08/06/2009

Autisme et prévention de la violence au sein des établissements publics: parlons-en !

CHAPITRE 8 : PREVENTION AU SEIN DES SERVICES ET ETABLISSEMENTS

Bill Meldrum

Scottich Society for Autistic Children (GB)

 

8.1 PROBLEMES ORGANISATIONNELS

 

 

 

8.1.1 Les organisations et agences publiques travaillant dans le domaine de l'autisme devraient disposer d'un Code de Bonne Pratique qui prenne en considération les difficultés particulières liées à l'autisme.

 

 

8.2 PROBLEMES DE PERSONNEL

Deux considérations principales s'imposent :

• Comment le personnel peut-il participer à la minimisation des risques encourus par les utilisateurs de services ?

• Comment minimiser le risque de voir des membres du personnel impliqués dans des abus sur des utilisateurs de services ?

Le personnel doit comprendre et être conscient des politiques et lignes directrices importantes ainsi que de leurs implications dans les techniques de travail.

Il est nécessaire de donner au personnel la possibilité de réfléchir aux activités qui pourraient engendrer des abus sexuels.

Il convient que le personnel sache quelles personnes sont les plus vulnérables et quel comportement aurait lieu d'être mis en cause et dénoncé au supérieur hiérarchique direct. Les membres du personnel doivent connaître la procédure à suivre en cas de soupçons, les limites de la confidentialité lorsque des accusations sont portées à leur connaissance et prendre conscience de leur devoir d'informer le supérieur hiérarchique direct (ou toute autre personne appropriée) de telles accusations.

Les employeurs doivent s'assurer que les contrôles de police et la vérification des références soient effectués et éviter de placer des membres du personnel sur lesquels ils manquent d'informations dans des situations où il est relativement facile d'abuser des utilisateurs de services. Il faudrait, si possible, envisager un équilibre hommes/femmes lors de la préparation des tours de rotation du personnel. Les employeurs devraient adopter des politiques claires sur le travail des bénévoles en matière de procédures de supervision, de formation et de vérification. Des lignes de conduite claires et individuelles concernant les procédures et les mesures de protection à prendre quand ils prodiguent des soins personnels intimes devraient être mises à la disposition de tous les membres du personnel. Il est recommandé que de tels soins soient donnés par des personnes du même sexe.

 

 

8.3 PROBLEMES LIES AUX CLIENTS

8.3.1 Les utilisateurs de service en tant que victimes

Il faut reconnaître que la vulnérabilité peut être accrue lorsque des clients dépendent d'autres personnes pour leur toilette de base et pour s'habiller, ce qui peut également affecter leur notion de l'intimité.

Le degré de vulnérabilité augmente également lorsque les clients ont des difficultés de communication, comme dans le cas de l'autisme, qui ne leur permettent pas de pouvoir clairement dénoncer les abus en toute facilité. Il est donc d'une importance cruciale de consentir tous les efforts nécessaires pour comprendre un client que l'on soupçonne d'avoir été victime d'abus. Il faudrait être particulièrement attentif et surveiller de près les clients qui ont déjà été victimes d'abus car certains facteurs peuvent avoir fait d'eux des cibles plus faciles dans le passé.

 

 

 

Lorsque le personnel s'inquiète de la vulnérabilité d'un client, il convient de le souligner dans son programme de prise en charge et l'idéal serait de développer un programme de sécurité qui lui soit propre. On recommande un tel programme pour tous les clients considérés comme particulièrement vulnérables. Il pourrait inclure les personnes ayant déjà été victimes d'abus, celles qui semblent être vulnérables en raison d'un comportement social et sexuel non approprié ou encore celles qui vivent avec des personnes ayant des précédents en matière d'abus.

Il est essentiel que les prestataires de services tentent de développer une série d'idées sur la responsabilisation des clients, pour qu'ils puissent se représenter eux-mêmes, prendre confiance en eux et, si possible, les encourager à poser des questions et à communiquer avec les membres du personnel pour faciliter la dénonciation. Ce point revêt une importance particulière car la plupart des recherches suggèrent que la majorité des dénonciations susmentionnées émanent des clients plutôt que du personnel ou de leur famille.

8.3.2 Les personnes atteintes d’un handicap mental auteurs d’abus

Le fait que la personne responsable de l'abus n'en comprenne pas complètement la nature ne change en rien le fait qu'il a été commis et les démarches appropriées doivent

 

être entreprises. Ignorer l'abus commis par un utilisateur de service n'aide ni le responsable ni la victime car le comportement abusif peut être renforcé s'il n'est pas mis en cause ou pris  au sérieux. Le personnel devrait savoir que les victimes peuvent à leur tour commettre des abus et que cet aspect doit être envisagé dans les programmes de sécurité individuels. Lorsqu'une personne est responsable d'un abus, il conviendrait de le spécifier dans son programme de prise en charge, pour sa propre protection et celle d’autrui.

8.4 MAXIMISER LES SYSTEMES PERMETTANT DE LIMITER LES ABUS

L'objectif général doit être de garantir que, dans les limites de la confidentialité, les systèmes de prestation de services soient ouverts plutôt que fermés. Une bonne collaboration entre les services est impérative. Il s’agit, en corollaire, de bien gérer les dossiers et les dénonciations, concernant à la fois les responsables et les victimes, et de développer un système qui garantisse une circulation d'informations entre agences lorsque cela s'avère nécessaire.

Il convient de revoir régulièrement les cas d'abus survenus au sein des agences pour en tirer des leçons sur la prévention et savoir si les procédures de dénonciation et d'enquête sont appropriées. Les prestataires de services doivent créer un climat dans lequel le personnel, les usagers des services ainsi que leur famille soient encouragés à dénoncer les abus ou à exprimer leurs préoccupations.

8.4.1 Les services d’accompagnement suite à un incident

Lorsque un abus est perpétré contre une personne autiste, certaines personnes impliquées requièrent un soutien. Cet accompagnement varie en fonction de la situation de la personne et peut impliquer différents types d'assistance pratique, voire psychologique.

8.4.2 L'aide aux victimes

La première chose à faire est de s'assurer de la sécurité et du confort de la victime. Il est crucial pour elle de sentir qu'on la croit. Il faudrait clairement identifier la personne chargée de soutenir les victimes pour minimiser tout risque de confusion.

Il conviendrait de minimiser le nombre de changements pour la victime, même s'il incombe de prendre les mesures nécessaires pour qu'elle se sente en sécurité. Le soutien doit répondre aux besoins exprimés par le client, y compris ceux inhérents au comportement.

Il est important que le soutien soit prodigué par une personne techniquement et psychologiquement habilitée à le faire.

8.4.3 Le soutien au personnel

Les membres du personnel peuvent avoir besoin d'être soutenus lorsqu'ils :

• dénoncent un abus ;

• travaillent dans un établissement où un abus a été commis ;

• ont eux-mêmes été accusés d'abus.

Les membres du personnel qui dénoncent un abus doivent être soutenus par la direction. Comme certains abus n'ont pu être étalés au grand jour qu'après avoir été dénoncés par des membres du personnel ayant quitté le service, il conviendrait d'envisager des entretiens préalablement au départ d'un employé, avec la possibilité qu'il soit mené par une personne extérieure à l’établissement concerné.

Les prestataires de services devraient être conscients de la nécessité de soutenir le personnel après un incident, particulièrement s'il a impliqué des membres de l'équipe. Un tel soutien devrait être pro-actif et ne pas dépendre d’une demande formulée par le personnel.

8.4.5 Le soutien aux autres usagers

Il convient d'être aussi attentif aux autres usagers qu'aux membres du personnel lorsqu'ils sont touchés par des abus dans leur environnement et accorder une attention particulière aux modalités d’accompagnement les plus opportunes. Il faudrait reconnaître que lorsqu'un incident est découvert, les besoins ressentis par les membres du personnel peuvent les mettre dans l'impossibilité d'apporter le soutien nécessaire aux autres usagers.

En de telles circonstances, il conviendrait de détacher du personnel supplémentaire en consultation avec le groupe d'employés déjà en fonction.

8.5 PROBLEMES DE FORMATION

Les organisations devraient s'engager à proposer une formation adéquate à leur personnel afin que la plupart des recommandations soient efficacement mises en pratique.

8.5.1 Formation collective

Il pourrait être bénéfique de développer des initiatives de formations collectives auxquelles participeraient du personnel du secteur social, de la Santé et de la Police ainsi que des bénévoles et avocats du Système juridique pénal. Cela devrait faciliter la compréhension de leurs rôles respectifs, la prise de conscience des difficultés rencontrées dans différents centres, le partage des compétences et l'échange d'informations.

 

 

 

8.5.2 Formation du personnel

 

 

Il est recommandé que les membres du personnel qui prennent en charge des personnes autistes reçoivent une formation fondée sur :

• des lignes directrices politiques ;

• des indicateurs clés sur la possibilité d'abus ;

• les démarches à suivre en cas de suspicion d'abus

• des conseils clairs à propos des comportements sociaux/sexuels acceptables et inacceptables et des interactions avec les clients ;

• une prise de conscience générale liée à l'abus de personnes autistes ;

• les aptitudes en matière de communication.

Il se peut également que certains membres du personnel bénéficient d'une formation dans les domaines suivants :

• gestion du risque ;

• aptitudes en matière d’accompagnement ;

• aptitudes dans le domaine de l’intervention thérapeutique ;

• techniques inhérentes à l’interview.

8.5.3 Formation des clients

Puisque l'on reconnaît qu'il est difficile de donner aux clients la capacité de dénoncer les abus, il faudrait leur faciliter la tâche en leur donnant la possibilité d'apprendre à se protéger. L'éducation sexuelle devrait également faire partie du programme de formation à des aptitudes sociales plus larges : cela permettrait aux personnes concernées de comprendre ce qu'est un comportement acceptable et d'acquérir le vocabulaire relatif au comportement sexuel et aux parties du corps. Des stages de mise en confiance pour habiliter les clients à dire "non" et à prendre conscience de leurs droits pourraient être bénéfiques. Les clients devraient savoir à qui dénoncer les abus et se rendre compte de l'importance d'exprimer leurs préoccupations lorsqu'ils touchent d'autres personnes. Cela devrait faire partie d'un programme continu et non pas d'une séance de formation ponctuelle. Il est également essentiel que les clients connaissent les procédures à suivre pour porter plainte.

8.5.4 Formation des familles / des personnes qui s’occupent des personnes handicapées

Il serait judicieux de proposer aux personnes qui s’occupent des clients et à leurs familles une formation sur la politique adoptée, particulièrement au sujet de la sensibilisation, des indicateurs clés de l'abus et des procédures à suivre pour porter plainte. Il ne fait aucun doute que cette formation devrait être présentée avec une grande prudence et beaucoup de sensibilité.

8.5.5 Formation des directeurs

Pour que la politique adoptée soit efficace, il est absolument crucial que tous les responsables, du bas au sommet de l'échelle hiérarchique, aient une connaissance mise à jour de la politique adoptée, des actions à entreprendre et qu'un système clair soit créé pour s'assurer que les nouveaux directeurs en soient conscients.

8.5.6 Formation continue

Il est recommandé que des initiatives de formations continues soient constamment développées et viennent s'ajouter à toute formation initiale ponctuelle suivant l'introduction du Code de Bonne Pratique. Une formation continue garantirait que les nouveaux membres du personnel soient conscients de la pratique adéquate et que les anciens puissent entretenir et cultiver leur connaissance de base. Il pourrait s'avérer nécessaire qu'un comité ad hoc contrôle de telles initiatives de formation.

04:27 Publié dans Autisme - violence, maltraitance | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | Pin it! |

Commentaires

Bonjour, Tout juste trouvé cet article sur la hausse du nombre d'enfants autistes en Irlande et les difficultés de prise en charge
http://www.belfasttelegraph.co.uk/news/health/autistic-children-made-to-wait-up-to-six-months-to-.htmlive-support-14331390.html#
Merci à nouveau pour votre précieuse information.

Écrit par : mc | 09/06/2009

Merci pour ce lien !Bonne journée, Mj

Écrit par : Marie-Jeanne | 10/06/2009

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