29/11/2010

Six priorités de santé publique pour les personnes handicapées

La FEGAPEI identifie 6 enjeux prioritaires. Pour l'autisme et le handicap psychique, elle se prononce pour un accompagnement tout au long de la vie, sans rupture.

Au cours d'une conférence de presse organisée le 24 novembre, la Fédération nationale d'associations gestionnaires au service des personnes handicapées (Fegapei) a formulé plusieurs propositions pour améliorer l'accompagnement des personnes handicapées. Elle a identifié six enjeux prioritaires de santé publique : l'autisme, le handicap psychique, le vieillissement de la personne handicapée, les tout-petits et l'éducation, l'accès à l'emploi et enfin, la protection juridique, les services sociaux et l'accès à la cité.

La fédération souligneque ces priorités de santé ont été identifiées "au cours d'un long processus de concertation et de réflexion avec ses associations adhérentes" et qu'elle élargira ses réflexions en 2011 au sein de la conférence des gestionnaires. Elle précise que les quatre premières priorités "rejoignent un certain nombre d'objectifs gouvernementaux, autour desquels les agences régionales de santé (ARS) préparent actuellement leur plan stratégique régional de santé (PSRS) et leur projet régional de santé (PRS)".

Autisme : pour un accompagnement tout au long de la vie

S'agissant de la première priorité qui porte sur l'autisme, la Fegapei préconise une "orientation des populations actuellement prises en charge par les structures sanitaires vers les structures médico-sociales" et le développement ainsi d'un "accompagnement en adéquation avec l'évolution de[s] connaissances sur l'autisme". Elle rappelle qu'un accompagnement en milieu médico-social coûte en moyenne 320 euros, contre 700 euros par jour en hôpital psychiatrique.

Elle plaide pour une formation spécifique des professionnels sur l'autisme et pour le développement des stratégies éducatives, notamment les méthodes ABA (Applied Behavior Analysis ou analyse appliquée du comportement) ou Pecs (Picture Exchange Communication System), basé sur l'échange d'images.

Elle se prononce aussi pour un accompagnement de la personne autiste "tout au long de sa vie", alors qu'elle constate des ruptures dans les parcours. Elle propose de faire intervenir un professionnel à domicile avant trois ans, de s'appuyer sur les compétences du secteur médico-social et de développer les classes d'intégration scolaire (Clis) et les unités localisées d'inclusion scolaire (Ulis) pendant la scolarité et enfin de développer l'accompagnement au sein des entreprises des personnes autistes. Elle demande aussi la création de places pour les personnes adultes autistes, "qui, encore aujourd'hui, ne bénéficient pas d'un accueil ou d'un accompagnement adapté".

Concernant le handicap psychique, la fédération recommande une prise en charge le plus tôt possible. "Plus on tarde à diagnostiquer, plus s'ajoutent à la situation initiale des handicaps associés", signale-t-elle, plaidant pour le développement des services d'éducation spéciale et de soins à domicile (Sessad) à destination des adolescents présentant des premiers troubles psychiques et le développement des groupes d'entraide mutuelle (GEM).

La fédération prône également une "étroite coopération entre le sanitaire et le médico-social", avec le développement des services d'accompagnement à la vie sociale (SAVS) et des services d'accompagnement médico-social pour adultes handicapés (Samsah) en lien avec les services psychiatriques et les réseaux de santé mentale. Elle plaide aussi pour une formation des professionnels à la compréhension du handicap psychique au cours de leur formation initiale et pendant leur carrière.

Source: http://www.infirmiers.com/actualites/actualites/six-prior...

19:54 Publié dans Autisme | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | Pin it! |

Commentaires

Bonjour,

Crise économique et financière? Individualisme sociétal? Lenteur d'un système? Loi du profit?

Comme il est difficile de faire entendre sa voix...

Je suis infirmière remplaçante libérale depuis septembre 2010. J'ai choisi de travailler aux côtés d'un infirmier qui s’est orienté dans la prise en charge des patients ayant une pathologie psychiatrique.

Mais la CPAM des Hautes-Pyrénées refuse le remboursement de la majeure partie de leurs soins. Aucun texte de loi ne justifie cette décision. Elle se base sur l'article 11 la NGAP (Nomenclature Générale des Actes Professionnels). Hors, tel qu'il est rédigé, cet article n'exclut pas les patients psy. C'est une interprétation qui revêt un caractère discriminatoire...

Mon collègue et moi avons refusé de se plier à cette décision. Nous nous sommes mobilisés et avons multiplié les démarches auprès des professionnels, instances, et responsables (http://infirmier-psy-liberal.com/). D'abord pour défendre le droit d'accès aux soins de ces personnes et pour défendre la profession infirmière.

Nous ne souhaitions pas rentrer en conflit avec la sécurité sociale et nous sommes restés ouverts à un travail de concertation. Car il n'est pas humainement envisageable d'abandonner ces personnes et de les priver des soins qu'ils nécessitent. Mais nos sollicitations sont restées vaines. Certes il y a des projets à moyen terme, mise en place d'un réseau de soins, élaboration d'une nouvelle NGAP. Mais aucune alternative de soins à court terme n'est proposée. Ce vide de soin expose fatalement ces personnes à la décompensation et à la ré hospitalisation...

Suite à la décision de la CPAM, nous n'avons pas pu nous résoudre à abandonner nos patients; nous avons poursuivis les soins de manière minimale et sans les facturer. Mais 4 mois à ce régime nous ont conduits à l'épuisement. Malgré tout nous restons mobilisés et nous soutenons que cette injustice ne doit pas rester sans réponse. Nous estimons que cette situation s'élève au statut de problème de santé publique. Et nous tenons à ce qu'un maximum d'individus en prenne connaissance.

Dans le cas où vous soyez sensibilisé à ce problème je vous invite à vous rendre sur le site que nous avons créé, à signer la pétition (http://infirmier-psy-liberal.com/signez-la-petition.html), et à relayer l'information à vos contacts.

Bien cordialement.
Marie Woimbée

Écrit par : Woimbée Marie | 25/02/2011

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