12/01/2009

Les recherches en neurobiologie

« […] des métamorphoses, causées par le hasard neurologique,des métamorphoses en des états alternatifs de l’être, si différents, mais en rien moins humains», Oliver Sacks. Oliver Sacks. An anthropologist on Mars. Vintage Books, 1995.

brain-and-body.jpgA partir de la fin des années 1970, l’hypothèse de l’existence de particularités dans la sécrétion de certains neuromédiateurs, puis l’hypothèse de l’existence de modalités particulières de connexions entre différentes régions cérébrales ont fortement contribué à la notion que les syndromes autistiques étaient dus à des troubles précoces du développement, et en particulier du développement cérébral, qui débutent probablement avant la naissance.

Les recherches dans le domaine des neurosciences ont connu un progrès important durant les 10 dernières années, notamment en matière d’imagerie cérébrale, et de nombreuses caractéristiques neurobiologiques ont été corrélées aux syndromes autistiques : problèmes de synchronisation entre différentes régions cérébrales, problèmes de fonctionnement dans certaines régions particulières du cerveau, atteinte de la « théorie de l’esprit et du fonctionnement de certains systèmes de « neurones miroirs ».

Si l’ensemble de ces résultats indique l’existence de problèmes de développement neurobiologique très précoces chez les enfants atteints de syndromes autistiques, il est néanmoins difficile à l’heure actuelle de déterminer si les anomalies observées font partie des véritables causes neurobiologiques du handicap ou sont des conséquences des problèmes d’interactions sociales dont l’origine biologique, au cours du développement du cerveau, serait plus précoce et de nature encore inconnue.

En d’autres termes, qu’il y ait des corrélats neurobiologiques à des variations profondes du comportement et des capacités d’interactions sociales n’a rien de surprenant. En revanche, l’existence de ces corrélats neurobiologiques est actuellement difficile à interpréter en termes de causalité. La puissance évocatrice de l’imagerie cérébrale – la « valeur de preuve » de l’image – favorise l’idée que l’imagerie cérébrale révèle nécessairement la cause du handicap. Pourtant, ce serait méconnaître l’importance de la plasticité cérébrale en réponse aux interactions avec l’environnement que de ne pas envisager que les modifications profondes et précoces des interactions sociales qui caractérisent les syndromes autistiques ne puissent pas inscrire des empreintes détectables au niveau de l’activité cérébrale, indépendamment des mécanismes biologiques initialement en cause dans l’émergence précoce des problèmes de développement du cerveau.

A condition d’éviter les risques de conclusions hâtives pouvant mener à une confusion entre corrélation et causalité, les recherches en neurosciences, et notamment chez des enfants plus jeunes, représentent probablement le meilleur moyen de parvenir un jour à une meilleure compréhension des troubles envahissants du développement, et d’aboutir à des applications nouvelles dans les domaines du diagnostic et des traitements. Le développement de ces recherches est essentiel.

 

Source: Comité Consultatif National d’Ethique pour les Sciences de la Vie et de la Santé, AVIS N°102

08:42 Publié dans Autisme - recherches (médicales) | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | | Pin it! |

Commentaires

Il est manifeste que le syndrome autistique est en lien avec des troubles neurobiologiques dont l'éthiopathogénie reste mystérieuse à celà s'ajoute des phénomènes environnementaux, pendant longtemps ce syndrome a été considéré comme une pathologie psychiatrique et la prise de psychotropes n'a rien résolu, en particulier les neuroleptiques.
L'idéal est de faire le diagnostic avant trois ans, d'ou la nécessité de faire suivre les enfants par un pédiatre qui jugera de la nécessité d'un suivi par un spécialiste du sujet, mais surtout pas de traitement institutionnel, traitement qui ne font qu'aggraver le processus, par un isolement de l'enfant de son milieu naturel. Ce syndrome est confronté au même problème que la maladie d'Alzheimer un défaut de connaissance de la neurobiochimie du neurone. Et il faut l'admettre cette connaissance n'est pas d'un abord facile, car quel type de neurone est atteint. Il est donc nécessaire de cartographié le génome et d'étudier tous les neurotransmetteurs. Grâce à l'outil informatique l'étude sera plus facile, qu'à l'époque de la pure spéculation intellectuelle des années 40, et d'une psychiatrie proche de l'ésotérisme.

Écrit par : glentir | 03/01/2012

@Glentir,en effet les neuroleptiques ont été considérés comme médicaments miracle mais il n'en fut rien bien au contraire.Cependant je persiste à dire que malgré les neuroleptiques et autres potions magiques,le vécu de ces êtres emmurés dans leur silence prouve qu'ils avaient une soif d'amour à donner souvent mise de coté,car n'oublions pas que durant la guerre et ce jusqu'en 1960 voire 70,la tendresse était considérée presque comme un défaut ou cachant quelque chose de pas clair.La recherche de calins étant considérée presque anormale,avec le recul je me demande si certains n'ont pas été enfermés pour ce seul besoin qui très souvent est inné comme la fibre maternelle dont beaucoup de soignants qui avaient vécu la guerre faisaient peu cas.Certe il y en avait qui osait faire quelques démonstrations de tendresse mais ce n'était pas dans l'air du temps car en plus le mot rendement existait déjà mis au point par des anciennes infirmières d'origine autrichiennes/mon passé me collait aux fesses,rire
Ils étaient environ 4oo patients ,tous décédés et on ne les a pas oublié ,mais la psychiatrie après un grand virage a pris un tout autre visage et c'est tant mieux.A 20 ans pour peu que vous ayez eu la chance de faire un stage ou plusieurs en soins généraux ,la confiance de vos directeurs était acquises et ils savaient vous stimuler pour d'autres responsabilités car nous les recherchions ,c'est peut-être la seule vraie grande différence avec aujourd'hui
toute belle soirée pour Vous

Écrit par : lovsmeralda | 03/01/2012

Les neuroleptiques sont prescrits essentiellement comme antipsychotiques, le problème est de définir et de conceptualiser les psychoses ( maladie de l'âme).
Ce mot, comme beaucoup de termes en psychiatrie est entaché de subjectivité, ce qui convenait au début du XX ième siècle, n'est plus adapté à l'ère des nouvelles technologies. En ce qui concerne la tendresse, c'est effectivement encore un sujet tabou, les psychanalystes préfèrent des mots comme relation objectale, comme si l'autre était un objet. L'affectif est un sujet tabou, car il est considéré comme source de dépendance, voir de douleur comme la passion.
Dans le meilleur des mondes Aldous HUXLEY évoque ce sujet. L'homme doit renoncer à l'amour pour accepter le sacrifice de sa personne. Dans ces deux derniers ouvrages FREUD aborde ces sujets ( l'avenir d'une illusion, malaise dans la civilisation). Ce thème de l'amour est abordé avec passion, par le regretté Jacques BREL, ce n'est pas pour rien si la musique est considérée comme une véritable "thérapie". Pour s'en convaincre, il faut écouter la célèbre sérénade (ständchen) de SCHUBERT, quelle émotion. Le pédiatre Aldo NAOURI a souvent abordé ces sujets avec beaucoup d'humilité et de simplicité. Il semblerait que l'ocytocine soit l'hormone de l'affectivité et qu'elle serait à l'essai dans le syndrome autistique (Asperger entre autre). On finit par en revenir à la neurobiologie. A bientôt.

Écrit par : glentir | 03/01/2012

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