18/06/2009

La relation au centre de la problématique « autisme »

Comment remédier au déficit relationnel propre au fonctionnement de la personne avec autisme et qui, volens nolens, nous l’"impose" ? Cette question qui semble anodine est, en réalité, au cœur du problème de la prise en charge de nos enfants.

 

Dans l’approche psycho-dynamique  (préconisée de manière quasi exclusive à Genève)  tout est centré et que centré sur la relation. Dans l’esprit du thérapeute, il s’agit de gagner la confiance de l’enfant et de lui apprendre le sens de soi puis de l’autre à travers cette relation 1/1 « emblématique », modélisante.

 

Dans l’approche éducative (enseignement structuré) on englobe la relation adulte responsable/ enfant dans un contexte bien plus large, celui de l’apprentissage de moyens de communication (objet, PECS, écrits selon le niveau de communication de l’enfant évalué par des tests). Le lien éducateur/enfant n’est établi qu’en vue d’apprendre à l’enfant un moyen de communication qui lui permettra en tout lieu, en tout temps et avec n’importe qui d’avoir des échanges sociaux.

 

C’est sur ce point que réside la plus grande différence entre les deux approches.

 

On entend souvent comme réflexion parmi les éducateurs qui œuvrent dans les instituions à orientation psychdynamique : « De toute façon, avec moi ça se passe très bien, pas besoin d’autres moyens de communication, de toutes ces images que Teacch propose ».

 

Cet éducateur a tout à fait raison. Son seul problème c’est qu’il se croit sempiternel…

 

Que devient l’enfant lorsqu’il quitte l’institution en question  ou si lui, éducateur, quitte l’institution? Les troubles du comportement, vraie image d’épinal de nos enfants, ne sont-ils pas tous associés à ces changements ? Il faudrait peut-être commencer à se poser cette question, non ? Autre question : que devient cet enfant lorsqu’il est un adulte où le quasi  1/1 n’est plus assuré ?

 

Quelqu’un à Genève s’est-il vraiment penché sur la question ?

 

 

Une partie de la réponse vous la trouverez dans les services de la psychiatrie  de notre ville…. occupés aussi par nos enfants devenus adultes, ayant certes une certaine idée de la relation, mais n’ayant toujours pas de moyens de communication…Vous ne me croyez pas ? Appelez donc  le service de l’UPDM ou de Bel-Air…. Et menez votre enquête…

 

Frappant ! Et surtout cher, très cher, très très cher….

 

Alors qu’en développant dès le plus jeune âge des moyens de communication, le 90% Nord-L-IME-La-Sapiniere-accueille-des-enfants-autistes_articleimagelargeur.jpgde nos enfants évitent l’hospitalisation à l’âge adulte, une institution socio-éducative, vrai lieu de vie, leur suffit… vous ne me croyez pas ? Téléphonez donc à la cheffe du secteur spécialisé en autisme à Genève qui travaille depuis plus de 20 ans aux EPI…et faîtes votre enquête…quelle qualité de vie pour ces résidents et parlons finances, puisqu’il paraît que c’est le nerf de la guerre : beaucoup moins cher, mais alors beaucoup, beaucoup moins cher…

 

Je fournis tous les numéros de téléphone et adresses  nécessaires pour ceux à qui la question intéresse. Très simple.

 

Comme je disais en introduction, la question de la prise en charge dès la toute petite enfance n’est pas anodine. Cela en devient même, au vu de l’avancement des recherches scientifiques dans le domaine, une question d’ordre éthique.

 

Le tout relationnel est un mirage, un miroir aux alouettes et -croyez-moi - j’ai une certaine expérience en la matière.

 

Développer les moyens de communication, qui eux sont universels et presque sempiternels, ne vous semble-t-il pas plus efficace et mieux adapté pour ces enfants dont le déficit relationnel n’est pas d’ordre psychologique mais bien d’ordre structurel ?

 

Le vrai défi que nous impose nos enfants est de penser la relation autrement, et ce n’est pas moins faux que de la penser comme eux la pensent, loin de là. C’est un modèle de vie tout aussi valable que le nôtre. Mais pour l’accepter, il faut être capable de renoncer au sien et comprendre celui de l’autre…. Un sacré effort pour nous qui sommes, au final, souvent bien plus rigides qu’eux…

 

 

Ainsi avec nos enfants, il faut savoir ne pas partir toujours et que de soi, de son envie et de sa manière à soi de communiquer et d’imposer SA PROPRE vision de la relation, mais il faut savoir partir de l’autre, de cet autre qui fonctionne différemment et pour qui la relation revêt une autre importance, pour qui la relation n’a pas la même priorité que pour nous, mais pour qui « communiquer » reste essentiel….

 

Accepter la différence, en somme.

 

A bon entendeur…

07:08 Publié dans Autisme - Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

Les commentaires sont fermés.