16/11/2011

Et si on étudiait les atouts des personnes autistes ?

 

Selon un article provocateur publié aujourd'hui à l'invitation du journal Nature par le professeur Laurent Mottron, du Centre d'excellence en troubles envahissants du développement de l'Université de Montréal, nous devons cesser d'assimiler la structure cérébrale différente des personnes atteintes d'autisme à une déficience. Nombre de personnes autistes - pas uniquement les « savants » - possèdent en effet des qualités et des habiletés qui pourraient surpasser celles de personnes non autistes. « Des données récentes et ma propre expérience indiquent qu'il est temps de commencer à considérer l'autisme comme un avantage dans certaines sphères», a déclaré le professeur Mottron.

 

L'équipe de recherche du professeur Mottron, tout comme d'autres chercheurs, a fermement établi et répliqué les habiletés et, parfois, les supériorités des personnes autistes dans de multiples activités cognitives, notamment la perception et le raisonnement. Son groupe comprend plusieurs personnes autistes, et l'intégration de l'une d'entre elles, Michelle Dawson, représente une réussite particulière. Madame Dawson apporte des contributions importantes à notre compréhension de sa condition autistique par son travail et son jugement. «Michelle a mis au défi ma compréhension scientifique de l'autisme », a expliqué Laurent Mottron. Par exemple, Michelle interprète les forces des autistes comme la manifestation d'une authentique intelligence plutôt que d'une sorte de ''ruse'' cérébrale qui leur permettrait d'effectuer des tâches intelligentes sans les comprendre véritablement. « Je suis surpris que, pendant des décennies, les scientifiques aient évalué l'amplitude du retard mental en se fondant sur des tests inappropriés et sur une mauvaise interprétation des forces des personnes autistes », a-t-il ajouté.

 

« Nous avons inventé un mot pour ça: le normocentrisme, qui signifie l'idée préconçue que ce que vous faites et êtes est, par principe, normal, et que ce que fait ou est une personne autiste est, par principe, anormal», a déclaré le professeur. Il fait remarquer que cette manière de concevoir l'autisme constitue la rhétorique habituelle des collectes de fonds et des attributions de subventions. Elle comporte toutefois un prix à payer à l'égard de la manière dont les personnes autistes sont considérées dans le discours social. « Bien que le financement public et philanthropique soit important pour faire progresser notre compréhension de la condition, il est exceptionnel que qu'il soit utilisés pour travailler vers des objectifs identifiés par la collectivité autiste elle-même », ajoute monsieur Mottron, déplorant le fait que nombre de personnes autistes finissent par occuper des emplois répétitifs et subalternes, malgré leur intelligence et leur aptitude à effectuer des contributions beaucoup plus significatives pour la société. « Michelle Dawson et d'autres personnes autistes m'ont convaincu que, dans plusieurs cas, les autistes ont par-dessus tout besoin d'opportunités, souvent de soutien, mais rarement de traitement», déclare le chercheur. « Il en résulte que mon laboratoire, comme d'autres, croit que l'autisme devrait faire l'objet d'une description et d'une investigation à titre de variante acceptée de l'espèce humaine, pas comme un défaut à supprimer. »

 

Dans son article, Laurent Mottron stipule que la science devrait faire sa part pour redonner aux personnes autistes leur place au sein de la communauté humaine. Il approfondit les habiletés spécifiques de certaines personnes autistes, fournit une gamme d'exemples tirés de la réalité et offre certains renseignements personnels tirés de ses collaborations avec Michelle Dawson.

 

À propos du professeur Laurent Mottron

Laurent Mottron, M. D., Ph. D., est professeur au Département de psychiatrie de l'Université de Montréal et directeur du programme autisme de l'Hôpital Rivière-des-Prairies (Montréal). Il est aussi à l'origine de la création du Centre d'excellence en troubles envahissants du développement de l'Université de Montréal (CETEDUM), branche du CENUM affilié au Centre de recherche Fernand-Seguin.

 

Sur le Web :

Département de psychiatrie, Université de Montréal

Centre d'excellence en troubles envahissants du développement

Centre de recherche Fernand-Seguin

Hôpital Rivière-des-Prairies

 

 

Personne-ressource :

William Raillant-Clark

Attaché de presse international

Université de Montréal

Tél. : 514 343-7593

w.raillant-clark@umontreal.ca

@uMontreal_News

 

Source: http://www.nouvelles.umontreal.ca/recherche/sciences-de-la-sante/20111102-les-scientifiques-doivent-cesser-de-centrer-leurs-travaux-sur-les-deficits-des-autistes.html

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Commentaires

très bon article reflétant mon profond ressenti face à l'autisme.Tout ce qui est écrit par ce professeur mérite d'être lu,enfin on peut avancer vers la lumière comme dirait Einstein!
Car le danger subsiste en effet,qui de mieux que l'église de scientologie aimerait prendre sous son aile la psychiatrie,d'autant des maladies pour lesquelles il n'existe aucun traitement c'est la force de n'importe quelle secte s'infiltrer et les valses hésitations que ce soit dans n'importe quel domaine sont du pain béni pour elles

Écrit par : lovsmeralda | 16/11/2011

très bon article reflétant mon profond ressenti face à l'autisme.Tout ce qui est écrit par ce professeur mérite d'être lu,enfin on peut avancer vers la lumière comme dirait Einstein!
Car le danger subsiste en effet,qui de mieux que l'église de scientologie aimerait prendre sous son aile la psychiatrie,d'autant des maladies pour lesquelles il n'existe aucun traitement c'est la force de n'importe quelle secte s'infiltrer et les valses hésitations que ce soit dans n'importe quel domaine sont du pain béni pour elles

Écrit par : lovsmeralda | 16/11/2011

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