11/04/2009

L'autisme a la parole

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Samuel était un garçon très renfermé, il longeait les murs et tournait en rond. Il s'est ouvert grâce au système de communication PECS amenée par une éducatrice spécalisée de l'association Désir d'A.I.L.E.S. Quant à Romane, sa jumelle, elle semble prête à prononcer quelques mots comme « pain » ou « DVD », ce qui représente une « révolution » pour sa maman. (photo guillaume bonnaud)

Si ce n'est la clôture qui entoure la terrasse de la maison des Cazenave-Mahé et les innombrables images collées sur les murs du couloir, de la chambre, de la salle de bain et du séjour, rien ne laisse deviner, a priori, la présence de deux enfants autistes dans cette jolie maison néo-béarnaise.

À notre arrivée, Samuel serre sa maman dans ses bras, Romane court partout. Les petits cris poussés par les enfants, l'absence de réponse et l'impatience extrême éclairent un peu plus sur le handicap des deux jumeaux. Romane et Samuel sont tous les deux autistes. A 7 ans, ils ne parlent pas, Samuel ne sait pas mâcher et Romane ne mange que du croustillant. Ils portent tous les deux des couches.

Communication établie

Corinne sourit en regardant ses deux bambins. Cette jeune mère de famille, mariée à un agriculteur, dégage beaucoup d'énergie et de gaieté surtout depuis qu'elle peut communiquer avec ses jumeaux. « Qu'est-ce que tu veux Samuel ? » Samuel va chercher une bande de carton sur lequel il a collé deux images, une pour « Je veux » et l'autre qui représente un ordinateur. « Samuel, avant l'ordinateur, il faut travailler un petit peu. On va faire un puzzle et après tu regarderas l'ordinateur... » Le garçon s'exécute. Son regard parvient à se poser sur la pièce puis se décroche. Ses petits doigts ont un peu de mal à encastrer le morceau. Le puzzle de huit pièces est terminé. « Bravo Samuel, maintenant tu vas pouvoir regarder l'ordinateur ! »

Romane est elle aussi invitée à faire du graphisme puis à poser les lettres de son prénom sur l'ardoise. Elle chantonne, elle compte avec l'aide de l'éducatrice et de sa maman. Elle reste très vive. « C'est une enfant très bosseuse. Il faut l'occuper tout le temps comme son frère. »

La vie de Corinne et Serge Cazenave-Mahé a changé depuis leur rencontre avec Blandine Lembeye, éducatrice spécialisée, qui a mis en place avec eux la méthode Pecs. « Les troubles du comportement ont nettement diminué depuis que l'on peut communiquer », explique Corinne. Elle poursuit, radieuse. « Le PECS m'a aidé à capter le regard de mon fils. Entre les deux enfants, les rapports ont également changé. Ils se rencontrent de plus en plus et ont plus de contact avec moi. Ils ont compris qu'un calin, c'était un moment positif. »

«Il n'est jamais trop tard»

Corinne a accouché deux mois avant terme. Ce n'est que vers l'âge de 4 ans, après un passage par l'hôpital de jour où jamais le mot « autisme » ne lui a été prononcé que Corinne découvre le handicap de ses enfants. Un médecin de Bayonne lui donne le nom de Blandine et son horizon s'est éclairci. L'éducatrice a cheminé au rythme de la mère et des enfants.

Corinne va beaucoup mieux. « J'ai fait le deuil de l'enfant parfait. Je suis dans l'acceptation et suis d'un genre optimiste. J'ai la rage d'avoir perdu du temps mais comme dit Blandine, il n'est jamais trop tard. À présent, je veux rendre mes enfants autonomes. Je veux leur donner la possibilité de vivre et je ne veux pas avoir de regret. On y va à fond et je ne suis plus toute seule. On est ensemble. »

Auteur : odile faure
o.faure@sudouest.com

06:23 Publié dans Autisme - récits et témoignages | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

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