10/10/2013

L’individualisation des programmes scolaires met-il en danger le métier d’enseignant ?

 

 

Tout dépend de ce qu’on entend par individualisation.

 

L’école représente un contexte social. Au sein des écoles suisses (cela se passe autrement dans d’autres cultures), le mode d’apprentissage fonctionne sur une base d'enseignement "collectif": tout le monde doit apprendre les mêmes notions en même temps (en somme le plus possible cela s’entend). C’est un rapport d’apprentissage collectif, où la part d’individualisation n’est pas retenue comme probante sur le plan didactique. « Différenciation » est le mot plutôt employé par les enseignants. Ils essayent, tant bien que mal, de différencier les apprentissages par rapport aux difficultés de l’élève. Mais différencier ne veut pas dire « individualiser ».

 

Avec le nouveau paradigme de l’école inclusive, de nouvelles questions se posent aux enseignants. Ces questions, par la nature même du changement de paradigme, interrogent la didactique actuelle. Est-il suffisant de « différencier » les apprentissages ou faut-il plutôt les « individualiser » pour permettre à cet élève aux besoins spécifiques de faire son parcours scolaire avec des pairs ?

 

Cela mérite d’être débattu.

 

Derrière le débat, il y a sans doute des visions différentes de la « spécificité ». Elles ne sont pas anodines. Ces visions façonneront des paradigmes sociétaux différents de « l’instruction publique ».

 

Les débats doivent avoir lieu. Des idées vont se confronter. C’est normal. Mais au final, la vraie question est celle de l’enfant.

 

Lorsque je dis enfant, je ne pense pas à l’enfant « juridique » qui a des droits, ni à l’enfant « handicapé » qui a des « besoins », ni à l’enfant « élève » qui a des « devoirs ». Je pense à l’enfant.

 

Je pense qu’il serait bien que chacun réussisse à penser à « l’enfant ». L’enfant est potentiellement un adulte. C’est ainsi, je pense, qu’on répondrait mieux à sa « nature ».

 

N’est-ce pas là la mission de la société ? Le collectif est-il là pour modeler la nature ou la laisser se déployer dans un cadre collectif ? Parce que ce n’est pas la même chose….

 

Il me semble que dans la vision qui -aujourd’hui- s’oppose entre « différenciation » et « individualisation » des apprentissages, il y a cette considération différente du rôle du « collectif ».

Peut-être que la vraie question est de savoir comment apprend vraiment l’enfant qui en face de nous ?

Le métier d'enseignant ne se définit-il pas en fonction de la réponse/des réponses à cette question ?

07:16 Publié dans Autisme - école - inclusion | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | Pin it! |

Commentaires

Les moyens, les moyens! Encore et encore...
Pas forcément qu'ils manquent mais...plutôt qu'ils sont mal placés!

Écrit par : Duval | 10/10/2013

Les commentaires sont fermés.