28/10/2008

Stop au diktat!

Mai 2008, La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a présenté vendredi 16 mai le plan autisme 2008-2010. Il prévoit notamment la création de 4.100 nouvelles places sur cinq ans, avec un budget de 170 millions d’euros. Parmi les autres mesures phares : la généralisation du diagnostic précoce, l’expérimentation de nouvelles pratiques éducatives (Teacch) et le développement de la recherche sur l’autisme.

 

Nos voisins ont pris conscience qu’il est désormais nécessaire  de repenser l’autisme, d’ouvrir le dialogue entre les différentes écoles et de proposer des solutions concrètes aux parents.

 

Qu’est ce que le plan autisme en France ?

 

Outre la mise en place de nouvelles infrastructures, c’est surtout l’ouverture à des approches éducatives d’ordre cognitivo-comportemental (Teacch), qui ont fait leur preuve depuis plus de 40 ans non seulement outre-Atlantique. Plus d’infos : www.autisme-ge.ch (rubrique, plan autisme)

 

En quoi consiste une approche éducative préconisée par les associations parentales au niveau international?

 

Nous souhaitons pour nos enfants la mise en place d’une pédagogie structurée, d’orientation cognitivo-comportementale qui n’exclut ni un travail sur la relation, ni un travail fondamental sur la remédiation émotionnelle.

 

Il existe des outils d’évaluations (à l’instar du PEP-R)  reconnus et utilisés sur le plan international et qui débouchent sur la rédaction de Programmes éducatifs individualisés (PEI). Les parents souhaitent l’utilisation de ces outils et souhaitent la rédaction par écrit d’un PEI avec des objectifs à court, moyen et long terme sur lesquels travailler de concert avec les parents et vers lesquels tendre. Le Baba en somme d’une prise en charge pour des enfants évoluant dans le cadre du spectre autistique.

 

 

Eh bien figurez-vous qu’à Genève, impossible d’obtenir aujourd’hui des PEI mis par écrit !!!!! On se demande à quoi peuvent bien servir ces outils d’évaluation pourtant présentés dans le cadre des cours sur l’autisme  donnés à l’Université!!! On les étudie, on les connaît, mais on ne les emploie pas à bon escient puisqu’au final impossible d’obtenir un PEI par écrit !!! Le comble !

 

La France bouge, et la Suisse ? et les cantons ?

 

Aujourd’hui, à Genève, a-t-on le choix de placer son enfant dans un centre de jour spécialisé en autisme ?

La réponse est simple, mais déconcertante : Non, parce que tout simplement il n’y a pas de lieux d’accueil spécialisé en autisme. Entendez qui propose une pédagogie structurée.

 

 

Les hôpitaux de jour pratiquent à 99,9% une approche psychanalytique très peu adaptée au handicap de nos enfants. Accepteriez-vous de placer votre enfant dans une infrastructure dont vous n’êtes ni convaincu du traitement thérapeutique ni de la prise en charge éducative, d’ailleurs  quasi totalement inexistante ?

 

 

Là aussi la réponse me semble évidente.

 

 

Et pourtant c’est le diktat que de nombreuses familles subissent. Vous voulez des chiffres ? Un enfant sur 165 naît dans le spectre autistique, faîte le compte…ça fait pas mal d’enfants sur le carreau, non ?

 

 

Notre association demande aux autorités publiques de prendre conscience que de nombreuses familles subissent actuellement un véritable diktat. C’est inacceptable.

 

 

Franchement, quel choix avons-nous ? Les enfants iront dans un centre de jour où est pratiquée une approche d’orientation psychodynamique ou …ou…. ???? ils resteront à la maison ??? C’est le choix de certains parents qui arrêtent de travailler, d’autres familles plus fortunées engageront tout simplement des spécialistes à la maison (120 frs /heure) et placeront leur enfant dans un circuit d’écoles privées.

 

 

Je suis contente pour ces parents. Mais il est nécessaire, me semble-t-il, que les autorités publiques  créent à Genève une vraie alternative. D’autant plus qu’elle est simple à mettre en place. Il suffit de former les gens !

 

 

Faut-il encore qu’il y ait 1/ la conscience de devoir le faire ; 2/ la volonté de le faire.

 

 

Nos voisins ont en pris conscience et ont décidé de faire bouger les choses. Nous souhaiterions créer la même prise de conscience à Genève.

 

 

Nous demandons la création d’une alternative à la seule prise en charge proposée aujourd’hui qui est d’ordre psychalytique qui mise que sur le relationnel. Notre approche éducative qui part d’autres principes théoriques englobe le relationnel dans une vision bien plus large qui tient compte également des aspects cognitifs et comportementaux de nos enfants. Qu’on donne enfin la possibilité à nos enfants de fréquenter des écoles qui défendent cette approche ! Voilà: ceci est notre message qui ressemble à un appel. Non?

 

 

Je pense sincèrement que la possibilité de choisir est un DROIT conforme à l’esprit d’une démocratie. J’espère que sur ce thème personne ne me démentira.

 

 

Bien à vous,

Marie-Jeanne Accietto

www.autisme-ge.ch

11:14 Publié dans Autisme - politique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

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