04/11/2010

Tous ces enfants spoliés de leur scolarité…quand cela changera-t-il ?

 

La société est-elle si normative à en arriver à exclure l’enfant qui apprend, mais apprend de manière différente ?

 

C’est pourtant ce qui se passe aujourd’hui en Romandie. Par ignorance.

 

La société peut-elle continuer à être ignorante à l’heure où l’information scientifique arrive directement dans les foyers ?

 

Cette ignorance ne commence-t-elle pas à s’apparenter à une erreur ? Une erreur tout de même qui spolie des enfants de leur scolarité, de leur droit à être instruits.

 

Et personne ne réagit ?  Faut-il que cela soit que le cri de mères, de pères à dénoncer cet état de fait ?

 

L’enfant autiste sans déficience intellectuelle, petit rappel environ le 50% des enfants évoluant dans le spectre des troubles autistiques, peut apprendre sur les bancs de l’école ordinaire, comme n’importe quel autre enfant dit « normal ». A la différence près qu’il a besoin d’aménagements scolaires et d’un auxiliaire de vie qui puisse le seconder en classe, handicap oblige.  Mais ce n’est pas nouveau : un enfant avec un handicap a besoin d’outils et de ressources spécifiques pour grandir, s’il en avait pas besoin il n’aurait pas de handicap, n’est-ce pas ?

 

Il est parfois bien de rappeler des évidences.

 

 

Alors, au nom de quoi spolie-t-on les enfants de leur scolarité (dans le cursus ordinaire) aujourd’hui en Romandie ? Quels sont les arguments avancés par nos interlocuteurs ? Où est la connaissance de la problématique autisme ? Que deviennent tous ces enfants exclus de la filière ordinaire, alors que (seule) cette dernière contribue au développement psychoaffectif, relationnel et cognitif de cet enfant ?

 

 

En l’excluant du système, c’est son développement que l’on ampute. Le sait-on assez ?

 

 

 D’une considération générique de la vision du handicap dans la société pour laquelle les uns et les autres ont toujours un mot intelligent  à dire, on touche ici à un problème bien plus conséquent : celui de la santé même de cet enfant.

 

 

Il faut poser le débat : l’intégration scolaire, parlons même d’inclusion avec le JUSTES moyens, devient pou l’enfant autiste sans déficience intellectuelle LE vecteur de développement que NULLE AUTRE entité ne peut lui garantir. L’école ordinaire comme socle « thérapeutique », le meilleur. Le problème se déplace ici sur un autre plan.

 

Posons-nous la question : et si l’intégration améliorait la « santé » de cet enfant ?

 

Et a contrario si le système d’aujourd’hui défavorisait le développement même de cet enfant au damne de sa santé en favorisant même le développement d’un  RETARD MENTAL que cet enfant N’AURAIT PAS s’il était intégré en classe avec les justes moyens ?

 

 La question est grave. En fait, très grave. Aujourd’hui on spolie des enfants de leur scolarité, et donc de  leur propre développement, en en faisant des sur-handicapés.

 

De plus en plus de spécialistes (des vrais) en autisme dénoncent cette situation. TED-autisme Genève alerte les autorités sur cette question très précise et attend qu’une réflexion soit posée le plus rapidement possible.

 

 

 

Et, puisqu’il faut toujours aux arguments éthiques ajouter des arguments économiques, on peut aussi dire que de ne pas sur-handicaper les enfants coûtera  moins cher à la société. Selon vous qu’est-ce qui coûte le plus : laisser un enfant dans une filière spécialisée (en connaissez-vous le coût par jour ?) de sa prime enfance à l’âge adulte avec un développement en-dessous de son vrai potentiel ou mettre plutôt en place des aménagements matériels et humains pour l’accompagner en classe lui permettant de développer tout son potentiel ce qui le rendra de facto plus  autonome à l’âge adulte ?

 

 

518BZ6Z00ZL.jpgAlors, si on cessait aujourd’hui de spolier les enfants autistes de leur scolarité en les comprenant, en respectant leur manière d’être différente et en leur offrant enfin les justes moyens pour qu’ils puissent grandir avec les autres tout simplement ? En somme ni plus ni moins que lorsqu’on offre à un enfant handicapé moteur, un fauteuil roulant. Quelqu’un le lui enlèverait-il ou empêcherait-il cet enfant d’aller en classe parce qu’il ne pourrait, par exemple, suivre des cours de gym ?

 

Et bien empêcher un enfant autiste sans déficience intellectuelle d’aller en classe avec « son » « fauteuil roulant » à lui, à savoir de aides pédagogiques très précises et connues, c’est tout simplement l’amputer dans son développement personnel et donc affecter sa santé elle-même. C’est grave.

 

 

Il faut poser le débat et trouver ensemble des solutions pour que les parents d’aujourd’hui ne soient plus obligés de recourir à des systèmes D, incroyablement difficiles à gérer, pour offrir tout simplement à leur propre enfant une scolarité, synonyme de santé.

 

 Voilà ce que veut TED-autisme Genève !

 

 

  

 

07:11 Publié dans Autisme - école - inclusion | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | Pin it! |

Commentaires

La problématique de la continuité des mauvaises prises en charge doit être analysée en examinant les flux financiers.

La prise en charge qui passe par la scolarité ordinaire accompagnée est la réponse au handicap qui est la plus efficace et surtout la moins chère pour la collectivité.

Un trop grand nombre d'acteurs n'ont pas d'intérêt économique à ce que les enfants avec autisme soient pris en charge dans le système éducationnel ordinaire.

Ces acteurs influent sur tous les rouages pour freiner le développement de la scolarité ordinaire adaptée et c'est la raison principale de la non adoption des solutions qui passent par la scolarité ordinaire.

Couper les robinets des flux financiers des prises en charge maltraitantes et réaffecter ne serait-ce qu'une moitié de ces flux dans l'accompagnement des enfants avec autisme en milieu ordinaire et le changement des mentalités s'opèrera magiquement.

Les stratégies d'adoption de toute innovation passent par l'analyse des freins à l'adoption et quand les enjeux financiers sont de l'importance de ceux qui sont en jeu pour l'autisme vous comprendrez que les mentalités des
professionnels ont tant de mal à changer.

Que ces derniers influent sur les parents et les décideurs des politiques publiques n'est qu'un réflexe de défense de l'économie qui les fait vivre.

Si à celà vous ajoutez que les prises en charge maltraitantes génèrent des troubles supplémentaires qui inhibent le développement de l'enfant vous comprendrez facilement que les solutions maltraitantes développent aussi une économie supplémentaires celle de la prise en charge des adultes qui ne seront pas autonomes.

Le vrai problème de la non adoption des prises en charge bientraitantes de l'autisme c'est la captation de la solidarité nationale par les acteurs historiques.

Écrit par : Laurent | 04/11/2010

De mon expérience, j'ai nettement l'impression que l'école est très frileuse, parce que ce sont des fonctionnaires et que ça les embête de faire des aménagements! C'est tellement plus simple de scolariser nos enfants pour la gym et laisser les oin aux écoles spécialisées, casi inexistantes, de faire le reste!

Écrit par : Danièle | 21/11/2010

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