07/10/2009

Le poids des mots

 

 

Les mots ont un poids et certains l’apprennent à leurs dépends et/ou l’imposent aux dépends des autres.

 

Dans une société où l’on s’évertue à casser le lien entre signifié et signifiant, destructurant ainsi la base même du langage (mais certains diront que cette déstructuration ouvre ainsi de nouvelles possibilités à ce même langage), la personne avec autisme nous ramène tout simplement vers le bon sens. Certes à sa manière. Certes sa manière n’est pas l’unique, mais elle a du bon, le sens justement.

 

La personne avec autisme ne maîtrise pas le sens social, ni la portée sociale des mots, elle (ne) maîtrise (que) le sens littéral, concret. C’est d’ailleurs notre principale différence avec elle.

 

Nous autres, neurotypiques, nous employons des mots à escient avec tout ce qu’ils comportent comme charge émotive, comme implicites, comme codes socio-politiques, etc.. La personne avec autisme, non. Non, sauf si on les lui apprend.

 

C’est l’une de mes tâches. J’apprends à mon élève le poids des mots : une étymologie, une tradition, une histoire. Donc une portée.

 

casques-momo-design.jpgIl m’arrive, parfois (je l’avoue), d’envier mon élève et sa manière de maîtriser le langage : qui a dit que la légèreté des mots était insoutenable ? Je me rends compte parfois qu’en lui apprenant le  poids mots, je lui apprends souvent également le sens des maux.

 

Enseigner à une personne avec autisme est au fond un excellent baromètre pour évaluer les mots –maux de notre société. Tiens, j’ai une idée demain je lui apprendrai ce que Momo signifie. Qu’en pensez-vous ? Un peu de marketing sportif, version branchée, nous permettra d'être mieux casqués pour affronter le poids des mots…euh…en somme, j’espère.

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