06/05/2010

Intégration en Romandie: alors on ouvre les débats?

Pour cesser de croire que les enfants ayant un TED ne peuvent pas fréquenter les écoles publiques ordinaires, il faut s'informer, par exemple en participant au colloque organisé par l'INS HEA du pays voisin: "Autisme et TED : la scolarisation dans tous ses états..."

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Il faut absolument faire bouger les mentalités...trop de professionnels en Romandie -qui, à leur décharge, n'ont reçu, dans leur cursus d'études - quasi AUCUNE formation dans le domaine de l'autisme, pensent que les enfants avec un TED ne peuvent pas être intégrés. Je ne compte plus le nombre de fois où j'ai entendu cette réflexion!

C'est une erreur. Un grand nombre d'entre eux non seulement bénéficie de l'intégration en milieu scolaire ordinaire (nous entendons une intégration dûment préparée), mais elle se révèle même, dans de très nombreux cas, le meilleur "remède" pour le développement de leurs compétences !

Ignorer ces faits, à ce stade des connaissances,  relève tout simplement de l'ignorance et c'est grave! C'est grave parce que, précisément, l'intégration fait partie du programme pédagogique pour un grand nombre de nos enfants, programme sans lequel on les condamne  à un NON-développement. Nous touchons ainsi directement à leur santé.

Qui, aujourd'hui, en Romandie, veut continuer à prendre cette responsabilité ? Nous alarmons depuis longtemps les autorités à ce sujet. Il me semble qu'il faut désormais cesser d'ignorer ce problème qui relève de l'instruction et de la santé publiques.

Cela coûtera-t-il plus cher ? La réponse est: non! J'ose même dire: à long terme ce sera le contraire!

Certes, il y a un prix à payer, aujourd'hui, pour mettre en place des formations incluant les nouvelles (nouvelles pour la Romandie) approches pédagogiques, prodiguées dans le reste du monde. Il s'agit de réformer le cursus d'études dans les écoles qui forment les professionnels amenés à s'occuper un jour de nos enfants (éducateurs, enseignants, psychologues et aussi pédiatres et autres thérapeutes).

Pourquoi, d'ailleurs, cela n'a-t-il pas été fait durant ces 20 dernières années ? Le coût, si les autorités compétentes décident d'agir de manière globale en prenant le problème à sa base (c'est-à-dire la formation), sera dû au fait et uniquement au fait qu'il faut désormais rattrapper le retard... Alors cessons d'en cumuler davantage.


Et pourquoi cela ne coûtera-t-il pas plus cher ? Savez-vous combien "coûte" -par jour- un enfant placé toute la journée dans une institution publique du spécialisé ? Et combien d'argent l'Etat met à disposition pour des "thérapies" complètement surrannées et qui n'ont d'ailleurs quasi jamais été corroborées par des publications scientifiques ? Un comble. Cela ne coûtera pas plus cher, parce qu'un enfant dont l'accompagnement est juste sur le plan psycho-pédagogique et précoce est, et c'est prouvé par des études scientifiques,  plus autonome à l'âge adulte,  il sera donc une "charge" mineure pour la société.


Nous devons être capable de mettre en place des solutions qui tiennent compte à la fois des spécificités de nos enfants et de la nécessité, pour un grand nombre d'entre eux, d'être intégrés. Nous entendons par intégration une vraie intégration et non juste fréquenter la récréation ou le cours de gym. avec les élèves dits ordinaires...ce qui, pour moi, relève à peu près du n'importe quoi! Soyons sérieux.

Quelles solutions ? Les "classes intégrées" sont sans doute la formule la plus efficace à ce jour et répondraient bien à la philosophie que prône le Conseil d'Etat en matière d'intégration.

Mais pourquoi ne pas avoir une pensée encore plus audacieuse et innovante: pourquoi ne pas transformer les ainsi dits "hôpitaux de jour" (ou un certain nombre d'entre eux, en tout cas) en écoles ordinaires... renverser la vapeur, en somme... cela semble-t-il si fou de penser que le handicap, la différence doivent être visibles au sein de la société dite "normale" ?

La normalité aujourd'hui est de penser en terme d'exclusion: "hors de notre vue les enfants différents !"...et tout cela au nom d'un principe du "tout thérapeutique". "C'est bien pour eux", nous dit-on, "cela leur fait du bien..." Je pense que cette vision est dangereuse et limitante pour nos enfants.

Et si la normalité, c'était tout simplement d'apprendre aux gens dits ordinaires de laisser une place, certes sur mesure (différence oblige) à celui qui est dit "différent"?

La question se poserait dès lors en d'autres termes: elle serait de savoir si nous sommes capables, aujourd'hui, de penser autrement la "normalité" et d'y faire face non pas avec des moyens supplémentaires, mais avec des  principes qui soient différents, je n'ose dire justes. En général, lorsque les principes sont justes, les moyens suivent.

 

10:39 Publié dans Autisme - alors ça bouge ou pas ? | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

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