21/01/2010

A quand un plan autisme romand ?

Braille.jpgAurait-on idée aujourd’hui ne plus enseigner le braille aux personnes malvoyantes et de ne plus aménager les trottoirs et autres lieux publics pour faciliter leurs déplacements ? La réponse est tellement évidente…

 

Mon souhait pour 2010, c’est que les autorités publiques puisse en arriver à la même évidence pour les personnes avec autisme en disant : bien sûr qu’elles ont besoin d’une prise en charge, dès la petite enfance, adaptée à leurs besoins, de mesures thérapeutiques adéquates, ainsi que d’une politique d’intégration qui ne frôle pas avec le ridicule ou l'approximatif.

 

Mais faut-il encore s’entendre sur le CONTENU de la prise en charge, sur la DEFINITION de « thérapeutique » et sur le sens qu’il faut donner à l’intégration avec les INDISPENSABLES, INCONTOURNABLES mesures d’accompagnement (par des spécialistes en autisme) qu’elle suppose.

 

Et je ne vois pas comment il serait possible de se mettre d’accord sans en discuter ensemble - parents et professionnels de tous bords, parents, professionnels et politiques - sans définir un plan d’action pour les prochaines années tant il y a de mesures concrètes à prendre, des objectifs nouveaux à se fixer. Il s’agit en somme et enfin, devrais-je dire, d’établir une vraie politique coordonnée autour de la problématique « autisme ».

 

En France, face à l’évidence de prendre de nouvelles mesures, non seulement au niveau du diagnostic, mais aussi et surtout au niveau de la prise en charge, face aux chiffres qui parlent d’eux-mêmes (1 enfant sur 100 évolue dans le cadre des TED), un plan autisme 2008-2010 a été établi par le gouvernement Sarkozy, plan qui est poursuivi en 2011 avec des moyens considérables.

 

En réalité il ne peut en être autrement, à moins d’accepter et qu’on nous le dise alors publiquement que nos enfants :

·       ne doivent pas bénéficier des nouvelles approches psycho-pédagogiques qui ont fait leur preuve partout ailleurs. Et je demande dès lors qu’on nous le justifie autrement que par la préservation des intérêts d’un corps de métier, aussi émérite soit-il, parce que évidemment cet argument est tout simplement irrecevable…

·       qu’ils n’ont pas le droit de bénéficier d’une intégration accompagnés en classe par des gens formés à l’autisme qui sachent, précisément du fait de leur formation spécifique, mettre en place des mesures spécifiques sans lesquelles l’intégration en milieu ordinaire est vouée d’avance à l’échec. Je le CRIE assez fort pour ne pas qu’on nous dise de ne pas l’avoir dit !!!!!! Et je le répéterai autant de fois que nécessaire : il faut des enseignants FORMES à l’autisme.

·       qu’ils n’ont pas le droit de bénéficier de mesures thérapeutiques ciblées, telle la psychomotricité avec un programme ciblé sur le développement des déficits moteurs de nos enfants et non sur le développement très hypothétique de leur imaginaire symbolique, l’ergothérapie, la logopédie, etc.

 

Si, au contraire, les autorités publiques s’intéressent à mettre en place une vraie politique d’action autour de la problématique « autisme », elle doit alors être globale, cohérente, et non distillée au compte-goutte pour satisfaire tel ou tel  autre besoin ponctuel. Il s’agit ici d’un problème de santé, d’instruction publique et social majeur qu’il faut mesurer dans sa globalité si on veut être réellement efficace et ne pas perdre, au passage, des deniers précieux.

 

Si l’établissement d’un programme romand est trop ambitieux parce que la Romandie semble une entité trop abstraite, établissons du moins alors une politique cantonale cohérente. Et il n’est pas possible de la construire sans entendre les parents, les premiers concernés, le vrai et seul fil d’Ariane, en vérité, tout au long de la vie des enfants concernés.

 

Nous souhaitons mettre en place une « nouvelle » approche psycho-pédagogique au sein des établissements publics genevois, ceux au moins qui seront dévolus à nos enfants. La prise en charge souhaitée est à la fois éducative -ce qui englobe le relationnel- et à la fois sensori-motrice avec, en plus, les mesures thérapeutiques sus-décrites. Nous voulons nous départir de la politique menée pendant ces 40 dernières années qui n’a mis l’accent soit QUE sur une approche psycho dynamique, dite relationnelle,  soit sur une approche QUE sensori-motrice (courant bullingérien). Malgré certains aspects positifs de l’un et l’autre courant, il est tout à fait évident que l’un et l’autre, au vue des nouvelles connaissances dans le domaine de l’autisme, sont très insuffisants au niveau de la prise en charge pour nos enfants.

 

Il s’agit désormais de tenir compte des formations spécifiques et pointues qui existent déjà dans le domaine de l’autisme (citons à titre d’exemple  le certificat en autisme - formation continue de l’Université de Fribourg)  et de les intégrer dans le cursus de formation principalement des psychologues, des enseignants spécialisés, des éducateurs de chaque canton. Comment est-il possible de s’occuper correctement des enfants avec autisme si dans son propre cursus d’études on n’a jamais reçu de cours spécifiques et avertis dans ce domaine ?

 

Comment la personne malvoyante pourrait-elle lire si on ne lui apprenait pas le braille ?

 

L’évidence est là.

 

Comment une personne avec autisme pourrait-elle se développer au mieux si on ne lui offre pas les justes moyens psycho-pédagogiques ? Et comment cela serait-il possible s'il n'existe même pas des filières de formation prévues à cet effet ?

 

Je voudrais que cela soit aussi une évidence.

 

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10:50 Publié dans Autisme - politique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

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