07/12/2008

J7

Quand j’étais enfant, je redoutais, en classe, que la craie ne crisse sur le tableau (noir ou vert), c’était ma hantise ! Rien que l'idée du bruit me faisait  très peur et cette peur m’empêchait même parfois de suivre la leçon correctement.

 

 

 

Lorsque j’ai compris que pour mon enfant tout, même la voix humaine pouvait ressembler dans certains contextes à cette craie, j’ai mieux saisi son envie de se replier sur lui-même, de son envie de bulle… vraiment je l’ai mieux compris.bruit1349lo4.jpg

 

 

 

 

Heureusement que j’ai rencontré sur mon chemin des spécialistes, dans le privé (à quand dans le public ???), qui m’ont aidée à mettre en place un programme de « remédiation sensorielle ».

 

 

 

 

 

 

 

 

Aujourd’hui Gabriel va très bien, quelques bruits le « dérangent » encore, mais pour ces bruits précis nous lui avons  appris à se protéger (c’est vraiment le fruit d’un apprentissage, ces enfants  ne déclenchant pas, ne pouvant pas souvent déclencher tout seul les initiatives) en mettant simplement les mains sur les oreilles.

 

 

 

 

 

Certains enfants pour lesquels il est vraiment trop difficile de gérer et supporter  les sons, ils portent un casque, vous savez… le même que les ouvriers sur les chantiers…pas très esthétique, mais efficace ! Je connais même un enfant (hors frontière) qui avec ce simple casque a pu faire un cursus scolaire normal alors que le système l’avait dans un premier temps exclu pour trouble du comportement massif…il est clair que si on entend un son à peu près 100 fois plus fort qu’un autre enfant, même le mot tout doux de la maîtresse doit sacrément résonner dans la tête dudit enfant, non ? Un casque a résolu le problème…et en plus, sacrément bon en classe ce petit bout de chou .

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L’autisme est un handicap complexe, c’est un trouble envahissant du développement. Envahissant est le terme exact. Il envahit tout, tout : le système sensoriel est affecté, le système immunitaire parfois, le système vestibulaire souvent, le langage, les émotions…et la vie des familles. L’autisme envahit et perturbe profondément la vie sociale d’une famille.

Tiens, je vous donne un exemple concret : pensez-vous qu’il soit possible d’assister à la course de l’Escalade avec un enfant qui souffre d’autisme ? Pas simple, pas évident, parfois la réponse est tout simplement non. Que faire ? L’exclure ? En vérité, il souffre et l’exclure ce n'est pas ce qu’il ce que personne ne souhaite, il a besoin de SON espace pour se protéger, mais SON espace ne signifie pas qu’il aime la solitude. Alors , oui la vie d’une famille avec un enfant autiste est sacrément chamboulée.

 

 

 

Aujourd’hui à la question, Gabriel  peut-il aller assister à la course de l’Escalade, la réponse est oui. Mais quel travail pour en être arrivé à ce oui, vraiment quel travail, quel travail.

Un jour je le raconterai et dirai qui j’ai rencontré sur mon chemin qui a su simplement écouter et m'aider en tant que maman, mais aussi en tant que représentante (pour moi le combat est le même) de tous ces enfants qui ne peuvent pas faire, ni même assister à la course de l’Escalade.

 

 

Mon but personnel? C’est que mon grand Gabriel puisse un jour la faire cette course, la faire vraiment, et croyez-moi, ce jour-là je la ferai aussi ! J’y arriverai, on parie ?

 

 

 

 

Qu’est-ce qu’une personne autiste nous demanderait ?

 

  1. N’envahis pas trop mon espace. Parfois, les gens sont trop imprévisibles, trop bruyants, trop stimulants. Respecte les distances dont j’ai besoin mais ne me laisse pas seul.

06:05 Publié dans Autisme | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

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