27/01/2011

L'intégration en milieu scolaire ordinaire: qui décide et comment ?

Qui aujourd’hui, à Genève, décide de l’intégration ou pas des enfants autistes en milieu ordinaire et sur quels critères ? Les critères sont importants. Et pour définir des critères, il faut, me semble-t-il, savoir de quoi on parle. Malheureusement aujourd’hui nos enfants sont victimes (je ne trouve pas d’autres mots) de décisions aléatoires, c’est-à-dire très contextuelles et au bon vouloir d’une hiérarchie souvent peu ou pas formée. La décision aujourd’hui n’est pas basée sur les besoins réels de l’enfant, mais sur les possibilités matérielles et humaines de l’accueillir en classe dans de bonnes conditions. Cet état de fait n’est pas acceptable lorsqu’on sait, que dans la majorité des cas, ce n’est que par une intégration avisée que l’enfant développera au mieux ses compétences sociales, qui -comme on le sait- sont très déficitaires chez nos enfants. L’intégration est un des vecteurs essentiels de son développement personnel. Mais ne me faîtes pas dire ce que je n’ai pas dit : je n’ai pas dit que tous les enfants avec autisme, indifféremment, pouvaient bénéficier du même type d’intégration au même taux, au même moment. Cela aussi serait absurde.

Précisément, pour prendre des décisions sur une base objective et qui correspond aux vrais besoins de l’enfant, il faudrait mettre en place un service d’intégration, comme il en existe déjà dans d’autres cantons, avec une section spécialisée en autisme, où l’interlocuteur des parents sache de quoi il en retourne exactement et prenne des décisions, non plus contextuelles, mais bien basées sur les besoins de l’enfant. J’en conviens, un tel service mettrait en évidence plusieurs déficits :

 1/ un manque de formation criant des personnes qui accompagneraient nos enfants en classe et seraient les guides des enseignants ordinaires ;

 2/ un manque de sensibilisation à la problématique autisme de ces derniers ;

 3/ un manque de moyens évident pour recruter et former des accompagnants avertis.

 

Il faut y remédier et qu’on le dise...  à la place d’affirmer aux parents que « c’est trop tôt pour intégrer l’enfant, qu’il n’est pas encore prêt, qu’il faut le protéger, qu’il faut etc… » en somme une somme de balivernes qui ne franchiraient dans la majorité des cas aucunement le cap d’une confrontation avec des spécialistes avertis dans ce domaine. Il y a clairement ici un dysfonctionnement avec souvent des décisions aléatoires qui se font au damne de l’évolution de l’enfant. Ce n’est plus acceptable.

Personne n’a le droit d’imputer à l’enfant une incapacité qui est en réalité celle d’un système. Si le système n’est pas bon, c’est le système qu’il faut changer. L’enfant, lui, a LE DROIT de suivre un parcours scolaire en milieu ordinaire avec les mesures d’accompagnement, même si intenses, dont il a besoin pour grandir.

Aujourd'hui c’est un défi. Les parents ont besoins de la force des professionnels, de tous les professionnels, pour le relever.

07:34 Publié dans Autisme - école - inclusion | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook | | | Pin it! |

Commentaires

Je sais que sur Vaud, ils cherchent à engager des enseignats spécialisés, mais qu'ils ont du mal à en trouver. Il faudrait peut-être valoriser ce genre de job...
L'école pour autistes de Nyon envoie ses enseigants spécialisés à l'école publique, lors d'une scolaristion mixte.

Écrit par : Danièle | 29/01/2011

Je suis absolument d'accord! A GE aussi, ils commencent à recruter, et c'est super! Je pense qu'on va dans le bon sens, mais n'empêche qu'aujourd'hui les enfants avec autisme sont clairement victimes d'apriori et souvent exclus du système scolaire ordinaire. Ce n'est pas juste. Je lutte contre cet état de fait. C'est aussi une question de moyens.

Il y aussi la question fondamentale de la formation: intégrer un enfant autiste sans connaître sa manière de réfléchir aboutit à un échec quasi certain. Les enseignants ordinaires doivent être sensibilisés et secondés par des enseignants du spécialisé dûment formés! Et cela ne sera pas possible tant qu'il n'y aura pas des formations spécifiques "autisme". Aujourd'hui la seule en Romandie est celle de Fribourg (certificat en formation continue)... ce n'est pas suffisant!!!! Il faut remédier à ce déficit, comme cela a été fait dans les pays voisins...

Il faut être attentifs à ce que les autorités ne viennent nous présenter des candidats pour accompagner nos enfants en classe qui ne connaissent pas ou peu l'autisme. Je serai vigilante sur cette question, absolument vigilante. L'éducation est LE moyen de développer les compétences de nos enfants, les intervants doivent donc être formés s'ils ne veulent commettre des erreurs pédagogiques qui se retourneront contre nos enfants! C'est cela que je crains. C'est un souci professionnel et évidemment de la maman que je suis.

Écrit par : Marie-Jeanne | 29/01/2011

je suis grand mere du petit garçon de 7 ans qui vie au canada ,il a des problémes pour apprendre a lire ce qui porte a dire par la pys qu'il serait autisme asperger .Et en me renseignant sur internet je constate que les enfants asperger sont doués pour apprendre a lire .C'est un enfant qui me semble trés intelligent et nous decouvrons (son probléme maintenant avec l'apprentissage de la lecture ) es-ce que quelqu'un peu me donner son avis .merci .une mamie inquiéte

Écrit par : pineau | 05/02/2011

Marie-Jeanne,

Je confirme qu'une aide non formée, ce n'est pas évident. Le problème est que même si cette aide est motivée et essaie de se former, ce n'est pas l'idéal. Sans compter que la hiérarchie scolaire n'est d'aucune aide et reste les bras croisés. Là, je parle de mon expérience personnelle.

Écrit par : Danièle | 10/02/2011

Bonjour Danièle, votre expérience nous intéresse, n'hésitez pas, ici ou ailleurs, à nous en faire part. La vérité est que nos enfants ont une telle manière particulière de réfléchir, qu'il faut sacrément être au fait si on veut les seconder de manière pertinente... Mon élève me disait qu'il ne savait quoi répondre à la question "quels étaient les principaux courants religieux", parce que pour lui, je l'ai compris après, courants = cours d'eau (fleuves, rivières etc...)...évidemment, pas évident de répondre à la question,n'est-ce pas ? Dès que j'ai identifié le problème, il a su me répondre parfaitement... Et tout est ainsi... Les intervenats doivent, constamment, se poser la question de la compréhension de l'enfant, même si a priori cela semble évident...c'est évident pout nous, pas toujours pour eux... J'ai toujours dit et je continue à le dire que nous pratiquons ce que j'ai défini la "pédagogie de l'évidence" avec nos enfants... ET, franchement, il n'est pas évident d'enseigner l'évidence...
Les intervenants doivent être formés, et ensuite adapter leurs connaissances aux particularités de l'enfant qu'ils accompagnent.

Quant aux problèmes de la hiérarchie, ils ne se résoudront qu'avec l'appui et la force de la loi, et en amont d'une information appuyée de ce qu'autisme signifie et des besoins des personnes autistes. Or je ne vois pas comment il serait possible d'appuyer une information ds les services sans l'aide des autorités politiques en place...c'est vers elles que nos associations doivent se retourner.

A bientôt, MJ

Écrit par : Marie-Jeanne | 11/02/2011

@Mme pineau, chère Madame je vous conseille de prendre contac avec une association de parents dans votre pays qui sera à même de vous renseigner sur ce syndrome très spécifique. Vous trouverez ici des informations:
http://www.autismsocietycanada.ca/index_f.html

Cordialement, MJ

Écrit par : Marie-Jeanne | 11/02/2011

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