11/06/2010

L’intégration est-elle réservée aux personnes mentalement handicapée ?

La réponse est évidente : non ! Il faut penser intégration pour toutes les personnes porteuses d’un handicap… avec des mesures, des aménagements et la mise en place d’un soutien, si les aménagements ne suffisent pas, qui leur permettront de poursuivre leur scolarité.

 

Dans la majeure partie des cas, cette dernière est possible contrairement aux a priori d’un grand nombre de personnes, y compris dans le milieu éducatif.

 

En ce qui concerne les personnes avec autisme qui, à tort,  ont mauvaise presse auprès des milieux scolaires, à cause de leurs troubles du comportement, troubles qui disparaissent si l’on met en place les justes moyens pédagogiques, l’intégration est non seulement bénéfique, mais indispensable au développement de leurs compétences cognitives et sociales. Je ne parle pas ici de toutes les personnes du spectre autistique : ce trouble recoupant des réalités très diversifiées, la décision de l’intégration dépendra avant tout des évaluations que cet enfant devra suivre et des recommandations qui y seront formulées. Encore faut-il être formé pour faire passer ces évaluations. Mais ça c’est un autre problème.

 

autisme6.jpgOn peut d’ores et déjà dire que plus du 50% des enfants avec autisme n’ont pas de retard mental associé, ce qui fait que leur capacité d’apprentissage est la même que des enfants dits ordinaires, par contre la manière d’apprendre est différente. Il faut pouvoir prévoir des aménagements spécifiques. Mais ils ne suffiront pas dans un grand nombre de cas : il faut aussi prévoir un accompagnement.

 

Nous sommes ici face à un choix, et j’ai la naïveté de croire, que tout le monde fera un choix moral: pour un enfant avec autisme, l’intégration n’est pas juste un moyen d’être en contact avec autrui, elle est L’UNIQUE MOYEN de développer des compétences, entendez que si cet enfant ne fait pas d’intégration, vous le condamnez A NE PAS développer ses compétences cognitives et sociales ! Il faut juste en être conscient.

 

Alors certes, pour intégrer nos enfants, il faut transférer (d’ailleurs à GE on peut parler de créer) des compétences du spécialisé-autisme en milieu ordinaire. La formule de la classe intégrée (qui existe à GE mais qui aujourd’hui est réservée prioritairement aux enfants qui ont un handicap mental…allez savoir pourquoi !!!!) est LA solution la plus juste pour nos enfants. Ces derniers pourraient ainsi bénéficier de l’apport des outils très spécifiques dont ils ont besoin et les mettre en pratique ensuite en milieu ordinaire en fréquentant non pas une, mais plusieurs matinées d’intégration, avec un accompagnement averti.école.jpg

 

 

Faîtes-le et vous verrez la différence ! Comment je le sais ? Mais parce que cela se fait déjà, y compris à GE, mais dans une filière privée : école privée, cours privé, accompagnement privé…. Or, le privé  n’est pas à la portée de tous, n’est-ce pas ?

 

Les enfants du privé développent au mieux leur potentiel de base, les autres pas, pas assez en tout cas… Et je pourrai citer beaucoup d’exemples, en commençant par celui de mon propre enfant !

 

C’est une question plus que morale: si l’intégration est vue non pas juste comme un moment à passer avec les autres, mais comme un support nécessaire au DEVELOPPEMENT des compétences, ce qui est le cas pour un grand nombre de nos enfants, alors la donne change, n’est-ce pas ? L’intégration devient un facteur lié à la santé même de l’enfant.

 

Ne pas développer un potentiel alors qu’il est possible de le faire est répréhensible, au minimum sur le plan moral. L’intégration est un droit pour tous, mais pour l’enfant avec autisme (celui dont les évaluations la préconisent) elle devient incontournable.

 

Ainsi, du moment que les données sont connues, les enjeux aussi, les conséquences imaginables et qui peuvent être graves selon le choix opéré, qui, aujourd’hui, prendra la responsabilité de ne pas offrir aux enfants avec autisme la possibilité de suivre, avec les justes moyens, une intégration alors que cette dernière lui est nécessaire pour son propre développement ?

 

J’ai la naïveté de croire que le choix sera fait et qu’il sera le bon. Ce n’est pas une question d’exigences, comme on me le signifie (trop) souvent, mais juste de compétences.

 

 

 

PS : Insieme Genève vient de publier une petite brochure « L’intégration des élèves handicapés à l’école » dont je conseille la lecture à tous ! Même si Insieme Genève, conforme à ses statuts, parle surtout des enfants avec un retard mental (qui d’ailleurs concerne aussi le 50 autre% des enfants avec un autisme qui ont un retard mental associé ) cette brochure est très utile pour retracer la longue et laborieuse (pas encore finie) histoire de l’intégration à GE. Bonne lecture !!!!

10:12 Publié dans Autisme - école - inclusion | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | Pin it! |

Commentaires

euh...j'avais écrit un commentaire, mais il n'est pas publié...j'ai du faire une fausse manipulation...Je reviendrai...
Bonne journée!

Écrit par : Danièle | 21/06/2010

Sur Vaud, en théorie, on intègre les enfants différents depuis 2011... Alors ça c'est une sacré belle théorie! Sauf que quand j'entends les propos de la doyenne en charge du dossier de mon fils, je réalise que pour elle l'intégration se résume à la gym et la rythmique en enfantine et la gym et la piscine en primaire et que pour le reste il faut le mettre en école spécialisée. Le rôle de l'école n'étant pas pédagogique... Bon, si l'école ne s'occupe pas de pédagogie, qui alors????
Quand je propose de confectionner moi-même, du matériel (pictos, étiquettes etc..) pour aider mon fils de 5 ans, la doyenne s'offusque et me dit, mais vous n'allez pas créer une école spécialisée dans l'école publique! Elle n'a rien compris la pauvre dame, si ce n'est que je vais me battre pour maintenir mon fils à l'école publique! Du coup elle panique et freine des quatres fers!

Si elle gagne, elle ruine l'avenir de mon fils, en toute bonne conscience et en continuant de dormir sur ses deux oreilles, certainement fière d'avoir évincé de l'école publique un enfant n'entrant pas dans le moule de l'enfant parfait! Lamentable!

Écrit par : Danièle | 21/06/2010

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