26/11/2014

Il est urgent de replacer les enfants handicapés au cœur des politiques publiques

Dans mon dernier blog, j’ai évoqué le projet « 2014, année de l’enfance », lancé par la Ville de Genève à l’occasion du 25ème anniversaire de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant et j'ai été épatée de constater que les enfants handicapés étaient les grands oubliés du système !

 


Comme Mme Esther Alder, j'ai constaté qu'on n’a jamais autant parlé des droits des enfants, mais que les enfants handicapés restent étrangers aux grands débats de société et sont les parents pauvres des politiques publiques, pensées par et pour les adultes neurotypiques.


« Notre monde est faussement pédocentrique », a ainsi affirmé l’un des conférenciers, le professeur Jacques Fierens. Tout se passe en réalité comme si les adultes avaient peur des droits de l’enfant. Ils se plaisent à les proclamer, mais se refusent à les mettre pleinement en vigueur. Ils agissent finalement comme si les enfants n’existaient pas.

Si les autorités disent cela des enfants dits normaux, imaginez donc ce qu'il en est des enfants handicapés....


C’est particulièrement évident dans les débats actuels concernant l'absence totale de budget concernant -par exemple- l'inclusion scolaire, vecteur principal de socialisation et tremplin pour l'autonomie de l'enfant.

On peut se demander pourquoi les enfants handicapés sont les grands oubliés de débats qui les concernent pourtant au premier chef.


Il faut chercher une partie de la réponse du côté de l’indifférence totale du monde politique vis-à-vis des personnes en situation de handicap, indifférence qui ravage aujourd’hui tant de sociétés.

Comme l’a souligné Martine Kurth, la logique d’efficacité financière et économique dominante nous conduit toujours davantage à considérer les enfants handicapés uniquement en termes de coûts. Si l’on suit cette logique, il ne faudrait pas trop se préoccuper des enfants avant qu’ils ne deviennent des adultes productifs.

 

A Genève, la majorité ne considèrent même pas qu'en donnant leur chance à ces jeunes d'aller à l'école d'où ils sont exclus ils pourraient devenir productifs !


 

Il est urgent de replacer les enfants handicapés au cœur des politiques publiques. Cela impliquera pour les adultes que nous sommes de nous placer à hauteur d’enfant et de changer de regard. Et à voir le monde plus souvent avec les yeux des enfants, nous retrouverons peut-être un peu de cette humanité que nous avons perdue à réfléchir toujours en termes de coûts, de profits et d’efficacité.



Je remercie beaucoup Mme Esther Alder de m'avoir facilité le travail pour la rédaction de mon billet ce soir...j'avais si peu de temps pour l'écrire :-) Voir son billet:

http://estheralder.blog.tdg.ch/archive/2014/11/26/il-est-urgent-de-replacer-les-enfants-au-coeur-des-politique-262198.html

Je me suis juste permise d'y ajouter quelques mots-clés qu'elle avait, à mon sens, oubliés et rectifiés quelques considérations juste pour y mettre une touche plus personnelle (en grasset).

C'est fou qu'il puisse y avoir dans des textes qui parlent des droits de l'enfant, les exclus des exclus. Vous ne trouvez pas ?

Je pense qu'il serait plus judicieux de mener ce combat des droits de l'enfant tous ensemble.

Ou il faudra expliquer pourquoi les enfants en situation de handicap n'auraient pas accès à ces mêmes droits... Mais c'est une voie périlleuse...difficile... je déconseille.





Commentaires

Bonjour,
Je m'étonne de vos lignes. Je siège à l'instant à la Commission de Droits de l'Homme où justement nous traitons longuement de votre sujet (les enfants handicapés et l'école) pour tenter rendre attentif la commission des Finances pour qu'elle soit plus ouverte afin de trouver une solution pour remédier à ces lacunes. Madame Anne Torracinta du DIP sera prochainement entendue.

Écrit par : Henry Rappaz | 27/11/2014

Bonjour,

Je suis ravie d'apprendre que la Commission des Droits de l'Homme va longuement traiter de ce sujet pour rendre la Commission des Finances attentive au fait que nous sommes à Genève dans une situation de non droit. Peut-être que l'un des membres de votre Commission sera désigné pour accompagner un représentant fédéral en janvier prochain devant le Comité des droits de l'enfant pour répondre aux questions qui ont été posées à la Suisse, notamment sur l'inclusion scolaire des enfants autistes. Je pense que nous devons tous faire avancer à grands pas la réflexion: beaucoup, beaucoup, mais alors beaucoup d'enfants attendent les décisions des grands.

Écrit par : Marie-Jeanne | 27/11/2014

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