19/10/2010

Autisme et éthique: quels projets pour la petite enfance ?

 A la veille de notre colloque scientifique consacré à la petite enfance, intéressons-nous un instant à la littérature scientifique récente sur cette problématique. Voici quelques titres parmi bien d'autres:

 

B. Rogé, H. Chabrol and I. Unsaldi (). Le dépistage précoce de l’autisme : Quelle faisabilité ?. Enfance, 2009 , pp 27-40
doi:10.4074/S0013754509001049 (A propos des DOI)

Thomas Bourgeron, Marion Leboyer and Richard Delorme (). Autisme, la piste génétique se confirme. Enfance, 2009 , pp 93-98
doi:10.4074/S0013754509001104 (A propos des DOI)

Jacqueline Nadel (). Où est le développement dans le syndrome développemental d’autisme ?. Enfance, 2009 , pp 101-108
doi:10.4074/S0013754509001128 (A propos des DOI)

Laurent Mottron (). Que fait-on de l’intelligence autistique ?. Enfance, 2010 , pp 45-57
doi:10.4074/S0013754510001059 (A propos des DOI)

Pr. C. Bursztejn (). Est-il possible de dépister l’autisme au cours de la première année ?. Enfance, 2009 , pp 55-66
doi:10.4074/S0013754509001062 (A propos des DOI)

Jacqueline Nadel (). Introduction : Autour du diagnostic d’autisme. Enfance, 2009 , pp 3-5
doi:10.4074/S0013754509001013 (A propos des DOI)

N. Boddaert, N. Chabane, I. Meresse, A. Phillipe, L. Robel, M. Bourgeois, M-C. Mouren, C. Barthelemy, L. Laurier, A. Munnich, F. Brunelle and M. Zilbovicius (). Imagerie anatomique dans l’autisme non syndromique : Étude rétrospective sur 140 IRM. Enfance, 2009 , pp 99-100
doi:10.4074/S0013754509001116 (A propos des DOI)

Christine Assaiante and Christina Schmitz (). Construction des représentations de l’action chez l’enfant : quelles atteintes dans l’autisme ?. Enfance, 2009 , pp 111-120
doi:10.4074/S001375450900113X (A propos des DOI)

Edy Veneziano and Marie Hélène Plumet (). La négociation dans les interactions conflictuelles : Une contribution à l’évaluation différentielle d’enfants autistiques de « haut niveau ». Enfance, 2009 , pp 143-156
doi:10.4074/S0013754509001165 (A propos des DOI)

sans oublier le dernier en date:

 
Comprendre les émotions chez les enfants atteints d’autisme : regards croisés selon les tâches

Évelyne Thommen, Myriam Suárez, Michèle Guidetti, Anne Guidoux, Bernadette Rogé and Judy S. Reilly

Résumé

Les enfants avec autisme présentent entre autres spécificités des dysfonctionnements dans la reconnaissance et l’attribution d’expressions faciales émotionnelles. L’objectif de cet article est d’analyser les résultats de 38 enfants âgés de 5 ans et demi à 14 ans 8 mois, répartis en deux groupes : des enfants avec autisme et des enfants typiques qui leur sont appariés en genre et en âge de développement verbal. Deux tâches leur ont été appliquées : une tâche de reconnaissance émotionnelle à partir de photos de visages et une tâche d’attribution d’émotions à partir de scénarios imagés. Les résultats mettent en évidence une absence de différence entre les deux groupes à la première épreuve et des résultats inférieurs dans le groupe d’enfants avec autisme à la deuxième. Ces différences sont discutées en prenant en compte le fait que le développement émotionnel n’est pas un phénomène unitaire et en proposant des pistes de réflexion pour la prise en charge des enfants avec autisme.

 

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Affiche-colloque-2010.jpgNous avons la chance d'avoir 3 conférenciers parmi les noms sus-cités dans notre colloque du 13 novembre.

Ce dernier offre une occasion de faire le point sur les avancées de la recherche scientifique dans le domaine de la petite enfance avec pour toile de fond des considérations d'ordre éthique: 

> ne pas offrir les justes moyens psychopédagogiques aux enfants autistes, alors qu'il sont connus et reconnus comme indispensables à leur développement, 

> ne pas mettre en œuvre des programmes d'intervention précoce, alors qu'il est démontré que la précocité de l’accompagnement (entendons avec les justes outils) est le vecteur principal de développement de ces enfants,

> ne pas assurer une continuité dans la prise en charge de la petite enfance à l’âge adulte alors que l’on sait que c’est cette même continuité qui assure la stabilité émotionnelle de la personne autiste et donc sa qualité de vie

 

 

 

 

est-ce éthique ?

 

Pour mettre en œuvre ces points, il faut que les personnes qui se chargent de nos enfants soient TOUTES formées et constituent ensemble des équipes cohérentes autour du projet de l’enfant.

Or, aujourd’hui c’est encore peu le cas, de plus il n’y a que des formations de fortune qui certes ont enfin le mérite d’exister, mais qui ne font partie encore d’une vision globale, d’une politique globale.

 

 

La formation est certainement le mot-clé des questions éthiques.

 

 

Ensuite, par ricochet il faut pouvoir aborder les questions de l’intégration : pour quels enfants, comment, quels moyens à la fois matériels et humains sont prévus pour leur scolarité ?

Aujourd’hui trop de nos enfants sont littéralement spoliés de leur scolarité, placés à tort dans le circuit spécialisé, et cela faute avant tout de connaissances et de compétences pour les diriger dans le bon circuit, ensuite parce que quasi personne n'est formé pour les aider dans leurs apprentissages scolaires (connaissance des justes outils), et enfin parce que rien n'est prévu pour les  accompagner en classe. Or sans un accompagnant formé, l'intégration se traduit souvent par un échec. Question: quelqu’un aujourd’hui enlèverait-il l’appareillage d’un enfant malentendant en classe et l’appui d’une codeuse s’il en avait besoin ? 

Il y a une question éthique sous-jacente : avant tout au nom de quoi et sur quels critères aujourd’hui décide-t-on de la scolarité ou pas des enfants autistes ? Qui décide ? Et les personnes qui décident sont-elles vraiment au fait de ce qu’autisme signifie ? Savent-elles vraiment ce dont nos enfants ont besoin pour réussir leur scolarité ?

Au vu du nombre d’enfants autistes intégrés à ce jour et au taux d’heures auquel ils sont intégrés lorsqu’ils le sont, permettez-moi d’avoir un gros doute sur la question. Et alors que deviennent ces enfants ? Quelqu’un s’est-il au moins posé la question ?

Là aussi le mot clé est FORMATION.

 

Alors, l’intégration de nos enfants (ceux pour lesquels les évaluations en démontrent l’utilité) a peut-être un coût, mais uniquement si l’on considère que l’éthique coûte. Sinon ce n’est que du bénéfice pour tout le monde et avant tout pour l’enfant qui a été, est et sera toujours au centre de mes considérations. Question d’éthique.

 

Si le colloque vous intéresse, il reste quelques places encore...les toutes dernières!

Programme: Flyer_colloque2010.pdf

Infos et inscription ici : http://www.autisme-ge.ch/?page_id=398

 

 

08:04 Publié dans Autisme - école - inclusion | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | | Pin it! |

Commentaires

quelque chose me dépasse en son temps l'école en psychiatrie ou je fis mes études avaient des avancées énormes dans cette maladie qui ne date pas d'aujourd'hui .que sont devenus les travaux de tous ces directeurs enseignants ,disparus ,volatilisés,brulés,je ne sais mais en tous cas au vu des cerveaux conservés dans le formol et visibles par tous les élèves de ma volée,des avancées scientifiques avaient vu le jour,dommage tout s'en est allé avec ces honorables directeurs d'école qui possédaient l'art et la manière d'enseigner une profession ayant beaucoup perdu de son importance depuis la disparition de certains établissements desquels sortirent de nombreux infirmiers qui possédaient une formation exemplaire,dommage car magnifique métier,qui apporte énormément aux soignants

Écrit par : lovsmeralda | 21/10/2010

Je pense que tout intervenant auprès d'un enfant handicapé a toujours la meilleure volonté du monde de l'aider. Je pense aussi que les connaissances sont là depuis longtemps, mais qu'elles explosent au grand jour maintenant. Accompagner un enfant autiste est certes du ressor de thérapeuthes, y compris d'infirmiers, mais il est avant tout celui d'enseignants et d'éducateurs qui devraient être formés, et formés à la pédagogie propre et très spécifique pour ces enfants. Pour cela, il faut être formé. Où sont les formations, déjà dans le cursus même d'études, puis post-grade ? Pourquoi des filières "autisme" existent déjà, et ce avant même le master, dans des universités européennes et pas en Suisse ? Pourquoi la recherche scientifique est si figée ici ? La formation doit-elle dépendre de la quantité d'élèves concernés par un handicap ou plutôt par les outils qu'il faut savoir maîtriser (et donc supposant une formation) pour y faire face ? La réflexion est ouverte et chacun selon les objectifs qui sont les siens aura probablement une réponse... La mienne est transparente: moi je veux aider l'enfant et pour l'aider je ne peux pas ne pas être formé!

Écrit par : Marie-Jeanne | 22/10/2010

A tous les parents, regardez vite ce lien

http://fr.fedea.ch/run?iset=1044&refpage=51077

Écrit par : céline | 22/10/2010

Merci pour ce lien. Espérons qu'un jour la prise en charge précoce puisse être assurée par des entités publiques, accessibles donc à toutes les familles !

Écrit par : Marie-Jeanne | 22/10/2010

Bonjour
les liens ne fonctionnent pas...
merci pour votre site très intéressant....

Écrit par : Valérie | 04/11/2010

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