16/03/2010

Autisme : l'étude sur le "packing" doit continuer

86574_15-aut-1.jpgLe packing est une technique utilisée chez les enfants souffrant d'autisme et de "troubles envahissants du développement". Elle est l'objet de vives polémiques, certaines associations de parents concernés dénonçant des cas de maltraitance. En pratique, il s'agit d'un "enveloppement serré, humide (le plus souvent froid), suivi d'un réchauffement, réalisé avec des draps et des couvertures au cours de séances répétées durant chacune 45 minutes". Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) vient de se prononcer - dans un avis mis en ligne - en faveur de l'élaboration d'un protocole pour sa pratique et de la poursuite de l'étude menée actuellement au CHU de Lille pour évaluer ses bénéfices et ses risques.

Saisi par la Direction générale de la santé en juin dernier, le HCSP ne s'oppose donc pas à l'enveloppement humide. Mais il a édicté des "conditions de (sa) bonne réalisation" et a demandé un relevé des événements indésirables qui y sont associés. Après avoir mené un certain nombre d'auditions, les membres du HCSP estiment que le packing est une "pratique rare, généralement réservée à des cas gravissimes, le plus souvent en dernier recours", notamment en cas d'auto ou hétéroagressivité et d'agitation extrême. Ils ont cependant précisé que leur avis ne portait que sur "la nature et les niveaux d'exposition aux risques physiques et psychologiques connus à ce jour" et "les conditions de sécurité de la réalisation des enveloppements humides", non sur leurs indications ni sur les aspects éthiques, dont la notion de maltraitance.

1-autisme-packing_335.jpgLe HCSP précise "les conditions de bonne réalisation des enveloppements humides". D'abord, la décision d'y recourir doit faire l'objet d'une prescription médicale, après "discussion collégiale de l'équipe en charge du patient", confirmation du diagnostic et élimination des autres problèmes de santé. Il est également indispensable que les parents donnent un consentement "éclairé et signé" et que l'avis de l'enfant soit sollicité, "dans la mesure de ses capacités". Enfin, chaque séance doit être réalisée par une équipe pluridisciplinaire de professionnels correctement formés. Et le nombre, ainsi que le rythme des séances, doit être défini en début de traitement. Il n'est pas sûr que cela suffise à rassurer les opposants à cette technique.

Source: http://www.carnetdeliens-abussexuels.net/ext/http://www.l...

 

 

Qu'en est-il en Suisse romande? Le packing est-il pratiqué sur prescription médicale ? Les parents sont-ils informés et signent-ils un accord avec celles et ceux qui pratiquent cette thérapie? Les séances sont-elles menées par une équipe pluridisciplinaire et qui les a formées et où à cette thérapie?

Je n'ai que des questions..si quelqu'un veut bien me donner des réponses...je les transmettrai illico aux membres de mon association, majoritairement opposés à la pratique du packing.

Si nous avons des principes, nous ne sommes toutefois absolument pas dogmatiques  et il est évident que nous ne nous opposons pas si une famille décide de pratiquer cette thérapie pour son enfant.

Par contre nous souhaiterions vraiment que les normes édictés par le Haut conseil de la santé publique, organe de contrôle indépendant du pays voisin, soit aussi celles que la Suisse adopte, histoire d'être transparents.

Qui fait quoi et comment et pourquoi, voilà ce que nous souhaitons! Afin que toutes les responsabilités soient clairement identifiées et identifiables. Cela me semble la base même de n'importe quelle thérapie. Non ?

Feriez-vous de la chimio sans qu'on en vous en explique les raisons, la portée et les conséquences ?

Quant à la question éthique, parent pauvre de notre société quel que soit le sujet, elle sera au centre de notre réflexion dans ces prochains mois avec comme point culminant notre colloque scientifique du 13 novembre 2010, intitulé précisément: Autisme et éthique, quels projets pour la petite enfance?

Justement, quels projets? Est-il possible de dissocier l'éthique de ces projets ?

Loin d'être centré sur cette question, notre colloque toutefois y sera confrontée: le packing est-ce une pratique valable sur le plan éthique ? La question est posée et non tranchée. Le Haut conseil de la santé publique, quant à lui, a laissé la question bien ouverte. .. Alors place aux débats !

 

 Petite question subsidiaire : trouvez-vous que  l'enfant dans la photo soit un cas "gravissime" ? (j'ai déjé publié la vidéo de cette scène sur mon blog...et très franchement je n'ai pas eu l'impression que cet enfant eut des troubles massifs du comportement ou alors il va falloir qu'on redéfinisse aussi "trouble massif du comportement". Alors justement ce que nous demandons c^'est la clarté: pour qui, par qui et pourquoi cette thérapie....)

07:01 Publié dans Autisme - traitements et interventions | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | Pin it! |

Commentaires

Bonjour, merci pour cet article sur le packing et les interrogations relatives à cette pratique.

L'avis officiel de l'autorité sanitaire française consultée mentionne simplement des "risques psychologiques possibles" nous n'avons pas d'autre précision.
Voici un avis infirmier argumenté sur les risques relatifs à cette pratique.

Cliquer ou copier coller le lien:

http://troublesduspectreautistique.over-blog.com/article-la-pratique-du-packing-sur-des-enfants-atteints-d-autisme-realites-reflexions-cliniques-et-responsabilite-infirmiere-71163049.html

Écrit par : O.B | 13/05/2011

Le CTJ de Nyon pratique le packing sur des tout petits enfants, à partir de 3 ans environ. Et si on leur dit qu'on pense que c'est de la maltraitance, ils vous répondent: si on pensent que ça aide votre enfant on essaiera de vous persuader de le faire. A ma connaissance, les parents ne signent rien, ça fait partie du "traitement" dispensé chez eux.

Je connais une infirmière en psychiatrie qui est formée au packing, mais qui ne comprend pas qu'on le pratique sur des personnes autistes, encore moins sur des enfants. Le packing n'est pas un traitement, mais une méthode, qui je crois n'a pas bénépficié d'études scientifiques prouvant son efficacité, dans quelque domaine que ce soit. Et surtout, pas personne qui le subit soit comprendre et être d'accord.

En Suisse qui contrôle ce genre de chose? Qui décide ce qui est acceptable, efficace ou pas?

Écrit par : Danièle | 30/06/2011

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