18/10/2010

La scolarisation d'un enfant autiste : un casse-tête pour les parents et l'école

Ce témoignage d'une maman de l'autre côté de la frontière est source de réflexion pour nous qui établissons actuellement (enfin) une politique d'intégration...

 

Être parent c'est compliqué et parent d'un enfant handicapé encore plus. Christine Dedours en sait quelque chose puisqu'elle est maman de deux enfants, Caroline et Philippe. Mais Philippe n'est pas comme tous les garçons de son âge, il est atteint de troubles autistiques. Depuis la loi de 2005, l'école est tenue d'accueillir tous les enfants atteints de handicap mais en pratique, c'est plus complexe que cela.

Christine Dedours n'en décolère pas. Une semaine avant la rentrée, elle a appris que son fils, Philippe, âgé de 8 ans, ne pourrait pas être suivi par une auxiliaire de vie scolaire comme l'année précédente en école maternelle. Dans l'urgence, l'école élémentaire Roger-Salengro, où est scolarisé Philippe, embauche une auxiliaire de vie scolaire (AVS). Alors qu'elle croit l'affaire résolue, elle s'aperçoit que l'AVS n'a aucune expérience avec les enfants et encore moins avec un autiste. « C'est incroyable ! Je ne lui en veux pas personnellement mais c'est comme si l'Inspection de l'Éducation nationale recrutait des secrétaires sans formation au traitement de texte et à l'utilisation d'ordinateur ? ».

7l3mqz0q.jpgDu côté de l'inspection de l'Éducation nationale, on reconnaît que le recrutement s'est fait à la hâte mais que le cas de Philippe est suivi de près. Et Florian Dierendonck, l'inspecteur, de préciser : « Normalement, une auxiliaire de vie individuelle n'est pas obligatoire en CLIS (classe d'intégration scolaire où l'effectif est réduit) mais on a essayé de répondre aux attentes des parents, après il faut laisser le temps à cette auxiliaire de vie scolaire de se former. » Et l'inspecteur de s'interroger : « Et puis si on trouve une nouvelle auxiliaire de vie scolaire est-ce que ça ne va pas perturber davantage Philippe ? » Pour Christelle Dedours, l'argument n'est pas valable :« L'école a été prévenue en juillet que la précédente AVS partait alors pourquoi on me parle de recrutement à la hâte. » Autre fait intolérable pour cette maman : la privation de récréation. Là encore, l'inspecteur Dierendonck, s'explique : « Pour des raisons de sécurité Philippe a été privé de récréation car il court dans les couloirs et peut représenter un danger pour lui-même et les autres ».

Même explication pour la fois où Philippe a été privé de sport : « L'institutrice a trouvé que ce jour-là Philippe était très nerveux et que son état ne lui permettait pas faire du sport ».

La solution envisageable pour Philippe serait d'être scolarisé dans une unité d'enseignement, c'est-à-dire dans une classe de six enfants avec trois ou quatre enseignants spécialisés dans l'autisme. Il existe ce type de classe à l'école Léo-Lagrange. Problème : elle ne propose que trois heures d'enseignement par semaine. Christelle Dedours ne veut pas s'en contenter, d'autant plus que la scolarisation de son fils en classe ordinaire est, pour elle, essentielle à son développement intellectuel. « Il est très bien accepté par les élèves de sa classe et il progresse, alors le blocage vient de qui ? Faut-il que je porte plainte pour défaut de scolarisation pour que l'établissement réagisse ? » Malgré de nombreuses lois sur la scolarisation des handicapés et le plan autisme 2008-2010, la scolarisation d'un enfant autiste reste un parcours du combattant, en pratique.

 

 

Source: http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Armentieres/actualite/...

08:52 Publié dans Autisme - école - inclusion | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

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