19/10/2009

L'intégration scolaire de l'enfant avec autisme, une question de cohérence

L'intégration d'un enfant avec autisme a un coût, celui de la cohérence. Soyez incohérent dans la manière d'intégrer cet enfant dans le cursus scolaire dit ordinaire et cela aura un autre coût, humain cette fois-ci (bien plus grave). Le coût, celui auquel on pense automatiquement lorsqu'on parle de coût, est moindre lorsque l'intégration est réussie, bien plus conséquent si l'intégration est "sauvage".

On appelle une intégration sauvage celle qui est faite juste parce qu'il faut la faire... sans avoir les justes moyens pour la faire et surtout sans avoir été formé pour la faire, en d'autres mots sans connaître les outils nécessaires pour la réussite de cette intégration. La continuité (et la cohérence dans cette continuité)  au niveau de la prise en charge et du suivi de l'enfant fait partie de ce bagage d'outils... il est même fondamental puisqu'on sait que toute forme de changement pertube nos enfants jusqu'à pouvoir mettre en péril leur intégration, justement. On le sait. Si on connaît l'autisme et qu'on veut faire de l'intégration il faut alors pouvoir répondre à cette réalité.

L'intégration est un défi qu'il faut relever à plusieurs (enseignant ordinaire et enseignant spécialisé main dans la main et une volonté cohérente de la hiérarchie) en toute connaissance de cause. C'est ainsi que l'intégration visant le développement des compétences sociales de l'enfant, et aussi, selon son niveau de communication (évalué par des tests standards), son niveau scolaire, sera une réussite. Qu'on ne nous vienne pas dire que l'intégration est un échec si ces simples mesures relevant de l'évidence ne sont pas remplies... L'intégration, oui! mais avec compétence !

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Rémi, huit ans, autiste modéré, subit la valse de ses auxiliaires de vie scolaire

 

 La maman de Rémi ne comprend pas pourquoi l'Éducation nationale a changé l'AVS de son fils. La maman de Rémi ne comprend pas pourquoi l'Éducation nationale a changé l'AVS de son fils.

Rémi, huit ans, est atteint d'autisme modéré. Alors qu'il est scolarisé depuis 5 ans, le jeune garçon ne veut plus, aujourd'hui, aller à l'école. En cause : le remplacement de son auxiliaire de vie scolaire. Sa maman, Véronique, témoigne. PAR NATHALIE LABREIGNE

Il adore les jeux vidéo, l'ordinateur, et la piscine. Du haut de ses huit ans, Rémi a les mêmes passions que tous les gamins de son âge. Ce qui le sépare des autres enfants, c'est son TED, un trouble envahissant du comportement diagnostiqué il y a quelques années. « Rémi est autiste modéré », indique Véronique Leleu, sa maman.

Malgré son handicap, le jeune Cuincynois est scolarisé, depuis quatre ans, à l'école privée Saint-Vincent-de-Paul de Dorignies. Pour l'aider à suivre la classe, Rémi bénéficie d'une auxiliaire de vie scolaire individuelle (AVS-i). « Depuis deux ans, c'était la même. Elle avait mis six mois pour se faire accepter auprès de Rémi. Mon fils avait fait un bon CP-CE1 et cette année, il était passé en CE2 », résume Véronique.

Seulement, à la rentrée, la famille Leleu découvre que l'AVS-i a changé. L'explication tombe : le nombre d'heures d'accompagnement accordées à Rémi a augmenté (21 heures au lieu de 18), ce qui a obligé l'Éducation nationale à changer la personne.

La surprise tourne vite à la déconvenue. Car Rémi ne cesse de réclamer son ancienne auxiliaire et refuse de travailler à l'école. La situation se dégrade encore lorsqu'on lui affecte une autre auxiliaire. Qui se blesse et est arrêtée : une troisième personne prend le relais mais déclare forfait au bout de quelques heures. Une quatrième est nommée en remplacement... Véronique négocie alors pour récupérer son ancienne AVS-i - « elle est d'accord pour revenir avec Rémi » - mais se voit opposer un fin de non recevoir : « La gestionnaire de l'Éducation nationale m'a dit que le but de l'AVS n'était pas de donner de l'affection mais de faire avancer l'élève. » Tandis que la maman s'indigne, son fils décroche. « Comme il ne parle pas, il communique en écrivant », explique Véronique en sortant les lignes rédigées par son fils : « Encore une autre, je ne veux pas, elle ne me connaît pas ». Il y a surtout ce mot, qui était caché dans un tiroir de la cuisine : « Je ne veux plus encore une nouvelle AVS. Rémi. » Aujourd'hui, à force de changements, il ne reste que 6 heures d'accompagnement sur les 21 h accordées. Le reste du temps, Rémi reste à la maison. Et refuse de faire ses devoirs. « J'ai vu mon fils pleurer à larmes pour la première fois, il y a quinze jours, à l'école, confie Véronique, les yeux embués. Et de poursuivre, plus dure : « On est presque aux vacances et j'ai peur que l'année soit foutue en l'air. À cause de ça. »

 

Source: http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Douai/actualite/Secteu...

06:14 Publié dans Autisme - école - inclusion | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

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