31/01/2009

Mille

Il n’est pas simple pour un parent de comprendre le sens de la différence, la vivre ensuite au quotidien et imaginer la vivre une vie durant. La différence ne s’efface pas. Elle vit/se vit en nous et se dépose/repose dans le regard d’autrui comme une tare à éviter.

Nos enfants vibrent pourtant, silencieusement, mais ils vibrent. Ce sont nos yeux qui ne voient pas et notre cœur qui n’entend pas.

Pour regarder et entendre ces enfants-là, il est vrai, très vrai, que c’est nous qui devons changer d’optique et de logique. Ne plus réfléchir en mots, pas même en image, mais en mille petits points qui ensemble font une image. Puis, ne plus parler ou si peu, pas même avec le regard, mais lentement fixer sur du papier si ordinaire, afin qu’ils se cristallisent, ces mille petits points qui ensemble font et donnent un sens, y compris à la vie.

Je mets au défi celui qui me lit de changer au quotidien sa manière de percevoir, de comprendre et de communiquer.

C’est pourtant ce que font mille parents autour de nous, et cela tout simplement pour vivre un instant, souvent fugace et fragile, et qui parfois ne vient jamais, un moment d’échange avec leur propre enfant. C’est un regard, un sourire, un simple toucher. Ce moment-là efface pourtant tout l’épuisement, moral et physique, qui est souvent le leur. Il l’efface. Mais il revient.

Je tends la main à celui qui en a besoin. Je luis dis : il n’y a pas qu’une manière de communiquer, mais mille. Mille.

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30/01/2009

Dépister et éduquer sont les mots-clés !

Un dépistage précoce d'enfants avec un trouble autistique est-il possible et raisonnable ?

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 1. Introduction

 

Il y a 60 ans Kanner (1) publia son article sur les "Troubles autistiques du contact affectif". Il décrivit chez ses jeunes patients l'incapacité d'établir des contacts sociaux et d'utiliser le langage normalement pour la communication, le besoin compulsif de tout maintenir en l'état, ainsi que leur fascination pour des objets. Le trouble doit être apparent avant l'âge de 2 ans. Sa description de l'autisme infantile reste valable dans ses grandes lignes jusqu'à ce jour.

Dans les tabelles de classification diagnostique actuelle (CIM-10, DSM-IV) le terme "d'incapacité" a été remplacé par "trouble". Cela reflète l'idée qu'à côté d'un noyau d'enfants qui paraissent presque totalement incapables de toute faculté de contact et de communication, existe un plus grand nombre d'enfants avec des troubles quantitatifs et qualitatifs de l'interaction sociale. La maladie exactement définie s'est mue en un spectre de troubles autistiques qui sont réunis sous le terme de troubles envahissants du développement (CIM-10, tabl.1) ou Pervasive Developmental Disorders PDD (DSM-IV).

Tab. 1:
F 84 Troubles envahissants du développement
F 84.0 Autisme infantile
F 84.1 Autisme atypique
F 84.2 Syndrome de Rett
F 84.3 Autre trouble désintégratif de l'enfance
F 84.4 Trouble hyperkinétique associée à un retard mental et à des mouvements stéréotypés
F 84.5 Syndrome d'Asperger
F 84.8 Autres troubles envahissants du développpement
F 84.9 Trouble envahissant du développement, sans précision

 

Durant des décennies un grand nombre d'études ont montré que l'autisme infantile précoce classique (appelé aussi l'autisme de Kanner) est présent chez 4-5/10'000 enfants. La fréquence des autres formes d'autisme a été estimée à peu près équivalente, ce qui donne un total d'environ 1/1'000. Les recherches de ces dernières années (2,3) fournissent des valeurs nettement plus élevées, c'est à dire 0,2 - 0,5% pour l'autisme infantile précoce et 0,4 - 0,5% pour les autres troubles autistiques, notamment le syndrome d'Asperger. La prévalence totale se situerait donc à 0,6 - 1%. Tous les troubles du spectre autistique sont beaucoup plus fréquents chez le garçon que chez la fille.

Il n'est pour l'instant pas clair, si ces nouveaux chiffres représentent une réelle augmentation de la morbidité ou s'il faut plutôt les attribuer à une attention accrue, à des méthodes de dépistage améliorées et à des critères diagnostics modifiés.

Alors que Kanner était parti originairement du principe d'une cause biologique du trouble autistique, dans les années 50 et 60 des modèles psycho-dynamiques figuraient au premier plan. Ainsi Bettelheim qualifiait les mères de ses enfants autistes de "refrigerator mothers" et voyait dans leur froideur affective l'origine de l'autisme infantile. Durant les 20 dernières années, un grand nombre de recherches ont confirmé le concept biologique original de Kanner. Des analyses familiales montrent que l'élément génétique joue un rôle important. Il ne s'agit cependant sûrement pas d'un trouble monogénique. En plus des facteurs génétiques, des troubles exogènes pré- ou postnataux du développement cérébral, p.ex. des neurotoxines ou des infections peuvent probablement provoquer des troubles autistiques.

 

2. A quel moment le diagnostic est-il généralement posé ?

Des études provenant d'Angleterre(4) ainsi que les résultats d'enquêtes suisses indiquent que le diagnostic d'autisme infantile n'est souvent posé qu'à l'âge de 5 -6 ans. Souvent les parents ont, à ce moment-là, déjà été en contact avec 5 à 8 professionnels. Des résultats suédois montrent qu'un dépistage plus précoce est possible. Lors d'une journée organisée en 1999 par le Centre de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent de Zurich en collaboration avec l'Association de parents d'enfants autistes, il est très clairement apparu que la question du dépistage précoce revêt une grande importance pour les parents concernés. Ceux-ci rapportent que le long laps de temps écoulé entre l'apparition des premiers symptômes et le diagnostic définitif a été très déstabilisant et lourd à supporter. Mais un dépistage précoce devrait aussi être recherché pour des raisons thérapeutiques. Beaucoup d'indices laissent supposer qu'une aide intensive précoce favorise les facultés de développement des enfants autistes. Les pédiatres jouent un rôle primordial dans ce contexte.

 

3.  Comment reconnaît-t-on les enfants autistes ?

 Chez les enfants avec un autisme infantile précoce classique on observe deux formes d'évolution. La majorité des enfants montre des particularités déjà durant la première année de vie, particularités qui se préciseront au courant de la deuxième année. Environ un tiers des enfants semble se développer tout à fait normalement jusqu'à l'âge de 12 à 18 mois, avant que n'intervienne un arrêt, voir même une perte des facultés de communication. Un développement normal durant plus que deux ans avec une apparition tardive des symptômes autistiques est très rare (trouble desintégratif de l'enfance). Des formes atypiques d'autisme et surtout du syndrome d'Asperger, où les troubles du comportement n'apparaissent clairement que plus tard, se découvrent occasionnellement même après la scolarisation.

Le développement de l'enfant pendant la première année de vie est étroitement lié au domaine de la perception et de l'interaction sociale. Ceux-ci sont génétiquement programmés et jouent un rôle important dans la régulation d'états d'excitation. Dans le domaine acoustique, le bébé montre une nette préférence pour la voix humaine, particulièrement pour celle de sa mère. Il reconnaît les sons de la langue maternelle et réagit aux modulations de la voix de sa maman ("motherese"). Avec l'amélioration de l'acuité visuelle, le bébé dirige son attention surtout sur la face et particulièrement sur les yeux de son vis-à-vis. Dans le domaine tactile-kinesthésique la régulation des états d'excitation par le bercement (sensibilité profonde) ou les caresses (sensibilité superficielle) joue un rôle central. Lorsqu'on demande à des parents d'enfants autistes ce qui les a frappés en premier, ils mentionnent des comportements liés à ces domaines, tels l'absence de réactions de l'enfant à la voix humaine et surtout à son nom, l'absence ou le caractère particulier du contact visuel, des réactions inhabituelles au contact physique.

Un diagnostic fiable de l'autisme infantile pendant la première année de vie n'est pourtant que rarement possible. Par ailleurs, un nombre non négligeable d'enfants autistes se développent de façon tout à fait normale durant la première année de vie. Pendant la deuxième année apparaissent des interactions sociales plus complexes qui deviendront les piliers d'un diagnostic sûr.

autism_everyday_02.jpgLa base de ce comportement est l'attention conjointe de l'enfant et d'une deuxième personne, généralement la mère, dirigée sur un objet (joint-attention). L'enfant suit p.ex. du regard le regard de sa maman ou montre un objet, non seulement parce qu'il le veut, mais parce qu'il veut attirer l'attention de sa maman sur l'objet. L'enfant commence aussi à observer le visage de son vis-à-vis et y cherche des informations, pour savoir s'il s'agit de "jeu ou sérieux" (regard référentiel). Ces comportements apparaissent chez l'enfant normal vers la fin de la première année et sont bien établis chez la majorité des enfants avec 15 mois environ. Dans les questionnaires de dépistage comme le CHAT (voir annexe) ces comportements sont spécifiquement recherchés à l'âge de 18 mois; ils peuvent aussi être observés pendant l'examen. S'ils sont absents, on suspectera très sérieusement un autisme. Une appréciation fiable est difficile lorsque, en raison d'un retard du développement généralisé, un enfant n'a atteint qu'un stade de développement de moins d'une année et que les comportements spécifiques ne peuvent pas encore être attendus.

Pendant la 2ème  année de vie, les enfants développent particulièrement le jeu. Ils observent et imitent avec précision, jouent des activités quotidiennes comme téléphoner, cuisiner ou conduire. Ils utilisent de plus en plus la parole pour communiquer. Ces comportements font défaut chez l'enfant autiste, mais aussi chez l'enfant avec un important retard du développement général.

A l'âge de 18-24 mois il devrait être possible pour le pédiatre, de dépister les enfants suspects d'être autistes et de les référer à un centre spécialisé pour investigation et évaluation. Mis à part le CHAT déjà mentionné, différents centres de conseil pour l'autisme en Suisse ont développé des questionnaires pour le dépistage précoce (adresses dans l'annexe). Les expériences faites jusqu'ici avec le CHAT (6) montrent une valeur prédictive très élevée, c'est-à-dire qu'en cas de dépistage positif, le diagnostic d'autisme sera très probable.

En même temps il est par contre aussi apparu que la sensibilité du CHAT est insuffisante, c'est-à-dire que trop de cas de troubles autistique ne sont pas dépistés . Il ne peut donc pas être appliqué comme unique méthode de dépistage à large échelle. Si par contre des parents signalent des troubles du comportement ou si certains items développementaux manquent, il peut être utilisé pour une première évaluation. Il est conseillé de répéter l'examen après un mois s'il s'avère positif.

Si les particularités persistent, l'enfant devrait être adressé à un spécialiste. Si le deuxième examen s'avère négatif, le pédiatre devrait réexaminer l'enfant à nouveau à l'âge de deux ans pour pouvoir se faire une image plus sûre de son développement. Chaque régression, en particulier chaque perte d'une capacité communicative déjà acquise, est très suspecte d'un trouble autistique et devrait être investiguée. Un dépistage à la recherche d'un trouble autistique devrait aussi être entrepris, lorsqu'un enfant de 16-18 mois n'utilise aucun mot. La majorité des enfants touchés sont des garçons. Les parents inquiets de l'absence de parole chez leur fils sont souvent consolés avec l'apparition plus tardive du langage parlé chez les garçons, et ainsi parfois un trouble autistique nous échappe.

Plusieurs études ont montré que le diagnostic de trouble autistique reste très stable. Il peut y avoir des changements de diagnostic à l'intérieur du spectre autistique, mais les enfants qui ont été diagnostiqués autistes à l'âge de 2-3 ans, montrent des années plus tard, dans presque tous les cas, toujours des traits typiquement autistiques (7).

 

4. Importance thérapeutique d'un diagnostic précoce

 

Mis à part le soulagement que le diagnostic précoce représente pour les parents, les recherches de ces dernières années nous montrent par de nombreux indices que le développement d'enfants autistes peut être favorablement influencé par une prise en charge intensive et précoce. Les données les plus précises nous viennent de l'approche comportementale qui se base sur les travaux du pionnier Ivan Lovaas de l'University of California à Los Angeles (8). Cette dernière décennie,  en plusieurs endroits USA ont été ouverts des centres thérapeutiques analogues . Les résultats de ce travail sont très encourageants et ont montré qu’un nombre considérable d'enfants autistes, peuvent être montrer de grands  progrès, voire même,dans le cas idéal, une intégration scolaire normale. En dehors de l'approche comportementale, s'appliquent aussi d'autres modèles thérapeutiques intensifs (Floor-Time, Option, Mifne).

Pour l'instant il n'existe en Suisse aucune offre comparable apportant une aide précoce intensive. Malgré cela, des familles avec un enfant autiste se sont mises à la recherche de telles possibilités thérapeutiques. L'information plus large par internet joue un rôle important. Ces familles sont soit parties à l'étranger, soit elles ont appliqué des programmes de traitement avec l'aide de spécialistes étrangers.

1000560.jpgDes efforts sont actuellement entrepris en Suisse pour améliorer l'offre pour les parents concernés. Nous avons pu soulager des parents en incluant des étudiants en psychologie dans nos programmes thérapeutiques. D'autre part nous avons la possibilité d'envoyer des professionnels pour un stage de formation prolongé dans un centre Lovaas aux Etats Unis. Ces personnes devraient ensuite être en mesure d'évaluer un enfant autiste, de mettre au point un programme d'aide individuel et d'accompagner son application.

 

5. Résumé

 

 Il est possible dans beaucoup de cas, de poser chez de jeunes enfants autistes un diagnostic fiable à l'âge de 3 ans. Le dépistage préalable par un médecin de premier recours, p.ex. un pédiatre, est d'une importance capitale. Il doit pour cela d'une part prendre au sérieux les soucis exprimés par les parents, d'autre part évaluer avec des checklists appropriées les aspects importants du développement social de l'enfant entre 18 et 24 mois. Un examen plus approfondi pourra être délégué à un centre spécialisé.

Le diagnostic précoce n'est pas seulement un soulagement pour les parents, mais permet aussi une aide ciblée aux enfants concernés, améliorant ainsi sensiblement leur potentiel de développement.

 

 

 

 

 

 

Ronnie Gundelfinger, Zurich

Adresse de l’auteur :
Dr Ronnie Gundelfinger
Zentrum für Kinder- und Jugendpsychiatrie
Universität Zürich
Neumünsterallee 3
8032 Zürich
e-mail : ronnie.gundelfinger@kjpdzh.ch

 

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27/01/2009

Les parents de la bande d'autistes répond...

Cher Monsieur le conseiller national socialiste neuchâtelois Didier Berberat,

En réponse à vos propos dans la Tribune: http://www.tdg.ch/actu/economie/ubs-verserait-2-milliards..., voici quelques considérations et un rappel.

Comme nous avons  déjà eu loisir de vous le signifier, il y a quelques mois, par le biais de l'association autisme suisse romande dont je suis également membre du Comité, il faudrait désormais essayer de comprendre le sens des mots.

Comme notre lettre est restée -apparemment -lettre morte, je vous conseille dès lors, très courtoisement, de faire l'acquisition d'un dictionnaire de langue française.

Comme je l'indique à mes élèves (très jeunes): "ouvrez à la bonne page !" Un dictionnaire est organisé par ordre alphabétique et la première lettre de l'alphabet est le A: A comme avion, ami, auguste et aussi autiste.

Une fois cette première étape franchie, veuillez précisément vous arrêter sur le mot "autiste" et en lire la définition. Merci.

Maintenant, essayez de bien la comprendre, d'en saisir la portée, et de l'utiliser à l'avenir à bon escient. Vous savez, Monsieur le conseiller national socialiste neuchâtelois Didier Berberat, les mots ont un sens autant que les maux.

Veuillez recevoir mes salutations distinguées,

Marie-Jeanne Accietto

www.autisme-ge.ch

 

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20/01/2009

Insertion sociale et droits civiques

« La personne humaine apparaît quand elle entre en relation avec d’autres personnes humaine»

 

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Included in Societyest un exemple suédois mis en oeuvre depuis1995. En effet depuis cette époque, la Suède a interdit et supprimé les institutions destinées aux personnes atteintes d’un handicap mental, intellectuel, ou affectant les capacités de communication ou le comportement.

Les internats destinés aux enfants atteints de ces handicaps ont été remplacés par des classes adaptées au sein des écoles ordinaires. Les résidences pour enfants et adolescents ont été fermées. Les parents ont reçu une aide personnelle et financière, le droit à un accueil préscolaire de jour, gratuit, assuré par des groupes locaux d'experts.

 

Lorsque les (ou le) parent(s) ne peuvent pas s'occuper de leur enfant chezeux, celui-ci est accueilli dans une maison de 4 enfants au sein de la cité, constamment ouverte, y compris les week-ends. Ainsi les enfants, les jeunes et les personnes adultes et âgées atteints de handicaps, dont les syndromes autistiques, ont été intégrés au sein de la cité.

 

A l'intention des adultes, des foyers ont été créés pour permettre aux personnes handicapées de vivre comme des citoyens normaux, y compris les personnes atteintes de handicaps extrêmement invalidants. Des appartements accueillant quelques personnes handicapées entourées par des personnes ‘ressources’, ayant reçu une formation adaptée, et accompagnant les personnes handicapées faire leurs courses dans leur ville ou leur village, et à la piscine, ont progressivement familiarisé l'ensemble des citoyens à proximité. Les personnes handicapées ont acquis plus d'autonomie et la discrimination a régressé.

 

En matière de coût économique, des études réalisées en Suède et en Grande-Bretagne ont indiqué que ces modalités de prise en charge permettant une insertion sociale n’étaient pas plus chères que l’institutionnalisation. Ainsi, contrairement à ce que beaucoup ont tendance à croire,  le non-respect de la dignité humaine des personnes atteintes de syndrome autistique dans notre pays ne s’explique pas par des réticences de nature économique : il s’explique avant tout par des réticences de nature culturelle

 

Au lieu de considérer, comme trop souvent dans notre pays, que  parce que des enfants et des personnes adultes ont des problèmes d’interaction sociale,  il faut d’abord les exclure de la société et les isoler dans des institutions avant de pouvoir les accompagner, l’idée, dans ce pays, est qu’ il faut leur donner accès à ce dont ils manquent, et à quoi chacun a droit : la capacité de vivre, aussi pleinement que possible, avec les autres, parmi les autres.

  

 Source: Comité Consultatif National d’Ethique pour les Sciences de la Vie et de la Santé. Avis 102.

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18/01/2009

Un consensus international pour une prise en charge

 « Un enfant handicapé a un développement qualitativement différent, unique… Cette singularité transforme le ‘moins’ du handicap dans le ‘plus’ de la compensation».

 

A. Une prise en charge adaptée nécessite:

-un diagnostic fiable, le plus précoce possible ;

-un accompagnement éducatif, comportemental, et psychologique individualisé, précoce et adapté, avec soutien orthophonique, à l’école quand c’est possible,  impliquant le plus possible la famille, et centré sur l’apprentissage de capacités relationnelles, de communication, de l’autonomie, et d’une appropriation de l’environnement ;

-parmi les méthodes d’apprentissage, la plus ancienne, la plus répandue, et la plus évaluée, est le programme TEACCH  (Treatment andEducation of Autistic and related Communication Handicapped Children).

 

autism9.jpgD’autres méthodes répandues ont fait, ou font l’objet d’évaluations, comme la méthode ABA (Applied Behavior Analysis) ou, souvent utilisée en complément de TEACCH ou ABA, la méthode PECS (Picture Exchange Communication System). Des programmes d’apprentissage faisant appel à plus de 40h de travail intensif par semaine (c’est le cas de l’ABA) pourraient être excessives et mal supportées par certains enfants, en particulier les tout petits enfants. La méthode d’apprentissage doit être adaptée à l’enfant ;

- des traitements médicamenteux psychotropes transitoires et adaptés, prescrits dans environ 20% des cas,  pour atténuer des comportements agressifs ou d’automutilation ;

- un soutien psychologique et social apporté aux familles.

L’existence de sources d’informations indépendantes, aussi accessibles, ouvertes et objectives que possible, est essentielle pour aider les familles dans la prise en charge de leurs enfants.

 

 

B. L'éducation et l'apprentissage de la communication verbale et non verbale sont essentiels.

L'éducation précoce et adaptée est au coeur de la prise en charge, et du devenir de l’enfant.

 

Des méthodes d’apprentissage, de communication et d’appropriation de l’environnement adaptées, privilégiant à la fois des pratiques de communications non verbales et, quand c’est possible, verbales, doivent être envisagées avec l'ambition d'une efficience toujours à venir.

Y renoncer sous prétexte que l'enfant serait considéré comme trop atteint est une faute éthique majeure : un déni du droit fondamental de tout enfant à apprendre à vivre avec les autres, parmi les autres.

 

C. L'insertion de l'enfant dans un milieu adapté est une priorité.

classe03.jpgActuellement les familles ont des difficultés majeures, voire une incapacité à assurer cette éducation, car les enfants sont rejetés de leur structure habituelle et ne trouvent pas de place dans de petites structures spécialisées adaptées. Entre le séjour dans la famille, qui ne dispose pas d’aide adaptée, et le séjour hospitalier,  il doit y avoir place pour des structures éducatives fondatrices d'un lieu social futur.

L'intérêt pour les enfants dits "normaux" est aussi majeur pour une prise de conscience du respect des différences.

D. La fin du modèle des grandes institutions.

La France a toujours privilégié des structures accueillant un nombre important d'enfants et de personnes atteintes de syndrome autistique ou d’autres handicaps affectant les comportements et les possibilités de communication, considérant que leur prise en charge spécifique nécessitait des moyens dont la mise en oeuvre ne pouvait être envisagée que dans un environnement de regroupement collectif. Cette vision va à l'encontre des expériences étrangères récentes. En effet la question majeure reste celle de l'isolement des enfants dans la cité.

 

Ces établissements, généralement périphériques, parfois très éloignés du domicile de la famille,  donnent la bonne conscience d'une prise en charge adaptée qui ne perturbe pas la vie sociale du plus grand nombre, et  constituent de fait un isolement, une exclusion  de l’enfant qui rendra d’autant plus difficile son insertion sociale ultérieure.

 

E. La participation de la famille et l’accompagnement de la famille sont une priorité.

Il s’agit d’une démarche essentielle. Non seulement la famille ne doit pas être stigmatisée et culpabilisée, mais elle doit être activement aidée et soutenue dans l'accompagnement de l’enfant. Des lieux d’accompagnement et de prise en charge éducative des enfants doivent être disponibles à proximité du domicile.

 

La famille elle-même doit être accompagnée dans sa propre souffrance et ses grandes difficultés. La situation des mères est fréquemment aggravée par le fait qu’elles se retrouvent seules à prendre en charge leurs enfants, de nombreux pères ayant plus de difficulté à assumer le handicap de leur enfant, certains quittant le foyer après la naissance d’un enfant atteint de syndrome autistique. L’attention et les efforts que consacre la mère, dans des conditions souvent très difficiles, à son (ses) enfant(s) atteint(s) de syndrome autistique, la perturbation de l’organisation du rythme de vie de la famille, en termes d’angoisse, de manque de sommeil, d’absence de calme nécessaire, ainsi que la stigmatisation fréquente de ce(s) enfant(s) atteints peuvent retentir douloureusement sur leurs frères et soeurs, sur leurs rapports avec leurs camarades et la réussite de leurs études. L’inquiétude sur le devenir de l’enfant atteint, et une inquiétude sur leurs futurs enfants peuvent aussi être, pour les frères et soeurs, une source d’angoisse concernant l’avenir.

Pour ces raisons,  un accompagnement doit être apporté à la famille entière, non seulement aux parents, mais aussi aux autres enfants.

parentsfightHowardGrey.jpgDes aides familiales doivent pouvoir prendre le relais à certaines périodes pour permettre aux mères et aux familles de prendre des « vacances thérapeutiques » qui leur permettent de ne pas sombrer dans l’épuisement et le découragement, et de retrouver des ressources nouvelles d’énergie. Une famille désespérée par l'indifférence de la collectivité face à sa souffrance et au devenir de leur proche aggrave la situation de cette personne. A l'inverse toute aide que cette famille peut recevoir retentit de manière positive sur la personne atteinte.

 

 

 

 

 

 

 

F. Les différentes méthodes éducatives et des traitements doivent faire l’objet d’une évaluation par des recherches.

L’éducation est une priorité. Le libre choix des méthodes éducatives et des traitements éventuellement associés doit être donné aux familles. Mais

ces méthodes doivent pouvoir faire l’objet de recherches et être évaluées afin que le choix des familles puisse reposer sur les informations les plus fiables possibles.

Accepter qu'une analyse du comportement et des éventuelles maladies associées soit suffisamment précise pour que l'efficacité de telle ou telle approche puisse être l'objet d'un minimum de consensus devrait devenir une exigence. La place des psychotropes ne devrait être ni stigmatisée ni encensée, mais avoir pour objectif, dans des circonstances très précises, l'aide réelle qu'ils peuvent apporter à la souffrance de l'enfant. Les psychotropes ne sont pas là pour aider les soignants et la société, mais pour aider l'enfant.

 

La grande hétérogénéité des syndromes autistiques pose aussi un problème dans le domaine du choix des abords thérapeutiques les plus adaptés. Le concept de "trouble envahissant du développement" a probablement multiplié par 10 le diagnostic des différentes formes de syndromes autistiques, et justifierait probablement une démarche de recherche et de caractérisation beaucoup plus précise afin d'adapter et d’évaluer au mieux la prise en charge.

G. Le développement des appartements et des petites maisons d'accueil : une priorité pour les personnes adultes atteintes desyndrome autistique :

 

« De façon étrange, la plupart des gens parlent uniquement des enfants autisteset jamais des adultes autistes, comme si les enfants disparaissaient soudain de la Terre».

 

L'enfant atteint de syndrome autistique deviendra, ou est devenu un adolescent puis un adulte.

 

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Cette mutation est souvent à l'origine d'une brutale rupture de la prise en charge. Des critères d'âge trop stricts obligent à des changements de structure indifférents aux spécificités de chaque situation individuelle (revenus familiaux, situation géographique, gravité du handicap,…), et conduisent le plus souvent à des situations dramatiques de prise en charge par des familles ne disposant pas de soutien adapté, ou d’institutionnalisation dans des structures non adaptées où ces personnes, adultes ou âgées, vivent dans une situation d’abandon.

L'action de la Caisse Nationale de Solidarité propose une alternative majeure en recentrant l'aide apportée par les pouvoirs publics à la personne et à sa famille dans sa singularité. Ces efforts débutants doivent être encouragés.

Dans cette optique le développement des appartements et des petites maisons d'accueil, à proximité de la famille, est probablement la meilleure solution.

 

L'exemple de la Suède devrait servir de référence.

Source: Comité Consultatif National d’Ethique pour les Sciences de la Vie et de la Santé. Avis 102.

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16/01/2009

Autisme et environnement

 Les recherches en cours sur les facteurs de risque liés à l'environnement

Parmi les nombreux facteurs de risque liés à l’environnement qui ont été proposés, certains, qui ont eu un grand retentissement médiatique, se sont révélés, à ce jour, dénués de validité scientifique.

autisme-degrieck.jpgIl en est ainsi de l’implication de plusieurs facteurs liés à la vaccination. La mise en cause du vaccin anti-rougeole-rubéole-oreillons constitue un exemple caractéristique de campagnes de communications publiques provoquant depuis près de dix ans l’inquiétude et la détresse des familles. En 1998, un article scientifique rapportait une corrélation, chez des enfants, entre le développement de syndromes autistiques et la présence d’une infection virale persistante due au virus atténué de la rougeole présent dans le vaccin rougeole-rubéole-oreillons. L’effet de cet article et des campagnes de presse qui ont suivi a été important : la couverture vaccinale en Grande-Bretagne, qui était en 1995 de 92% tombe à 82% en 2002-3, provoquant plusieurs épidémies limitées de rougeole. Pourtant, plusieurs articles scientifiques ont infirmé l’existence de cette corrélation, l’article initial a été rétracté par tous ses auteurs sauf un, et aucun article scientifique n’a confirmé cette corrélation.

 

 

Cet exemple, parmi d’autres, souligne la nécessité d’instances indépendantes capables de diffuser les mises au point les plus objectives possibles permettant de faire le point sur les informations  peuvent susciter des craintes ou des espoirs infondés sur le plan scientifique.

 

 

D’autres facteurs de risque liés à l’environnement font actuellement l’objet de recherches . Le Congrès des Etats-Unis d’Amérique a demandé en 2006 aux NIH (les Instituts Nationaux de la Santé des Etats-Unis), qui consacrent actuellement plus de 100 millions de dollars par an aux recherches sur les syndromes autistiques, d’augmenter le financement des recherches dans trois domaines : le diagnostic précoce, la thérapeutique, et les études scientifiques visant à déterminer si certains facteurs del’environnement pourraient ou non être en cause.

 

Source: Comité Consultatif National d’Ethique pour les Sciences de la Vie et de la Santé. AVIS N°102

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14/01/2009

Les recherches en génétique

Trois grandes catégories d’arguments (corrélation élevée chez les jumeaux vrais, incidence accrue dans des familles où un enfant est atteint, association à des maladies génétiques mendéliennes connues) suggèrent fortement l’existence de facteurs d’origine génétique favorisant le développement des syndromes autistiques.chromo.gif

 

 

Depuis quelques années, la présence de séquences génétiques particulières concernant près d’une vingtaine de gènes différents, a été corrélée à l’existence de syndromes autistiques. Cependant, la plupart de ces études ont rapporté l’implication de gènes différents selon les familles.

 

La plupart des travaux, y compris les plus récents indiquent l’existence de facteurs génétiques favorisant le développement des syndromes autistiques, facteurs qui apparaissent multiples, et ne semblent pas suffire à eux seuls, dans l’immense majorité des cas, à provoquer le handicap. L’hypothèse la plus probable est que ces facteurs génétiques multiples favoriseraient la mise en place, au cours du développement, de réseaux de connexions nerveuses plus fragiles en réponse à certaines modifications de l’environnement. Certains de ces gènes pourraient être utilisés par les cellules nerveuses pour fabriquer des protéines intervenant, à différents niveaux, dans le fonctionnement cérébral, et en particulier dans la construction des synapses, les connexions entre les cellules nerveuses. Ces données suggèrent que des modifications, à différents niveaux, dans le développement de différents réseaux de connexions pourraient avoir une même conséquence possible : le développement de différentes formes de syndromes autistiques partageant certaines caractéristiques communes, et réalisant un continuum entre les formes les plus graves et les formes les moins sévères de ce handicap.

 

A ce stade, plutôt que de contribuer à une démarche diagnostique, dont rien n’indique aujourd’hui qu’elle puisse être significativement améliorée par un test génétique,  l’apport le plus important de ces recherches est de contribuer à la compréhension des mécanismes impliqués dans les troubles envahissants du développement, compréhension qui pourrait permettre, à terme, le développement de nouvelles approches thérapeutiques. Le développement de ces recherches est essentiel.

 

On conçoit qu'entre le déterminisme génétique et les facteurs de vulnérabilité à un ou plusieurs facteurs inconnus de l’environnement, les hypothèses physiopathologiques sont nombreuses.

 

Source: Comité Consultatif National d’Ethique pour les Sciences de la Vie et de la Santé, AVIS N°102.

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12/01/2009

Les recherches en neurobiologie

« […] des métamorphoses, causées par le hasard neurologique,des métamorphoses en des états alternatifs de l’être, si différents, mais en rien moins humains», Oliver Sacks. Oliver Sacks. An anthropologist on Mars. Vintage Books, 1995.

brain-and-body.jpgA partir de la fin des années 1970, l’hypothèse de l’existence de particularités dans la sécrétion de certains neuromédiateurs, puis l’hypothèse de l’existence de modalités particulières de connexions entre différentes régions cérébrales ont fortement contribué à la notion que les syndromes autistiques étaient dus à des troubles précoces du développement, et en particulier du développement cérébral, qui débutent probablement avant la naissance.

Les recherches dans le domaine des neurosciences ont connu un progrès important durant les 10 dernières années, notamment en matière d’imagerie cérébrale, et de nombreuses caractéristiques neurobiologiques ont été corrélées aux syndromes autistiques : problèmes de synchronisation entre différentes régions cérébrales, problèmes de fonctionnement dans certaines régions particulières du cerveau, atteinte de la « théorie de l’esprit et du fonctionnement de certains systèmes de « neurones miroirs ».

Si l’ensemble de ces résultats indique l’existence de problèmes de développement neurobiologique très précoces chez les enfants atteints de syndromes autistiques, il est néanmoins difficile à l’heure actuelle de déterminer si les anomalies observées font partie des véritables causes neurobiologiques du handicap ou sont des conséquences des problèmes d’interactions sociales dont l’origine biologique, au cours du développement du cerveau, serait plus précoce et de nature encore inconnue.

En d’autres termes, qu’il y ait des corrélats neurobiologiques à des variations profondes du comportement et des capacités d’interactions sociales n’a rien de surprenant. En revanche, l’existence de ces corrélats neurobiologiques est actuellement difficile à interpréter en termes de causalité. La puissance évocatrice de l’imagerie cérébrale – la « valeur de preuve » de l’image – favorise l’idée que l’imagerie cérébrale révèle nécessairement la cause du handicap. Pourtant, ce serait méconnaître l’importance de la plasticité cérébrale en réponse aux interactions avec l’environnement que de ne pas envisager que les modifications profondes et précoces des interactions sociales qui caractérisent les syndromes autistiques ne puissent pas inscrire des empreintes détectables au niveau de l’activité cérébrale, indépendamment des mécanismes biologiques initialement en cause dans l’émergence précoce des problèmes de développement du cerveau.

A condition d’éviter les risques de conclusions hâtives pouvant mener à une confusion entre corrélation et causalité, les recherches en neurosciences, et notamment chez des enfants plus jeunes, représentent probablement le meilleur moyen de parvenir un jour à une meilleure compréhension des troubles envahissants du développement, et d’aboutir à des applications nouvelles dans les domaines du diagnostic et des traitements. Le développement de ces recherches est essentiel.

 

Source: Comité Consultatif National d’Ethique pour les Sciences de la Vie et de la Santé, AVIS N°102

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11/01/2009

Et si c'était vous qui ne pouviez pas?

Confrontés à un monde institutionnel non spécialisé en autisme, les parents vont à la pêche de solutions privées, individuelles, système D.

La différence du pouvoir économique fait la différence entre ceux qui peuvent  et ceux qui ne peuvent pas se permettre d'aider leurs propres enfants.


Mettez-vous un moment, juste un moment, dans la peau des parents qui ne peuvent pas et essayez maintenant de mesurer, si vous le pouvez, la douleur qui est la leur.

 

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10/01/2009

Il n’y a pas que les corbeaux qui font "korrk-korrk"

« Cette expérience de la vie que la vie fait d’elle-même, de soi-même en train de vivre »

autism-registry02.jpgLes récits de personnes atteintes de syndromes autistiques nous permettent de réaliser que leurs difficultés extrêmes de communication et leurs comportements répétitifs, agressifs, ou d’automutilation traduisent non pas une vie intérieure pauvre, mais une manière particulière et douloureuse de se vivre, et de vivre sa relation à l’autre. Il est important de considérer qu’un accompagnement éducatif, psychologique et thérapeutique permet avant tout à la personnalité et à la vie intérieure de la personne autiste de se révéler, en acquérant la possibilité d’entrer en contact avec l’autre, d’une manière qui soit compréhensible à l’autre – en l’occurrence à nous.

Que la précocité d’une prise en charge adaptée, notamment sur le plan éducatif, puisse exercer une influence favorable sur l’évolution du handicap n’est a priori pas difficile à appréhender :

 

  • la plasticité cérébrale, relationnelle, cognitive, et comportementale est d’autant plus importante que l’enfant est plus jeune ;

     

  • l’absence ou le défaut de stimulation relationnelle adaptée, de communication, et d’apprentissage est dans tous les cas, chez tout enfant, néfaste à son développement.

L’absence de diagnostic précoce, d’accès à l’éducation, de socialisation, et de prise en charge précoce adaptée conduit donc, dans ce handicap grave, à une perte de chance pour l’enfant qui constitue une « maltraitance » par défaut.

 

Connaissez-vous le nombre d’enfants non diagnostiqué à Genève ?

 

Pensez-vous que cela est dû à un manque de compétences ou à autre chose ? Et quoi ?

Je pose juste une question, en guise de réflexion (juste pour le plaisir de réfléchir), si vous étiez un parent à qui un médecin annonce le diagnostic d’autisme pour son enfant, que feriez-vous ? Franchement ? N’iriez-vous pas voir sur Internet le terme « autisme » ?

Essayez… sur quels sites tombez-vous ? Evidemment sur ceux des associations de parents qui au niveau international disent la même chose : remise en question de l’approche psychalytique (psycho-dynamique) et défense de l’approche cognitivo-comportementale.

Et que fait naturellement un parent lorsqu’il lit cela ? Ne va-t-il pas, selon vous, demander à son interlocuteur quelle approche est défendue à Genève au niveau  institutionnel ? Allez, franchement ne le feriez-vous pas vous-même naturellement ? Et que constaterait-il ce parent ?

A son grand damne qu’il n’y a Genève QU’UNE SEULE petite institution, de surcroît créée sous la "pression" de notre association il y a deux ans, qui accueille 10 enfants (pas tous autistes) et qui peuvent ENFIN bénéficier d’un enseignement spécialisé. 10 enfants sur les 200 recensés (officiellement) dans ce seul Service….

 

Il n’y a pas que les corbeaux qui font « korrk-korrk »… 

 

Je vous pose une deuxième question : pourquoi, selon vous, est-il si difficile de créer une alternative à Genève ?  Je vous aide, il n’y a plus qu’à cocher la bonne réponse : a/tete-corbeau.jpg à Genève il n’y a que des corbeaux noirs (très à la mode)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

b/ à Genève, il n’y a que des canaris jaunes (ça va revenir à la mode)

Canari_jaune_lipochrome_intensif.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

c/ A Genève il y a le plus grand nombre de psychiatres au mètre carré de toutes les villes européennes...

 

imgdbarticlephoto.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« korrk-korrk » …

 

 

Troisième question (purement hypothétique) : si une approche cognitivo-comportementale devenait majoritaire à Genève, que deviendraient les psychiatres qui défendent exclusivement l’approche psycho-dynamique et qui travaillent en étroite collaboration avec l’ensemble du réseau institutionnel local ?

Je pense - mais c’est également une pure hypothèse- qu’ils apprendraient eux aussi à faire « korrk-korrk »…. mais bon là je rêve !

07:34 Publié dans Autisme - Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

07/01/2009

Fabriquer un nid : tout un art !

Que signifie l’intégration ?

 

Le dictionnaire me dit que c’est l’action d'incorporer un ou plusieurs éléments étrangers à un ensemble constitué, d'assembler des éléments di vers afin d'en constituer un tout organique; passage d'un état diffus à un état constant; résultat de l'action.

 

 

Sur un plan économique, c’est le processus par lequel des États décident d'abandonner une partie de leurs prérogatives au profit d'une souveraineté économique commune par la suppression des barrières douanières, par la libre circulation des personnes et des biens et par l'adoption d'une politique économique commune.

 

 

Dans le domaine social, c’est la phase où les éléments d'origine étrangère sont complètement assimilés au sein de la nation tant au point de vue juridique que linguistique et culturel, et forment un seul corps social.

 

 

Ce sont les différentes facettes du mot « intégration » que le dictionnaire nous livre. A défaut de pouvoir facilement changer une définition toute entité va se positionner par rapport à cette dernière.

 

La question n’est pas de savoir si un Etat, si nous voulons prendre comme référence cette entité, est d’accord ou pas avec la définition du mot « intégration » (l’Etat ce n’est pas l’Académie française), mais de savoir si cet Etat a les moyens de cette intégration.

 

 

33070218_Grandcorbeaufemelleaunid200304copy.jpgLa Suisse si nous voulons donner une identité à l’Etat en question a-t-elle les moyens d’accueillir ceux que certains de nos amis bloggeurs (je n’ai pas dit blagueurs)  qui maîtrisent le sens de la formule et l’art des vignettes qualifient de corbeaux noirs ? La Suisse serait-elle une cage pour ces corbeaux ou une vraie terre d’accueil ?

Pas besoin de tomber dans les excès, ni d’angélisme, ni de diabolisation pour trouver une réponse. La finalité qui devrait être ici celle de l’intégration dépend - je le répète – des moyens à disposition ou dont l’Etat concerné voudrait bien se doter. On peut se doter de moyens qu’on n’a pas encore. Question de vision et de volonté politique. Ne le pensez-vous pas ? De là à dire que la fin justifie les moyens, il y a peut-être un pas à ne pas franchir ou en tout cas une vraie réflexion à conduire.

 

 

 

 

Puis-je poser une question qui relève du même ordre de réflexion ?

 

 

Combien d’entre vous, parmi les parents qui me lisent, avez croisé dans la classe di te ordinaire de vos enfants un enfant différent, qu’on qualifie précisément d’enfant en intégration ?

 

Sur le plan des principes tout le monde semble d’accord sur l’intégration de ces enfants dans un circuit ordinaire et on assiste même à des mouvements d’indignation lorsqu’on dit que nos enfants sont d’office exclus de ce circuit. Dans les faits, 90 % de nos enfants ne sont pas intégrés. Ce sont les corbeaux noirs de l’Helvétie qui n’est pas même pour eux une terre d’asile, mais dans la majorité des cas leur terre natale. Ça laisse songeur.

 

Ici aussi c’est une question de moyens. L’Etat veut-il se donner les moyens d’accueillir et d’intégrer la différence dans les écoles publiques de notre canton ? Une loi sur l’intégration, fruit de quatre très longues années de débats, est passée récemment au Grand Conseil. L’Etat semble donc mener une réflexion sur nos petits oisillons, faut-il maintenant vraiment qu’il se dote de vrais moyens pour créer le nid.

Finalement, c’est peut-être ça le sens de l’engagement en politique, savoir créer des nids. Tout un art.

 

 

A chacun ses vignettes et son sens de la formule. Je ne sais pas, au fond, celles qui sont les plus "dérangeantes", je vous laisse juge.

 

 integration.pdf

 Tout un art...

07:08 Publié dans Autisme - école - inclusion | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

06/01/2009

Es-tu un/e ami/e d'Arthur ?

 

J'ai pour principal défaut de ne savoir et de ne croire qu’à une chose, ce que je vis :

 

  • Je sais que l’intégration de mon enfant a été mise au placard sans discussion possible et sans espoir juste parce la personne qui l’accompagnait en classe est partie comme ça brutalement, un midi, dans le pays des anges. Hommage à vous Roberto, vous êtes toujours dans mon cœur de maman ; les autres n’ont rien compris. « Remarquable » a été votre dernier mot écrit noir sur blanc dans ce cahier qui entre vous et moi faisait le lien, « remarquable », vous parliez bien de mon enfant. Il l’est à bien des égards, exclu d’un système dit ordinaire dirigé par des gens bien ordinaires. Il y a un sens à mon combat.

 

  • Je sais que le 13 janvier je rencontrerai une maman qui a un enfant de 22 ans exclu de partout. Cette maman est fatiguée, elle demande de l’aide. Elle m’a appelé ce jour pour me dire qu’elle est seule, trop âgée, pour mener encore ce combat contre ceux qui de la raison n’en entende plus même la voix. Il y a un sens à mon combat.

 

  • Je sais que ma meilleure amie doit dire dans quelques mois à son enfant âgé à peine de 12 ans qu’il ne vivra plus à Genève auprès de ses parents et de son jeune frère. A Genève, il n’y a pas de place pour les adolescents autistes. Aucune place. Aimeriez-vous être cette maman-là ? Il y a un sens à mon combat.

 

 

Je sais, je sais, je sais…. Je sais ce que je vis et j’y crois, par dépit. Je pourrais le vivre et me taire, ce n’est sans doute pas dans mon caractère. Alors, je suis devenue l'amie d'Arthur et de tous les enfants comme lui. Et toi es-tu son ami/e ?

 

 

 

 

10:23 Publié dans Autisme - mon fils | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | | Pin it! |

04/01/2009

Kaf - 20

Post dedicato a Samuele, amico di Mohamed sulla terra di Israele. Siete tutte e due, in questo momento preciso, nel mio pensiero.

 

Siamo tutti residui di uno spazio infinito, divino, Isaac Louria

La creazione dello spazio vuoto rende possibile l'alterità a partire dalla separazione.

Fondamentalmente sono d'accordo con questa "definizione".

Ci stavo pensando l'altro giorno in riunione, perché devo preparare un power point per un prossimo congresso e avvevo davvero voglia di parlare di questo senso dell'alterità così alterata appunto per le persone autistiche. Mi è così tornato in mente un testo di Isaac Louria che studiai tanti anni fa in un seminario dedicato al pensiero ebraico.

La creazione parte da un residuo, quello del ritiro di Dio in se stesso e dal vuoto nasce l'alterità appunto dalla separazione.

Mi sembra nonché giusto, molto bello.

enfants_beit_laya_4_4_2006_apres_bombardement.jpgMi sono chiesta: e allora per Gabriele e tutti i bambini come lui, Samuele, Mohamed, e tanti altri capire il senso dell'altro parte senz'altro dalla capacità a separarsi, prima da se stessi.

C'è qui una verità.

Kaf - 20,  è qui una capacità a sviluppare un potenziale per agire, coordinare e prendere in mano il proprio destino.

Ecco è la strada che dobbiamo seguire per aiutare questi bambini.

Nel simbolo risiede sempre l'inizio di una soluzione. No?

 

Beatrix

12:03 Publié dans Autisme | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

01/01/2009

Bilan 2008

bonne-annee.jpgAu nom de l’association TED-autisme Genève que j’ai le  plaisir de présider, je vous souhaite à tous une très bonne et heureuse nouvelle Année 2009.

 

 

Le bilan 2008 pour TED-autisme Genève a été plutôt positif. En une année d’existence, notre association a été reconnue comme une interlocutrice de référence en matière d’autisme par les autorités publiques en place. J’apprécie le di alogue qui a été entamé. Je formule le souhait qu’il se poursuive de manière intelligente et constructive pour cette Nouvelle  année.

 

 

En 2008, nous avons :

 

 

  • Consolidé et augmenté la capacité d’accueil de notre centre de loisirs pour enfants avec autisme. Ce centre repose sur le volontariat.

     

  • Invité plusieurs spécialistes, ouvrant ainsi l’offre, qui animent une fois par moi un cours de sensibilisation à l’autisme. Ces cours sont gratuits et ouverts aux professionnels.

     

  • Organisé et mis en place du colloque scientifique, « Autisme : du laboratoire au quoti di en » qui attiré plus de 400 personnes. Click here pour télécharger le dossier.
  • Organisé des stands d’informations, destinés y compris pour les plus jeunes enfants.
  • Coordonné l'ensemble de notre action locale avec autisme suisse romande et autisme suisse.

     

  • Trouvé des fonds pour notre projet  « Centre de di agnostic et syndromes associés» qui verra le jour dans le premier trimestre 2009, au SMP. Je remercie les autorités publiques qui sont les partenaires de ce projet et l’ont soutenu depuis le début : le Professeur Stephan Eliez , Directeur du SMP ; Mme Pascale Byrne-Sutton , Directrice de l’Office de la Jeunesse, M. le Conseiller d’Etat. M. Charles Beer.

     

  • Pris contact par courrier avec l’ensemble des partis politiques en place qui ont été ainsi informés de la situation inacceptable que vivent plus de 2000 familles dans le Canton par rapport à l’autisme. Je remercie les politiques qui nous ont donnés la possibilité de nou exprimer en tant que parents, parents citoyens vivant dans le même espace public. Cette capacité d'écoute est la seule mesure que nous ayons pour connaître le sens de l’engagement de nos interlocuteurs envers les plus défavorisés de notre société. Et les enfants autistes sont parmi les enfants han di capés à Genève les plus défavorisés. Lire le dossier colloque à ce sujet.
  • Notre association a été invitée à participer aux réflexions concernant la réorganisation (nécessaire) de l’enseignement spécialisé que mène actuellement le Département de l’Instruction Publique. 

 

Sur un aspect plus pratique, mais in di spensable et grâce à l’appui de notre sponsor EA, nous avons mis en place en 2008 :

 

 

·       un nouveau site web,

 

·       un nouveau logo,

 

·       un nouveau flyer. Click here.

 

Notre souhait pour 2009 ?

 

 

Un jour on m’a di t, avec un certain air de complaisance, qu’il y avait des soucis plus importants que ceux des seules personnes autistes à Genève. 

 

 

Ah oui, vraiment ? Je ne savais pas.  Que voulez-vous, on ne peut pas tous être intelligents et tout savoir.

 

Que pouvais-je bien répondre ?  J’ai juste di t qu’il fallait alors ajouter à la liste des problèmes y compris celui de l’autisme. Au moins, il figurerait dans une meilleure liste que celle où il est actuellement confiné, celle des problèmes absents.

 

 

Oui, à défaut d’éliminer les i di ots, cela me semble un bon vœu pour 2009… oui, un très bon vœu.

 

09:09 Publié dans Autisme - Genève | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | Pin it! |