21/04/2012

La psychanalyse offre-t-elle à mon enfant plus de ce que je peux lui offrir en tant que mère ?


Rien n'est plus précieux que le temps. Il faut du temps pour que l'enfant croisse et -à travers les possibles qu'il croise sur son chemin - s'inscrive dans son propre devenir.


Cette réflexion revêt, sans doute, encore plus de sens lorsqu'on a un enfant différent. Dans l'accompagnement de son développement, il ne faut ni aller trop vite ni trop lentement. Le temps a un sens, dans tous les sens de son terme. Il procède, mais il ne détermine pas.

Chaque enfant naît libre: c'est lui qui trace à travers ses choix son destin. C'est lui qui  à son rythme et par son talent, s'approprie de  l'impondérable qui forge nos quotidiens. C'est lui, tel un auguste augure, qui trace le périmètre de son propre être. Et cette liberté est sacrée. Personne n'a le droit d'y toucher. Chaque enfant construit, dans le temps qui avance, son propre espace de permanence.


Pour moi aider mon enfant différent ce n'est pas opérer ses choix et encore moins presser le temps.

Ce n'est qu'aujourd'hui que le temps est atome, insécable, en vérité si déterminé. Le temps aujourd'hui est une croyance.

Pour moi aider mon enfant c'est donner du sens aux possibles, c'est lui expliquer -que même sans mots- il peut faire un choix. Je ne lui offre pas les choix (nul ne peut offrir l'imprédictible), mais je lui offre la possibilité de comprendre le sens d'un choix. C'est bien plus précieux.  J'offre à mon enfant non pas un temps, mais des temps. Le temps est depuis toujours, sauf de nos jours, histoire de césures.  Comme nous, le temps respire. En l'aidant à développer ses compétences, j'offre à mon enfant la possibilité de s'inscrire dans son espace, intérieur, en respectant ses temps.


La psychanalyse, elle, offre, à mon enfant, un mirage: son espace et son temps sont des leurres (des leurs). Elle offre du silence, là où il faudrait du sens. Elle propose un avenir, là où il faudrait offrir un devenir. Elle croit donner un espace de liberté, là où en réalité elle perd l'enfant dans sa vérité. Elle est atome. Dans l'espace de silence qu'elle invente, elle livre à l'enfant son sens des choses, là où il faudrait lui offrir la possibilité de comprendre le sens des choses. C'est bien différent.


Croyez-vous vraiment que la psychanalyse puisse offrir, du haut de ses paradigmes, ce que la force vitale d'une mère donne naturellement à son enfant, le sens du lien ?


Mon enfant n'a pas besoin de croyance.  Il a besoin de donner du sens aux sens qu'ont les liens.





10:50 Publié dans Autisme - mon fils | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | | Pin it! |

Commentaires

Après avoir vu un reportage sur un programme scolaire dans lequel est intégré un autiste tout en étant accompagné d'une psychanaliste,on est tenté d'y voir l'enfant devenu objet à rendement et cobaye pour statistiques scolaires,mais c'est mon avis personnel

Écrit par : lovsmeralda | 21/04/2012

C'est si juste et magnifiquement dit.

Merci à l'auteure !

Olivier

Écrit par : Bousquet | 23/04/2012

Je suis sénégalaise et maman d'un garçon autiste de 7 ans. Cela fait presque six anx que je suis sans relâche à la recherche de parents d'enfants autistes avec qui je pourrais échanger à propos de notre vécu. J'avoue qu'au cours de mes recherches j'en ai trouvé des milliers, mais malheureusement j'ai toujours été découragée par leur pessimisme.
Personnellement, je considère que être la maman d'une personne autiste est un le plus beau cadeau qu'elle puisse recevoir dans sa vie, mais c'est seulement au bout de multiples efforts, d'engagement et de sacrifices que l'on peut se rendre compte de cet honorable privilège.
Après avoir lu votre site, je me sens encore plus fière et plus déterminée à accompagner mon fils et à le représenter dans les sphères qui lui sont encore inaccessibles....

Écrit par : Oumou Kalsoum | 08/05/2012

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