09/12/2009

L’évaluation en autisme, une étape indispensable

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Les besoins de l’enfant autiste ne sont pas des besoins alimentaires ou médicamenteux. Il n’y a pas de méthode miracle pour guérir totalement les enfants atteints d’autisme. Toutefois, grâce à une prise en charge éducative, un diagnostic et une intervention précoce, nous pouvons les aider à mieux appréhender et à s’adapter à leur environnement pour pouvoir s’y épanouir de la façon la plus autonome possible, en vue d’une plus grande qualité de vie. Pour mieux intervenir auprès de l’enfant autiste, un diagnostic précoce est nécessaire. Suite à ce diagnostic, toute prise en charge devrait démarrer par une évaluation

De l’évaluation à l’intervention

L’évaluation comprend entre autre la passation de tests évaluant les compétences et les difficultés de l’enfant, dont les pré-requis, l’imitation, la discrimination-perception, le langage réceptif, le langage expressif, l’autonomie quotidienne, les compétences sociales, les compétences académiques et la motricité.

L’évaluation des compétences de l’enfant et de ses difficultés handicapantes va permettre au spécialiste de cerner le niveau et l’âge développemental de l’enfant pour l’aider à avancer et à évoluer. Au sein de la famille, il s’agit également de replacer l’enfant par rapport aux compétences des enfants en général.

C’est une étape indispensable pour proposer une démarche éducative adaptée et aborder les apprentissages qui faciliteront l’évolution de l’enfant en fonction de ses capacités réelles. A partir de là, on construit le projet d’intervention.
Le projet d’intervention est établi en fonction de la synthèse des premières observations. Visant à décrire les capacités de l’enfant dans différents domaines de développement, il cible les objectifs de la prise en charge, adaptés aux difficultés de l’enfant. Les programmes éducatifs individualisés sont alors élaborés en fonction des objectifs ciblés. Le projet d’intervention individualisé doit être transmis à tous les intervenants ainsi qu’aux parents qui sont partie prenante dans l’application du programme.

A court terme, les objectifs de l’intervention se trouvent dans les tâches précises à réaliser pour organiser les comportements plus complexes. A moyen terme, il faudra franchir des étapes intermédiaires pour réaliser le projet de vie (savoir s’habiller tout seul, savoir se repérer dans la rue, savoir répondre aux consignes…). A long terme, l’intervention vise à mettre en place un projet de vie visant à l’autonomie, la socialisation, la scolarisation et la professionnalisation.
Certaines conditions doivent être respectées. Le choix des activités doit être réaliste. Les apprentissages envisagés doivent être pertinents dans le milieu où vit l’enfant atteint d’autisme. Les choix et les priorités parentaux doivent être pris en compte pour
travailler sur les comportements problématiques au quotidien avec l’enfant. Par ailleurs, les objectifs visés doivent offrir une bonne probabilité de réussite et les programmes doivent être conçus pour travailler le comportement ciblé. Au début des apprentissages, il faut adapter et structurer le cadre de travail pour se rapprocher de plus en plus proche d’un environnement ordinaire.

Pour constituer le Projet Educatif Personnalisé, il est nécessaire de prendre en compte la mise en place des programmes mais aussi les objectifs de travail divers et variés.

Voici quelques exemples de domaines qui seront travaillés avec l’enfant :

• Les performances visuelles (se repérer visuellement sur un support, identifier des items identiques, entraîner la mémoire visuelle…)
• Le langage réceptif (reconnaître son prénom, comprendre une consigne, reconnaissance d’objets, d’actions, de personnes …)
• L’imitation motrice (imiter l’intervenante puis les adultes ou les pairs en général)
• L’imitation vocale (imiter des sons, des mots, des phrases …)
• Les demandes et la dénomination (demander pour des activités/objets préférées grâce à des vocalisations, signes, mots, phrases … nommer des objets/actions …)
• La syntaxe et la grammaire (compétences en langue)
• Les compétences de jeux
• Les interactions sociales (être près des autres, regarder les autres, jouer avec les autres enfants, etc.)
• Les instructions de groupe
• Les compétences en lecture, écriture et mathématiques
• L’autonomie (repas, habillage, hygiène, toilettes)
• La motricité fine et globale.

Pour évoluer vers l’intégration scolaire

L'intégration scolaire en milieu ordinaire permet l’insertion sociale et l’amélioration des compétences scolaires en accord avec les possibilités de l’enfant. Quand un enfant va à l’école, une part de ce qu’il doit apprendre vient de l’instituteur. Une autre part de son apprentissage lui sera procurée par ses pairs. Les autres enfants lui apprendront directement en interagissant avec lui ou indirectement quand il les observera en interaction avec l’instituteur.

Si l’enfant reçoit une certaine satisfaction en jouant avec les autres une grande partie du problème est déjà résolu car l’enfant jouera et apprendra des autres.

Cependant, beaucoup d’enfants en difficulté sont socialement très isolés et ne ressentent pas de satisfaction particulière à jouer avec les autres enfants. Un enfant doit apprendre à apprécier la compagnie des copains, une des solutions est de provoquer le plus de situations où l’enfant est amené à rechercher les contacts avec les autres enfants.

Il est nécessaire que l’évaluation comme l’intervention soient réalisées par des professionnels compétents et évoluent à mesure que l’enfant progresse. La particularité des enfants autistes réside dans le fait qu’ils peuvent évoluer de façon spectaculaire si la problématique est bien cernée.
Association Léa pour Samy - La Voix de l’Enfant Autiste
www.leapoursamy.com
Quels sont les outils d’évaluation ?
Le Curriculum
Listing des compétences de l’enfant, réévaluation tous les 6 mois (pré-requis, imitation, discrimination-perception, langage réceptif, langage expressif, autonomie quotidienne, compétences sociales, compétences académiques, motricité).

ABLLS (Assessment of Basic Language and Learning Skills-Revised)
En complément du curriculum.
Outil d'évaluation, il permet de situer les réussites de la personne dans une approche longitudinale du développement (dans différents domaines) et d'identifier certains objectifs de travail. Evaluation des compétences de langage et d’apprentissage.
L'ABLLS-R est divisé en 25 domaines allant de la coopération et l'efficacité des renforçateurs à l'imitation verbale, les dénominations (tacts), la réponse aux instructions de groupe aux compétences de motricité fine, de propreté etc. Chaque domaine est divisé en différents items et pour chaque item, de deux à cinq niveaux de réussite sont possibles.
C'est un outil d'évaluation très complet qui permet d'avoir une vision globale de la personne et de développer des programmes éducatifs adaptés à chacun. Cependant, dans certains domaines comme les mathématiques, il apparait quelque peu limité.
Passer un ABLLS-R complet peut prendre jusqu'à une semaine, entre les observations, entretiens et tests directs.

Le PEP-R

Il est composé de différentes tâches, on note ensuite si l’enfant a « réussi », s’il a « échoué » ou s’il est en « émergence».
Les réussites et/ou émergences permettent également de donner des « âges de développement » qui replacent l’enfant et ses compétences par rapport aux compétences des enfants au développement typique.
Le PEP-R est un outil utilisable pour des évaluations courtes et donnant quelques informations intéressantes sur le fonctionnement de l'enfant.

VINELAND

Le test de la Vineland permet d’évaluer les comportements adaptatifs dans 4 domaines : communication, autonomie, socialisation, motricité. Il permet de donner un âge développemental dans chacun des sous domaines respectifs : communication réceptive, expressive, et écrite, autonomie personnelle, familiale et sociale, socialisation en relations interpersonnelles loisirs et capacité d’adaptation, et motricité générale et fine.
Ce test se compose de questions soumises le plus généralement aux parents (ce sont eux qui connaissent le mieux l’enfant). Chaque question est cotée 0, 1 ou 2 selon que le sujet n’émet jamais, quelque fois ou habituellement les comportements en question.

 

Source: http://www.lanouvelletribune.com/L_8217_valuation_en_auti...

08:45 Publié dans Autisme - traitements et interventions | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | Pin it! |

Commentaires

Il y a quand même certaines intolérances liées à l'assimilation de certains aliments pouvant provoquer des troubles de comportements !
Je ne vois pas pourquoi vous excluez certaines thérapies pouvant également soulager la vie de personnes atteintes par l'autisme au profit de vos convictions !

Écrit par : corto | 09/12/2009

Je n'exclus rien, je cite un article ;-) Voir la source...

Écrit par : Marie-Jeanne | 09/12/2009

Les commentaires sont fermés.