29/05/2010

Comment accompagner nos enfants à l'école ?

Un nouveau guide, prometteur, rédigé par Caroline Klein explique en 30 pages comment favoriser l'intégration des personnes Aspergers en classe ordinaire. Le guide  est destiné aux parents et aux professionnels et il a pour but de donner des pistes éducatives concernant la prise en charge des enfants porteurs du syndrome d'Asperger.

 

guide_asperger.jpg

La scolarisation est un défi pour nos enfants, y compris les enfants Aspergers.

Pour la réussite de cette dernière un accompagnement est nécessaire. J'entends par accompagnement une ressource humaine.

Les personnes qui accompagnent nos enfants en classe doivent être formées, connaissant parfaitement les outils pédagogiques adaptés à la manière de réfléchir, de penser et de comprendre de nos enfants. Ainsi, les accompagnants dénommés auxiliaires de vie ou assistants devraient être soit des éducateurs très formés soit des enseignants. Il est peu envisageable de confier cette mission à des personnes n'ayant pas un parcours d'études supérieur et/ou spécialisé.

Aurait-on idée de confier un bistouri à un boucher en lui disant d'opérer une personne parce qu'en matière de découpage il est un maître ? Je sais l'image peut choquer. C'est un peu volontaire.

Mais comment faire comprendre autrement à celles et ceux qui font semblant de ne pas comprendre (je préfère imaginer qu'ils fassent semblant que de m'avouer qu'ils ne comprennent vraiment pas...) que de confier une tâche aussi spécialisée comme l'accompagnement de nos enfants en classe relève d'un domaine de compétences très spécifique ne s'improvisant pas du jour au lendemain ?

Sinon, croyez-vous que des personnes titrées s'amuseraient à écrire des guides, comme celui montré ici, de plus de 30 pages touffues ? Le feraient-elles  pour le pur plaisir ? De qui se moque-t-on ?

 

Ne pensez-vous pas que le chirurgien ne s'offusquerait d'être comparé à un boucher, avec -évidemment- tout le respect que l'on doit à ce noble métier  ? Pourquoi n'en serait-il pas de même pour des personnes qui consacrent leur vie à la pédagogie: n'est-il pas légitime qu'elles s'offusquent du fait qu'on puisse, ne serait-ce que croire, que pour accompagner un enfant Asperger ou autiste en classe une quelconque formation fait à la va vite suffirait ?

Derrière cette vision de l'accompagnement et de sa qualité se décèle en réalité la considération que l'on a ou pas de la personne handicapée. Cela devient une question de société.

La personne autiste, Asperger y compris, est une personne qui n'a pas QUE  des difficultés, c'est une personne avec un handicap très spécifique et pour lequel un accompagnement compétent doit être envisagé.

Le boucher est compétent pour couper un jarret de veau ou autre. Le chirugien pour opérer une personne. Je ne connais personne dans mon entourage  qui remette en question cette évidence.

Alors j'aimerais bien que les mentalités évoluent en matière de pédagogie spécialisée et que nos amis décideurs ne pensent pas offrir une solution lorsqu'ils proposent que nos enfants soient accompagnés par un "boucher" alors que c'est d'un "chirugien" dont ils ont besoin.

Question de connaissance. Question de compétence. Question d'éthique.

 

 

 

 

 

 

 

 

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23/05/2010

Vous voulez voir les résultats d'une mauvaise prise en charge pour nos enfants ?

Certaines images pourraient être difficiles à voir surtout pour certains parents.

J'ai décidé de montrer cette vidéo sur mon blog pour qu'on cesse d'ignorer des faits. Des faits actuels.

A Genève, les mesures de contention sont réglementées. Pas dans d'autres cantons. Sommes-nous sûrs qu'en Romandie des personnes avec autisme ne soient pas ligotées et abandonnées à elles-mêmes ? Moi, j'ai eu des échos contraires.

Je remercie les parents de ce jeune adulte qu'on voit dans la vidéo d'avoir livré ces images au plus grand nombre. Il est important de dénoncer et toujours plus, y compris chez nous, ces faits intolérables dûs au seul fait de l'ignorance , l'ignorance de ce qu'autisme signifie. Alors qu'aujourd'hui il est impossible de continuer à ignorer.

 

 Source: http://www.dailymotion.com/video/xd9sr5_autisme-scandale-...

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22/05/2010

Il faut donner un sens aux mots

33.JPGParmi les nombreuses choses que j'ai apprises, dans  ma brève carrière scientifique (un peu abruptement interrompue), il y a un principe essentiel que j'ai retenu (plus que les autres) et qui m'a été enseigné par mes émérites Professeurs : « il faut donner un sens aux mots », me répétaient-ils constamment.

 

J'ai mis du temps à comprendre le sens de cette sentence qui me paraissait, dans  mon jeune esprit d'alors, encore en formation, très solennelle. Que pouvait donc bien signifier « donner un sens aux mots » ?

 

Je pense n'avoir compris le poids de cette réflexion qu'en assurant l'enseignement spécialisé de mon enfant à domicile (raison pour laquelle j'ai un peu abruptement interrompu mon parcours antécédent).

 

En effet, pour mon enfant et pour tous ceux qui comme mon enfant sont autistes les mots ne sont que le lien de sons dont le sens est à chaque fois à expliciter. Il faut donc à chaque fois donner un sens aux mots, faute de ne pas s'entendre et d'avoir, faute d'entente, une communication problématique, si problématique que cela peut déboucher sur des troubles sérieux du comportement. Mais c'est tout à fait normal, à force de ne pas s'entendre, on finit par se fâcher, n'est-ce pas ?

 

Vous comprendrez alors toute  l'importance de donner aux mots leur sens.

 

 

Qui eut dit qu'en travaillant avec mon enfant, notamment sur l'apprentissage de la lecture, me serait revenu en tête, de manière peu habituelle, j'en conviens, le vieux débat-démon entre nominalistes et réalistes de la scolastique médiévale ? Qui l'eut dit ! Et pourtant.

 

Mon enfant allait-il donner raison à ces nominalistes pour lesquels je n'avais guère une profonde sympathie ?

 

Les idées ne sont-elles donc vraies que pour autant qu'elles sont incarnées, c'est-à-dire vécues ? Telle était la question que posait de manière problématique  les nominalistes... il n'y aurait donc pas de vérité en dehors de ce qui est incarné ; ce qui, pour nous, revient à dire qu'il n'y a pas de réalité en dehors du réel ! Mon fils, par sa manière d'apprendre, remettait en question mes convictions personnelles, le sens que moi je donnais aux mots ! Quoi ? Les idées n'auraient aucune réalité objective et n'auraient qu'une existence verbale ? Et moi qui, amoureuse des écrits de Platon, pensais que les idées étaient des êtres réels, dont les êtres individuels et sensibles n'étaient que le reflet et l'image.

 

 

Les mots auraient-ils donc un sens si et uniquement s'ils naissent du réel ? N'y a-t-il donc pas des universaux auxquels ces mots puisent leur sens ? Mon fils construisait-il un sens que de son vécu ?

 

Je devais me rendre à cette évidence : oui.

 

J'avoue que j'étais un peu dépitée, me rappelant les longues harangues dans les quelques hémicycles que j'avais dû, par impératif scientifique, fréquenter.

 

Les mots naissent du réel. Les mots sont donc labiles. J'étais découragée.

 

C'est alors que la réflexion des mes professeurs m'est revenue, comme une douce musique, à l'oreille : donner un sens aux mots.

 

Certes, pour mon enfant, le sens naît du vécu, il ne peut en aucun cas partir d'un concept, d'une catégorie encore moins d'un universel puisque, dans sa manière de penser, il ne comprend pas les abstractions.

 

Oui, mais mon enfant a un handicap. Un handicap qui s'appelle autisme.

 

Dès lors, la phrase de mes professeurs s'est transformée en refrain...et si mon rôle de pédagogue était précisément de conduire mon enfant vers ces universaux ? Faire le chemin à l'envers: rebrousser le chemin du sens, sans en perdre. L'idée me plût.

 

Mon travail allait consister à créer le sens du concept, le sens de l'universel. Vaste mission, lorsque l'esprit se limite au rapport au réel. Et pourtant... ce travail me semblait tout à coup indispensable.

 

On n'imagine pas le travail que cela représente que de « créer » un universel, devenir un créateur de sens. Ce rôle démiurgique m'impressionnait beaucoup.

 

Pense-t-on à dire que le gobelet jaune appartient à la même catégorie conceptuelle que le gobelet rouge, mais aussi que le verre en verre ou que le petit gobelet ou que le grand verre quelque soit sa couleur ? Je commençais ce travail titanesque, autant que le sens de l'universel sans doute, en essayant de ne pas vaciller dans ce vaste espace aux frontières sans fin. Le verre, entendez l'universel "verre", acquis, je passais à la fourchette, puis au couteau, puis à la serviette, puis au cartable, puis à la trousse, puis.... Ciel que le réel nous plonge, bien malgré nous, dans un tournoiement sans fin. Mais à force (et il en faut) de réduire à un tous ces objets que le sens relie, et le lui apprendre, ce sens, mon fils arrêtait de tournoyer sur lui-même, sans fin.

 

Mon travail y gagnait jour après jour en sens.

 

Ce refrain intérieur vrombissait fort désormais en mon for: donner du sens aux mots. C'était le rôle de l'universel. Platon avait raison. Ockham tort. Je jubilais. Mon fils venait de me le confirmer. Le réel n'est qu'un dérivé et partir de ce dernier pour construire un sens c'était dériver.

 

Aujourd'hui après trois ans de travail, Gabriel connaît le sens courant des mots, il comprend, par exemple, que le mot "courant" a plusieurs sens et que dans la phrase que je viens d'écrire ce n'est pas du courant/fleuve dont je parle, cela coule de source...en somme on se comprend...lorsque je parle de source...  Demain, un autre défi nous attend : comment lui apprendre le sens des mots comme l'amour, l'amitié,  la beauté, la franchise, en somme le sens de tous ces mots-universels  ancrés sur terre, égarés là sans doute pour nous montrer le chemin vers l'Universel ?  Comment ? Le bonheur est-il le même lorsque c'est vous qui l'exprimez ou moi ? N'a-t-il pas, comme la tristesse, l'amertume, l'hilarité ou la haine mille facettes autant que de visages humains ? Comment lui enseigner ces mille expressions en les ramenant à l'unité-ciment de sens ? Je ne mens pas où vous avouant notre faiblesse face à l'ampleur de la tâche.  Et pourtant, c'est le chemin que nous allons, lui et moi, avec celles et ceux qui voudront bien nous accompagner, parcourir afin que  mon enfant et tous ceux comme lui donnent aux mots un poids, entendez un sens.

 

Le refrain est devenu ma chanson. Les noms ne peuvent s'ancrer dans le sens et en gagner que grâce à la source qui les nourrit. C'est dit.

 

 

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Photo: Jean-Gabriel Rovira

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21/05/2010

Tous à l'école

Parfois on me demande comment faire, quoi faire pour intégrer un enfant autiste dans une classe ordinaire ?

C'est simple, il suffit de respecter sa différence.

Et sa différence nécessite non seulement des dispositifs éducatifs particuliers (qu'il faut acquérir dans des formations spécifiques), mais aussi une aide en classe, ce qu'on appelle un/e auxillaire de vie, qui est formé/e à ces outils éducatifs. Sans cette aide, l'intégration est vouée à l'échec.

C'est dit. Cette aide, toutefois, peut, avec le temps, mais pas dans tous les cas, diminuer, mais en aucune manière disparaître. Il doit toujours y avoir une personne-ressource à la disposition de l'enfant et  d'ailleurs de l'enseignant qui accueille cet enfant dans sa classe.

Quiconque connaît l'autisme et le monde de l'intégration ne pourrait  dire le contraire. C'est une question de compétences professionnelles.

La seule exception, et encore on ne parle pas de la majorité d'entre elles, ce sont les personnes aspergers qui parfois réussisent, trop souvent dans la souffrance, à trouver des stratégies compensatoires pour passer seul le cap de la scolarité. Nous parlons ici d'une extrême minorité des personnes autistes.

Nous attendons donc avec fermeté que les autorités publiques prennent conscience de l'ampleur des mesures à prendre pour intégrer nos enfants en classe,  et en tout premier lieu en créant des filières de formation pour former -entre autres- des accompagnants aux outils spécifiques liés  à  l'autisme. Personnes formées et justes outils permettent la réussite de l'intégration.  

Cela coûtera cher ?  Bien moins que si vous laissez à vie une personne dans le circuit institutionnel, à charge de la collectivité, alors qu'avec les justes ressources humaines et matérielles au juste moment (période scolaire), une grande partie d'entre elles acquièrent une plus grande autonomie et indépendance.

Cela coûtera cher ? On peut aussi répondre que la dignité humaine n'est pas une donnée quantifiable. Elle est une question éthique. Nous aurons le plaisir d'aborder ce thème lors de notre prochain colloque scientifique le 13 novembre prochain, à Genève. Infos.

Il nous invitera peut-être à changer le regard sur la manière d'accompagner nos enfants, y compris de les accompagner en intégration, où -particulièrement- toute économie de moyens sera une fausse économie, où toute entourloupe langagière pour ne pas déployer ces juste moyens sera dénoncée pour ce qu'elle est: une entourloupe langagière.

Aurait-on idée aujourd'hui de ne plus baliser les chemins pour nos amis malvoyants ?

Eh bien prenons conscience que d'offrir à nos enfants -qui peuvent intégrer des classes ordinaires - non seulement des outils, mais surtout des personnes-ressources qui les secondent en classe, de manière intensive au début,  sont ces balisements.

Il faut juste faire l 'effort de comprendre cette évidence et de respecter ainsi une différence.

Tous à l'école from Martin Rolland on Vimeo.

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19/05/2010

Autisme et TED : Les nouvelles voies de la Recherche : Neuro-imagerie, Psychopharmacologie Cognitions Sociales - Les groupes d’entraînement aux habiletés sociales - Nadia Chabane / Francine Cuny - 8 avril 2010 - Lyon

L’association Grenad’in, en collaboration avec le CRA Rhône-Alpes organise une conférence sur l’autisme et les troubles envahissants du développement :

Les nouvelles voies de la Recherche : Neuro-imagerie, Psychopharmacologie Cognitions Sociales

Le Docteur Nadia Chabane, pédopsychiatre à l’Hôpital Robert Debré (Paris) nous parlera des avancées de la recherche sur l’autisme et les TED.

- Données actuelles en imagerie cérébrale dans les troubles du spectre autistique.

- Le cerveau social.

- Les principales familles de psychotropes et leurs indications dans l’autisme.

- Les molécules actuellement à l’étude.

Les groupes d’entraînement aux habiletés sociales

Mme Francine Cuny est orthophoniste à l’Hôpital Robert Debré (Paris).

- Elle anime depuis 1998 des groupes de communication et de socialisation pour des enfants de la classe maternelle aux adolescents en collège et lycée.

- Elle nous décrira le travail d’entraînement aux habiletés sociales proposé à ces jeunes avec autisme ou TED.

Cette conférence est ouverte aux professionnels (pédiatres, pédopsychiatres, psychologues, infirmiers, éducateurs…) et également aux parents.

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1ère conférence : Nadia Chabane - Hôpital Robert Debré (Paris) - Inserm

Nadia Chabane (Hôpital Robert Debré / Inserm) : Le cerveau Social (1ère partie)
Le Cerveau Social (2ème partie)
Le cerveau Social (Questions du public)
Psychopharmacologie et Troubles du Spectre Autistique (1ère partie)
Psychopharmacologie et Troubles du Spectre Autistique (2ème partie)
Psychopharmacologie et Troubles du Spectre Autistique (Questions du public)
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2ème conférence : Francine Cuny - Hôpital Robert Debré (Paris)
Francine Cuny (Hôpital Robert Debré) : Les groupes d’entraînement aux habiletés sociales (1ère partie)
Les groupes d’entraînement aux habiletés sociales (2ème partie)
Les groupes d’entraînement aux habiletés sociales (3ème partie)
Les groupes d’entraînement aux habiletés sociales (4ème partie)
Les groupes d’entraînement aux habiletés sociales (Questions du public)

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15/05/2010

Alors on ouvre le débat?

Voici une conférence (Comment gérer le diagnostic d'un TED et de l'autisme selon l'âge ?) qui il y a déjà 4 ans mettait au clair les points du débat (qui n'a pas encore eu lieu de manière publique en Romandie):

1/ Il faut se détacher d'une approche exclusivement psy. pour les enfants ayant un TED et donc de leur vision psychodynamique de la prise en charge

2/Il est indispensable de poser un diagnostic précoce et donc d'assurer une prise en charge précoce (prise en charge non exclusivement psychodynamique)

3/ Il est impératif d'inclure et non d'exlure les parents (ce qui est le cas dans l'approche psy.) dans le processus d'accompagnement. Il faut bien s'entendre, inclure les parents = informer et  former les parents aux outils qui permettent de comprendre la manière de réfléchir de l'enfant afin qu'ils puissent participer à son développement cognitivo-relationnel et donc comportemental. Dans l'approche psy. inclure les parents (c'est ce que vous entendrez de leur part) signifie qu'on les convoque une fois par mois pour leur demander si tout va bien dans leur couple et, malheureusement, je caricature à peine :-( 

4/ Il est nécessaire de trouver des solutions adaptées, entendez un accompagnement spécifique = approche cognitivo-comportementale (je le précise à chaque fois parce que vous entendrez de la part des psy. -que eux aussi- préconisent une approche spécifique.... le seul problème c'est qu'ils appliquent cette approche dite spécifique (psychodynamique) depuis 40 ans et qu'on attend encore de voir les résultats.... aucune étude scientifique à la clé.... et comment cela serait-il possible puisque de leur propre aveux ils n'annoncent aucun diagnostic précis avant l'âge de 6/7 ans lorsque les "choses sont très claires"!

Pourquoi cela ? Les psy parlent encore aujourd'hui pour la majorité des "TED non spécifiques" (dénomination officielle du DSM IV) de "traits autistiques" ne faisant ainsi aucune différence, ne distinguant pas entre une origine psychopathologique et une origine neurodéveloppementale. Un enfant peut développer des "traits autistiques" parce qu'il a été victime d'un choc ou d'une violence émotionnelles (décès brutal d'un parent, accident, abus sexuels, etc...) . Un enfant ayant un TED, y compris un TED  "non spécifique",  est né  ainsi. Il est porteur d'un handicap grave et sévère, et ce pour la vie durant.

Le problème c'est  d'être incapable en tant que médecin -par manque de formation, je n'ose imaginer par mouvance idéologique - de distinguer  les deux problèmes qui sont pourtant bien distincts: d'une part un enfant né avec un handicap aussi grave que celui d'un TED (et pour lesquel je rappelle il existe des outils de diagnostic très performents) et d'autre part en enfant en souffrance psychologique, pour des raisons contextuelles.

Malheureusement à cause de cette réelle incapacité -traduisez  incompétence-   les psys, dans la majorité des cas, décident de n'annoncer aucun diagnostic. C'est ABSURDE !!!!

Aujourd'hui, cet état de faits doit ABSOLUMENT changer, parce qu'il est inacceptable que des médecins et/ou des psychologues qui travaillent dans des services publics ne soient pas informés et  formés à distinguer les deux situations. Tous les enfants, dans l'un ou l'autre contexte, ont, bien sûr, besoin d'une intervention, mais -vous en conviendrez, à moins que vous ne soyez fâchés avec la logique et le bon sens, que la nature de cette intervention et le rôle de la famille dans cette dernière ne sera ni de la même nature ni de la même portée.

C'est également ce que cette vidéo, datée d'il y a 4 ans, disait déjà...

5/ Cette vidéo dénonce également le manque de moyens, le manque de ressources autant humaines (ayant une formation spécifique) que matérielles (crèches, lieux d'accueil spécialisés, classes spécialisées en autisme dans des écoles publiques, etc.). Ces manques sont  également ceux  actuels à Genève et en Romandie en général.

Bref, il y a encore beaucoup de travail et il faudra, certes, dégager de nouveaux moyens (le retard est tel qu'on ne pourra pas faire autrement) mais aussi peut-être tout simplement déplacer les moyens déjà octroyés -actuellement ailleurs. Pourquoi plutôt ne pas les attribuer à ceux qui défendent une reconnaissance de la spécificité de la prise en charge, la nécessité d'une formation spécifique,  la nécessité d'infrastructures spécialisées (mais vraiment spécialisées) en autisme, etc... ? C'est une moyen très efficace de préserver et de bien utiliser les fonds publics.

Quand ouvrira-t-on ce  débat à la place de s'engoncer dans les faux débats, entretenus, peut-être, par ceux qui ont intérêt à noyer le poisson, par ceux qui ne distinguent pas un enfant TED d'un enfant psychologiquement atteint, faux débats  qui n'ont, en réalité, de but que la préservation des intérêts d'une minorité, mais malheureusement, fort malheureusement, au détriment de la SANTE de nos enfants.  

Alors, on ouvre le débat ?

 

 

Intervention du professeur C. Wetzburger, neuropédiatre de l'UCL, Louvain, Belgique, dans le cadre de la journée consacrée à l'autisme, organisée par le Groupement Belge des Pédiatres de langue Française (GBPF). Cherleroi, Belgique, 22 avril 2006.

 

 

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13/05/2010

Ici ou là-bas, même combat ! Ou presque...

 

A Genève, nous ne sommes qu'à la phase initiale, mais vraiment initiale du combat. Ce sont plus de 20 ans de retard qu'il faut rattrapper.

Si là-bas (voir la vidéo), il y a des listes d'attente, à l'issue il y a quand même des centres spécialisés. Ici,  il manque non seulement des gens formés, mais également les formations ! et surtout la conscience -de la part de la base -qu'il faut vraiment changer la manière d'accompagner nos enfants. Enfin il faut  créer ou plutôt trasnsformer quelques institutions actuelles en vrais centres spécialisés en autisme ce qui, à Genève, fait  cruellement défaut.

En attendant que se passe-t-il ?

Il se passe ce qui s'est passé ces 20 (même plus) dernières années:

l'un des deux parents arrête de travailler pour s'occuper de son enfant, abandonnant ainsi au passage sa dimension professionnelle (mais ça tout le monde s'en fout, et le comble c'est qu'il y en a même qui trouve cela normal!!!! ),

et lorsque le couple éclate (souvent (mais pas toujours) par le fait que l'autisme est un handicap extrêmement lourd au quotidien, je tiens à le rappeller) c'est le désarroi: alors que faire pour ce parent resté seul ? Sinon de placer son enfant dans un endroit dont il sait pertinemment qu'il n'est pas adapté au handicap de son enfant.. ..et c'est là et seulement là que naît la vraie souffrance  et certainement pas d'avoir un enfant différent.

Que se passe-t-il encore ?

Il y a l'"injustice" sociale: les parents les plus fortunés quittent a Suisse ou offrent (à juste titre) à leurs enfants la filière privée qui oscille entre 5000 et 10 000 FRS le mois...mais les enfants, preuve à l'appui, vont bien mieux après... A l'injustice sociale s'ajoute le sentiment d'injustice morale. Le parent pauvre se sent impuissant à aider son propre enfant. Et pourquoi ça ? Par déficit étatique.

Selon vous quel va être son sentiment ?

Notre association canalise ces sentiments, tous ces sentiments, et les traduit en projets concrets, très concrets pour que chacun retrouve le rôle qui est le sien. Alors mon voeu est que chacun, à la place qu'il occupe, au lieu de tergiverser, pense très concrètement à sa responsabilité et à ce qu'il peut faire pour changer ce misérable état de faits (misérable étant un euphémisme). C'est une question d'ordre éthique, certes, mais aussi de responsabilité politique. Il faut mettre en place une politique de santé et d'instruction publique d'envergure et globale à la hauteur des connaissances que les recherches scientifiques internationales dans le domaine de l'autisme nous livrent, désormais, au quotidien.

Selon vous pourquoi en France des députés proposent que l'autisme devienne en 2010 une priorité nationale?

 L'inaction a, dans ce domaine, et c'est désormais prouvé, des conséquences directes sur la santé de nos enfants.  Ne pas agir de manière précoce et avec les justes moyens psycho-pédagogiques (entendez une approche cognitivo-comportementale) c'est condamner nos enfants à ne PAS DEVELOPPER toutes leurs compétences  sociales et cognitives.

Qui veut en prendre la responsabilité?

Qui a intérêt que les choses n'évoluent pas ? Et pourquoi?

Ce sont des questions qui doivent être débattues et le plus publiquement possible pour que chacun puisse dire ce qu'il fait ou pas et pourquoi, afin que tout le monde connaisse les positions de chacun. Qu'on ne noie pas le poisson, j'y veillerai.

C'est l'idée que je me fais de l'episteme. C'est de cette manière que la maman que je suis défendra le plus justement possible les droits de MON enfant, c'est de cette manière que la Présidente que je suis défendra au mieux les droits de NOS enfants. Vous voyez, en réalité, c'est une question de DROITS.

 

 

 

 

 

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12/05/2010

Autisme : n’attendez pas la puberté…

Mutation du corps, éveil du désir sexuel… Les bouleversements de la puberté sont souvent source d’angoisse pour un jeune autiste. Mais une préparation appropriée peut l’aider à mieux vivre cette période.

Au moment de la puberté, une poussée hormonale déclenche des pulsions sexuelles chez les adolescents. Les jeunes autistes, filles et garçons, n’échappent à la règle, et leur besoin est identique aux autres. « Néanmoins, leur défaut d’expérience sociale les empêche de s’inscrire dans une relation », précise Patrick Elouard, psychologue, directeur du CCIFA 64(1), « hormis quelques rares cas de syndromes d’Asperger et d’autistes de haut niveau, le désir sexuel ne peut aboutir alors qu’à la masturbation. »

Or cette pratique induit parfois des comportements socialement inadaptés tant il est difficile pour un autiste de discerner ce qu’il peut faire ou ne pas faire : un adolescent qui se masturbe en public par exemple (dans un magasin, une salle de classe). « Ne punissez pas votre enfant », recommande Patrick Elouard, « expliquez-lui que ce n’est pas admis dans cet endroit, mais qu’il existe des endroits et des moments appropriés (la chambre, la salle de bain). Selon son mode de communication (pictogrammes, images), mettez en place un signal qui associera un lieu et un moment dédiés à la masturbation ».

Comment préparez votre enfant à cette métamorphose ? Comment éviter les comportements socialement inadaptés ? S’il se fait mal, comment réagir ? Vers qui se tourner ?

 

Retrouvez la suite de notre article dans Déclic n°132 (novembre-décembre 2009) / rubrique Soin

La rédaction vous propose également de télécharger un article de Patrick Elouard, intitulé « Autisme et déficience intellectuelle : le droit à la sexualité  »

 

Source: http://www.magazine-declic.com/autisme-puberte-1109.html

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11/05/2010

L'évolution du langage de l'enfant - Etat des données août 2009

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Ce livre dresse l'état actuel des connaissances sur le développement du langage chez l'enfant et ses troubles spécifiques, considérés sous plusieurs angles : pédagogique, socio-affectif et neurologique. Il est particulièrement destiné aux professionnels de terrain de l'éducation et de la santé (enseignants, psychologues, infirmières et médecins scolaires, pédiatres…), non spécialistes de la question mais confrontés à des interrogations dans leur pratique quotidienne.

 

Téléchargement du livre: http://www.inpes.sante.fr/index.asp?page=CFESBases/catalo...

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10/05/2010

Autisme et emploi : le job coaching pour l’aider à communiquer

Comment compenser les déficiences des adultes autistes sur le plan des compétences sociales et de la communication pour leur permettre de trouver un emploi ? Le job coaching, méthode anglo-saxonne d’accompagnement des personnes handicapées au travail, a été testé par le centre de ressources autisme (CRA) de Limoges. Les explications de Charles Durham, psychologue et formateur.

« L’expérience nous prouve que les difficultés d’intégration professionnelle des adultes autistes ne sont pas liées à leurs aptitudes professionnelles – la majorité est capable de travailler –, mais à leurs lacunes en termes de compétences sociales, explique Charles Durham, psychologue et formateur. Or, la vie en entreprise suppose des relations de travail avec des supérieurs hiérarchiques et des collègues. Sans accompagnement, ce contexte est peu compréhensible et très imprévisible pour la personne autiste.

Ne pas laisser les incompréhensions s’accumuler…

Le job coach intervient en amont pour évaluer les aptitudes du salarié, ainsi que les besoins du poste et son environnement physique et socio-affectif (disposition du bureau, personnalité des collègues). À partir de ces données, il procède à une adaptation matérielle afin de faciliter le bon déroulement des tâches à accomplir : des schémas écrits ou imagés, la mise en place de paravents pour éviter la proximité, etc.

Une fois la prise de poste effective, le job coach répond à chaque difficulté relationnelle lorsqu’elle se présente. Objectif : ne pas laisser les incompréhensions s’accumuler. Sur les dix-sept salariés autistes suivis à Limoges entre 2006 et 2007, huit ont trouvé un emploi durable. Même si les temps d’accompagnement sont dégressifs, le job coach intervient autant que nécessaire auprès de l’adulte autiste. »

 

Combien de nos adultes sont dans des institutions alors qu'ils pourraient, par le biais d'un coach (formé à l'autisme), avoir une vie active comme vous et moi  ? La personne autiste reste autiste sa vie durant et sa vie durant a besoin, parfois de simples aménagements, parfois d'avantage de soutien, pour continuer son parcours dans la société. Pourquoi toujours réfléchir en terme d'ateliers protégés ? Pourquoi ne pas réfléchir en terme d'intégration ? Le job-coaching se pratique à Genève, interrogeons-nous maintenant sur qui et combien en sont bénéficiaires.

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07/05/2010

En bas, on alerte. Mais ce sont les politiques au final qui décident

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06/05/2010

Intégration en Romandie: alors on ouvre les débats?

Pour cesser de croire que les enfants ayant un TED ne peuvent pas fréquenter les écoles publiques ordinaires, il faut s'informer, par exemple en participant au colloque organisé par l'INS HEA du pays voisin: "Autisme et TED : la scolarisation dans tous ses états..."

Infos ici

Il faut absolument faire bouger les mentalités...trop de professionnels en Romandie -qui, à leur décharge, n'ont reçu, dans leur cursus d'études - quasi AUCUNE formation dans le domaine de l'autisme, pensent que les enfants avec un TED ne peuvent pas être intégrés. Je ne compte plus le nombre de fois où j'ai entendu cette réflexion!

C'est une erreur. Un grand nombre d'entre eux non seulement bénéficie de l'intégration en milieu scolaire ordinaire (nous entendons une intégration dûment préparée), mais elle se révèle même, dans de très nombreux cas, le meilleur "remède" pour le développement de leurs compétences !

Ignorer ces faits, à ce stade des connaissances,  relève tout simplement de l'ignorance et c'est grave! C'est grave parce que, précisément, l'intégration fait partie du programme pédagogique pour un grand nombre de nos enfants, programme sans lequel on les condamne  à un NON-développement. Nous touchons ainsi directement à leur santé.

Qui, aujourd'hui, en Romandie, veut continuer à prendre cette responsabilité ? Nous alarmons depuis longtemps les autorités à ce sujet. Il me semble qu'il faut désormais cesser d'ignorer ce problème qui relève de l'instruction et de la santé publiques.

Cela coûtera-t-il plus cher ? La réponse est: non! J'ose même dire: à long terme ce sera le contraire!

Certes, il y a un prix à payer, aujourd'hui, pour mettre en place des formations incluant les nouvelles (nouvelles pour la Romandie) approches pédagogiques, prodiguées dans le reste du monde. Il s'agit de réformer le cursus d'études dans les écoles qui forment les professionnels amenés à s'occuper un jour de nos enfants (éducateurs, enseignants, psychologues et aussi pédiatres et autres thérapeutes).

Pourquoi, d'ailleurs, cela n'a-t-il pas été fait durant ces 20 dernières années ? Le coût, si les autorités compétentes décident d'agir de manière globale en prenant le problème à sa base (c'est-à-dire la formation), sera dû au fait et uniquement au fait qu'il faut désormais rattrapper le retard... Alors cessons d'en cumuler davantage.


Et pourquoi cela ne coûtera-t-il pas plus cher ? Savez-vous combien "coûte" -par jour- un enfant placé toute la journée dans une institution publique du spécialisé ? Et combien d'argent l'Etat met à disposition pour des "thérapies" complètement surrannées et qui n'ont d'ailleurs quasi jamais été corroborées par des publications scientifiques ? Un comble. Cela ne coûtera pas plus cher, parce qu'un enfant dont l'accompagnement est juste sur le plan psycho-pédagogique et précoce est, et c'est prouvé par des études scientifiques,  plus autonome à l'âge adulte,  il sera donc une "charge" mineure pour la société.


Nous devons être capable de mettre en place des solutions qui tiennent compte à la fois des spécificités de nos enfants et de la nécessité, pour un grand nombre d'entre eux, d'être intégrés. Nous entendons par intégration une vraie intégration et non juste fréquenter la récréation ou le cours de gym. avec les élèves dits ordinaires...ce qui, pour moi, relève à peu près du n'importe quoi! Soyons sérieux.

Quelles solutions ? Les "classes intégrées" sont sans doute la formule la plus efficace à ce jour et répondraient bien à la philosophie que prône le Conseil d'Etat en matière d'intégration.

Mais pourquoi ne pas avoir une pensée encore plus audacieuse et innovante: pourquoi ne pas transformer les ainsi dits "hôpitaux de jour" (ou un certain nombre d'entre eux, en tout cas) en écoles ordinaires... renverser la vapeur, en somme... cela semble-t-il si fou de penser que le handicap, la différence doivent être visibles au sein de la société dite "normale" ?

La normalité aujourd'hui est de penser en terme d'exclusion: "hors de notre vue les enfants différents !"...et tout cela au nom d'un principe du "tout thérapeutique". "C'est bien pour eux", nous dit-on, "cela leur fait du bien..." Je pense que cette vision est dangereuse et limitante pour nos enfants.

Et si la normalité, c'était tout simplement d'apprendre aux gens dits ordinaires de laisser une place, certes sur mesure (différence oblige) à celui qui est dit "différent"?

La question se poserait dès lors en d'autres termes: elle serait de savoir si nous sommes capables, aujourd'hui, de penser autrement la "normalité" et d'y faire face non pas avec des moyens supplémentaires, mais avec des  principes qui soient différents, je n'ose dire justes. En général, lorsque les principes sont justes, les moyens suivent.

 

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05/05/2010

Les autistes cherchent leur école

Que deviendront les petits Abdelrezak, Camerone et Alexandre, tous les trois enfants autistes ? Quelle place la société leur réservera-t-elle quand ils auront grandi ? Leurs parents savent que pour qu'ils soient "intégrés socialement", voire "autonomes" - leur voeu le plus cher -, ils doivent au plus tôt être en relation avec "les autres", ces enfants qu'ils disent "standards", "classiques", voire "ordinaires" (en tout cas jamais normaux). Car les autistes doivent "apprendre" à évoluer dans un environnement pour lequel ils n'ont, au départ, pas de curiosité.

école.jpgBeaucoup de familles, dont l'enfant a la capacité de s'y adapter, se sont donc tournées vers l'école. Un itinéraire souvent semé d'embûches, pour lequel les moyens financiers peuvent faire la différence. Ainsi Mariarosa et Jean-François Bohuon, tous deux ingénieurs, s'apprêtent à embaucher un auxiliaire de vie scolaire (AVS), ces personnes qui accompagnent les handicapés dans les classes. Leur fils Alexandre, 5 ans et demi, va entrer en maternelle dans une école privée, à la rentrée. Ils n'ont pas fait de demande dans un établissement public, car si les AVS non nommés par l'éducation nationale peuvent y être acceptés, c'est souvent "plus compliqué".

Pour donner toutes ses chances de progrès à Alexandre, et "garder la main sur son avenir", ils ont refusé d'être dépendants du système : en recrutant eux-mêmes, ils s'assurent d'avoir quelqu'un pour accompagner leur fils à la rentrée, et la même personne toute l'année. Celle-ci pourra en plus s'en occuper en dehors des quelques heures où il sera scolarisé. Surtout, ses parents pourront choisir une personne qualifiée. "C'est un investissement sur le long terme, car nous voyons bien que la stimulation fonctionne avec lui", glisse Mariarosa.

Alors que, longtemps, on lui a dit, ainsi qu'à son mari, de ne pas s'inquiéter du retard d'Alexandre, leur troisième enfant qui semblait "ne pas vouloir grandir", une fois le diagnostic de sa maladie posé, une prise en charge en hôpital de jour leur a été proposée. Une place était libre, il fallait vite se décider : ils ont refusé. "Nous considérons cette solution comme la dernière, c'est important qu'Alexandre côtoie des enfants ordinaires", dit son père.

Une telle perspective est aussi la hantise de Karima B. (séparée, elle préfère garder l'anonymat), la maman d'Abdelrezak, 5 ans. "Bien sûr qu'il faut se battre. Aucun parent ne souhaite que son enfant passe sa vie en hôpital de jour et en CAT (centre d'aide par le travail), lance-t-elle. Et comme on n'est pas éternels..." Pendant les vacances de Pâques, elle qui habite Orly, dans le Val-de-Marne, est venue chaque jour en RER conduire son petit garçon aux ateliers proposés par une nouvelle association, Sur les bancs de l'école, à Paris.

Abdelrezak est un enfant très agité, qu'elle élève seule. Elle ne peut travailler puisqu'il faut s'occuper de lui entre les divers rendez-vous avec ses thérapeutes, ses sept heures hebdomadaires de prise en charge dans un centre médico-psychologique, et les six heures qu'elle a obtenues à l'école maternelle. Certes, l'auxiliaire qui le suit n'a aucune formation particulière, mais Karima ne se plaint pas : elle a un bon contact avec lui, et il s'intéresse à son fils. Ce qui l'exaspère, c'est qu'ils ont "perdu deux mois", puisque personne n'avait été nommé à la rentrée, et que rien ne dit que le même accompagnateur sera là en septembre. Karima vit du revenu de solidarité active (RSA) et d'une allocation pour son fils. Elle n'a clairement pas de quoi, elle, "payer un AVS privé" à son petit.

Alors elle se débrouille pour profiter de tout ce qui existe pour l'occuper et le stimuler. Comme Jean-François et Mariarosa Bohuon, dans les locaux de Sur les bancs de l'école, elle vient chercher conseils et réconfort. Depuis septembre, l'équipe propose des groupes de parole aux parents et aux fratries, de l'information sur les différents modes de prise en charge, une aide pour constituer les dossiers administratifs. La psychologue, qui suit certains enfants, peut aussi conseiller les auxiliaires de vie scolaire qui le souhaitent - elle-même a été AVS -, et aide parfois les parents au recrutement.

"Si l'accompagnateur ne sait pas gérer la crise du petit qu'il suit, il va au casse-pipe, et l'enfant avec", explique Anne Buisson, la fondatrice de l'association. Elle est mère de quatre enfants, dont trois autistes. Le parcours de son aîné, Baptiste, était "inespéré". A 6 ans, il ne parlait pas. Cinq ans plus tard, il s'apprête à rentrer en 6e. Il a aussi réussi à créer des liens avec ses camarades de classe. Mais il a toujours eu à ses côtés des gens qualifiés, que ses parents, aisés, ont pu financer. C'est pour lutter contre cette inégalité des chances qu'elle a décidé de créer une association. "Nous essayons d'aider les parents les plus démunis", dit-elle simplement. Et plus généralement tous ceux qui, à un moment ou un autre, cherchent un soutien.

"Pour l'autisme, c'est comme pour la médecine en général : il y a deux vitesses", résume Juliette Romanet, maman de Camerone, 5 ans. C'est lorsqu'il est entré à la maternelle, à 3 ans comme tous les enfants, qu'elle a découvert la particularité de son fils. "Après la première matinée, la maîtresse m'a dit : "Ça ne va pas être possible qu'il reste", raconte-t-elle. La directrice m'a expliqué que cela ne s'arrangerait pas sans prise en charge ; moi je tombais des nues." Un choc donc - jusque-là, la famille avait juste noté que Camerone était "un peu en retrait" -, et le début d'un combat.

Camerone vit dans une famille recomposée. L'enfant, très grand pour ses 4 ans et demi, a trois soeurs à la maison, dont une plus petite que lui, mais il a alors focalisé l'attention. "On a vu que quand on y passait du temps, il apprenait", explique sa mère, en congé parental. Le diagnostic d'autisme n'a pas encore été posé, mais elle sait que "le temps joue contre lui".

Cette année, le garçon est de nouveau entré en petite section dans une autre école maternelle, cette fois avec une AVS. Il a "une chance énorme", reconnaît sa maman : depuis quelque temps, la personne qui lui a été affectée par l'académie a déjà travaillé auprès d'un autiste - elle aimerait qu'elle le suive encore l'an prochain, sans garantie. Le premier AVS, lui, était un ancien gardien d'immeuble, sans formation particulière. Certes Camerone était à l'école, mais "en quoi, dans de telles conditions, cela pouvait-il lui être bénéfique ?", interroge Juliette.

Tous ces parents disent la difficulté qu'ils ont à accepter la réalité : la prise en charge des enfants par des personnes en situation précaire, employés à durée déterminée, sans parfois d'intérêt ou de curiosité pour le handicap. Ils disent aussi comme il leur est douloureux de devoir supporter les regards désapprobateurs ou les réflexions sur leurs enfants aux comportements étranges, de gens croisés dans les transports en commun ou les parcs. Des endroits que certains renoncent à fréquenter.

"Si ça continue, je vais faire porter à Camerone un tee-shirt avec "autiste" marqué dessus", lâche Juliette, provocatrice. Les autres parents l'en dissuadent. Elle ne l'aurait de toute façon pas fait : elle se bat pour l'intégration de son enfant. Mais elle revendique son "droit à la différence".

En France, environ un enfant sur 150 serait atteint d'autisme ou de troubles apparentés.

Laetitia Clavreul

 

Source: http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/05/04/les-auti...

12:59 Publié dans Autisme - école - inclusion | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

04/05/2010

Une nouvelle étude confirme ses facteurs génétiques

max_3129-0.jpgBien qu'il n'y ait pas de cause connue de l'autisme, des études ont déjà montré que des mutations dans plusieurs gènes sont associées à ce trouble du développement du cerveau. De nouvelles recherches viennent d’identifier 2 nouveaux gènes impliqués dans la maladie et dans le fonctionnementdes synapses des neurones. Pour les chercheurs, c’est la preuve que l'autisme est un trouble très complexe, lié à plusieurs gènes et non à un seul, dans la plupart des cas.

 

Les chercheurs ont présenté leurs résultats, le dimanche 2 mai à la réunion annuelle de la Pediatric Academic Societies (PAS) à Vancouver (Canada).

 

Environ un enfant sur 160 est atteint d'autisme, une maladie très invalidante qui affecte le comportement, les compétences sociales et la VISUEL%20AUTISM.jpgcommunication.  On sait déjà que le risque de la maladie est plus élevé chez les frères et sœurs d'un enfant atteint que dans la population générale, un indice du caractère héréditaire de l'autisme, explique, en préambule, le Dr. Ning Lei, coauteur de l'étude et chercheur à l'Institut des hautes études de l'Université de Princeton.

Dr. Lei et coll.  ont analysé les données de la Bourse des ressources génétiques sur l’autisme (Autism Genetic Resource Exchange -AGRE) correspondant à  943 familles, dont la plupart avaient plus d'un enfant atteint d'autisme et avait subi des tests génétiques. Les chercheurs ont comparé la prévalence des mutations du gène dans 25 familles avec un groupe témoin de 6.317 personnes sans maladie du développement neuropsychiatrique.

 

Les chercheurs ont identifié des mutations dans 4 gènes dans les familles atteintes. Deux des gènes s’étaient déjà avérés être associés à l'autisme et fréquemment impliqués dans la formation ou le maintien des synapses – les jonctions- des neurones. Il s’agit des gènes NRXN1 (Neurexin-1-alpha) et CNTNAP2 (contactin-associated protein-like 2).

 

Les deux nouveaux gènes identifiés se nomment PTPRD (protein tyrosine phosphatase, receptor type D) et NCAM2 (neural cell adhesion molecule 2). Le second des nouveaux gènes identifiés, le NCAM2 est exprimé dans l'hippocampe du cerveau humain, une région déjà associés à l'autisme. "Les mutations dans le gène NCAM2 ont été identifiées chez un petit nombre d’enfants étudiés confirment que la plupart des gènes associés à l'autisme sont impliqués dans la formation ou la fonction des synapses des neurones, "explique le Dr. Lei «C’est une nouvelle preuve que l'autisme est une maladie d'origine génétique qui affecte la connectivité neuronale." Les chercheurs émettent l'hypothèse qu'un pourcentage important d'enfants atteints d'autisme présente une mutation dans l’un ou plusieurs des nombreux gènes nécessaires au fonctionnement normal des synapses.

 

Mutation n’implique pas la maladie : L'étude a également montré que certains parents, frères et sœurs d'enfants autistes présentent la même mutation du gène NCAM2 mais ne sont pas eux-mêmes atteints d’autisme. Cela suggère que d'autres facteurs environnementaux ou génétiques sont également impliqués dans l'autisme.

"Des résultats qui aident le public à comprendre que l'autisme est un trouble très complexe, un peu comme le cancer, le Dr Lei explique," lié à plusieurs gènes et non à un seul dans la plupart des cas."

Pediatric Academic Societies (PAS)

 

Source: PAS “Autism Is Associated with Inherited Deletions in PTPRD and NCAM2”, mise en ligne Yann-Mickaël Dadot, Santé log, le 3 mai 2010 (Visuel World Austism awareness Day)

06:36 Publié dans Autisme - recherches (médicales) | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

03/05/2010

Le show man et la vie d’autiste

Si l’autisme est mal traité en France, si les parents sont souvent isolés, le comédien Laurent Savard a décidé de vider son sac sur scène. Père d’un enfant autiste, il raconte avec un humour noir décapant sa vie avec Gabin.

« Comme quelque part je pense que l’humour est salvateur, je me suis dit la meilleure façon d’évacuer et de trouver les réponses que je n’ai pas c’est de bâtir un spectacle sur scène. » Le comédien Laurent Savard est le père d’un enfant autiste et hyperactif de cinq ans, Gabin. Né un 14 juillet, « ce fut le début d’un feu d’artifice permanent » selon le bon mot du père qui a appelé son one-man-show Le bal des pompiers.

Il s’attendait, avec sa femme Marie-Lou, à éprouver « la connerie » comme ils disent « mais à ce point, je ne l’imaginais pas » s’étonne encore Laurent, goguenard. Ce comédien, doué d’une bonne dose d’humour noir, tout comme son pote Stéphane Guillon, a écrit un spectacle sur sa vie avec Gabin. Celle du quotidien partagé, mais aussi sur leurs rencontres avec le psychologue, le pédiatre, l’instit’ ou le passant lambda. Tournés en ridicule, ces personnages qu’il incarne font à la fois rire et flipper… « -Mais vous l’avez vécu ce que vous dites, là, sur scène ? » - « Oui » sourit en se pinçant les lèvres le comédien, « beaucoup de phrases sont rapportées trait pour trait. Chaque fois que je rencontrais un des gus, je me disais, lui, il va terminer en sketch… »

Portrait et extrait du spectacle :


autisme savard
envoyé par bakchichinfo. - L'info video en direct.

« Pitoyable » est son constat sur les difficultés pour des parents confrontés à l’autisme. Entre 30 000 et 80 000 autistes vivent en France selon les calculs plus ou mois élastiques de la pathologie. « On a été livré à nous-mêmes, il a fallu nous-mêmes nous renseigner, démarcher et il faut se battre pour garder son enfant afin qu’il ne parte pas en hôpital de jour ou ailleurs. »

« Je ne voulais pas faire un spectacle militant, tempère toutefois Laurent Savard. Je voulais juste transposer sur scène l’absurdité de certaines situations. Je suis auteur et comédien. Au fond tous les one-man-show parle du quotidien. Le mien, c’est Gabin. J’ai demandé des conseils à Stéphane Guillon ou à d’autres pour savoir si ma démarche était légitime, si je ne récupérais pas quelque chose… Tout le monde m’a dit de foncer. »

Et résultat, si on rit beaucoup, on éprouve aussi beaucoup de tendresse pour ce gamin incompris qu’on a l’impression de voir sur scène tant le comédien lui donne chair. Joué seulement deux fois au Splendid, le spectacle reviendra sur scène en fin d’année et des dates hors de Paris sont en préparation. Des maisons d’édition ont aussi contacté le comédien pour rédiger un livre sur son expérience. Bakchich vous tiendra au courant.

 

Source: http://www.bakchich.info/Le-show-man-et-la-vie-d-autiste,...

 

En parlant de spectacle, venez nombreux ce soir assister au spectacle "Peau d'âne", 19h00, Théâtre de la Cité Bleue (46 avenue de Miremont - GE) en faveur de notre association.

 

Et un grand merci à Mme Vergères et à ses acteurs d'être venus sur notre stand au salon du livre  pour promouvoir cette soirée. Quelques photos souvenirs :-)

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05:46 Publié dans Autisme | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

01/05/2010

Où retrouver TED-autisme Genève ce week-end :-) ?

 

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Où nous retrouver pendant ce week-end maussade ?

 

 

1/ salon-du-livre.jpgAu Salon du livre, où des bénévoles, pour la plupart des parents et des professionnels opérant dans ce domaine, vous accueillent pour vous informer de toutes nos activités dans le Canton !

 

 

 

 

 

 

 

 

2/ muguet.jpgA notre stand muguet, au centre commercial de Balexert (juste en face du magasin "La Farandole")

 

 (carte: cliquez ICI)

Offrez des muguets à vos amis et soutenez nos projets: deux actions pour deux bonnes causes :-)

 

 

 

 

Et prolongez le plaisir en venant assister à notre soirée de bienfaisance le lundi 3 mai au Théâtre de la Cité-BLeue  (46 avenue de Miremont - Genève), dès 19h00.

 SetWidth800-DSC0122.jpgSpectacle: "Peau d'âne" - pour petits et grands !

 

Programme ici

Infos/inscriptions:

secretariat@autisme-ge.ch

 

 

 

 

 

 

TED-autisme Genève va à la rencontre des gens pour partager ses expériences et ses projets. Merci d'avance pour votre soutien.

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