06/11/2012

Le partenariat, c'est quoi ?

Tout le monde vous dira qu'il pratique le partenariat, de la même manière que tout le monde vous dira qu'il est contre la faim dans le monde. Vous connaissez quelqu'un qui dirait qu'il est pour? Pas très "fashion".

Mais il faut s'interroger sur le mot "partenariat". C'est ce qu'Autisme Genève avec Théo Peeters, coorganisateur, a décidé de problématiser dans un congrès scientifique le 17 novembre prochain au Centre médical universitaire de Genève.  Infos: www.autisme-ge.ch

Si je vous dis le mot "véhicule", à quoi pensez-vous ? Des  gens répondront "voiture", d'autres "vélo", "moto", "avion", "ballon" ou que sais-je encore ? Le mot "véhicule" est si général qu'il recoupe beaucoup de réalités. C'est la même chose avec le mot "partenariat". Derrière ce mot, il y a pleins de réalités qui –chacune- reconduit à une théorie.  

 

Quiconque s'intéresse au thème du "partenariat" doit alors s'intéresser à la théorie sous-jacente… Ce terme recouvre, en effet, des théories et des politiques d’accompagnement très différentes.

 

 

Nous pensons, à Autisme Genève, que sa mise en œuvre dans le domaine de l’accompagnement des personnes avec un TSA demande aujourd'hui, en Romandie, un changement de paradigme important, où les parents passent du statut de personne considérée comme étant à l’origine du problème de l’enfant et ‘co-malade’, au statut de partenaire. Evidemment cela perturbe un peu les habitudes, les rouages si bien huilés, les discours si jaunis, etc.

 

 

Cette dernière vision relève d'une théorie psychanalytique, où le parent se voit souvent proposer, de même que son enfant, des séances de psychothérapies, évidemment dûment remboursées. Il y apprend sans doute à découvrir la singularité de son génome ;-) Mais ce n'est pas par des grilles d'interprétations que nos enfants se "singulariseront"…encore une illusion de celles et ceux qui croient, en accusant à tord les autres d'être de déterministes, que la liberté de la parole (eux diraient de la voix) apparaît tout d'un coup, comme ça: lorsque la voie est prête… Mais à force de jouer avec les mots, ces théoriciens-là finissent par oublier que les mots ont un sens pour les personnes qu'ils sont censés "accompagner"…

 

L'autre théorie donne aux personnes avec TSA un sens concret aux mots. Il n'y pas de voix/voie, de mot/maux, de mer/mère, pair/père ou que sais-je encore ? De con/combre ! Ah non, zut, là ça marche pas ;-)

 

La  théorie que nous défendons considère le professionnel comme co-partenaire du parent qui est, en vérité, le vrai "expert" de son enfant. Le parent vit de l'intérieur l'autisme et longtemps. On ne fait jamais vraiment totalement le tour de l'autisme: peut-on faire le tour d'une identité? C'est en étant modeste devant cette autre manière d'être, en étant, parents et professionnels, unis pour mieux comprendre et créer des ponts avec la personne avec TSA qu'on lui garantira enfin une vraie liberté et une vraie "singularité".

 

Etre co-partenaire c'est comprendre les besoins de la personne avec TSA et y apporter des solutions concrètes ensemble.

Ce n'est en tout cas pas en attendant que la voie/voix se manifeste qu'on l'aidera… c'est plutôt en lui APPRENANT  les différences qu'il existe, par exemple, entre la voix et les voies.

 

Alors, justement en parlant de voie, choisissons enfin la bonne pour tous nos enfants.

 

 

 

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