30/09/2009

Vous avez dit « mouillé » ?

 

 

- Maman !

 

- Oui ?

 

 - C’est mouillé !

 

Je lève la tête, à son regard je comprends. Je vais dans sa chambre, résignée (est-ce de la résignation ou de l’incompréhension ?)  et je répète, comme lui le ferait dans ses domaines de compétences, pour la énième fois depuis plusieurs mois, les mêmes gestes. C’est ma routine à moi. Et je pense qu’il l’aime bien.  Tiens, il faudra que j’y songe, la solution est peut-être là.

 

Je lui demande de m’aider. Cela fait partie des apprentissages fondamentaux. Ne visons-nous donc pas tous l’autonomie  pour nos enfants ? A dix ans ce n’est pas si tard, d’ailleurs je pense qu’il n’est jamais trop tard. Je fais partie de ces gens qui voient toujours la moitié pleine du verre, quel qu’en soit le contenu.

 

Et puis, oui c’est vrai il y a une forme d’acceptation. Lorsque je ne comprends pas, je ne me rebelle pas, j’accepte et je m’interroge. Je pense que, lorsqu’ils ne cèdent pas à la colère, qui est une forme d’exaspération, les parents des enfants différents s’interrogent et recherchent des réponses, mais pas à tout prix. Que pourrait-on d’ailleurs faire d’autre ? A quoi servirait la colère ? Et puis, franchement, on se trouve toujours -dans son for intérieur- une sorte d’explication : lui ne pourrait comprendre…il est ainsi. L’amour prime. Il prime toujours sur la raison.

 

Un ami me demandait un jour : Que faire pour s’améliorer ? Je pense connaître la réponse. Mais la lui dire ne lui servirait à rien. Comme il ne servirait à rien, probablement, de dire à mon fils : « Ne fais pas cela ».

 

Il y a une logique, du moins, une raison dans chacune de nos actions comme dans chacune de nos inactions.

 

Il se lève, puis répète, le sourire aux lèvres, c’est mouillé. Il s’habille enfin. Il est presque l’heure, il faut faire vite. Le quotidien prend le dessus. Le bus va venir le chercher.

 

Je sais que ce n’est pas de la provocation. Un sourire pourrait-il en être ?

 

C’était hier ou peut-être avant-hier, ou peut-être l’autre jour…je ne me rappelle plus. J’aurais dû écrire mon texte à l’indicatif plus-que-parfait. Cela aurait été parfait.

 

Ce matin, il me dit : « maman ce n’est pas mouillé ». Il a aussi un sourire aux lèvres. Je savais que ce n’était pas de la provocation. Je vérifie. Moi aussi je souris. Mais je ne souris pas parce que ce n’est pas mouillé, je souris parce que je comprends enfin. Enfin..  je pense comprendre. Je comprends pourquoi depuis plus d’un mois, dans son programme, en fin de journée  il veut qu’on inscrive en priorité « bain » et non plus « ordi. », je comprends son sourire, je comprends sa logique. Et je souris.

 

Et je me dis : Eh oui, en réalité quels autres moyens avait-il de le vérifier ?

 

Et vous, dîtes-moi, comment auriez-vous procédé si vous eussiez été dans l’impossibilité structurelle de conceptualiser, si votre cerveau ne vous le consentait tout simplement pas? Comment ?

 

En y réfléchissant bien, j’aurais fait comme lui. Il a raison : lorsqu’on fait son bain, on est mouillé. Lorsqu’on fait pipi au lit, on est mouillé.

 

Maintenant je sais comment l’aider (non pas à s’améliorer, l’amélioration viendra d’elle-même lorsque la compréhension de la situation sera au rendez-vous). Je lui dirai qu’il y a un seul mot, oui un seul, pour plusieurs situations et que ce sont les situations qui déterminent si un « mouillé «  est une bonne chose ou « pas une bonne chose ».

 

La langue française est pauvre pour des enfants qui ne « contextualisent » pas, qui ne conceptualisent pas, qui ne généralisent pas. N’est-ce pas une grande richesse de révéler -par une manière d’être - qu’une langue est pauvre et qu’elle peut donc s’enrichir encore ?

 

Dans la foulée, j’ai téléphoné à mon ami et je lui ai dis : Pour être meilleur, il faut faire pipi au lit ! Je pense qu’il m’aime parce qu’il me considère comme une originale. En réalité, je ne le suis pas. Je suis une logique qui fait primer l’amour à la raison.

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27/09/2009

Le dépistage, l’évaluation et diagnostic

ENFIN...  A GENEVE GRACE A UNE COLLABORATION INTELLIGENTE ET EFFICIENTE ENTRE L'ETAT ET NOTRE ASSOCIATION UN CENTRE DE DIAGNOSTIC EN AUTISME ET SYNDROME ASSOCIES VA VOIR LE JOUR.

IL SERA FONCTIONNEL DES LE 1ER OCTOBRE ET LES FAMILLES POURRONT S'Y RENDRE DES LE 1ER NOVEMBRE. UNE INAUGURATION EST PREVUE POUR LA FIN DE NOVEMBRE (J'AURAIS L'OCCASION DE REVENIR SU CE GRAND EVENEMENT!)

LE CENTRE AURA SON SIEGE AU SMP (SERVICE MEDICO-PEDAGOGIQUE SOUS LA DIRECTION DU PROF. STEPHAN ELIEZ) ET SERA DIRIGE PAR UNE GRANDE SPECIALISTE EN AUTISME QUE NOUS AVONS LA CHANCE D'AVOIR A GENEVE: MME HILARY WOOD!

JE REMERCIE TOUTES LES PERSONNES QUE CE SOIT AU NIVEAU DE L'ETAT OU AU NIVEAU DE NOTRE ASSOCIATION QUI ONT RENDU CE REVE POSSIBLE. LE CENTRE ENTIEREMENT FINANCE POUR LES DEUX PREMIERES ANNEES PAR NOTRE ASSOCIATION SERA PERENNISE PAR LA SUITE SI ON EN DEMONTRE L'UTILITE. JE N'AI AUCUN DOUTE EN MATIERE SI JE ME REFERE A LA LISTE D'ATTENTE QUI EST DEJA DANS MA MESSAGERIE...

ALORS BON VENT A NOTRE CENTRE, MILLE BONNES PENSEES A NOTRE SUPER DIRECTRICE ET A SON SERVICE  ET RENDEZ-VOUS A L'INAUGURATION :-) !

MJA

 

 POURQUOI UN DIAGNOSTIC PRECOCE ?

 
 
 
 
 
   

Les parents, les proches et les autres personnes qui prennent soin d’un enfant atteint d’un trouble envahissant du développement (TED) sont souvent les premiers à remarquer un retard dans son développement. Ils notent parfois des différences dans sa capacité de parler, d’établir un contact visuel, de jouer avec les autres enfants ou d’avoir des interactions sociales. Certains autistes de haut niveau peuvent échapper au dépistage pendant des années. Le diagnostic survient parfois lors d’une difficulté dans le parcours scolaire ou lors d’une crise où des professionnels peuvent reconnaître le trouble. Il arrive toutefois que l’autisme passe inaperçu lorsque la personne atteinte présente d’autres handicaps.

Pour établir un diagnostic de TED, il ne suffit pas de constater la présence d’un facteur ou symptôme. Il faut observer la présence de divers facteurs, par exemple : des comportements précis, des retards dans le développement de la communication, des anomalies du développement. En Amérique du Nord, l’outil de dépistage habituel est le Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (DSM-IV, 4e édition) que publie l’Association américaine de psychiatrie. En Europe et ailleurs dans le monde, on utilise généralement la Classification internationale des maladies (CIM-10).

Il existe d’autres outils pour diagnostiquer les divers TED, notamment :

  • des instruments d’observation tels que l’Autism Diagnostic Observation Schedule (ADOS-G);
  • la Childhood Autism Rating Scale (CARS);
  • l’Autism Diagnostic Interview - Revised (ADI-R).

Parmi certaines des caractéristiques courantes qui servent à établir un diagnostic, mentionnons :

  • l’absence de jeux imaginatifs et sociaux;
  • la difficulté à se faire des amis de son groupe d’âge;
  • l’incapacité à amorcer ou à soutenir une conversation;
  • l’usage stéréotypé, répétitif ou inhabituel du langage;
  • des intérêts restreints et/ou trop intenses;
  • une dépendance excessive par rapport à des routines ou à des rituels particuliers;
  • une fascination pour certains objets.

Un dépistage et un diagnostic précoces permettent un traitement plus rapide, donc plus efficace. Les pédiatres et les médecins de famille sont les premiers professionnels à voir périodiquement les bébés et les tout-petits. Ils peuvent se servir d’outils de dépistage comme le Checklist for Autism in Toddlers (CHAT). Le plus tôt une équipe spécialisée pourra confirmer leur diagnostic, le plus tôt le traitement nécessaire et efficace pourra être amorcé.

Un diagnostic professionnel est nécessaire. Il devrait reposer sur:
  • l’observation de comportements et d’habiletés spécifiques qu’effectue une équipe multidisciplinaire expérimentée de médecins et de professionnels ayant une connaissance poussée de l’autisme (p. ex. neurologue, pédiatre, psychiatre, psychologue, orthophoniste et ergothérapeute);
  • une consultation avec les parents et les dispensateurs de soins.

Comment se fait le diagnostic d’un TED particulier chez un enfant ?

La gravité et les symptômes de l’autisme sont très variables. Avec un dépistage précoce et un diagnostic précis, les personnes atteintes ont de bien meilleures chances d’obtenir le soutien éducatif approprié ainsi que tous les traitements et toutes les interventions nécessaires.

Le trouble autistique
Les enfants atteints d’autisme peuvent sembler se développer tout à fait normalement jusqu’à 18 ou 24 mois. Ils reçoivent souvent un diagnostic d’autisme avant l’âge de 2 ans. L’évaluation repose sur les observations des parents et sur une observation professionnelle des comportements de l’enfant dans divers contextes. En plus des outils de diagnostic déjà mentionnés, on utilise différents tests pour mesurer les capacités intellectuelles, les aptitudes verbales et les comportements d’adaptation. Au besoin, l’on évalue les comportements inhabituels et l’on fait des tests pour déceler des problèmes médicaux tels que les crises d’épilepsie. Selon la gravité et la gamme de ses symptômes, l’enfant sera classé parmi les autistes « de haut niveau », les enfants ayant un grave retard du développement ou une autre catégorie sur l’échelle du spectre autistique.

Certains signes souvent méconnus d’un TED :

  • Un mauvais diagnostic ou l’absence de diagnostic peut retarder de beaucoup le moment où l’enfant pourra avoir accès aux traitements nécessaires pour répondre à ses besoins complexes.

  • Malheureusement, les parents reçoivent souvent des informations erronées. Par exemple, on dit que leur enfant atteint de troubles autistiques est un peu lent à développer certaines aptitudes. On affirme parfois qu’il présente un trouble du comportement, des difficultés d’apprentissage ou un trouble de l’audition ou encore qu’il est tout simplement un peu excentrique.

Le syndrome d’Asperger
Certains enfants ont des comportements autistiques, mais ne présentent pas de retard particulier du langage. Souvent, on dépiste le syndrome d’Asperger (SA) quand l’enfant fréquente déjà l’école. Parfois, le diagnostic n’est établi qu’à l’adolescence ou même à l’âge adulte. Dans les milieux cliniques, il y a un débat à savoir si le syndrome d’Asperger et l’autisme « de haut niveau » sont des troubles vraiment distincts. Il y a encore moins de consensus par rapport aux meilleurs outils pour évaluer le SA.

En général, on évalue les capacités cognitives, motrices et de communication de la personne que l’on soupçonne d’être atteinte. On étudie avec attention son histoire et sa capacité globale de fonctionner de manière autonome. On vérifie aussi la présence de troubles apparentés et de troubles aux symptômes similaires – notamment le syndrome de Gilles de la Tourette, le trouble obsessif-compulsif, la schizophrénie, la dépression, le trouble d’hyperactivité avec déficit de l’attention (THADA) – et d’autres difficultés d’apprentissage.

Le trouble envahissant du développement non spécifié

Selon le DSM-IV, le diagnostic de TED non spécifié est établi lorsque l’état de la personne atteinte ne répond pas aux critères stricts du trouble autistique et du syndrome d’Asperger. Cette personne aura quand même des difficultés de relation sociale, des troubles de la communication et des comportements répétitifs. En général, elle a aussi un certain retard de développement du langage.

 SOURCE: http://www.autismsocietycanada.ca/understanding_autism/sc...

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24/09/2009

Pour nos enfants, les familles exigent la rédaction d'un PEI

Pour que les parents n'aient plus à se substituer au rôle des éducateurs et des enseignants, il est nécessaire de fournir, pour chaque enfant, un PEI. Un PEI est Programme Educatif Individualisé, établi sur la base de tests d'évaluations (Type PEP-R) spécifique pour le domaine de l'autisme.

Fournir un PEI, en fait, devrait couler de source. Ce n'est pourtant pas encore le cas dans notre canton.

 

Lorsqu'on sait que les mesures éducatives sont à ce jour les seules qui concrètement aident nos enfants à évoluer, à développer leur potentiel cognitif et relationnel, il devient insupportable pour les parents de ne pas recevoir ce PEI, où sont fixés des objectifs développementaux à atteindre. Ces objectifs ne sont pas gravés dansle marbre. Tout le monde le sait, les parents y compris: ce sont des objectifs vers lesquels on peut/doit tendre. Mais au moins il y a des objectifs !

Je répète, pour l'autisme, les mesures éducatives sont les seules à aider nos enfants. Les seules. Il n'y a aucun médicament, aucune thérapie (surtout pas psychanalytique) qui puisse les aider.

 

Le PEI est la base même pour aider nos enfants.

 

Formons les éducateurs et les enseignants de notre Canton à établir des objectifs, en se basant sur les tests d'évaluation, et ensuite à leur apprendre les moyens, les outils pour les atteindre. C'est un long travail, qui demande de gros efforts et une remise en question de soi, de sa propre formation et pourtant - au final- des enfants qui vont mieux. Voilà notre récompense. A tous.

 

Merci de nous écouter et surtout de nous entendre.

 

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23/09/2009

L'histoire de deux « marginaux » d'un monde où il n'est pas toujours bien heureux d'être différent...

 

Plus d'infos: http://www.cinema-france.com/review4834_critique-mary-et-...

 

15:53 Publié dans Autisme - films | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

21/09/2009

Les autistes savants peuvent apprendre l'empathie

Au cours du test de « Sally et Anne », la marionnette Sally cache une bille dans une boîte sous les yeux de l’actrice Anne (A). Celle-ci détourne le regard, et Sally cache la bille dans l’autre boîte (B). Puis après un signal lumineux (C), Anne regarde à nouveau et cherche la bille (D). Un autiste qui regarde cette scène ne devine pas qu’Anne va se tromper.(© Atsushi Senju/Birbeck, University of London)Selon une étude britannique, certains autistes parviendraient à se représenter spontanément les états mentaux d’autrui. (© Atsushi Senju/Birbeck, University of London)

 

En 1985, une équipe britannique montrait que les autistes sont incapables d’attribuer à autrui des pensées, des croyances et des intentions propres : ils n’ont pas de « théorie de l’esprit », une aptitude acquise normalement vers l’âge de quatre ans (1). Quelques années plus tard, des travaux révélèrent que les malades atteints du syndrome d’Asperger – un autisme sans déficience intellectuelle – réussissaient le test dit de « Sally et Anne », qui permet de détecter chez une personne l’existence d’une théorie de l’esprit. Les psychologues se sont alors demandé si ces autistes savants, dont les relations sociales demeurent perturbées, pouvaient utiliser cette faculté spontanément, ou s’ils l’avaient acquise par entraînement au cours du test.

Syndrome d’Asperger

C’est à cette question qu’ont voulu répondre Atsushi Senju et ses collègues de l’université de Londres (2). Ils ont fait passer une variante du test de Sally et Anne à 36 personnes, dont 19 atteintes du syndrome d’Asperger. Les sujets devaient visionner une vidéo où se déroulaient les scènes suivantes. Une marionnette (Sally) entre dans une pièce miniature où se trouvent deux boîtes. Elle place une bille dans l’une des boîtes et la referme, sous les yeux d’une actrice (Anne), située à l’extérieur de la pièce. Cette dernière détourne ensuite le regard, pendant que Sally transfère la bille dans l’autre boîte. À un signal sonore et lumineux, Anne regarde à nouveau dans la pièce et cherche la bille.

Dans la version classique du test, après une phase d’entraînement, on demande aux sujets quelle boîte Anne va ouvrir. À l’instar des sujets sains, les Asperger répondent qu’elle cherchera la bille dans la boîte où elle se trouvait avant qu’elle ne détourne le regard. Ils se mettent donc bien à la place d’Anne en lui attribuant avec raison une fausse croyance, ce que ne parviennent pas à faire les autistes avec retard mental.

Dans la variante du test, au lieu de questionner leurs sujets à l’oral, Atsushi Senju et son équipe ont souhaité savoir s’ils anticipaient la réaction de l’actrice. Pour cela ils ont employé une méthode éprouvée, la mesure des temps de regard. Résultat : au signal sonore et lumineux, les sujets sains ont regardé pendant une durée significative en direction de la boîte où ils pensaient qu’Anne chercherait la bille. En revanche, les Asperger ont porté leur regard successivement vers différents éléments de la scène.

«Cela prouve que les Asperger n’anticipent pas spontanément la pensée d’autrui », explique Charles Aussilloux, de l’université de Montpellier. Un résultat qui confirme de précédentes données d’imagerie : les zones cérébrales mobilisées lors d’une tâche impliquant la théorie de l’esprit sont moins activées chez ces patients. « Ces autistes ne possèdent pas la même théorie de l’esprit spontanée que les sujets sains mais ils sont capables d’en acquérir une en suivant des instructions précises, dans un contexte verbal. Ils compensent donc leur déficit par leurs facultés d’apprentissage. Cette étude suggère qu’il est possible d’améliorer leur vie sociale au moyen d’une rééducation », ajoute-t-il. Un espoir pour tous les autistes sans déficience intellectuelle, soit environ 25 % de l’ensemble des autistes.

(1) S. Baron-Cohen et al., Cognition, 21, 37, 1985.

(2) A.Senju et al., Science, 325, 883, 2009.

19:33 Publié dans Autisme - recherches (médicales) | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | Pin it! |

20/09/2009

Je sais qu’un jour je serai heureuse

parcours_fil_eau_02.jpgL’autre jour j’ai eu un coup de foudre. Ah l’amour enfin ! Après trois années de galère.

Nous avons donc convenu d’un rendez-vous avec le prince charmant en question. Un rendez-vous romantique : à 15h33 sous le jet d’eau J ! Tout un programme.

 

Ainsi, le jour X, à l’heure Y -10, j’appuyais sur le champignon pour ne pas arriver en retard, évidemment… tip top, une place juste en face de mon rendez-vous. Parfait. Je descends, m’apprête un peu, et le cœur battait la chamade. J’imaginais mille et une choses.

 

L’heure X sonna enfin. Je me retourne à gauche, rien, à droite, rien, derrière, le jet d’eau, devant : rien… Ciel ! Il n’était pas là. Mon prince m’avait posé un lapin. J’attendis encore un peu, puis, tristement, revins à ma caisse. Mon rendez-vous ? Un coup d’épée dans l’eau.

 

Avais-je eu les yeux plus gros que le ventre ? Aimer n’était-il donc plus possible pour moi ? En tout cas, si je le rencontrais, même par hasard en ville, je ne mâcherai pas mes mots… voilà la promesse que je me fis en retournant chez moi. Et je me disais en mon for intérieur : ne t’inquiète pas, un jour toi aussi tu pourras couler des jours heureux.

 

 

Voilà comment (mais vraiment) comprend le texte une personne avec autisme :

 

 

L’autre jour j’ai eu un coup de foudre. Quoi un coup de quoi ? de foudre : aïe, ça doit faire mal ça…et tu n’as pas brûlé ? Ah l’amour enfin ! Après trois années de galère Tu as fait de la prison ? Nous avons donc convenu d’un rendez-vous avec le prince charmant en question il s’interrogeait ? Un rendez-vous romantique : à 15h33 sous le jet d’eau J ! Tout un programme.(programme TV sous le jet d’eau et il ne se mouille pas ?)

 

Ainsi, le jour X (je ne connais pas de jour qui s’appelle X L) , à l’heure Y -10 (tu avais quoi comme montre ?), j’appuyais sur le champignon (pourquoi tu étais dans la forêt ?) pour ne pas arriver en retard, évidemment… tip top  une place (et il y avait des bancs sur cette place ?) juste en face de mon rendez-vous. Parfait. Je descends, m’apprête un peu, et le cœur battait la chamade. J’imaginais mille et une choses.

 

L’heure X (l’heure est X maintenant ?) sonna enfin. Je me retourne à gauche, rien, à droite, rien, derrière, le jet d’eau, devant : rien… Ciel ! (qu’est-ce qu’il a le ciel ?) Il n’était pas là (Mais si le ciel est en haut, regarde). Mon prince m’avait posé un lapin (Mais comment aurait-il pu, il n’était pas là !!???). J’attendis encore un peu, puis, tristement, revins à ma caisse (en bois ou en plastique ?). Mon rendez-vous ? Un coup d’épée dans l’eau (tu avais une épée sur toi ???!!¨).

 

Avais-je eu les yeux plus gros que le ventre ? (Mais comment est-ce possible ? les yeux sont sur le visage, tu dis vraiment n’importe quoi). Aimer n’était-il donc plus possible pour moi ? En tout cas, si je le rencontrais, même par hasard en ville, je ne mâcherai pas mes mots…(les mots c’est comme de l’herbe, ça se mâche ?)  voilà la promesse que je me fis en retournant chez moi. Et je me disais en mon for intérieur : ne t’inquiète pas, un jour toi aussi tu pourras couler des jours heureux (un jour tu te transformeras en fleuve ?!!!!)

 

 

 

L’art de savoir parler à une personne avec autisme :

 

Après trois années de solitude, je suis enfin amoureuse. J’ai fixé un rendez-vous à l’homme que j’aime, à 15h33, près du jet d’eau. A la date convenue, je m’y suis rendue en voiture et j’ai conduis rapidement pour ne pas arriver en retard. J’ai attendu à l’heure et au lieu convenu, mais  mon amoureux n’est pas venu. Je suis repartie triste et en retournant vers mon véhicule, je me suis promise que si je le croisais un jour en ville, je lui dirai tout ce que je pense et surtout que je n’ai pas apprécié qu’il ne vienne pas à notre rendez-vous. Je sais qu’un jour je serai heureuse.

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Les personnes avec autisme ont une pensée très concrète. La langue française, riche en expressions figurées, est très difficile pour elles ! Imaginez tout le travail qu’elles doivent fairechouette.jpg pour comprendre une simple expression comme : tu es chouette ! Dans un premier temps, croyez-moi, si vous le leur dîtes, soit elles ne vous répondront pas en vous regardant tout de même d’un air très interrogateur pour ne pas dire médusé, soit elles vous répondront : beh non,  non je ne suis pas une chouette, mais une personne.

 

Logique, quoi. Alors un texte qui parle de coup de foudre….ça doit vraiment les désorienter, ne le pensez-vous pas ?

 

La pensée logique est-elle moins belle que celle qui use et parfois abuse des expressions figurées ?

 

On peut s’amuser à se poser la question.

 

poesieequilibre.thumbnail.gifEt chacun sans doute en y répondant aura un peu raison. Par exemple, moi je pense qu’il est plus poétique de dire « Je sais qu’un jour je serai heureuse» plutôt qu’ « un jour moi aussi je pourrai couler des jours heureux ».

 

Je ne sais pas pour vous, mais pour moi la première expression me donne davantage l’espoir de ne pas sombrer.

19:48 Publié dans Autisme - une autre manière d'être | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook | | | Pin it! |

19/09/2009

Et on ose dire que les autistes sont bizarres....

 

Les gens utilisent des mots qui n'expriment pas exactement leur pensée, ils en sautent d'autres qu'ils voulaient dire et font toutes sortes de mimiques bizarres avec leur visage qui, apparemment, changent le sens des phrases énoncées.

Et on ose dire que les "autistes" sont bizarres !

 

L. Jackson, autiste Asperger

 

 

51co3wg3hlL._SL500_AA240_.jpgLucke Jackson,  Excentriques, Phénomènes &syndrome d'Asperger. Un guide pour adolescent


L’auteur est un adulte Asperger et a écrit son ouvrage à l’âge de 13 ans. Il y décrit son quotidien, ses relations avec sa famille et notamment avec ses frères et soeurs, ses difficultés à l’école et pour faire comprendre aux autres ce qu’est ce syndrome, pourquoi ses réactions peuvent sembler parfois si étranges. Ce livre, écrit par un adolescent est un témoignage précieux pour mieux comprendre le quotidien des personnes Asperger, notamment à l’adolescence.

 (éditeur: Autisme France Diffusion, 2007).

 

Pour plus d'infos sur le monde des Aspergers en Romandie: http://asperger-romandie.ch/index.html

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17/09/2009

La prise en charge précoce

 

Tout le monde le reconnaît aujourd'hui, la prise en charge précoce, selon une approche ciblée et adaptée aux besoins de l'enfant (enseignement structuré), permet une évolution favorable, quel que soit le niveau d'atteinte.

A Genève, nous avons les infrastructures pour accueillir nos enfants, même si des places en institution manquent encore, mais la prise en charge n'est pas SPECIFIQUE.  Le problème est là! Lorsque le choix peut se porter sur la scolarisation de nos enfants, PERSONNE n'est formé pour le faire et les instituteurs/institutrices ni informés, ni sensibilisés à cette problématqiue pourtant très diffuse: 1 enfant sur 166 naît dans le cadre des TED!

Comment ferons-nous lorsque la loi du 14 novembre 2008 sur l'intégration des enfants à besoins spéciaux sera effective ?

 

En attendant que l'Etat se mobilise et offre le BABA d'une prise en charge correcte aujourd'hui unanimement reconnue, les parents sont CONTRAINTS d'employer le système D, entendez offrir -par des moyens conséquents - un enseignement adapté en privé pour répondre aux besoins élémentaires de leur enfant. Et pour les parents qui n'ont pas les moyens ? Ou qui ne savent pas comment et quoi faire ?

Les parents aujourd'hui, à Genève, sont les victimes de l'Etat (et le mot n'est pas trop fort), qui joue (pour combien de temps encore?) les indifférents.  Je rappelle à l'Etat en question et aux Départements concernés qu'une écoute bienveillante est de mise, certes, mais ce qui est encore plus de mise c'est une action concrète et d'envergure. Faut-il encore 1/ prendre VRAIMENT conscience de l'ampleur du problème 2/ vouloir agir 3/ se donner les moyens d'agir.

Simple à dire ? Au fond, pas si compliqué à faire. La création d'un groupe de travail "autisme" serait le premier pas concret vers des solutions qui existent. On attend encore...

 

 

 

 

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16/09/2009

Lorsque l'autisme frôle avec le génie

Qui mieux que ces autistes dit "géniaux" démontrent que l'autisme est bien une autre forme d'intelligence, une autre manière qu'a le cerveau de fonctionner ? Parfois cela va dans le sens du génie, parfois dans le sens -peut-on dire- opposé ?

Pourtant dans les deux cas, la source est la même... 

L'autisme nous interroge, nous met au défi, celui du XXIème siècle, à n'en pas douter: comprendre le cerveau...

 

 

 

 

 

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15/09/2009

Des classes pour s'ouvrir

 

Le projet "Tous à l'école" permet à 7 enfants souffrant d'autisme de suivre une scolarité ordinaire dans deux Clis (Classe d'Intégration Scolaire)

 

Le projet "Tous à l'école" permet à 7 enfants souffrant d'autisme de suivre une scolarité ordinaire dans deux Clis (Classe d'Intégration Scolaire)

La scolarité en Clis coûte 5000 euros par enfant et par an. Chaque famille débourse 900 euros par an. La Fondation Orange a apporté 19 000 euros à ce projet baptisé "Tous à l’école"

 

 

Le projet "Tous à l’école", permet à 7 enfants souffrant d’autisme de suivre une scolarité ordinaire dans deux Clis (Classe d’Intégration Scolaire) de Tassin la Demi-Lune. Ce dispositif forme des équipes pédagogiques pour les enfants âgés de 6 à 12 ans.

Dans une cours d’école, Melissandre, Paul et Raphaël jouent, sous l’œil vigilant de Lucie, Nicolas et Aurélie, stagiaires en psychologie. Soudain, Melissandre quitte l’air de jeu pour rentrer dans l’école, Raphaël se mure dans sa coquille, et Paul disperse les jouets. Les trois enfants, âgés de 9 à 11 ans sont autistes. Ils ont été accueillis à la rentrée en classe d’intégration scolaire (Clis) au sein de l’école privée St-Charles à Tassin la Demie-Lune. Une classe à part, où ils suivent un apprentissage approprié, sans les exclure d’un contact avec les autres élèves. "Ce sont des enfants qui ne tiennent pas en place, alors ils sont encadrés pour apprendre à se laver les mains, aller à la cantine, on les aide à devenir autonome", résume Edwige Berecz, porteuse du projet "Tous à l’école." L’apprentissage se fait par éléments visuels, évite les phrases longues, renforce les bonnes attitudes. "Dès qu’arrive l’âge de 6 ans, il n’existe plus rien pour accueillir les enfants autistes au sein d’une école ordinaire", témoigne Marie-Amélie Saunier de Cazenave, de l’association Autisme Rhône-Ain. Pour cette mère de famille d’un enfant autiste, l’expérience est concluante. "Ici, on les tire vers le haut, ils progressent, on les oblige à vivre en société."

 

Le dispositif "Tous à l’école", unique dans le Rhône, comprend la participation de stagiaires en psychologie, d’un psychologue pour la formation et une intervenante, pour aider l’équipe sur le terrain. A côté des Clis, existe l’Institut médico éducatif (IME) qui n’a que 110 places pour 620 demandes de parents d’autistes dans le Rhône.

 

 Source: http://www.metrofrance.com/info-locale/des-classes-pour-s...

 

A Genève, il existe deux (seulement) centres d'intégration (je ne parle pas des classes spécialisées): le centre de Vermont et le Centre des Voirets qui ont pour vocation d'intégrer les jeunes enfants porteur d'un handicap dans les écoles publiques genevoises. En tout pour les deux centres 30 places environ.

Sur les 30 enfants, combien sont atteints d'un TED ?

REPONSE: AUCUN !

JUSTIFICATIF: nos enfants sont difficiles sur le plan du comportement ce qui est tout à fait vrai, JE PRECISE, lorsqu'on n'adopte pas les JUSTES MESURES PEDAGOGIQUES....

Il s'agit donc d'une exclusion par ignorance... ce qui est grave. A quand les formations des enseignants et des éducateurs à l'autisme ?

Assez avec la hiéarchie du handicap à GENEVE ! Les parents des enfants autistes demandent à ce que les gens soient formés pour qu'ils sachent encadrer nos enfants sur les bancs de l'école... d'ailleurs la loi du 14 novembre 2008 va inviter (j'espère) nos autorités à prendre conscience de l'URGENCE de la situation....

Pas intégrables nos enfants ? Et ils font comment ceux qui créent des CLIS (classe d'intégartion) pour enfants avec TED dans les pays voisins ????

Comprenez l'amertume, le ras-de-bol des parents confrontés toujours au sempiternel FAUX discours genevois .."on ne peut pas intégrer votre enfant, trop de troubles du comportement et gnagnagnagnanaganagan...."

FORMEZ LES ENSEIGNANTS, merci!

A ce propos:

http://www.autisme.ch/portail/index.php?option=com_conten...

http://www.autisme.ch/portail/index.php?option=com_conten...

 

 

06:38 Publié dans Autisme - école - inclusion | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

14/09/2009

L'autisme a un rythme, des sons, un langage...

Lorsque les sons ressemblent à un rythme, celui de la vie.

Lorsque leur rythme nous met mal à l'aise. Par méconnaissance, sûrement.

Parfois, il faut juste apprendre à écouter. C'est le meilleur moyen d'apprendre.

07:50 Publié dans Autisme | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

13/09/2009

Autisme : une découverte mondiale

Un garçon sur 94 est touché par l'autisme en France

MALADIE MENTALE. Une équipe de l'Inserm à Rouen vient de mettre au jour une anomalie génétique commune à l'autisme, la schizophrénie, et le retard mental, véritable avancée médicale.

 

Six mois de travail « intense » sur des anomalies génétiques auront été nécessaires à l'équipe du Dr Dominique Campion (laboratoire Inserm U614 du Pr Frébourg) à la faculté de médecine de Rouen, pour déboucher sur une découverte scientifique majeure. Ce généticien vient de percer un nouveau mystère concernant des maladies mentales graves aux origines encore obscures : l'autisme, la schizophrénie, et d'autres retards mentaux.
Avec ses deux collaboratrices Audrey Guilmatre et Solenn Le Gallic, le chercheur a mis en évidence qu'il existe des anomalies génétiques communes entre des autistes, des schizophrènes, et des personnes souffrant de retard mental. « Alors que nous pensions que ces trois maladies étaient complètement différentes », souligne Audrey Guilmatre, 25 ans, en troisième année de thèse sous la direction du Dr Campion.
L'étude a consisté à comparer des désordres génétiques sur trois groupes de 250 patients (autistes, schizophrènes, personnes souffrant d'un retard mental) avec un groupe de contrôle de personnes bien portantes. « Dans chaque groupe nous avons pu déterminer un pourcentage de personnes avec un certain type d'anomalie nouvellement découverte, qu'on retrouve dans les trois groupes », poursuit la jeune chercheuse.


Connexions entre les neurones
Cette découverte importante a permis d'établir que les gènes défectueux identifiés sont liés au fonctionnement des connexions entre les neurones. « Ce qui signifie aussi que nous pourrons à long terme mettre en place des thérapies ciblées en suivant une voie biologique précise », ajoute Audrey Guilmatre. Dans un communiqué de presse, la Fondation Autisme qui collabore avec le laboratoire rouennais à travers sa banque génétique se félicite de cette avancée.
Le Dr Campion et son équipe souhaitent maintenant la poursuite des recherches autour de ces dysfonctionnements du cerveau, à l'origine des symptômes des trois types de maladies. « Et nous allons continuer à explorer d'autres gènes et d'autres anomalies », précise Audrey Guilmatre, avec l'espoir de développer dans le futur des moyens de prévention et des traitements.

 

Source: http://www.paris-normandie.fr/index.php/cms/13/article/21...

07:39 Publié dans Autisme - recherches (médicales) | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

12/09/2009

AUJOURD'HUI: TED-autisme vous invite à son stand !

 

AUJOURD'HUI, 12 SEPTEMBRE

 PLACE DU MOLARD

9H00-17H00

 (SELON CONDITIONS METEO)

 

L'ASSOCIATION

final_autisme_logo.jpg

vous invite à vous informer sur la réalité

des personnes ayant un TED (Trouble Envahissant du Développement) ou un autisme (qui est la forme la plus sévère d'un TED)

 

ainsi que sur le quotidien de leur famille.

 

Nous sommes là pour vous renseigner, pour partager notre expérience de parents,

pour faire comprendre nos difficultés d'être entendus et compris !

 

Mais aussi pour vous parler de nos projets, y compris avec les entités publiques.

 

Venez nous rendre visite...on a aussi prévu, outre nos dépliants informatifs,  des biscuits!

 

Bon week-end à tous !

 

Marie-Jeanne Accietto

Présidente TED-autisme Genève

www.autisme-ge.ch

 

 

 

 

 

 

 

09:17 Publié dans Autisme - Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

11/09/2009

Le PECS fait enfin ses premiers pas chez nos voisins et chez nous, c'est pour quand ?

L’école Saint-Dominique de Neuilly veut donner une lueur d’espoir aux enfants autistes
 
    Elle a un joli nom : "classe soleil". C’est une expérimentation lancée depuis cette rentrée à l’école Saint-Dominique de Neuilly, dans le but d’apporter une lueur d’espoir à des enfants autistes. Ils seront six enfants*, de 3 à 4 ans, à être scolarisés selon la méthode PECS. Pour Picture Exchange Communication System : système de communication par échanges d’images.

"Ces enfants ne parlent pas, explique Yves Riquet, le coordinateur de l’institution Saint-Dominique. Il s’agit donc de remplacer la communication orale par un échange de pictogrammes."

L’école Saint-Dominique de Neuilly veut donner une lueur d’espoir aux enfants autistes - PECS 02
PECS 02
PECS 01

      En schématisant, "l’enfant qui veut un verre d’eau va chercher une image de verre d’eau et la donner à un adulte pour que celui-ci lui en apporte un", comme l’explique Julie Tuil, représentante de PECS en France. Un système de communication qui paraît simple résumé ainsi mais nécessite un long processus de familiarisation, cette communication n’étant absolument pas naturelle pour les autistes.

"La méthode PECS a été créée en 1985 aux Etats-Unis par le psychologue Andy Bondy et l’orthophoniste Lori Frost, qui ont combiné leurs domaines d’expertise. C’est la première fois que cette méthode est appliquée en France", poursuit Julie Tuil.

La classe de Saint-Dominique fera l’objet d’une expérimentation sur trois ans, sous le contrôle de l’hôpital Robert-Debré (Paris 19e), de l’Education nationale et de l’Enseignement catholique. "L’hôpital Robert-Debré essaie de montrer que l’autisme est un problème neurologique. Plus on le prend tôt, plus il y a de chances que les enfants inventent dans leurs cerveaux de nouveaux circuits pour communiquer", plaide Yves Riquet.

La "classe soleil" devrait recevoir une inauguration officielle en décembre, selon PECS France, le temps que les participants trouvent leurs marques. Pour encadrer les six enfants, ils seront six adultes : une enseignante, deux assistantes maternelles, deux stagiaires de l’Ecole des psychologues praticiens et un auxiliaire de vie scolaire.

 

 

Source: http://www.neuillyjournal.com/fr/photos/vie-publique/2009...

07:10 Publié dans Autisme - approches éducatives | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | Pin it! |

10/09/2009

L’autisme au détour d’une question

 

J’ai toujours beaucoup de plaisir à donner des cours à des personnes avec autisme, parce qu’elles m’apprennent la logique et l’évidence.

 

L’autre jour en lisant un extrait du Testament politique de Richelieu, mon élève bute sur une phrase dont, à l’évidence, le sens lui échappe :   Lorsque Votre majesté se résolut à me donner une grande part de sa confiance pour la direction des affaires, je lui promis d’employer etc… 

 

Il me regarde et ne peut répondre à la question qui est Richelieu ?

 

Il est clair que lorsqu’on pose cette question, la personne avec autisme, logique et concrète dans sa manière de penser, s’attend à trouver dans le texte une réponse évidente, du genre « Richelieu /il est… ou occupe la fonction de… etc… ».

 

Mais elle a de grandes difficultés à comprendre que « direction des affaires » = diriger un Etat !  

 

Pour mon élève l’expression « direction des affaires » = les affaires  -entendez des choses type la trousse, le cartable ou la chaise  (des affaires quoi) - ont pris une certaine direction…

 

beh oui rien de plus logique….  Mais je comprends sa perplexité : que diantre cela peut-il bien vouloir dire : que la chaise (exemple) prenne cette direction ?????

 

L’expression « direction des affaires » lui échappe complètement. Mon élève réfléchit un mot/un concept/une image….pour lui faire comprendre qu’un mot (en l’occurrence affaires) peut être aussi être reconduit à un autre concept et à une autre image, il faut faire un travail.

 

Mais opéré ce travail d’ordre sémantique, l’élève répond parfaitement à la question : Richelieu est un Ministre qui s’occupe des affaires (non la chaise) de l’Etat !

 

C’est ce qu’on appelle un enseignement adapté, ciblé en l’occurrence, sur la difficulté pour ces élèves à saisir la polysémie.

 

 

240px-Kardinaal_de_Richelieu.jpgEt vous, vous savez ce que signifie « situation religieuse » ? Non, parce qu’en principe on occupe une situation (statut) dans une situation (lieu) dans des situations données (circonstances) ! Je sens que ma prochaine leçon d’histoire va être amusante J !

 

Je ne sais déjà plus où donner de la tête lol

 

 

 

 

 

15:23 Publié dans Autisme - une autre manière d'être | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | Pin it! |

05/09/2009

L'art au service de l'autisme...

Rabastens. Le musée solidaire de la cause de l'autisme

De g à dte, Mmes Gelade, Pinel et Bertrand et un animateur du Foyer Le Bouscaillou.
De g à dte, Mmes Gelade, Pinel et Bertrand et un animateur du Foyer Le Bouscaillou.
De g à dte, Mmes Gelade, Pinel et Bertrand et un animateur du Foyer Le Bouscaillou.

Le Musée du Rabastinois présente jusqu'à la fin du mois la collection Gelade, faïence et porcelaine. La ville en est propriétaire depuis 2008 suite à une proposition du maire Alain Brest, acceptée unanimement par le conseil municipal avec l'aval du conservateur Guy Ahlsell de Toulza : un don de Simone Gelade sous certaines conditions. Son père, Marcel Andrieu (1890-1986), albigeois passionné de faïences décorées et porcelaines, avait réuni cette collection au cours de sa vie. Devenu âgé, il la dédia à sa petite-fille Anne-Marie, autiste, l'une des trois enfants de Simone, en demandant qu'elle ne soit ni vendue ni dispersée.

Plus de 200 pièces

Dans les vitrines, des objets (fin XVIIè au XXè) de toute provenance : Nevers, Rouen, La Rochelle, Martres, Strasbourg, Meissen… Assiettes et plats, fontaine de table, encrier, saleron, pichets, bonbonnière, pots à fard, centre de table, pièces de Jacob Petit, dans des décors polychromes au sujet floral, militaire ou encore mythologique : une diversité présentant un réel intérêt, tandis que des panneaux explicatifs rappellent l'origine des techniques, perse pour la faïence, chinoise pour la porcelaine.

Une donation alliant générosité et utilité

Simone Gélade a trouvé comment le vœu de son père pouvait servir Anne-Marie, âgée de 52 ans. C'est en pensant à la cause de l'autisme en général qu'elle a songé au don. En contrepartie, la ville s'engage à informer le public sur la prise en compte de ce handicap.

Le 12 juillet dernier, une conférence sur le Foyer de Villefranche d'Albigeois a empli la salle du conseil municipal. A l'idée généreuse de Mme Gelade doit donc répondre la volonté de promouvoir des actions mobilisatrices liées à la cause de l'autisme. Les discours du maire et du conservateur lors du vernissage laissaient augurer de réels efforts en ce sens. Au cours de la conférence donnée par Marie-Thérèse Bertrand, directrice du Bouscaillou à Villefranche d'Albi, l'assemblée a pu approcher la détresse des parents confrontés au manque d'accueil pour leurs enfants autistes, notamment adultes. Il y a en France 170 000 autistes (1400 dans le Tarn) ! Depuis 2005, 24 adultes sont accueillis en internat avec suivi médico éducatif individualisé. Prenant en compte les troubles du comportement et la souffrance psychique, le personnel s'attache au développement de la communication, de la socialisation à travers des activités ciblées.

Ce foyer, dont l'extension est à l'étude, est l'aboutissement du combat de parents, telle Raymonde Pinel, présidente d'Envol Tarn depuis 1991. Comme Simone Gelade, elle a au cœur l'amour et la rage maternelle capables de soulever des montagnes. Avec l'aide de nous tous… (envol-tarn@wanadoo.fr).

 

 

Source: http://www.ladepeche.fr/article/2009/09/05/666417-Rabaste...

 

07:24 Publié dans Autisme - divers | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

03/09/2009

Un projet de recherche sur l'autisme à Genève

Le SMP (Service médico-pédagogique, Genève) dirigé par le Prof. Stephan Eliez est à la recherche de jeunes enfants ou adolescents évoluant dans le cadre d'un TED (trouble envahissant du développement) pour le projet de recherche intitulé Vis-à-vis.

Ce programme qui bénéficie du soutien financier de l’Unité de recherche du Service Médico-Pédagogique permettra à votre enfant de participer gratuitement à tout le suivi. Voici en quoi ce projet consiste:

 

 

Qu’est-ce que le programme VisAVis?


 

1ba93141-9f46-2154-bde6-f7bd2341bf68_800.jpgCe programme est composé de plusieurs exercices à faire sur l’ordinateur sur une courte durée (15 minutes), 4 fois par semaine pendant 12 semaines. Ces exercices visent l’amélioration des compétences suivantes :

 

  • -       la reconnaissance des visages
  • -       la reconnaissance émotionnelle (ou vocabulaire émotionnel)
  • -       la mémoire de travail (capacité à retenir un nombre d’informations en mémoire)
  • I    il lui donnera également l’opportunité de plus se familiariser avec l’utilisation d’un ordinateur.

 

Comment voir si le programme est efficace ?

 

Notre but est d’aider votre enfant à s’améliorer et afin de voir si c’est le cas, nous ferons une évaluation avec lui à trois reprises pour pouvoir juger s’il a bénéficié du programme. Il y aura:

 

  • -       une première visite à la Direction du SMP avant le programme
  • -       une seconde évaluation juste après avoir terminé le programme (après 12 semaines)
  • -       une troisième évaluation 12 semaines après l’arrêt du programme, pour vérifier que les améliorations sont durables.

 

Où et quand se dérouleront les évaluations ?

 

Les évaluations se dérouleront sur une journée (un mardi) à notre Service, qui se situe à l’administration du Service Médico-Pédagogique, 1 rue David-Dufour, Genève. L’idéal serait que vous puissiez amener votre enfant, afin de le rassurer et ce serait l’occasion pour nous de pouvoir vous rencontrer et discuter un moment avec vous.

Nous pensons que ce programme va améliorer non seulement les capacités nommées ci-dessus, mais qu’il aura également une influence bénéfique sur le cerveau, en augmentant les connections entre différents neurones. Pour en être certains, nous aurons besoin de faire passer à votre enfant une IRM (Imagerie par Résonance Magnétique) qui se déroulera le même jour à l’Hôpital Cantonal. Ceci n’est absolument pas dangereux pour votre enfant, vu cette méthode n’implique pas les rayons X (qui eux peuvent être dangereux). Nous demanderons simplement à votre enfant de s’installer sur un lit qui entrera dans une espèce de tunnel (un scanner) où il devra regarder des images et des films. Ce ne sera ni dangereuxni douloureux pour lui. Néanmoins, afin de le rassurer, il serait bien que vous assistiez à l’IRM.

 


 
 Contact/infos:

 

Daniel Dukes et Catherine Pasca

Unité de Recherche

 

Case postale 50

rue David-Dufour 1

1211 Genève

 

Tel +41.22.388.67.26

 

daniel.dukes@unige.ch

 

catherine.pasca@unige.ch

 

 

 

 

 

Merci de diffuser l'information. Mja

07:59 Publié dans Autisme - Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

02/09/2009

Les méthodes comportementales, trop intensif ?

Trois questions à... Vinca Rivière, enseignant-chercheur à Lille III

Vinca Rivière, spécialiste des techniques ABA. Vinca Rivière, spécialiste des techniques ABA.
 

Voir Sidonie aussi éveillée, et à la veille de sa première rentrée scolaire, ça vous fait quoi ? >> Ça nous fait plaisir, bien sûr ! Mais pour nous, ces progrès ne sont pas exceptionnels.



Certains enfants avec qui on pratique l'ABA se développent doucement, d'autres, comme Sidonie, avancent très vite.

Comment expliquer l'ABA au grand public ?


>> D'abord, il vaut mieux parler de " techniques comportementales " plutôt que de " méthode ABA". Dans l'analyse appliquée du comportement (c'est le nom français de l'applied behaviour analysis), nous suivons un protocole précis, nous utilisons ce qui est validé scientifiquement. Les publications scientifiques : que les enfants pris en charge ont 70 % de chance de sortir de l'autisme. Plus on s'y prend tôt, mieux c'est. Mais même un enfant de 10 ans qui ne parlait pas peut devenir verbal. Et je pense à ce jeune homme de 22 ans qui est devenu propre récemment, ça change la vie de sa famille !

On reproche à l'ABA son côté intensif...

>>Mais n'importe quel enfant qui est en plein développement ne cesse de travailler ! Là, il est accompagné par des intervenants : éducateurs, psychologues, c'est la différence (...). En ce moment, tout le monde veut faire de l'ABA, parce que ça rapporte. Attention, il faut une vraie formation ! Malheureusement, nous sommes les seuls en France, à l'Université de Lille III, à étudier l'ABA et seules 25 personnes sont formées chaque année... Je le dis, je le répète, on ne fait pas rêver les parents, on s'appuie sur des résultats. Mais en France, le fait de rendre scientique le comportement humain, c'est difficile à accepter...

Pourquoi tant de réticences dans le monde médical traditionnel, comme en politique ?

>>En France, la santé est réservée aux seuls médecins, or nous sommes chercheurs, universitaires... Les médecins n'ont aucune connaissance des traitements comportementaux. Nous pensons qu'avec un enfant, autiste ou non, travailler le langage une demi-heure par semaine n'a pas de sens. Le langage, c'est tout le temps ! V. Rivière est l'auteur de « L'Analyse du comportement appliquée à l'enfant et à l'adolescent ».

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Source: http://www.nordeclair.fr/Locales/Lille/Environs/2009/09/0...

 

TED-autisme Genève défend un enseignement structuré (bientôt il y aura un "protocole de prise en charge" qui en expliquera mieux le sens), ce qui englobe un travail de et sur la relation, mais dans un contexte éducatif et non exclusivement thérapeutique. ABA est une approhe qui a du sens, si elle ne devient pas, au même titre que son exacte opposée -l'approche psychodynamique-   une religion . Je me méfie, dans ce bas-monde, des absolus.

Comme disaient les Anciens, la "vérité" est souvent dans le juste milieu. Ne le pensez-vous pas ?

17:53 Publié dans Autisme - traitements et interventions | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

01/09/2009

Enquête auprès de mamans d’enfants atteints d’autisme

 

dr_nouchine_hadjikhani_pr_photo_010.jpgAutisme suisse romande et l’EPFL, Prof. Nouchine Hadjikhani, (Brain Mind Institute)

…invitent les mamans d’enfants atteints d’autisme à compléter un questionnaire anonyme et qui ne prend que quelques minutes : Cliquez ICI pour le formulaire.

N’hésitez pas à transmettre ce lien (également accessible depuis le site internet) à vos contacts.

D’avance, nous vous remercions de votre aide et votre participation.

MJA

07:58 Publié dans Autisme - Genève | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | Pin it! |