29/11/2010

Tralalalère, tralala…

 

Tralalalère, tralala est un refrain que j’aime bien. Je le chantonnais bébé, puis enfant et jeune adolescente, sur le chemin de l’école (buissonnière, évidemment). Tralalalère, tralala. Cela me ramenait un peu vers ma tendre enfance, mes besoins de petite fille, condition que je devais quitter désormais, pour rejoindre le monde des grands, rhaaaaaaa (intonation rauqueuse) ce monde de brutes, où je sentais bien que le tralalalère, tralala n’avait plus sa place !

 

Mais bon, intérieurement,  le refrain tralalalère, tralala continuait à me guider un peu, il me rassurait. ET vous savez quoi ? Du jour au lendemain, j’étais devenue grande et je ne m’en étais même pas aperçue : ohaoooo que la vie est bien faite. Vous ne trouvez pas ?

 

Et savez-vous comment je me suis rendue compte que j’étais devenue grande, en somme on dit adulte paraît-il ? La réponse est simple : je n’entendais plus le Tralalalère, tralala, même plus dans les murmures les plus secrets de mon être (jolie formule, je la garde). J’avais réussi, - en somme la vie avait fait en sorte - que je mûrisse et que je devienne une femme qui avait réussi non pas à effacer le Tralalalère, tralala (on n’efface pas son enfance tout de même), mais à l’intégrer dans sa vie d’adulte : ohaoooo que la vie est bien faite !

 

 Alors, quelle n’eût pas été ma surprise l’autre jour, lorsque participant à une conférence plutôt solennelle, je n’entendis un Tralalalère, tralala ! Tout en écoutant les discours officiels, pour lesquels tout de même je m’étais prioritairement déplacée, mon esprit était attiré par cette voix enfantine… qui me rappelait de bons souvenirs. Et je cherchais l’enfant ou l’adolescent (c’est encore possible) qui chantonnait le Tralalalère, tralala… qui forcément était quelque part dans la salle… Mes recherches furent vaines, pas de jeunes enfants dans cette salle ! Mais le Tralalalère, tralala lui, était bien là !

 

J’eus un moment de perplexité… et si c’était ma voix intérieure ???? Panique, ça y est : je retombais en enfance, j’avais d’un coup et d’un seul perdu ma maturité d’adulte… lorsque je captai (l’adulte que j’étais revenait au galop) un brin du discours qu’un officiel (un vrai de vrai) venait de prononcer  et qui disait le plus sérieusement du monde: « les représentants de la psychiatrie romande considèrent qu’il n’est pas utile, voire qu’il est dangereux de poser un diagnostic d’autisme dans la petite enfance »… Ouahooooo : vu l’ineptie de la sentence, j’en failli perdre toutes mes dents (avançant ainsi grandement, vous en conviendrez, dans les âges de la vie), lorsque de manière simultanée à ce discours d’une autre époque, j’entendis très clairement cette fois-ci le Tralalalère, tralala, Tralalalère, tralala, Tralalalère, tralala, Tralalalère, tralala….  Ce n’était plus un doux refrain, c’était carrément un concert cacophonique de Tralalalère, tralala Tralalalère, tralala Tralalalère, tralala Tralalalère, tralala… on aurait dit une colonie de vacances de juniors sans moniteurs : affreux !

 

Je n’avais plus à rechercher les enfants ou les adolescents de la salle qui chantaient en chœur le Tralalalère, tralala de mon enfance… la source était identifiée. La voici :

 

 

autruche2.jpg

 

 Alors qu’au niveau international, TOUS les spécialistes unanimement disent qu’il faut LE PLUS TÔT POSSIBLE poser un diagnostic d’autisme, le minuscule groupuscule romand (on peut y inclure les lacaniens et freudiens français que nos romands suivent à la lettre) décrète et fait décréter à des officiels (qui feraient mieux de se renseigner sur le plan scientifique outre frontière)  qu’il n’est pas envisageable de poser tôt un diagnostic parce qu’il y a trop d’erreurs possibles….

 

Je vais alors formuler une question de bon sens : si tout les spécialistes  de la PLANETE sont capables de poser un diagnostic avant l’âge de deux ans, et ce parfois déjà depuis des dizaines d’années, avec une marge d’erreur extrêmement faible (articles scientifiques à la clé), ne pensez-vous pas que ce sont nos Tralalalère, tralala locaux qui sont en déficit de formation ?

 

Il faut, je pense, que la psychiatrie analytique (qui a bien des mérites dans d’autres domaines), et qui est déjà depuis quelques années aux prises avec des débats intérieurs, sorte –en ce qui concerne l’autisme- de sa condition d’autruche, regarde ce qui se passe PARTOUT ailleurs et en tire des leçons de maturité…parce que même s’il est très charmant de chantonner Tralalalère, tralala, à la longue, ce signe d’immaturité permanente qui ne vise qu’à préserver des intérêts particuliers devient sacrément agaçant. D’autant plus agaçant lorsqu’on sait que ceux qui en font les frais ce sont NOS ENFANTS dont il est légitime, eux, qu’ils chantent Tralalalère, tralala.

06:55 Publié dans Autisme - alors ça bouge ou pas ? | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

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