21/05/2010

Tous à l'école

Parfois on me demande comment faire, quoi faire pour intégrer un enfant autiste dans une classe ordinaire ?

C'est simple, il suffit de respecter sa différence.

Et sa différence nécessite non seulement des dispositifs éducatifs particuliers (qu'il faut acquérir dans des formations spécifiques), mais aussi une aide en classe, ce qu'on appelle un/e auxillaire de vie, qui est formé/e à ces outils éducatifs. Sans cette aide, l'intégration est vouée à l'échec.

C'est dit. Cette aide, toutefois, peut, avec le temps, mais pas dans tous les cas, diminuer, mais en aucune manière disparaître. Il doit toujours y avoir une personne-ressource à la disposition de l'enfant et  d'ailleurs de l'enseignant qui accueille cet enfant dans sa classe.

Quiconque connaît l'autisme et le monde de l'intégration ne pourrait  dire le contraire. C'est une question de compétences professionnelles.

La seule exception, et encore on ne parle pas de la majorité d'entre elles, ce sont les personnes aspergers qui parfois réussisent, trop souvent dans la souffrance, à trouver des stratégies compensatoires pour passer seul le cap de la scolarité. Nous parlons ici d'une extrême minorité des personnes autistes.

Nous attendons donc avec fermeté que les autorités publiques prennent conscience de l'ampleur des mesures à prendre pour intégrer nos enfants en classe,  et en tout premier lieu en créant des filières de formation pour former -entre autres- des accompagnants aux outils spécifiques liés  à  l'autisme. Personnes formées et justes outils permettent la réussite de l'intégration.  

Cela coûtera cher ?  Bien moins que si vous laissez à vie une personne dans le circuit institutionnel, à charge de la collectivité, alors qu'avec les justes ressources humaines et matérielles au juste moment (période scolaire), une grande partie d'entre elles acquièrent une plus grande autonomie et indépendance.

Cela coûtera cher ? On peut aussi répondre que la dignité humaine n'est pas une donnée quantifiable. Elle est une question éthique. Nous aurons le plaisir d'aborder ce thème lors de notre prochain colloque scientifique le 13 novembre prochain, à Genève. Infos.

Il nous invitera peut-être à changer le regard sur la manière d'accompagner nos enfants, y compris de les accompagner en intégration, où -particulièrement- toute économie de moyens sera une fausse économie, où toute entourloupe langagière pour ne pas déployer ces juste moyens sera dénoncée pour ce qu'elle est: une entourloupe langagière.

Aurait-on idée aujourd'hui de ne plus baliser les chemins pour nos amis malvoyants ?

Eh bien prenons conscience que d'offrir à nos enfants -qui peuvent intégrer des classes ordinaires - non seulement des outils, mais surtout des personnes-ressources qui les secondent en classe, de manière intensive au début,  sont ces balisements.

Il faut juste faire l 'effort de comprendre cette évidence et de respecter ainsi une différence.

Tous à l'école from Martin Rolland on Vimeo.

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