22/06/2009

Autisme à Genève: les limites d'un système

Poser un diagnostic en autisme suppose d'être un clinicien spécialisé. Si, aujourd'hui, la plupart des pédiatres à Genève posent le diagnostic d'autisme de Kanner, la forme la plus grave et la plus reconnaissable des TED (troubles envahissants du développement), il n'en est pas de même pour les autres formes d'autisme et encore moins pour ce qu’on appelle les TEDSDI (Troubles envahissant du développement sans déficience intellectuelle, qui sont « catégorisés » aujourd’hui par les médecins autochtones sous les appellatifs très vague et très peu clinique de « trouble du langage », « troubles de la relation » et autres variantes de ce genre…).

Souvent être un TEDSDI à Genève, c’est tout simplement ne pas avoir de diagnostic… ou en  avoir un dépend de la formation du clinicien que l'on rencontre sur son chemin...

Un diagnostic au petit bonheur la chance ou au gré des médecins, vous en conviendrez, ce n'est pas très sérieux... alors que tous les outils existent pour poser un diagnostic de TED (quelle que soit sa forme) bien avant l'âge de 3 ans! Mais pour cela faut-il être encore formé! J'aurais l'occasion de revenir sur ce sujet brûlant, lors de l’inauguration de notre centre de diagnostic...bientôt J !

 

Mais avoir un diagnostic ne nous avance pas plus si à la clé il n'y a pas un programme d'intervention adapté aux personnes avec autisme, c'est-à-dire un enseignement structuré. Ici, l'éducation, la prise en charge éducative, qui -je vous le rappelle- est à ce jour la seule qui puisse le plus et le mieux faire progresser nos enfants, est au centre de la problématique. L’approche exclusivement psycho-dynamique (tendance à Genève) a de fortes limites pour nos enfants, elle met au « ralenti »  leur développement, parfois le limite !

La question est grave et sérieuse. Il faut pouvoir enfin en parler sereinement et publiquement, y compris à Genève !

 

Quelles sont les limites de l’approche psychodynamique?

 

Les psychodynamiciens cherchent généralement à « donner un sens » à chacun delivremottron.jpgs signes de l’autisme pris un à un, dans la dynamique propre du sujet et de son histoire. Ils refusent par principe la généralisation objectivante qui prévaut en neurosciences du comportement. Ils mettent en doute que les symptômes décrits fassent partie d’une affection identifiable ou s’ils l’acceptent, veulent absolument que le déterminisme des signes présentés implique également la dynamique familiale. (Laurent Mottron, L’autisme : un autre intelligence »)

 

C’est exactement ça ! Pour aider la personne avec un TED, il faut être humble…ne pas partir de soi et de sa propre manière de faire, mais de l’autre et de sa manière à lui de comprendre, de percevoir et de faire ! Nous sommes très clairement face à un fonctionnement différent du nôtre, c’est ce fonctionnement qu’il faut apprendre à comprendre, et à respecter.

 

 

La connaissance avance, les résultats scientifiques avec elle…on ne peut plus continuer à faire semblant que tout va bien, à bricoler des solutions, à faire de la façade à la place d'élaborer un vrai contenu… Il y a un problème « autisme », il y a un dossier « autisme » !

 

Et ce n'est pas que de la paperasse à remplir, derrière, il y a nos enfants. C'est pourquoi on montre du doigt, dossiers à l'appui, les limites d'un système, d'une vision, d'un enjeu dont il faut éventuellement qu'un jour on dévoile au grand jour la vraie nature. 

 

 

08:18 Publié dans Autisme - Genève | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | | Pin it! |

Commentaires

Bonjour
A voir absolument!!!Celà concerne ces pauvres enfants autistes...

http://www.votresante.org/news.php?dateedit=1244130645&page=0

Écrit par : florence | 24/06/2009

Oui, dans les troubles envahissants, par exemple, où vraiment situer la 'dysharmonie évolutive'? Quelque part sur le spectre autististique ou ailleurs? Apparemment les écoles divergent.

Écrit par : mc | 25/06/2009

Bon reportage car il est des voies plus "naturelles" où l'on trouve plus de reconnaissance...(que celle de "spécialistes" avides de clients)...les animaux par exemple seraient de bons "supports"

http://www.ladepeche.fr/article/2009/06/24/628816-Moissac-Le-cheval-ne-juge-pas-les-patients.html

et son opposé:

http://www.psychomedia.qc.ca/pn/modules.php?name=News&file=article&sid=6752

Écrit par : véro | 30/06/2009

Bonjour!

Premièrement je m'excuse de répondre avec un peu de retard à tous vos messages, mais le mois de juin est vraiment terrible! On court tous derrière le temps!!

@Florence: merci pour ce lien!

@mc La dysharmonie évolutive appartient à un lanagge d'ordre psychiatrique (tradition typiquement française et de plus en plus désuète pour caractériser les TED et l'autisme). Vous devez considérer les TED comme un trouble d'ordre neurologique et les critères à employer pour le quelifier sont ceux référencer dans le DSM IV.

@Véro le contact ave les animaux est, je pense comme pour un grand nombre d'entre nous, favorable aussi à nos enfants. Le packing, lui, est condamné unaninement par les associations parentales qui demandent que ce genre de pratiques soient déclarées au préalable aux familles et surtout qu'il y a ait un accord signé de part et d'autre pour le pratiquer.


Bonne journée à tous! Mj

Écrit par : Marie-Jeanne | 01/07/2009

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