09/03/2011

Toc toc toc : il y a quelqu’un là dedans versus des outils pour travailler

chapeau_psy.jpgLa tradition psychanalytique essaie envers et contre tout de trouver, à travers le lien ou plus exactement la redécouverte du lien primordial perdu dans les tréfonds de la vie (glou glou glou), à travers la voix qui constitue un « objet pulsionnel », le sens du vide qu’éprouvent les enfants autistes. Pour la mouvance analyste, l’effacement de l’énonciation serait dû à la peur d’avoir le sentiment d’être vides s’ils la faisaient servir à l’appel. Cette non-cession de la jouissance vocale aurait pour conséquence des manières spécifiques de composer avec le langage… Et les analystes sont forts, parce que pour démontrer leur théorie (il s’agit bien d’une théorie) ils s’appuient sur les textes des personnes autistes elles-mêmes… version : « toc, toc, toc, y a-t-il quelqu'un là dedans ? » Ce ne serait pas si grave si leur dernière trouvaille n’était pas de s’allier avec les ténors des neurosciences, de cosigner des textes avec des imminences grises de cet ordre de la connaissance organique et tout cela pour continuer à étayer leur « théorie » sans, au final, changer un iota de ce qu’ils ont toujours dit. Ils sont forts ! Utiliser des aires sémantiques qui leur sont a priori étrangères pour les remplir de leurs propres catégories de pensée…ouhaooo intellectuellement nous sommes ici au sommet… de quoi ? C’est une autre question (mais qui mérite débat.)

DSC_0306.jpgPendant ce temps, où tout de même au nom de leur conviction, la mouvance analyste ne pose toujours pas de diagnostic clair (il paraît qu’en matière de médecine mentale le diagnostic peut modeler le trouble, parfois même le fixer…), la mouvance cognitivo-comportementale (elle clairement issue des neurosciences et de la psychologie du développement depuis toujours) continue à élaborer des outils concrets de travail que parents et professionnels peuvent employer pour seconder le développement de l’enfant. Ce sont ces outils qu’il faut apprendre à connaître en en comprenant toutefois la nature et la portée. La relation apprentissage/développement s’inscrit dans une histoire, celle de l’enfant. C’est de lui qu’il faut partir, de son niveau de développement et de tout son potentiel qui est incroyablement riche lorsqu’enfin, au lieu de faire « toc, toc, toc y–a-t-il quelqu’un là dedans ? », on part directement de ce quelqu’un sans douter de son existence. Et en partant de lui, et non d’une théorie aussi jouissive soit-elle, on apprend lui et nous à communiquer ensemble. Les outils ne servent qu’à cela. Le lien est là. La dignité aussi.

14:32 Publié dans Autisme - alors ça bouge ou pas ? | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | Pin it! |

Commentaires

Ce fut une grande conferention, j'ai appris beaucoup de choses intéressantes.

Écrit par : forex | 11/07/2011

Je suis d'accord avec le Forex, c'était vraiment une grande conférence

Écrit par : Olisia | 27/09/2011

Les commentaires sont fermés.