une autre, puis le troisième et on revient en arrière.  On teste, quoi. Aux frais du contribuable toutefois.
  • Une sorte de compromis avec un système déjà existant ?  On maintient l’ancien système, mais on le relooke un peu: un petit changement de lieu par ci, un petit changement de  nom par là…  Petits changements aux frais du contribuable toutefois.

 

Je ne sais pas trop bien à quel registre attribué cette pièce. Que diriez-vous, vous ?  Un vaudeville, une tragicomédie, une impro. , une pièce de marionnette ?

 

Ce serait vraiment amusant de poursuivre cette critique littéraire si toutefois derrière ces facéties, il n’y avait pas en jeu l’avenir d’enfants. Parce que pendant que la galerie s’amuse à ajuster ses décors, des enfants (réels) eux sont discriminés.

 

Il me semblerait important de mener une réflexion sur le fond avec des acteurs qui ne sont pas déjà costumés. Par exemple, pourquoi ne pas aller voir comment se déroule l’inclusion scolaire dans des pays où elle est déjà pratiquée depuis des décennies avec des résultats à la clé ? Par exemple, au hasard, au pays basque espagnol.

 


En novembre 2012, dans le cadre de son colloque scientifique centré sur l’inclusion scolaire (http://autisme-ge.ch/colloque-modele-2/),  le Prof. Fuentes nous avait présenté le modèle inclusif de Gautena. Ce modèle entièrement financé par les pouvoirs publics est parti d’un projet gouvernemental clair et planifié : fermer toutes les institutions spécialisées, mais transférer toutes les compétences du spécialisé au sein même du milieu ordinaire.

Résultats après plus de 30 ans d’existence de ce modèle:

- les personnes autistes font partie de la société à part entière et bénéficie directement de l'aide dont elles ont besoin au sein même de l'école. Leurs droits sont donc respectés. Pas de discrimination.

- le taux d'hospitalisation et de médicalisation des personnes autistes a chuté de manière spectaculaire. A Genève, le taux d'hospitalisation ne cesse de croître....

- les budgets sont 50 fois moins élevés que lorsqu'il existait un système d’institutions spécialisés en parallèle à l'école publique... C'est un argument de poids pour les gouvernements me semble-t-il.

Sur la base de ces considérations et sur la suggestion du directeur de Gautena, nous avons invité le gouvernement genevois à nous accompagner sur place pour voir ce modèle d'inclusion scolaire. Malheureusement faute de budget (il est vrai qu’il n’y a pas de petite économie) et parce qu'il n'est pas encore habituel pour des officiels genevois d’accompagner une délégation de parents (c'est l'argument qui nous a été donné), aucun représentant du gouvernement n'a été désigné.

Pourtant, il est  intéressant, de notre point de vue, de voir sur place un modèle d'inclusion scolaire qui fonctionne avec succès autant sur le plan de la qualité de vie des personnes autistes que sur le plan budgétaire pour un Etat. Et ce depuis plus de trente ans et à moins de 2 heures de vol  de Genève....

 

Rencontrer des acteurs nouveaux nous permettrait sans doute d’écrire une pièce plus crédible. Ne le pensez-vous pas ?

 

Objectifs du voyage d'Autisme Genève prévu le 14 et 15 octobre prochain:

- Prendre connaissance de ce modèle en visitant les infrastructures et en ayant des échanges avec les directeurs, enseignants et éducateurs qui en sont les acteurs sur le terrain.

- Avoir un échange avec un membre du gouvernement pour comprendre comment il a été possible de mettre en place une telle politique publique en si peu de temps et avec une telle efficacité.

- Débattre avec nos interlocuteurs sur la question des aspects positifs et/ou négatifs du choix d'avoir fermé toutes les institutions spécialisées du pays en privilégiant exclusivement le modèle inclusif.

 

Autisme Genève s'engage ensuite à écrire un rapport,  à l'envoyer aux autorités compétentes du Canton et à le publier sur son site.

 

 

Entracte ;-)

 

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25/06/2015

Autisme et troubles du développement : Rapport du Conseil fédéral

 

Berne, 24.06.2015 - Le Conseil fédéral a adopté un rapport analysant la situation des enfants et des jeunes atteints d’autisme ou d’un autre trouble du développement en Suisse. Répondant au postulat déposé en 2012 par le conseiller aux Etats Claude Hêche (12.3672), ce rapport présente la situation dans les domaines de la détection, de la prise en charge et du soutien aux parents et fournit des recommandations pour améliorer leur situation.

Elaboré sur la base d’un projet de recherche réalisé par l’Haute école intercantonale de pédagogie spéciale de Zurich et la Haute école spécialisée de la Suisse occidentale de Fribourg/Lausanne, ce mandat a permis d’améliorer les connaissances sur l’autisme et d’autres troubles précoces du développement et d’étudier leur apparition et leur traitement par les différentes institutions et professions. Si de grands progrès ont été réalisés au cours de la dernière décennie, l’insuffisance d’offres adéquates est constatée dans toutes les régions en ce qui concerne la pose de diagnostic, les offres de prise en charge, l’orientation professionnelle, les offres de logement ou le soutien aux parents.

Recommandations

Parmi les mesures susceptibles d’améliorer la situation des personnes atteintes d’autisme, les experts ont relevé une meilleure formation spécifique pour les professionnels en contact avec des enfants ou des jeunes autistes. Autres points cités, une meilleure coordination entre les différentes offres institutionnelles, ou encore des offres de coaching destinées aux enseignants. Des coopérations entre cantons peuvent être judicieuses pour assurer la couverture des besoins. Par ailleurs, il faudrait garantir le financement des offres pour toutes les familles une fois le diagnostic posé.

La plupart des recommandations émises ne relèvent toutefois pas de la compétence de la Confédération. Un groupe de travail comprenant des représentants des cantons, de la Confédération et des autres acteurs concernés (associations de parents, sociétés médicales) sera chargé de passer en revue les recommandations exprimées dans le rapport afin de développer une vision commune, de définir les axes d'intervention, et de rendre compte au Conseil fédéral des résultats des travaux d’ici fin 2016.

 

 

Source: https://www.admin.ch/gov/fr/accueil/documentation/communi...

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09/06/2015

Les repas dans les institutions spécialisées pour enfant avec un handicap. Votre avis, svp

Un enfant handicapé fréquente une institution spécialisée.

 

Dans cette institution, il a été décidé qu'il y aurait une politique institutionnelle pour les repas. Voici la règle: l'enfant doit d'abord goûter à la salade s'il veut avoir la suite de son repas. Sinon, il en sera privé.

 

Dans cet exemple, c'est l'enfant qui doit s'adapter à l'institution et non l'institution qui s'adapte aux besoins spécifiques de l'enfant.

 

 

Qu'en pensez-vous ?

 

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22/04/2015

L'ONU recommande à la Suisse d'interdire la pratique du packing

Le packing est un sujet qui suscite toujours beaucoup d'émotions, dans un domaine où il ne faudrait, comme pour tous les sujets de santé publique, me semble-t-il, se baser que sur des données scientifiques.

 

Je suis d'ailleurs toujours étonnée des polémiques à ce sujet, alors que sur le plan scientifique, il n'y a que des évidences et que sur le plan des droits de la personne il y en a encore plus.

 

En quoi consiste le packing ?

 

Le packing est une technique réhabilitée dans les années ‘70 auprès de patients schizophrènes, adaptée ensuite, à partir des années 80, aux enfants autistes. Cette pratique a été ensuite étendue à d'autres population.

Il s’agit d’un enveloppement serré, humide, froid suivi d’un réchauffement, accompagné par une équipe pluridisciplinaire et consistant en une à plusieurs séances par semaine d’une durée de 45 à 60 minutes. La personne est soit nue, soit en sous-vêtements et entièrement enveloppée (sauf le visage) par ces draps humides et froids, de manière à ce qu'elle ne puisse pas se libérer par elle-même. C'est le principe même du pack.

 

 

Le packing comme outil psychothérapeutique

 

Selon les théories prédominantes dans le domaine du packing, dont les théoriciens sont des psychiatres et des psychanalystes, le drap humide et froid en collant à la peau permettrait concrètement au sujet malade de ressentir ses limites corporelles et d'avoir un "Moi-peau" (Anzieu). C'est cela, dans leur théorie, qui permettrait au sujet de se calmer et de faire la différence entre l'intérieur et l'extérieur et d'être plus "présent" et de libérer ainsi la parole.

Le packing est donc une technique psychocorporelle intrinsèquement liée à des concepts psychanalytiques.

Les défenseurs actuels de la pratique du packing se réfèrent d'ailleurs  à ces théoriciens psychanalystes/psychiatres. Dans le domaine de l'autisme, le plus connu de ces théoriciens est le Prof. Delion qui étend sa réflexion également aux personnes psychotiques.

Selon lui, pour essayer de comprendre ce que la personne peut ressentir pendant le packing et pour aider à éclaircir les émotions complexes échangées entre les soignants et la personne, le recours aux notions psychanalytiques est incontournable: "J’introduis la notion que le packing est une technique, et que cette technique prend place dans un cadre général qui est un cadre psychothérapique. Pour moi le Packing est absolument inséparable de cette dimension là. ", Pierre Delion.

 

Le packing est-il aussi le fruit de la pensée du Prof. Bullinger ?

 

D'autres défenseurs actuels du packing, notamment à Genève, s'en réfèrent à la théorie sensori-motrice élaborée par le Prof. André Bullinger qui naguère professait à l'Université de Genève. Ces défenseurs disent ainsi n’avoir aucun lien avec la psychanalyse et ne se baser que sur une notion de rapport au corps comme leur Maître le leur a enseigné.

Le seul problème c'est que dans aucun de ses articles, le Prof. Bullinger n'a défendu le packing. Les spécialistes de la question sont formels. Il suffit de les interroger : ils assurent actuellement un CAS (formation continue)  sur la théorie sensori-motrice du Prof. Bullinger à l'Université de Lausanne.

 

Par contre, il est vrai que c'est M. Delion qui a demandé, dans un contexte historiquement bien déterminé, au Prof. Bullinger de réunir tous ses articles épars dans les différentes revues scientifiques nationales et internationales pour constituer un ouvrage de référence. Cet ouvrage s'appelle "le développement sensori-moteur de l'enfant et ses avatars". Il a été préfacé par M. Delion et c'est lui, qui dans cette préface, fait le lien entre les propos du Prof. Bullinger et le packing. Je n'entrerai pas ici dans le détail de cette interprétation de M. Delion, mais il sera très simple de démontrer, sur la base des écrits du Prof. Bullinger lui-même, que ce dernier n'a jamais fait mention du packing dans sa vision "corporelle" (le mot est d'ailleurs inapproprié) des sujets malades ou en situation de handicap. 

Les déclarations du Prof. Bullinger à propos du packing, s'il en existe, sont anecdotiques et ne peuvent être reconduites à sa "théorie" sensori-motrice. Ce serait, je pense, faire tort à sa pensée ancrée dans une vision développementale.

 

 

Quels sont les textes qui condamnent le packing comme une pratique maltraitante ?

 

De toute façon, le plus important, ce n'est pas tant de s'attarder sur la théorie ou les théories reliée/s au packing, mais c'est de s'attarder sur la technique en elle-même. Et la technique elle-même est contestée et condamnée sur deux plans:

 

1/ elle est considérée comme une mesure maltraitante et non conforme aux droits de la personne, puisque le packing est une mesure  de contention.

 

2/ Il y a absence de preuves scientifiques. Il n'y a à ce jour AUCUNE étude scientifique qui en démontre le bien-fondé. Il n'y a que des observations empiriques qui n'ont, selon les critères de la recherche scientifique, aucune valeur scientifique.

 

 

A ces deux points s'ajoute le consentement de la personne elle-même: la personne comprend-elle ce qui lui est proposé ? Surtout si elle en situation de crise (c'est l'une des raisons pour laquelle on prescrit le packing) ? Et qu'en est-il des enfants (en particulier les personnes autistes qui ont une compréhension différente de leur environnement social) ? Et enfin, quelle alternative lui propose-t-on ? Dans le 99% des cas, il n'y a aucune alternative proposée.... alors comment parler de choix?

 

MALTRAITANCE

Le packing a déjà été condamné comme pratique maltraitante par plusieurs instances.

 

Là aussi je suis étonnée qu'il faille encore se justifier et se défendre pour en faire interdire la pratique dans nos milieux institutionnels publics.

 

Comme nous le disions  le packing est une mesure de contention : la personne, si le pack est fait selon les règles de l'art, ne peut bouger. C'est même le principe même du pack (Moi-peau). Elle est complètement enveloppée dans des draps humides et froids (il sont parfois à  température ambiante, ce qui ne réduit pas la contention).

 

Or, premier problème : la contention est interdite. Comment dès lors la justifier ?

 

Ensuite, lorsque la Suisse a été invitée à répondre au sujet du packing, lors de sa récente audition devant le Comité des droits de l'enfant (CDE) de l'ONU (janvier 2015), elle a très clairement dit que le packing n'était pas remboursé par l'OFAS et donc n'était pas reconnu comme pratique validée.

Deuxième problème : comment se fait-il alors que le packing soit notoirement pratiqué en Suisse et notamment à Genève dans des institutions publiques et aux HUG ? Cette pratique suppose qu’au moins deux professionnels soient mobilisés durant la durée de la séance (et selon les cas il peut y avoir 4 ou 5 professionnels autour d’une personne packée) et prévoit des réunions avant et après les séances. Comment les institutions publiques peuvent-elles se faire rembourser ? Déclarent-elles cette pratique ? Si oui, auprès de quelle instance ? Qui la prescrit ? Comment ? Sur quelle base (y a -t-il une évaluation, si oui, laquelle ? Quels sont les critères ?) Quelle instance surveille et assure le suivi de la personne ?

 

Par ailleurs, je précise que le CDE ne demandait pas à la Suisse de dire si elle remboursait ou pas le packing, mais de savoir quand et comment elle allait l’interdire dans ses textes législatifs. C'est tout de même une nuance qui a son importance. 

Le CDE, au même titre que d'autres textes que je vais énoncer ci-dessous, a clairement retenu cette pratique comme contrevenant à la Convention des droits des enfants et la qualifie de "traitement dégradant et inhumain". 

 

En faut-il plus pour légiférer en matière dans notre pays ?

 

Si oui, alors vous trouverez à la fin de ce billet les autres textes qui condamnent très clairement le packing au niveau international. Il faut bien se rendre compte que la polémique autour du packing ne concerne que la Suisse romande et la France, car au niveau international cette pratique, lorsqu’elle est connue, est considérée comme dépassée, sans fondement et maltraitante de surcroît.

 

 

Le packing a-t-il fait ses preuves sur le plan scientifique ?

 

Cela fait depuis la fin du XIXème siècle que l'on a des témoignages sur la pratique du packing, et depuis si longtemps, il n'y a eu aucune étude -considérée comme scientifique- strictement aucune étude qui en démontre les bienfaits, ni l'utilité.

 

La dernière "recherche" (mais qui n'a pas été financée par des instances de recherches nationales, comme le Fonds national suisse de la recherche scientifique qui ne l'a d'ailleurs pas cautionnée, et donc elle n'a pas de valeur scientifique) menée récemment (octobre 2014) dans le canton de Vaud débouche sur l'impossibilité d'affirmer le bien-fondé de cette pratique. L'étude met en exergue (et c'est l'argument phare que brandissent les défenseurs du packing) une corrélation entre packing et diminution d'anxiolytique, notamment le temesta. 

 

Les problèmes de cette étude, d'ailleurs évoquées dans sa conclusion, sont que :

  • le nombre de sujets testés est trop bas pour en déduire une quelconque piste,
  •  que la diminution des médicaments n’est avérée que sur un court terme et
  • que surtout (et c'est incroyable de le lire dans le cadre d'une étude dite scientifique) on ne sait pas si ce sont les packs en eux-mêmes (de toute façon toujours associés à des médicaments…qu'on le sache !) ou le contexte de relation privilégiée entre les thérapeutes et le sujet qui permet à ce dernier de se "calmer" !

 

Cette dernière hypothèse corroborerait d'ailleurs davantage les témoignages des personnes packées qui -quasi toutes- relèvent l'ennui profond qu'elles ressentaient à l'hôpital psychiatrique et que la séance de pack était enfin un moment où on s'occupait d'elles ! Incroyable à entendre !

 

Il n'y a donc aucune preuve scientifique du bien-fondé de cette pratique considérée, au contraire, comme une mesure de contention et maltraitante.

 

La Suisse veut-elle vraiment financer une recherche clinique onéreuse alors qu'il n'y a strictement aucune donnée scientifique fiable depuis plus de 40 ans ?

D'ailleurs , le Prof. Delion a été mandaté par le gouvernement français en 2010 pour produire des données sur la technique du packing qu'il est le dernier à avoir théorisée.... (aucun doute sur la portée psy de sa vision...)  et il avait 2 ans pour le faire... on attend encore...

 

 

Y a-t-il des alternatives au packing ?

 

Puisque les défenseurs du packing essayent de démontrer, malgré l'opposition internationale, le bien-fondé de leur théorie en affirmant qu'ils sont les victimes du marché pharmaceutique (c'est carrément l'hôpital qui se moque de la charité…c'est le cas de le dire), je les invite à suivre l'actualité scientifique en matière de besoins «corporels» et ainsi d'actualiser leurs connaissances.

 

Depuis fort longtemps, il existe la possibilité de faire des bilans neurosensoriels (approche de l'intégration neurosensorielle) qui définissent un profil sensoriel de la personne. Sur cette base, des moyens, des outils, des remédiations sont proposés (massages, vestes et couvertures lestées, « squeeze machine », etc.). Ces derniers sont tous respectueux de la dignité de la personne et répondent exactement aux mêmes besoins auxquels le packing, en réalité, répond : à savoir non pas le "moi-peau » (ou « moi-self », ou "Moi" ou autre considération de ce genre), mais aux problèmes proprioceptifs de la personne.

Parmi leurs nombreux outils de cette approche il n'a JAMAIS ETE QUESTION DE RECOURIR AU PACKING !

Je précise , par ailleurs, que les personnes autistes ont souvent une hypersensibilité tactile, ce qui ne peut être révélé que par un bilan neurosensoriel et pour lesquelles le régime sensoriel doit être adapté (individualisé). Dans un pareil cas d’hypersensibilité le packing serait une véritable torture. 

 

Il n'y a pas besoin de recourir à la psychanalyse, et encore moins à la psychiatrie pour répondre aux besoins proprioceptifs d'une personne.  Il n'y a pas non plus besoin de forcer les propos de M. Bullinger pour justifier le packing alors que dans l'ensemble de son œuvre il a plutôt contribué à poser les bases neuro-scientifiques du développement sensori-moteur de l'enfant (0-18 mois). 

Il faut tout simplement recourir aux dernières études issues des neurosciences.

L'approche de l'intégration neurosensorielle, dont les théoriciennes sont Ayres et Dunn (essentiellement),  n'a donc rien avoir avec le packing !

Et les personnes qui aujourd'hui défendent le packing en évoquant l'approche de l'intégration neurosensorielle soit brouillent volontairement les pistes soit ignorent ce dont elles parlent.

 

Les témoignages pro et anti packing

 

Y a-t-il des personnes qui ne s’opposent pas, voire qui demandent du packing ?

 

Bien sûr !

 

Je ne pense pas qu’on puisse trouver un consensus absolu pour une quelconque thérapie sur cette planète ...ou plus exactement le consensus devient souvent évident lorsque, une fois interdite, et mis en place des alternatives, on se rend compte de l’absurdité de cette même pratique lorsqu’elle était en vigueur.

C’est ce qu’on appelle l’évolution des connaissances.

 

Ce qui est sûr, c’est qu’il y a déjà autour du packing des recommandations nombreuses et internationales pour le considérer comme infondé. Cela devrait être un bon argument pour l’interdire.

 

Puis, statistiquement il y a bien plus de personnes qui y sont opposées que favorables. On peut considérer d’après les témoignages recueillis que 99% des personnes y sont défavorables. Cela me semble assez significatif comme pourcentage pour l’interdire.

Il me semble que l’exception ne devrait pas faire la loi.

 

Pour parler spécifiquement des personnes autistes, il suffit de parcourir leurs livres, leurs sites ou leurs blogs pour trouver très rapidement une condamnation unanime de cette pratique. Dans un pays où l’on encourage tant l’autodétermination, va-t-on ne pas tenir compte de l’avis des personnes concernées ? Temple Grandin, autiste Asperger, s'exprime très clairement sur le sujet en disant que sa "squeeze machine" (qui lui procure des pressions sensorielles) n'a RIEN A VOIR avec le packing  qu'elle condamne très CLAIREMENT et très FERMEMENT ! Voir lien en fin de ce billet.

 

Par ailleurs, quiconque connaît la manière de penser  de la personne autiste sait que sa compréhension littérale de l'environnement l'invite à ritualiser des pratiques, même si ces dernières sont inacceptables. Gunilla Gerland, autiste Asperger, explique très bien, comment à l'école, elle était victime de réprimande et de coups et que lorsque ces derniers ont cessé elle les a redemandé, parce que pour elle ils faisaient partie de la "récréation". Elle a associé et ritualisé ces évènements à ce contexte. 

Cet exemple nous laisse imaginer la responsabilité qui est celle des professionnels face à la "manière de penser" des personnes autistes. La question éthique pour ces personnes est là.

 

De manière plus générale, pour tous les handicaps et maladies psychiques, croyez-vous vraiment que si une alternative au packing était proposée (et je ne parle pas d’alternative chimique) les personnes ne les choisiraient pas ? Comment dire « non » lorsque vous voyez votre enfant au plus mal et qu’on vous propose comme unique solution cette technique ? Comment dire « non » lorsque vous êtes vous-même en situation de  souffrance et de solitude ? Avez-vous d'ailleurs vraiment le discernement pour refuser ?

 

Le packing à toutes les sauces

Enfin, le packing est utilisé fréquemment en Suisse et sur des "pathologies" très diverses (qui donc surveille  ???) contrairement à ce que les défenseurs essayent de faire croire: on a trouvé des textes citant des cas de « packing » sur une personne de plus de 80 ans (CHUV). Les écrits et les témoignages font état de divers troubles ou handicaps : autisme avec troubles du comportement, polyhandicap, catatonie, schizophrénie, démence sénile, enfants sourds-aveugles…

On peut dès lors légitimement  se poser la question de savoir comment le « packing » peut être prescrit et pensé efficace pour le traitement de troubles aussi variés ??? Sur le plan scientifique... cela ne tient pas la route... ou le packing est-il tout à coup la "solution" magique ? Nous sommes alors loin des bases scientifiques que le domaine de la Santé doit pourtant garantir.

Il est temps, je pense, de légiférer pour éviter toutes ces dérives. Il s'agit en réalité d'un problème de santé publique majeur.

 

Conclusion

 

La pratique du packing n’a aucune base scientifique.

Elle relève de la contention et est donc une pratique maltraitante.

Elle ne correspond pas aux dernières recherches menées dans le domaine des neurosciences.

D’autres approches respectueuses de la dignité de la personne répondent plus et mieux aux aspects proprioceptifs.

Une extrême majorité (99%) la condamne parmi les potentiels « usagers ».

Des textes officiels recommandent sa condamnation : experts contre le packing, comité d’Ethique (France), HAS, Belgique, Nations Unies...

L’OFAS même ne rembourse pas cette pratique et la condamne.

 

Tous les feux sont au rouge : la Suisse va-t-elle tous les ignorer ?

 



Références aux textes qui concernent le packing

 

Position de Mme Temple Grandin, autiste Asperger

http://www.soutenonslemur.org/2011/11/03/soutiens-internationaux-dr-temple-grandin-autiste-americaine

 

 

Position de la Haute Autorité de la Santé (France)

http://www.has-sante.fr/portail/jcms/r_1501360/#quest_7

 

Je cite:

Quelle est la position de la HAS et de l’ANESM sur le packing ?

En l’absence de données relatives à son efficacité ou à sa sécurité, du fait des questions éthiques soulevées par cette pratique et de l’indécision des experts en raison d’une extrême divergence de leurs avis, il n’est pas possible de conclure à la pertinence d’éventuelles indications des enveloppements corporels humides (dits packing), même restreintes à un recours ultime et exceptionnel. En dehors de protocoles de recherche autorisés respectant la totalité des conditions définies par le Haut Conseil de la santé publique (HCSP), la HAS et l’Anesm sont formellement opposées à l’utilisation de cette pratique.

 

Position des experts au niveau international

http://www.autismeurope.org/files/files/ajouts/docs-position/Docs-Externes/against-le-packing-2011.pdf

 

Position du Centre Fédéral d’expertise des soins de santé (Belgique) :

https://kce.fgov.be/fr/publication/report/prise-en-charge-de-l%E2%80%99autisme-chez-les-enfants-et-les-adolescents-un-guide-de-prat#.VTao95OZ3Yg

 

Position de l’OFAS  dans le cadre des réponses données au Comité des droits de l’enfant sur la question du packing (2015):

http://daccess-dds-ny.un.org/doc/UNDOC/GEN/G14/215/63/PDF/G1421563.pdf?OpenElement

 

Voir à la page 12 :

Veuillez indiquer quelles mesures ont été prises pour interdire certains traitements psychiatriques imposés aux enfants avec troubles du spectre autistique, en particulier l’utilisation de la technique dite du «packing» (enveloppement dans des draps mouillés et froids).

48.

En Suisse, la technique dite du «packing» n’est pas reconnue par les assurances  sociales (assurance-maladie, assurance-invalidité). Elle n’est dès lors pas prise en charge (voir également ci-dessous la réponse à la question I.18).

49.

Autisme Suisse romande est une association regroupant des parents, des amis et des professionnels concernés par l’autisme. Reconnue par l’Office fédéral des assurances sociales (OFAS), elle a pour but de défendre les droits et les intérêts des personnes atteintes d’autisme et de leur famille. Autisme Suisse romande estime que le packing n’a aucun fondement scientifique, que c’est une pratique obsolète et maltraitante et que dès lors cette thérapie n’est pas recommandée.

 

Recommandations du Comité des droits de l’enfant (ONU), 2015 :

 

Original

http://www.autisme-ge.ch/wp-content/uploads/2015/02/CRC_C...

 

Traduction concernant la question des Troubles du spectre de l'autisme :

http://www.autisme-ge.ch/wp-content/uploads/2015/02/trad_recommandations_ONU_enfants-avec-handicap.pdf/

 

 

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21/04/2015

Autisme: historique du packing

Le packing est ancré dans la pensée psychanalytique, malgré les personnes  qui affirment le contraire. Toutes les sources concernant la naissance du packing, son développement et sa pratique infirment leur propos.

Le packing N'EST PAS une approche d'intégration neurosensorielle. Les approches neurosensorielles et d'intégration neurosensorielles appartiennent à un espace théorique COMPLETEMENT différent et sont ETRANGERES à la pratique du packing qu'elles ignorent. Le packing ne fait partie de leurs outils.

Il ne faut pas mélanger les théories: le faire c'est ni plus ni moins que de la tromperie.


Historique:

« Priessnitz vers les années 1830 a décrit l’enveloppement comme une réponse aux agitations de certains patients de Silésie, Fleury, dans un article des Annales Médico-Psychologiques de 1852, parle « d’emmaillotements humides ». Mais cette technique, sans l’élaboration métapsychologique, prend rapidement le chemin de ce qu’elle est fondamentalement, celui d’une technique de contention. La fin du dix neuvième siècle et le début du vingtième siècle la voient réduite, ni plus ni moins, à une forme de camisole de force. Il faudra attendre qu’elle soit revisitée par la pensée psychanalytique pour qu’elle en sorte transformée et désormais capable de nous aider à organiser un cadre psychothérapique propice aux sujets en délicatesse avec leur image du corps. »

Pierre Delion Journée Packing Association Culturelle 59I05 Lille 5 et 6 octobre 2005 La pratique du Packing avec les enfants autistes et psychotiques.

 

Le psychiatre américain Mickaël Woddbury serait venu présenter cette technique en 1966 à Paris dans le XVIII arrondissement. Des médecins à orientation psychanalytique adoptent cette pratique dans plusieurs régions de France, mais aussi en Suisse.

 

Ancrage et justification fondamentale du Packing :

 

Le Packing présente des objectifs dans un contexte psychiatrique français imprégné par la croyance des origines psychiques de l’autisme.

 

L’indication pédopsychiatrique concernant les T.S.A est souvent présentée comme «permettant d’établir une relation avec les soignants qui accompagnent attentivement l’enfant pendant les séances ».

Plus qu’une simple médiation corporelle aidant à la communication, la technique est originellement conceptualisée et organisée comme psychothérapeutique : « J’introduis la notion que le packing est une technique, et que cette technique prend place dans un cadre général qui est un cadre psychothérapique. Pour moi le Packing est absolument inséparable de cette dimension là. »

Pierre Delion, Interview de présentation vidéo de son DVD « le packing avec les enfants autistes et psychotiques » Réalisation Alain Casanova  Starfilm Internaltional et Le Carnet Psy- 2000.

http://did.asso.fr/les-cyberscopies/97-pierre-delion-le-p...

 

Source:
http://troubles-du-spectre-autistique.e-monsite.com/pages/packing/avis-infirmier-sur-le-packing.html#Ufj4plzU1LOUXdmu.99

05/04/2015

La libertà: autosufficienza vs universale

Potenza, sapienza e amore sono il trittico che consente al Campanella di condannare come empia e antinaturalistica la visione del Machiavelli. Negando la naturalità della religione, Machiavelli, secondo l’irrequieto domenicano, rinega la sapienza in favore dell’astuzia, fondata sull’amore di sé, che a sua volta deriva dall’insipienza e dall’inopia. Egli quindi ha una visione ridotta e riduttiva del mondo, in quanto isola e assolutizza la solo componente del potere. Machiavelli stima la parte più del tutto e se stesso più della specie umana e dell’universo divino.

 

L’opposizione tra la visione naturalistica della religione del Campanella e il presunto ateismo del Machiavelli, se prescindiamo dal contesto storico nel qual i concetti si sono incarnati e trovano tutto il loro senso, è un’opposizione che ci consente di iniziare qualche riflessione sul nostro mondo contemporaneo.

L’opposizione religione/ateismo è di attualità. E lo è in modo logico. Non è tanto la questione della laicità vs la religiosità che pone problema, ma piuttosto – ed è quanto dice anche il Campanella – la limitatezza della sapienza degli uomini. Staccata da ogni dimensione intrinsecamente naturale, il pensiero umano può solo scimmiare  la Natura e produrre sistemi limitatamente autosufficienti.

L’autosufficienza è quello che è il più pregiato nella nostra società. E diventato segno di distinzione sociale.

Il legame colla fonte viene troncato. Rimane solo un processo. Un processo diventato oggi autosufficiente.

Ma dov’è la dimensione universale ? V’è ancora ?

In un momento in cui la singolarità viene incensata, è interessante interrogarci sulla natura di questa singolarità: essa è frutto della sola sapienza umana (che il Campanella definisce insipienza) o è l’espressione di una variabile dell’universale?

La domanda è ingenua. Però contiene, secondo me, un suo grado di difficoltà.

Il processo per definizione non dovrebbe essere ridotto ad autosufficienza, né a sistema. Dovrebbe sempre andare avanti e far fruttificare le infinite variabili che l’universo propone. La libertà è nel procedere. Il procedere è universale. La libertà è quindi universale. Chi riduce a sistema, chi limita a sé il processo è insipiente.

Oggi sono pochi ad essere davvero liberi. La libertà di oggi è autosufficienza. Non è quindi libertà.

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02/04/2015

L'inclusion est une question de droit

 

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28/03/2015

2 avril : journée mondiale de l'autisme

Nous sommes certainement à un tournant, en Suisse, dans la prise de conscience de l'importance de l'autisme et de son impact dans la société.

 

Peu à peu les théories obsolètes comme les approches psychanalytiques, les pratiques retenues maltraitantes, comme le packing perdent d'importance et sont décriées désormais par le plus grand nombre. La tendance s'inverse enfin. 

 

La Suisse, un peu sonnée de se faire rappeler à l'ordre par des recommandations onusiennes, qui pointent le doigt sur l'irrespect des droits les plus élémentaires des enfants,  prend progressivement conscience du retard qu'elle a cumulé. Elle a cumulé du retard à cause de fausses théories, à cause de fausses pratiques qui avaient/ont encore pignon sur rue.

 

La connaissance scientifique reprend ses droits face aux dogmes, face aux croyances.  La recherche supplante l'amateurisme qui aura fait, en Suisse, quarante ans de dégâts. Des générations d'enfants autistes sacrifiés sur l'autel d'un ego sans égal: "Moi,  j'affirme que votre enfant ..." sans preuves, sans sens.

Combien de parents ont-ils  vécu cette sentence ? Et combien d'enfants en ont-ils été victimes ?

 

Il faudra sans doute encore bien des années pour sortir la Suisse du bourbier dans laquelle ces professionnels du passé l'ont enlisée, fort de leur confort.

 

Et puis, il faudra encore bien plus d'années pour que la liberté, l'auto-détermination dont tout le monde se prévaut, prenne le dessus sur le prédéterminisme ambiant. Nos enfants aujourd'hui encore n'ont pas le choix. Celui qui décide de leur avenir est un officiel du moment qui leur dit quoi faire, comment et surtout où. Tout est prédéterminé.

 

Pendant combien d'années nos enfants seront-ils encore privés de leurs droits les plus fondamentaux, parmi lesquels figurent celui de choisir leur propre destin ?

 

Personne n'est dupe, mais cet état de faits changera aussi un jour. Peut-être sous l'impulsion d'une autre recommandation ?

L'abolition de l'injustice et l'affirmation d'un droit dépendent toujours et depuis toujours des intelligences qui agissent.  Il faut juste savoir les repérer.

 

 

Mais nous sommes certainement à un tournant, en Suisse.  

 

 

Alors,  keep calm and swag the Light it up blue ;-) 

light it blue.png

 

 

Le bleu est la couleur de l'autisme. La Suisse a rejoint le mouvement international de Light it up Blue qui consiste à illuminer en bleu  des bâtiments clés dans les villes du monde entier.

 

 

Genève participera à cet élan de solidarité et de sensibilisation mondiale en illuminant en bleu le jet d'eau et en faisant flotter sur le Pont du Mont-Blanc des drapeaux en faveur de l'autisme.

 

Tous en bleu pour nos enfants, tous nos enfants, petits et grands !

 

Autisme suisse romande organisatrice de cet évènement en Romandie diffusera un film sur la question du Jobcoaching le 30 mars prochain, à Lausanne.

Infos: www.autisme.ch

06:11 Publié dans Autisme - Romandie - Suisse, Genève | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | Pin it! |

26/03/2015

Diantre ! Tous ces parents d'enfants autistes qui n'ont pas bien "holdé" leur enfant !

Chers parents,

 

J'ai une bonne nouvelle pour vous: les psychanalystes  et/ou psychiatres qui pratiquent (diligentent ou dirigent) des soins du psychisme par le corps (ils se distinguent des psychanalystes qui font des soins par la seule parole), vont jouer aux " bons parents" et "réparer" les mauvais traitements que vous avez fait subir à votre enfant durant sa prime enfance (certains diraient durant la grossesse... pourquoi se limiter...).

 

En effet, grâce à la libidinisation du rapport thérapeute/patient votre enfant connaîtra enfin l'affection qui lui a tant manqué durant sa prime enfance. Ahhh : si l'affect est au rendez-vous ...

Grâce aux pique-packeurs (à ne pas confondre avec pickpockets...bien que... oppss ...pardon), à savoir des thérapeutes experts en packs votre enfant -après une régression thérapeutique  bienfaitrice (si si  si si ...absolument) -connaîtra (peut-être) le nirvana des limites corporelles enfin éprouvées :-) et tout ira mieux...

 

En somme, parfois, dixit M.de Coulon, le sentiment de haine pour son patient peut naître (il faut alors le reconnaître et le vivre) et tout, précise-t-il, dans le holding, n'est pas toujours aussi évident, aussi simple, aussi direct et le thérapeute a même le droit de "lâcher" son patient en cours de route... Le pack a ses mystères...

 

Alors si vous n'avez pas été une bonne mère  (pour la définition de "bonne mère", demandez aux psys, ils fournissent une ou des définitions selon leur dictionnaire scientifico-affectif), ne vous souciez plus: les packs sont là pour "réparer" (je simplifie à peine) par la magie du transfert/contre-transfert !

 

Vous n'y comprenez rien ?

 

Normal: comme vous êtes de mauvais parents, vous ne  pouvez pas prétendre tout de même comprendre des notions formulées par des scientifiques du MOI ou du "self" , espèce de sous-moi..... (à ne pas confondre avec des selfies ;-)

 

J'ai essayé de comprendre le packing, mais en tant que maman d'un enfant autiste, je précise tout de même que j'ai mes limites psychiques (obtenues sans packs !?!! faut que je parle à ma mère, moi!! ). Alors si je résume:

 

Le pack est une technique issue de la pensée de psychanalystes/psychiatres qui font des soins du psychisme par le corps et qui consiste à contenir (mesure de contention) des patients (dont on ne sait pas s'ils sont consentants) par le biais de draps humides et froids avec lesquels les thérapeutes serrent (au sens littéral) le patient (il ne doit pas bouger) pour qu'il ressente ensuite un réchauffement salutaire pour le corps et donc pour l'esprit.  Cela lui fait ressentir ses limites ....

 

Ouaho c'est oufff ce programme...Et au juste, ça coûte combien ?

13:07 Publié dans Autisme - alors ça bouge ou pas ?, Autisme - Romandie - Suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | Pin it! |

04/03/2015

Le packing ou la relation intime au patient: un concept de la psychanalyse contemporaine

Il est assez particulier d'entendre s'exprimer M.  Albernhe (psychiatre et historien, Antibes) sur le packing.

 

Après avoir précisé, avec grande honnêteté, que l'histoire du packing n'apporte pas beaucoup d'éléments pour confirmer sa validité, d'avoir reconnu qu'en réalité on ne sait pas si c'est le pack ou d'autres thérapies connexes qui permettent au patient d'améliorer ses symptômes, M. Albernhe conclut avec éloquence que le pack est une histoire authentique d'intimité entre le soignant et le soigné. Evidemment s'empresse-t-il de préciser (et je suis très étonnée qu'il soit obligé de le faire) ce rapport d'intimité n'est pas  un rapport érotique ou plus précisément il ne faut qu'il "dérive" dans un rapport érotique.

 

???!!!!?????

 

Il faut l'entendre pour y croire.

Si vous n'y croyez pas, ce que je peux aisément croire, vous pouvez visionner la conférence en question en cliquant sur le lien suivant: ici

 

Sa conclusion illustre parfaitement les raisons pour lesquelles nos enfants quand ils peuvent  s'exprimer et leurs familles sont très réfractaires à la "technique" du pack (j'emploie un euphémisme).

 

Ce n'est pas tant parce qu'elle coûte chère (ne soyons point matérialiste), ni qu'elle ne donne aucune preuve scientifique de son bien fondé (ne soyons pas scientifico-matérialiste... c'est le terme qu'ils emploient pour les détracteurs des packs si mes souvenirs sont bons), non rien de tout cela (en somme ... un peu quand même).

Ce qui ne va pas c'est l'affirmation que M. Albernhe exprime avec toute sérénité en conclusion de sa conférence, à savoir la satisfaction du rapport intime qu'il établit avec son patient, du bien-être réciproque (je cite) que le pack apporte.

 

Constat édifiant, ne le pensez-vous pas ?

 

En y réfléchissant bien, je suis d'accord avec M. Albernhe lorsqu'il dit au début de son intervention que l'outil analytique (entendez  la psychanalyse) est un "outil à penser" indispensable pour les soignants qui font des packs.

 

Effectivement. Indispensable.

Je constate qu'il n'y a pas que les personnes schizophrènes qui souffrent d'une mauvaise proxémie.

 

Je trouve aussi très originale la tentative de M. Albernhe de vouloir distinguer le packing de la psychanalyse. Il est vrai que les deux sont considérées comme non consensuelles par la Haute Autorité de la Santé... alors autant essayer d'en sauver au moins une...  Peu importe si historiquement le packing est né de la pensée de psychanalystes...comme le dit M. Albernhe lui-même. Aujourd'hui, paraît-il, l'un n'a plus rien avoir avec l'autre. C'est amusant comme vision...  Le Prof. Délion, psychiatre, psychanalyste et théoricien émérite du packing version new age, doit être heureux de l'apprendre.

 

Je trouve les contradictions de M. Alberhne amusantes si elles ne cachaient, en réalité, une duperie. Je cite: "on se garde bien de dire pour l'instant avec toutes ces polémiques en France ... on se garde bien de dire qu'on  utilise l'outil psychanalytique mis à profit pour les patients. D'accord? Vous voyez la différence?"

 

Je suis étonnée avec cet aveu que M. Albernhe nous parle d'éthique. Vous ne trouvez pas?

 

 

Mais je suis désormais convaincue et je l'en remercie: l'outil analytique est un "outil à penser" indispensable pour les soignants qui font des packs.

 

 

A bon entendeur.

 

 

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Autisme Genève rappelle que le Comité des droits de l'enfant (ONU) a demandé à la Suisse d'interdire le packing. Nous espérons que les entités suisses de formation, notamment, ne feront plus la promotion de cette "technique" qui avait été, par ailleurs, déjà condamnée comme non consensuelle par la Haute Autorité de Santé dans le pays voisin.

 

17/02/2015

Autisme: les recommandations de l'ONU à la Suisse

L’ONU s’inquiète de la discrimination envers les enfants autistes en Suisse  et tout particulièrement à Genève.

 

Le 4 février 2015, le Comité des droits de l’enfant des Nations Unies a adressé à la Suisse une série de recommandations à l’issue de l’examen du respect de la Convention relative aux droits de l’enfant dans le pays. Une partie de ces recommandations concerne spécifiquement les droits des enfants avec un trouble du spectre de l’autisme (TSA), en particulier dans les domaines de l’inclusion scolaire et sociale, du dépistage précoce et de l’intervention précoce.

Concernant les enfants avec TSA à Genève, le Comité s’est dit préoccupé par la discrimination et la ségrégation à l’égard des ces enfants dans beaucoup d’aspects de leur vie sociale, y compris l’insuffisance de détection précoce, le manque de programmes d’intervention précoce et le manque d’accès à l’éducation ordinaire à cause notamment de l’absence de professionnels qualifiés pour soutenir les enfants autistes au sein des écoles ordinaires. Le Comité s’est également inquiété de la formation insuffisante des professionnels qui s’occupent d’enfants avec un TSA et des traitements inadéquats, tels la pratique du « packing » (enveloppement dans des draps mouillés et froids) qu’il dénonce comme étant de la maltraitance.

En matière de diagnostic et d’intervention précoce le Comité demande instamment à la Suisse de mettre en place les mécanismes permettant une détection et une intervention précoces basés sur des connaissances scientifiques et de s’assurer que tous les enfants avec TSA en bénéficient.

En matière d’inclusion le Comité demande que des mesures soient prises dans tous les cantons pour que les enfants avec un TSA soient entièrement intégrés dans tous les lieux de la vie sociale, y compris les activités de loisirs et les activités culturelles. Le Comité demande instamment qu’une éducation inclusive adaptée aux besoins des enfants avec un TSA soit prioritaire sur une éducation en école spécialisée et en institution spécialisée[1].

En matière de formation le Comité demande à la Suisse de fournir aux professionnels une formation adéquate en autisme.

En matière de traitements inadéquats le Comité demande à la Suisse d’interdire la pratique du « packing » dans la loi Suisse et de prendre les mesures nécessaires pour que les enfants avec un TSA soient traités avec dignité et respect et bénéficient d'une protection efficace.



[1]  Nous avons traduit le terme « daycare » utilisé par le Comité par « institution spécialisée », mais en réalité ce terme veut littéralement dire « garderie ».

 

 

POUR PLUS D'INFOS: ICI

 

05/02/2015

Autisme et Comité des droit de l’enfant de l’ONU : recommandations pour la Suisse

Le Comité demande instamment à la Suisse  : 

 

  • d'adresser les besoins spécifiques des enfants avec un trouble du spectre de l'autisme dans tous les cantons, et en particulier de faire en sorte qu'ils soient entièrement intégrés dans tous les lieux de la vie social, y compris les activités de loisirs et culturelles, et d'assurer qu'une éducation inclusive adaptée à leurs besoins soit prioritaire sur une éducation en école spécialisée et en centre de jour*, de mettre en place des mécanismes pour la détection précoce, de fournir une formation adéquate des professionnels et de s'assurer que tous les enfants bénéficient effectivement de programme de développement précoce qui sont basés sur la connaissance scientifique.

 

  • d'interdire légalement la pratique du "packing" des enfants et de prendre les mesures nécessaires pour assurer que les enfants avec un trouble du spectre de l'autisme soient traités avec dignité et respect et bénéficient d'une protection efficace.

 

* Nous avons traduit par "centre de jour", mais le comité a utilisé le mot "daycare" qui veut littéralement dire "garderie".

Traduction personnelle. La traduction française officielle sera prête d'ici quelques semaines. Voir infra la version anglaise qui est déjà disponible sur le site de l'ONU.

 

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AUTISME GENÈVE REMERCIE LE COMITÉ DES DROITS DE L'ENFANT

 

  • d'avoir pointer du doigt la discrimination dont nos enfants sont victimes au quotidien, exclus des écoles oinclusion.jpgrdinaires, exclus pour la grande majorité d'entre eux de toute forme d’éducation spécifique, sous l'emprise d'un personnel qui n'est souvent pas formé aux troubles du spectre de l'autisme, entravant ainsi par son ignorance le bon développement même du réel potentiel de nos enfants !!!!!! Ce qui se passe en Suisse et surtout dans les cantons romands est grave !!!!!!!! Le comité demande une VRAIE POLITIQUE PUBLIQUE D’INCLUSION et non d’intégration, qui est pourtant le mot officiel utilisé dans les textes de loi en Suisse, reflet du grand retard que nous avons cumulé dans ce domaine.

 

 

 

  • denver.pngd'avoir demandé que la détection et l'intervention précoce (sur la base de modèles validés), qui sont unanimement reconnues comme le meilleur vecteur du développement de leur potentiel,  pouvant changer considérablement et de manière déterminante le cours de leur VIE, soient la règle et non l'exception comme c'est le cas aujourd'hui !!!!!

Pour rappel, la Suisse se targue de financer, par l’AI, 5 projets pilotes recouvrant toutes les régions linguistiques, alors que cela concerne en tout et pour tout moins de 50 enfants  au niveau national !!!! A Genève, 12 places sont disponibles dont plus de la moitié financée par des fonds privés, alors que les besoins ont été évalués à 60 places pour répondre à la demande ! Où est l’ETAT ??????????

 

 

 

 

 

 

  • 1-autisme-packing_335.jpgd'avoir très clairement demandé l'interdiction de la pratique du packing, pratique défendue par des psychanalystes de premier ordre et  qui, en réalité, n'est rien d'autre qu'une mesure de contention inacceptable !

 

 

 

 

 

  • d'avoir demandé de respecter la dignité de nos enfants en cessant toute pratique abusive d'enfermement dans de unités psychiatriques complètement inadaptées a leurs besoins où ils sont parfois même recoupés du droit de visite de leurs propres parents!!!!!! Où sont les organes de contrôle indépendants ????

 

 

 

 

AUTISME GENEVE.pngPour pouvoir respecter toutes ces recommandations et changer la donne d’ici ces prochaines 5 années, date à laquelle la Suisse sera à nouveau auditionnée par le CDE, Autisme Genève demande à la Suisse et à l’Etat de Genève qui est son premier interlocuteur de mettre en place un PLAN AUTISME interdépartemental (DIP, Département des affaires sociale et de la Santé) qui pourra ENFIN (comme nous le demandons depuis 10 ans) coordonner la filière TSA du diagnostic jusqu’à l’âge sénior !

Le plan autisme permettra d’établir des statistiques fiables, de recenser les besoins, de les planifier, de redistribuer les budgets et d’en demander de manière ciblée là où il y en a besoin.

Arrêtons la « politique rafistolage », où aucune vision globale des TSA ne prime ! C’est une politique dépensière et inefficace.

Soyons pragmatiques : mettons au centre de notre réflexion les personnes avec un TSA et non la défense, la justification et le maintien de systèmes caducs et très chers.

C’est le DROIT DE LA PERSONNE qui doit primer.

 

Autisme Genève est en dialogue avec TOUS les acteurs locaux, romands, nationaux et internationaux depuis près de 10 ans. Nous avons une bonne expertise de la question des TSA.

WANTED: partenaire prêt à faire respecter le droit de nos enfants, TOUS nos enfants, petits et grands.

 

 

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Voici le texte en anglais publié sur le site de l'ONU:

 

G. Disability, basic health and welfare (arts. 6, 18 (para. 3), 23, 24, 26, 27 (paras. 1-3) and 33)

                        Children with disabilities 

54. The Committee welcomes the entry into force of the Federal Act on the Elimination of Discrimination against Persons with Disabilities and the adoption of the inter-cantonal agreement on cooperation in the area of specialized schooling. However, the Committee is concerned about:

(a)    The lack of comprehensive data on children with disabilities, including children with autism spectrum disorders;

(b)   Children are not adequately included in mainstream education in all cantons, and there are insufficient human and financial resources allocated to ensure the adequate functioning of the system of inclusive education in practice;

(c)    The lack of sufficient early childhood education and care and inclusive vocational training opportunities for children with disabilities;

(d)   Discrimination and segregation of children with autism spectrum disorders, especially in the canton of Geneva, in many aspects of their social life, including insufficient early childhood detection of autism spectrum, lack of intensive early developmental programmes, lack of access to mainstream education due notably to the absence of qualified professionals to provide specialised support to these children in mainstream schools, and insufficient training of professionals to deal with children with autism spectrum disorder;

(e)    Reports that children with autism spectrum disorders, especially in the canton of Geneva, are subjected to inadequate treatments, such as the “packing” technique (wrapping the child in cold, wet sheets), which amount to ill-treatment; and

(f)    Lack of information on measures taken to prevent the placement of children with disabilities in psychiatric units and ensure that these children are not arbitrarily deprived of their right to be visited by their parents.

55. In the light of its general comment No. 9 (2006) on the rights of children with disabilities, the Committee urges the State party to adopt a human rights-based approach to disability and specifically recommends that it:

(a)   Collect and analyse data on the situation of all children with disabilities, disaggregated by, inter alia, age, sex, type of disability, ethnic and national origin, geographic location and socioeconomic background;

(b)   Strengthen its efforts to ensure State-wide inclusive education without discrimination, including through allocation of necessary resources, adequate training of professionals and clear guidance being given to cantons that still apply a segregated approach;

(c)    Promote inclusion rather than integration;

(d)   Ensure that children with disabilities have access to early childhood education and care, early development programmes and inclusive vocational training opportunities in all cantons;

(e)    Address the specific needs of children with autism spectrum disorders in all cantons, and in particular ensure that they are fully integrated into all areas of social life, including recreational and cultural activities, ensure inclusive education adapted to their needs is given priority over special schooling and day-care, set up mechanisms for early detection, provide adequate training of professionals and ensure that they effectively benefit from early development programmes which are based on scientific knowledge;

(f)    Legally prohibit the practice of “packing” of children and take the necessary measures to ensure that children with autism spectrum disorders are treated with dignity and respect and benefit from effective protection;

(g)   Take all necessary measures to prevent that children with disabilities are placed in psychiatric units and ensure that these children are not arbitrarily deprived of their right to be visited by their parents.

 

Source: ici

30/01/2015

L’école inclusive, cherchez le mot en trop !

Au moment même où tout le monde parle d’école inclusive, il faudrait, je pense, dépasser le concept même d’école inclusive. « L’école, c’est l’école. L’école où vont les enfants. Les enfants d’un même quartier. »

Ce sont en ces termes qu’une de mes amies s’exprimait récemment.

Je lui en suis reconnaissante, parce qu’elle a mis des mots sur ce que je pense profondément. L’école, c’est l’école. Et à l’école on y accueille des enfants, petits et grands.

Les enfants différents sont-ils que « différents » ? Ne sont-ils pas des « enfants »?

Toutes ces personnes bien pensantes qui défendent, au fond, la ségrégation, en brandissant comme arme la peur, de quoi ont-elles peur au juste ? Des enfants ? 

C’est risible. En somme, cela le saurait s’il n’y avait comme premières victimes de leur vision de l’école, les enfants eux-mêmes.

Sur quelles bases ces personnes bien pensantes justifient-elles l’exclusion ? Pensent-elles vraiment que des enfants différents n’ont pas de compétences cognitives ni scolaires ?

Dans ce cas, l’ignorance n’est pas dans le bon camp. Ce n'est donc pas la question d'être conservateurs, insensibles, élitistes ou simplement grognons. C'est un peu plus grave que ça.

Et puis, l’école n’est-ce pas aussi un endroit social, où l’on apprend bien autre chose que 2+2 font 4 ? En somme, je précise aux personnes bien pensantes que ceci n’est qu’un exemple et que je sais que le PER propose autre chose. L’école, c’est l’endroit où l’on apprend à se faire des amis, mais aussi des ennemis, à mesurer le poids des valeurs, à se mesurer aux autres, à comprendre les règles de la vie, y compris les règles tacites. Je dirai même que pour pas mal d’élèves dits « normaux », l’école c’est parfois cela avant que les enseignements purement académiques.

Enfin toutes ces personnes bien pensantes, que connaissent-elles réellement des institutions (prétendument spécialisées) dans lesquelles les enfants différents sont systématiquement dirigés ? Les ont-elles visitées ? Et connaissent-elles vraiment nos enfants ? J’entends : sans s’arrêter à leur propre impression ou à leur « ressenti » ?

Je demande à les entendre sur leurs connaissances de la différence.

Non parce que sinon, vous comprenez, recevoir systématiquement des leçons de « bonne morale » de la part de gens très ignorants, même si très titrés (l’un n’empêche pas l’autre) commence sérieusement à être ridicule.

S’il est vrai que le ridicule ne tue pas, et qu’aujourd’hui cela peut même être une marque de distinction, les personnes qui le sont entravent réellement, par leur vision nombriliste de l’école, l’avenir de nombreux enfants. Du coup, leur ridicule me fait beaucoup moins rire.

L’école, c’est l’école. Elle doit y accueillir tous les enfants et DONC  toutes les compétences qui peuvent aider ces enfants. Personne n’est exclu : ni les enfants, quels qu’ils soient, ni les professionnels du spécialisé. Personne. Au contraire, nous créons une convergence de force, d’idées, de vie là où elle doit être créée : dans l’école du quartier ! Voilà l’école de demain !

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Soyons un peu visionnaire : n’érigeons pas les fausses croyances en préceptes et la peur en effigie. C’est de cette marotte-là que nous ne voulons pas.

20/01/2015

Autisme : la Suisse face au comité des droits de l’enfant (ONU) les 21 et 22 janvier

Le mercredi 21 et le jeudi 22 janvier, la Suisse devra répondre aux questions que le comité des droits de l’enfant (CDE) de l’ONU a posées sur leurs droits qui, dans bien des domaines, ne sont pas respectés en Suisse.

Parmi les questions soulevées, 4 sont directement liées à la question des troubles du spectre de l’autisme (TSA) :


1/ Qu’en est-il du packing en Suisse ?

 

Autisme Genève dénonce la pratique de cette thérapie issue de la pensée psychanalytique et qui consiste à envelopper dans des draps froids et humides des personnes en situation de handicap, dont des autistes.

 

2/ Qu’en est-il de l’enfermement dans des unités de psychiatrie sans droit de visite des parents ?

 

Autisme Genève dénonce la séparation parents/enfants et la limitation du droit de visite lorsque des psychiatres, souvent pas formés à l’autisme, décident d’enfermer des mineurs en unité psychiatrique.

 

3/ Qu’en est-il de l’inclusion scolaire ? Qu'en est-il de l'intervention précoce ?

 

Autisme Genève dénonce la ségrégation dont sont victimes les enfants en situation de handicap, particulièrement les enfants autistes qui sont, pour la très grande majorité d’entre eux, exclus de l’enseignement ordinaire. Le système genevois a été particulièrement pointé du doigt et le CDE demande à Genève de s’expliquer sur la situation réelle : quelles mesures ont été prises ?

Autisme dénonce le manque de place d'accueil dans les deux centres d'intervention précoces qui existent à Genève, dont l'un par ailleurs entièrement financé par des dons privés et qui à eux deux n'accueillent que 8 à 10 enfants sur les 60 qui répondraient aux besoins réels  du Canton !!

 

4/ Statistiques

 

Autisme Genève dénonce l’absence de statistiques.

 

Comment est-il possible, s’interroge Autisme Genève, de mettre en place une vraie politique publique des TSA sans savoir combien de personnes sont concernées ?

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La Suisse a livré ses réponses qui sont génériques, lacunaires.

Ce mercredi et ce jeudi la Suisse les défendra face à un Comité qui aura probablement besoin d’éclaircissements vu l’aspect si générique de ces réponses.

Autisme Genève sera présente avec un comité de soutien pour écouter les propos de la Suisse…

Nous vous tiendrons au courant.

 

Pour suivre le dossier depuis le début : ici

 

Dans 4 ans, la Suisse fera à nouveau l’objet d’une supervision de la part du CDE. Nous serons au rendez-vous. La Suisse, Genève, puisque les politiques sont cantonales, doivent mettre en place une vraie politique publique des TSA !

Nous affirmons que sans un « plan directeur interdépartemental spécifique autisme », nous continuerons à faire une politique du rafistolage !

Stop à l’amateurisme, construisons de manière coordonnée, planifiée et cohérente l’avenir pour tous nos enfants.

Ayons une pensée différente.

 

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Conférence de presse sur ce sujet: ici

 

13/01/2015

Conférence de presse 14/01/15: l'inclusion selon le DIP, la maltraitance dans les institutions, l'absence de statistiques.... La Suisse doit répondre à l'ONU.


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Autisme Genève annonce qu’elle tiendra une conférence de presse

le mercredi 14 janvier de 11h00 à 12h00

à la salle « La Pastorale » du Club suisse de la presse

au 106 route de Ferney, 1202 Genève (carte: cliquez ICI)

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Thème de la conférence:

« Le scandale des enfants autistes laissés pour compte! »
.



INFOS: ici



"Les droits des enfants autistes ne sont pas respectés en Suisse. Victimes de ségrégation dès leur plus jeune âge, ils sont exclus de l'école de leur quartier à leur diagnostic, et placés dans des institutions qui ne répondent ni à leurs capacités scolaires ni à leurs besoins développementaux. Il existe pourtant des méthodes éducatives reconnues internationalement dans le cadre de l'autisme, mais la Suisse et particulièrement Genève, sous l'emprise de théories psychanalytiques obsolètes, ne les utilisent pas.

Les enfants autistes sont doublement entravés dans leur développement, par l'absence d'une éducation adaptée et par la discrimination sociale dont ils sont sujets.


L'association Autisme Genève a dénoncé la situation auprès du Comité des droits de l'enfant des Nations Unies, qui a été choqué qu'un tel constat ait pu être dressé notamment à Genève, siège des organisations internationales.

Des réponses ont été exigées et la Suisse y a répondu de manière très lacunaire.

Elle devra s'expliquer les 21 et 22 janvier prochain devant le Comité des droits de l'enfant (audience publique) de l'ONU.


Le parlement genevois vient de refuser un budget 2015 pour l’école inclusive, ainsi qu’un budget d’urgence pour des assistants à l’intégration scolaire de CHF 460'000 ! Des économies de bout de chandelle, lorsqu’on les compare au coût des nombreuses institutions spécialisées du Canton.


Autisme Genève présentera le situation actuelle des enfants autistes et de leurs familles en Suisse et particulièrement à Genève, demandant une prise de conscience, des mesures urgentes et un plan autisme, à l’instar de nombreux pays, régions, riches ou pauvres à travers le monde."


Nous serons là mercredi 14 janvier pour:

  • répondre à vos questions,
  • dire ce que nous pensons du plan actuellement en préparation au DIP pour l'école inclusive,
  • dire ce que nous savons sur les situations de maltraitance dans notre pays et dans notre canton,
  • faire entendre notre voix de parents, mais aussi d'experts de la question.


!! L'autisme, ce n'est pas ANODIN. Cela concerne 1% de la population !!



 

23/12/2014

Cosi è se vi pare ;-)

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