20/11/2011

La doxa, comme source de l'œcuménisme...

 

Il est juste de poser une réflexion, comme le fait Jérémy Tancray dans la revue « Le Journal des psychologies » ( n. 291 - octobre 2011) sur le dogmatisme qui règne aujourd'hui dans le domaine de l'autisme.

 

Après un bref rappel historique et une réelle autocritique, où il déduit que par son versant dogmatique la « psychanalyse est peut-être la plus responsable (elle qui prône l'appropriation de son histoire par le sujet !) de son actuel déclin dans le domaine de l'autisme », Tancray condamne tout autant le dogmatisme du tout comportementalisme enclenché, en France, par la publication de l'Énigme de l'autisme d'Uta Frith (1989). Il s'interroge sur la fonction du dogme dans le débat sur l'autisme et en arrive à la conclusion que la présence de l'alter est, lorsqu'on défend une position dogmatique, ipso facto considéré comme nocive pour la conception que chacun essaye de défendre ardemment. Cette réflexion vaut autant pour les dogmatiques comportementalistes que pour les dogmatiques psychanalystes. Je passe sur sa tentative d'analyse (pages 6-7), assez faible et inquiétante au fond, de justifier le dogmatisme des psys par un repli « autistique » atteints, en somme, par le même « mal » de ceux qu'ils sont censés s'occuper... Je n'ai jamais compris cette pseudo-analyse que les psys s'imposent à eux-mêmes comme nécessaire pour ne pas être aliénés par leurs « sujets ». On en perd le Verbe, en somme modus dicendi ;-) Et ce repli en soi, source de renfermement, est considéré, par l'auteur de cet article, comme une hypothèse très sérieuse de la genèse possible du dogmatisme.

 

Tancray s'aventure ensuite sur un terrain un peu glissant, à mon humble avis, celui de revenir au sens chrétien, plus précisément catholique (ce qui est déjà une erreur sur le plan historique), du dogmatisme. Vaste sujet. Ce n'est certainement pas en consultant, comme il le fait, le Grand Larousse Universel et l'Encyclopédia Universalis qu'il arrivera à comprendre l'origine, le sens et la portée de ce qui est bien plus qu'un simple concept. Ainsi, il en arrive à la conclusion, déductive, sans doute, que le dogmatisme est « protecteur, défensif ( ?) » que « les apôtres érigèrent les paroles du Christ en dogmes, les lestant d'une vérité de plomb protectrice ». Ce n'est pas juste sur le plan historique. Premièrement les apôtres n'ont pas « écrit », deuxièmement il n'y pas un, mais plusieurs dogmes potentiellement schismatiques, et c'est précisément l'incroyable confrontation de la « doxa » de chacun qui a généré la diversité et l'alternative. Je conseille à Tancray, si le sujet le passionne, de se replonger dans les magnifiques textes des quatre premiers conciles dits « œcuméniques » et à prendre connaissance - en relisant les sources et non des résumés d'encyclopédies- de leur contenu. Il est probable qu'après ces lectures, le sens et la portée, trop réductrice, qu'il donne au mot « dogmatique » changera.

 

Le dogmatisme, dans son acception originelle, a été source de débats, de confrontations à travers lesquels les points d'ancrage ont été définis. Ces derniers ont été établis en fonction de la croyance qui en était à la base.  Ces croyances cohabitent aujourd'hui. Si elles ne cohabitaient pas, ce serait la guerre !

 

Ce n'est donc pas le dogmatisme qui est source de conflits. Le dogmatisme n'est que l'expression de croyances divergentes. Et il faut qu'elles s'expriment. La forme d'expression, j'en conviens, n'est plus celle d'autrefois, où l'excellence était la règle, en mots et en esprit.

 

La vraie guerre, aujourd'hui, dans le monde de l'autisme c'est l'absence de choix. Là est le nœud du problème. Et la tentative de Golse et confères d'introduire la neuropsychanalyse comme « LA » solution, sorte de syncrétisme auto-salvateur, n'est autre qu'une doxa qui suscitera d'autres débats...

 

Mais, donnez aux familles et aux professionnels (qui le souhaitent) la possibilité de choisir entre une doxa et l'autre, vous verrez, j'en mets ma main au feu, le débat se tarir et les « chapelles », pour reprendre les propos de Tancray, cohabiter.

L'œcuménisme, pour reprendre le propos religieux introduit par Tancray, n'a jamais été une volonté de fusionner, de rendre compatible des opinions divergentes, de faire des syncrétismes, jamais ! L'œcuménisme, c'est simplement l'acceptation de l'autre avec et dans sa croyance.

 

Je défends la possibilité pour chacun de croire en ce qu'il veut et fondamentalement, viscéralement pour le DROIT AU CHOIX. A Genève, aujourd'hui, c'est de ce droit qu'on est privé  !

 

 

 

22:37 Publié dans Autisme - alors ça bouge ou pas ? | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | Pin it! |

Commentaires

Effectivement, nous n'avons PAS LE DROIT AU CHOIX, mais nous avons LE DEVOIR DE PAYER NOS IMPOTS qui servent à soutenir/financer les aytolahs de la psychanalyse.

Écrit par : anonyme | 20/11/2011

@anonyme,ce que je vais vous dire va vous faire rire,rassurez vous les patients atteint de la maladie d'Asperger savent mieux que quiconque comment psychanalyser ceux ayant fait des études universitaires pour vider votre porte monnaie, en cela beaucoup d'autistes sont des as! parcontre c'est à craindre que le monde de demain ne soit fait que de catatoniques prouvant alors que quoiqu'on dise quoiqu'on fasse tous ces maux étiquetter par la psychiatrie se mettront à ressuciter et la boucle sera bouclée génétiquement parlant car on ne peut créer mieux que ce qui fut créé et surtout pas en niant la réalité
toute bonne journée à vous

Écrit par : lovsmeralda | 21/11/2011

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