20/01/2015

Autisme : la Suisse face au comité des droits de l’enfant (ONU) les 21 et 22 janvier

Le mercredi 21 et le jeudi 22 janvier, la Suisse devra répondre aux questions que le comité des droits de l’enfant (CDE) de l’ONU a posées sur leurs droits qui, dans bien des domaines, ne sont pas respectés en Suisse.

Parmi les questions soulevées, 4 sont directement liées à la question des troubles du spectre de l’autisme (TSA) :


1/ Qu’en est-il du packing en Suisse ?

 

Autisme Genève dénonce la pratique de cette thérapie issue de la pensée psychanalytique et qui consiste à envelopper dans des draps froids et humides des personnes en situation de handicap, dont des autistes.

 

2/ Qu’en est-il de l’enfermement dans des unités de psychiatrie sans droit de visite des parents ?

 

Autisme Genève dénonce la séparation parents/enfants et la limitation du droit de visite lorsque des psychiatres, souvent pas formés à l’autisme, décident d’enfermer des mineurs en unité psychiatrique.

 

3/ Qu’en est-il de l’inclusion scolaire ? Qu'en est-il de l'intervention précoce ?

 

Autisme Genève dénonce la ségrégation dont sont victimes les enfants en situation de handicap, particulièrement les enfants autistes qui sont, pour la très grande majorité d’entre eux, exclus de l’enseignement ordinaire. Le système genevois a été particulièrement pointé du doigt et le CDE demande à Genève de s’expliquer sur la situation réelle : quelles mesures ont été prises ?

Autisme dénonce le manque de place d'accueil dans les deux centres d'intervention précoces qui existent à Genève, dont l'un par ailleurs entièrement financé par des dons privés et qui à eux deux n'accueillent que 8 à 10 enfants sur les 60 qui répondraient aux besoins réels  du Canton !!

 

4/ Statistiques

 

Autisme Genève dénonce l’absence de statistiques.

 

Comment est-il possible, s’interroge Autisme Genève, de mettre en place une vraie politique publique des TSA sans savoir combien de personnes sont concernées ?

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La Suisse a livré ses réponses qui sont génériques, lacunaires.

Ce mercredi et ce jeudi la Suisse les défendra face à un Comité qui aura probablement besoin d’éclaircissements vu l’aspect si générique de ces réponses.

Autisme Genève sera présente avec un comité de soutien pour écouter les propos de la Suisse…

Nous vous tiendrons au courant.

 

Pour suivre le dossier depuis le début : ici

 

Dans 4 ans, la Suisse fera à nouveau l’objet d’une supervision de la part du CDE. Nous serons au rendez-vous. La Suisse, Genève, puisque les politiques sont cantonales, doivent mettre en place une vraie politique publique des TSA !

Nous affirmons que sans un « plan directeur interdépartemental spécifique autisme », nous continuerons à faire une politique du rafistolage !

Stop à l’amateurisme, construisons de manière coordonnée, planifiée et cohérente l’avenir pour tous nos enfants.

Ayons une pensée différente.

 

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Conférence de presse sur ce sujet: ici

 

Commentaires

2) ne me dites pas que cette pratique existe encore? si oui j'en reste les bras ballants
J'avais remarqué la vétusté de l'ancien Bel-Air lors d'un reportage sur le placement des personnes âgées /temps présents/ mais j'ai de suite pensé,ma vieille tu ne vois pas clair cependant votre article confirme bien ce qui avait frappé mon regard
Quand à l'ONU je réserve mon point de vue surtout après avoir lu un article Belge et paru sur le site Les Observateurs .Article lu malgré tout avec méfiance certains n'hésitant pas à vouloir démotiver quitte à dresser une montagne sur une simple taupinières faites de rumeurs
Très belle journée pour Vous Madame

Écrit par : lovsmeralda | 21/01/2015

@ lovsmeralda


Un 1969 je suis entrée dans la mouvance psychanalyrique par ce qui est la formation non de cette "science" (trop particulière par le "transfert" notamment) pour être dite science) mais de cette démarche.

L'appel que j'entends me tournant vers le social je mis cette connaissance au service de mes activités sans faire placer une plaque de psychanalyste sur ma porte.

Le rapport du psychanalyste, sans les insensées dérives qui ont suivi, se présente comme suit: première rencontre, le psy est derrière son bureau, le futur "analysant" a pris place sur un siège en face de lui. Entretien puis décision et conditions.

Seconde rencontre et suivantes l'analysant est étendu sur un divan.

Il ne doit y avoir aucun rapport quel qu'il soit autre que celui de la cure. Cure de la PAROLE. Agents pour le travail: le transfert (vécu par l'analysant comme un engouement fou pour "son" psy) et les associations de mots.

Françoise Dolto a comparé la situation du psy à celui d'un caméléon au fur et à mesure que l'analysant voit par le psy comme par un miroir ressurgir les personnes les plus signifiantes de son passé.

Le/la psychanalyste ne doit jamais critiquer son patient "y compris mentalement".

L'analysant ne doit pas connaître la vie privée de son psychanalyste... étant bien entendu que les gens parlent...

Aucun rapport physique.

Par conséquent les mauvais traitements que vous évoquez sont l'un des signes de ces dérives...

La "thérapie" consistant à envelopper dans des draps froids et humides des personnes en situation de handicap, dont les autistes n'est pas issue de la pensée psychanalytique.

Ces deux incontournables psychanalystes que furent Françoise Dolto et Jacques Lacan, cravate petit nœud papillon... demeurèrent fidèles, Lacan y revenant en fin de compte, à Freud.

Toute bonne journée à vous.


Formée professionnellement éducatrice, j'avais dans un groupe d'enfant, sept, un autiste.

Ses problèmes, sa démarche, à l'écart du groupe, son mutisme, dans son intérêt, ne permettait pas d'envisager la fréquentation d'une école d'enseignement ordinaire.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 21/01/2015

Très clairement, il y a une discrimination envers les enfants dont les parents choisissent les voies les moins onéreuses pour la société.

Écrit par : Laurent | 21/01/2015

Ces attaques répétitives contre la psychanalyse dans le champ des TED sont tellement caricaturales qu'on ne sait plus par quel biais s'y prendre. Lacan, exclu du mouvement psychanalytique international ne s'est pas occupé de ce trouble, Dolto était elle aussi hors du même mouvement, Bettelheim était un éducateur, il ne pratiquait pas la psychanalyse. Qu'est ce que la pratique psychanalytique ? Un patient qui consulte un analyste - si possible reconnu et pas autoproclamé - et qui fait une cure qu'il paie de sa poche, 3/4 séances par semaines sur 4 à 6/7 ans. Que vient faire le packing là dedans ? On est en pleine désinformation ! Plutôt que d'allonger, je prends la liberté de renvoyer au livre de Jacques Hochmann "Histoire de l'autisme" qui est une étude rigoureuse et exhaustive abordant TOUS les sujets. L'auteur est psychiatre et psychanalyste, et alors ? Faut-il le brûler, comme Michel Servet ? La piste génétique se révèle largement aléatoire, l'idée "d'un" gène est absurde. Il y en aurAIT des quantités dont on ne pourrait mesurer l'impact qu'en interactions avec l'environnement, l'individu porteur, etc. Autant dire que la complexité est infinie (cf. le livre de Bertrand Jordan, généticien qui méconnaît la psychanalyse autant qu'il la déteste "Autisme le gène introuvable : de la science au business."). Les neurosciences ont de formidables moyens (et budgets) et elles peuvent visualiser les conséquences des TED sur l'activité du cerveau, les conséquences pas les causes ! Il n'existe aucune preuve objective de l'existence d'un trouble organique qui serait à la base de l'autisme mais des faisceaux de présomptions reposant sur des données statistiques, des hypothèses travaillées par une équipe de chercheur portant sur très peu de cas et souvent dont les résultats sont contestés par d'autres études... Parler de handicap plutôt que de psychose est le résultat d'un consensus "pour gain de paix" mais pour le reste un simple changement de nom (avec des conséquences budgétaires et corporatistes). Le mot psychose ne définit pas une maladie mais décrit un ensemble de troubles psychiques sans plus. Un handicap décrit une maladie dont la cause organique est prouvée ce qui n'est pas le cas pour l'autisme. Passer des lustres à se battre sur ces termes est donc de la politique politicienne, sans autre conséquence que de disqualifier telle corporation et de valoriser telle autre. Le terme "neurodéveloppemental" est pratiquement indéfinissable précisément, toute maturation est neurodéveloppementale. Donc, si on a du temps à perdre... La question de l'origine, en fait, il très improbable que même les plus jeunes d'entre nous puissent y répondre de manière définitive à l'échelle de notre vie. Le cerveau est d'une telle complexité qu'il ne se laissera pas enfermer avant longtemps dans une ou des explications réductrices. C'est ainsi, on peut le regretter comme on regrette que la physique soit et de loin à des années lumières d'être appréhendée dans une ou deux formules. Les malades eux, ils gagneront beaucoup lorsque cesseront ces guerres de religions ! Aucun psychanalyste actuellement et depuis au moins 50 ans ne pense plus que les parents sont responsables des troubles autistiques de leur enfant. Tous étaient et sont de plus en plus dans les questionnements. Ceux qui se sont aventurés dans de telles accusations avaient certainement et avant tout des comptes personnels à régler avec les parents (peut-être les leurs mais ça les regarde). Ceux qui se sont posés des questions en avaient le droit, certains se sont aventurés dans des réponses et ils ont eu tort. Quand à ceux qui ont manifesté mépris ou morgue à l'égard de parents dans des consultations, ils se sont écartés de la voie de questionnement de Freud, Klein, etc. Ils n'ont que ce qu'ils méritent. Maintenant, peut-on envisager une collaboration constructive qui intègre les champs de savoirs et de pratiques avec des personnes qui font autre chose que d'excommunier leurs collègues. Un fait est incontestable, Hochmann le montre bien, de nombreux analystes ont essayé en s'aventurant hors cabinets de sortir les enfants autistes de conditions d'existence déplorable. Ils y ont parfois réussis. Vivement qu'ils puissent le faire avec d'autres, parents, éducateurs, psychiatres, psychologues, chercheurs et autres hommes et femmes de bonne volonté. Pour le reste, les controverses ont quitté les sphères de la rationalité et représentent un déplorable gâchis.M. Geyer

Écrit par : Geyer M. | 24/01/2015

On ne saurait assez recommander à Geyer M. de revoir sa copie.

Bettelheim, en effet non reconnu psychanalyste bien qu'"analysé par... a passé sa vie à traiter des enfants autistes (Ecole de Chicago)

Dolto a toujours été fidèle à Freud.
Lacan après avoir tourné le dos à ce dernier, Freud, sur fin de carrière, y est, revenu.

De façon telle que Dolto qui n'appréciait pas particulièrement Lacan a travaillé avec lui à la préservation de la psychanalyse en France.

Il s'agissait simplement de relever que jamais analysant (patient) s'allongeant sur divan n'est enveloppé en ou par quoi que ce soit concernant la psychanalyse telle qu'elle fut mise sur pied et se pratique par gens autorisés (les victimes de déviances ou leurs parents sont en droit d'attaquer de tels "chirurgiens" de l'âme...

Educatrice stagiaire j'eus le privilège d'assister à l'Ecole tenue par Renée Delafontaine, à Lausanne.
Chaque enfant handicapé, pour "avancer réellement" et avec "régularité" quel que soit son handicap, avait besoin de moments de travail intense avec Renée Delafontaine. Raison pour laquelle pendant ce temps particulier aux efforts tels que Renée parfois en transpirait avec larmes coulant sur son inoubliable visage rayonnant une seconde personne s'occupait de l'ensemble formé par les autres enfants. Les progrès réalisés étaient ceux qui pouvaient l'être au maximum.

Ceux qui réclament des classes spéciales pour jeunes trop handicapés (à voir situation par situation) ne sont nullement personnes pratiquant l'exclusion.

Egalement, last not least, à ne pas perdre de vue la santé des profs et l'ambiance générale pour les élèves non handicapés... qui doivent pouvoir avancer à leurs pas et rythme

Écrit par : Myriam Belakovsky | 25/01/2015

M. Geyer, Je vous remercie pour votre message.

J'aimerais bien que nos arguments contre la psychanalyse ne soient pas fondés. Malheureusement, ils le sont.
Nos arguments ont été reçus par le Comité des droits de l'enfant. C'est un moyen comme un autre, pour notre association, de faire avancer la réflexion autour de l’accompagnement de nos enfants leur vie durant à Genève et en Romandie. Nous sommes donc très constructifs et d'ailleurs nos partenaires avec lesquels nous collaborons à l’État pour faire avancer les connaissances dans le domaine des TSA le savent bien et le reconnaissent aussi.

Nous ne sommes pas non plus en train de parler de Bettelheim, dont fort heureusement même les plus fanatiques de nos interlocuteurs reconnaissent l'idiotie des propos (y compris au moment où ils ont été prononcés).

Non: nous parlons de M. Délion qui défend le packing (qui, ne vous en déplaise,est bel et bien issu de la pensée psychanalytique et qui n'a pas été décrié par M. Hochmann que vous citez).

Nous parlons de M. Golse dont les théories sur l'origine des troubles du spectre de l'autisme sont contestées par la recherche scientifique au niveau international.

Hochmann a certainement eu le mérite de condamner durement le mouvement lacanien et de favoriser les approches éducatives. A ce titre, il s'est démontré bien plus constructif que bien d'autres de ses collègues. Il dit en même temps que le terme de "neuro développemental" est vague... peut-être, mais pas moins que celui de psychanalyse... à la différence près que dans le premier cas, les neurosciences s'efforcent sur la base de faits d’avancer dans la recherche des causes des TSA, tandis que la psychanalyse qu'il défend et qu'il définit lui-même comme une "machine à donner du sens", y compris au packing, procède aveuglément et attend toujours un hypothétique "réveil" de l'enfant à la relation...

C'est une approche bien insuffisante, même si elle se veut consensuelle, gentille, conciliante (etc.) et se profile comme la seule voulant dépasser les vieilles oppositions... M. Hochmann se trompe: il n'est pas le seul à proposer de dépasser les vieilles querelles, mais les solutions que nous proposons ne sont pas les siennes.

Il ne s'agit pas maintenant de faire une sorte de syncrétisme, un espèce d'amalgame théorico-pratique et d'affirmer que sur le terrain ensuite tout va bien dans le meilleur des mondes. C'est un peu candide. Ailleurs, depuis plus de 40 ans, l'accompagnement des enfants et adultes avec un TSA se fait sans la psychanalyse et ils s'en portent très bien !

Nos enfants ne sont pas là pour sauver des théories.


Si je peux me permettre de vous conseiller quelques lectures en plus de celle de M. Hochmann, je vous recommanderai la lecture de témoignages de personnes avec autisme qui vous diront ce qu’elles pensent de la psychanalyse.

"Le Dr Stein a incliné la tête et a noté quelque chose sur mon tableau. pendant deux ans, j'ai régulièrement rendu visite au Dr Stein et j'ai maintenu le chiffre d'affaires des fabricants de bonbons M&M's" , Temple Grandin.


Mon idée n'est pas de faire des polémiques M. Geyer, mais d'avancer sans que sans cesse des personnes n’entravent, par une théorie ou l'autre, conciliante ou pas, le chemin de nos enfants.

Parce que figurez-vous qu'il est vraiment vraiment vrai, M. Geyer, que nos enfants ne vont pas à l'école, qu'ils ne suivent pas de programme scolaire dans les institutions, que lorsque par miracle ils en suivent un, ce dernier n'est pas attesté.

Il est vraiment vrai que le packing est pratiqué; dans le canton voisin, il y a même des actes de contention par cingles qui ont été dénoncés.

Il est vraiment vrai que le study coaching n'existe pas, ni le job coaching et que faute d'accompagnement de personnes vraiment formées, nos enfants sont laissés à la dérive dans un secteur du spécialisé qui les occupe à la place de les éduquer dans l'attente d'une hypothétique éveil de la relation (c'est ce qu'ils apprennent sur les bancs de l'école...)


Il est vraiment vrai qu'il faut maintenant dépasser cette ignorance maintenue par notre système.

M. Hochmann d'un côté y contribue sans doute un peu, mais de l'autre il maintient dans la plus crasse ignorance les avancées scientifiques en cours dans le domaine des TSA. Il contribue ainsi à maintenir les vieilles querelles bien animées.... et pas même à son insu.

Cordialement,

Mj Accietto

Écrit par : Marie-Jeanne | 25/01/2015

Le travail auprès d'enfants autistes ne saurait s'accomplir que (enfants pratiquement non autistes juste un souffle...) ou sur bancs d'école!

Tant dans leur intérêt que celui de leurs familles, amis et camarades ainsi que de leurs profs...

Comment comprendre qu'aujourd'hui on stagne au point de se poser la question de savoir quoi faire ou décider de mieux pour eux en un pays riche qui fut doté d'excellents spécialistes en la matière, médecins et pédagogue?!

Écrit par : anguillesousroche | 25/01/2015

Un enfant autiste type vit comme enfermé en lui-même, se tient à l'écart de de son groupe et, fait incontournable, le plus souvent ne parle pas.

N'attaque pas tant qu'il n'est pas regardé avec curiosité autrement peut sauter sur la personne et la mordre... ce qui le conduirait de sa classe à l'hôpital psychiatrique. Ayant professionnellement accueilli un enfant autiste en groupe non scolaire je puis affirmer que je sais exactement de quoi je parle.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 25/01/2015

Désolé ce nest pas en répétant plusieurs fois des à peu près ou carrément des contre-vérités qu'on en fait des vérités. La packing a été utilisé par des psychanalystes en fonction de théories sur l'image du corps tout à fait legitimes (je ne dis pas justes mais légitimes), elles ne sont ni intrinsèquement psychanalytiques ni sadiques. Accuser Delion comme on le fait est une scandaleuse chasse à l'homme qui relève au moins de l'acharnement. Qu'on trouve quelqu'un qui a autant fait pour les enfants autistes que lui et donc pour leur famille. Brûler Bettelheim sur des erreurs, réduire toute sa carrière à celles-ci, c'est quasiment équivalent au procès staliniens. Oui,il sest trompé, non il n'a pas dit des idioties. La mère frigidaire par exemple est une expression de Kanner, pas vraiment grand adepte de la psychanalyse ! Respecter et étudier une théorie ce n'est pas entrer dans une secte. Je ne me sens nullement obligé d'adhérer à tout ce qu'il a dit mais pas non plus de le démolir parce que c'est "fun"! Je ne hurle pas avec les loups. Se tromper, c'est ça le prix de l'action, en psychopathologie comme ailleurs. "Les neurosciences ont-elles pour objet de devenir, sinon la science totale de l'être humain, du moins celle qui permet la synthèse de tout ce qui est pensé, vécu, agi, fait par lui ? ", s'interroge le philosophe Yves Charles Zarka dans la revue Cités, aux PUF. " En voulant faire des neurosciences une science de l'esprit, on bascule dans l'idéologie ".
Quand aux positions qui se référent exclusivement à des expériences personnelles, on ne peut pas les discuter mais elles ne constituent une vérité généralisable à tous les parents ou enfants autistes. Elles sont à prendre et à respecter pour ce qu'elles sont.

Écrit par : Geyer M. | 27/01/2015

Je suis tout à fait d'accord avec vous: ce nest pas en répétant plusieurs fois des à peu près ou carrément des contre-vérités qu'on en fait des vérités.

Cette vérité s'applique aussi à votre raisonnement.

En matière d’idéologie, je pense que la psychanalyse a une longueur d'avance.

Les neurosciences apportent une nouvelle base de réflexion qui ouvre à des nouveaux possibles, à de nouvelles perspectives. C'est cela qui est intéressant. Il faut ne pas avoir peur d'épouser le mouvement: c'est la meilleure manière de conserver un état.

Ce n'est pas Zarka qui le dit (avec tout le respect que je voue à Zarka dont j'ai apprécié la qualité des ouvrages, même si je ne partageais pas son point de vue sur sa manière d'aborder Hobbes...mais, j'en conviens, c'est un autre débat), Huygens dixit.

Est-ce à dire que les neurosciences sont la seule base de la connaissance humaine ?
Je n'ai jamais dit ça.

Quant à l'expérience personnelle, Monsieur, je suis d'accord avec vous: elle reste personnelle. La votre comme la mienne, comme celle de nos voisins.

Cela ne veut pas dire pour autant que la confrontation de ces expériences uniques ne soient pas semblables. L'unique n'enlève pas le commun. Et c'est dans ce commun que l’humanité se révèle.


Cordialement

Marie-Jeanne Accietto

Écrit par : Marie-Jeanne | 28/01/2015

Toute théorie est donc discutable et d'une certaine manière décevante. En 1980, on me disait qu'on allait découvrir le gène de la schizophrénie dans 5 ans, puis 10 et on est en 2015 et toujours rien de probant à l'horizon, si ce ne sont des faisceaux de présomptions, basés essentiellement sur la science/idéologie statistique. Idem pour l'autisme, etc. Ce n'est pas pour autant qu'on accuse les tenants de ces théories d'être responsables de tout comme l'a fait par exemple un praticien qui a accusé les psychanalystes d'être coupables de la mort de toxicomanes parce qu'ils ignoraient ce que tout le monde ignorait :l'épidémie SIDA (cf. Livre noir). Reconstruire l'histoire à l'envers cest une spécialité des freudwars. En attendant donc la terre promise,nous devons travailler pour le bien des malades/handicapés /TED, ou comme on voudra les appeler. Ce qui obsolètes,ce n'est pas la psychanalyse, les neurosciences mais ce sont les annonces prématurées ou fausses, les excommunications, procès de blouses blanches et autres techniques visant à abolir l'acceptation de nos limites. Geyer M.

Écrit par : Geyer. M | 29/01/2015

Cher M. Geyer, Lorsqu'une théorie entrave le développement d'autres théories et la mise en place d'autres approches, alors il est juste de la condamner. Les Anciens défendaient le tyrannicide.

Savez-vous que les approches éducatives (cognitives et comportementales) préconisées sur le plan international comme aides essentielles au bon développement de nos enfants ne sont pas reconnues en Suisse et donc pas remboursées ? Ce sont les parents qui payent l'EDUCATION de leur enfant !!

Le système préconise et rembourse de manière quasi exclusive une autre approche, une approche psychodynamique qui n'a aucune base scientifique pour le suivi des enfants avec un TSA. . Avez-vous lu le rapport de la HAS à ce sujet ?

Ce n'est donc pas une question d’excommunication, ni de procès,ni de chasse aux sorcières, mais de condamner la tyrannie qui, elle, entrave la vraie liberté de choix pour les parents. Je ne brandis pas le Malleus maleficarum, M. Geyer, je revendique qu'en tant que parent nous ayons le choix de suivre la voie qui nous semble la meilleure pour le développement de NOTRE enfant.

Ce n'est pas le cas hic et nunc. C'est cela que je condamne.

Je m'oppose aux rouages tyranniques d'un système bien huilé qui peine à changer au nom de croyances qu'il érige en absolu. Ce n'est pas moi qui excommunie, M. Geyer, je suis en tant que parent d'emblée sur la touche. Système oblige.

Je constate toutefois une évolution depuis le début de notre travail associatif: si aujourd'hui je suis encore sur la touche, il y a dix ans à peine, j'étais tout simplement invisible.

Vous voyez, je mesure et apprécie ces pas de fourmi. Dans dix ans, on m'aura peut-être ouvert la porte... Mon fils aura alors 25 ans. Un peu tard, non ?

Cordialement

MJ Accietto

Écrit par : Marie-Jeanne | 30/01/2015

Bettelheim racontait des idioties... chacun assume ses dires mais en ce qui concerne l'Ecole de Chicago, les traitements et soins aux enfants autistes de et par lui-même et ses collaborateurs on accourait de loin s'y initier. Il existe des films, des archives. L'Autrichien Bettelheim était-il juif? Freud, oui. Les critiques incessantes contre lui, Freud, ne sont-elles pas sous prétexte d'"étude" manière comme une autre de "bouffer du juif"?!

On ne peut parler de "linges humides" et de psychanalyse telle que pratiquée par Freud! Par la suite dérives notoires. N'importe qui, pratiquement, après un temps de "cure" en mesure de se proclamer et de s'installer psychanalyste. Il faut redire avec constance que du point de vue de Freud la cure psychanalytique "didactique" est la formation suivie de deux ou trois premières cures sous contrôle... puis pose de la "plaque"! à la porte d'entrée. Selon Freud indispensable pour devenir psychanalyste non, hérésie, linges humides mais "esprit de synthèse"!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 30/01/2015

P.S. Extraordinaires les jugements sur Bettelheim.
Dolto par ses confrères traitée de folle puis ne le pouvant plus d'"obèse"!

Jung démolisseur de Freud non sans lui avoir préalablement fait analyser ses rêves était incontournablement, indéniablement,inconditionnellement, irrémédiablement antisémite ce qu'avait dénoncé Freud avant tout pénétrant.

Le livre de Michel Onfray (son nom de famille géant, affabulation "freudienne" en tout petit sur la couverture)! annonce dès l'emblée la couleur: "Le crépuscule d'une idole"!


Un ouvrage éclairé : Cent ans après connaissance de l'inconscient, Gallimard, enquête en profondeur avec quelques analystes. Entretien avec Patrick Froté

Écrit par : Myriam Belakovsky | 30/01/2015

Ces arguments sur la psychanalyse ne sont vraiment pas crédibles. Le sujet, c'est quoi ? "Moi ma haine des psychanalystes" ou un intérêt authentique pour un travail autour de l'autisme. Encore une fois, avec tout mon respect, le fait d'être dans une famille comprenant un enfant, un adolescent ou un adulte autiste n'autorise, ne qualifie, ni ne disqualifie les propos à priori. Une association qui défend les intérêts de patients est bien sûr utile, lorsqu'elle devient l'instrument d'une chasse à des personnes (dont elle ne connaît d'ailleurs pas les histoires de familles respectives; souvent les psychanalystes sont discrets...), elle dévie de ses but et règle des comptes comme priorité. Donc, là aussi on a le droit et le devoir de réfléchir et de discuter et de discuter, voire à un débat contradictoire sinon on est dans l'idéologie et la vindicte. Si l'on parle de TCC par exemple, quels sont leur titre de noblesse en matière de "psychologie" de l'enfant ? Voilà : http://youtu.be/9hBfnXACsOI. En matière de sadisme, ça n'a rien à envier à d'autres techniques qualifiées à tort ou à raison de barbares. Ça c'est le schéme de départ des TCC, leur épistémologie de base, leur backgroud culturel, leur mythe des origines. Est-ce qu'Onfray qui réduit l'histoire de la philosophie, des religions à son égocentrisme a écrit la moindre ligne sur cette histoire là ? Non, en un an il a lu tout Freud moins bien que Coluche. Bettelheim (interdit de pratique d'analyste aux USA) a élaboré une théories non - psychanalytiques : un environnement fou peut rendre fou (celui des camps) donc un environnement sain peut guérir. Il n'est pas le seul à avoir eu ce type d'idées. Les systémiciens ne disaient pas autre chose en pire, pour eux le malade était la victime émissaire d'une famille "folle" ! Qu'a écrit Onfray là dessus ? Que disent les "Freudwars" ? Rien ! Silence radio. Qu'a fait Freud, il a écouté des enfants pour les comprendre (pas lui directement), puis Melanie Klein (http://youtu.be/HU3iSW6WTo8); Anna Freud (http://youtu.be/v80Nd8w1uts), Winnicott (http://youtu.be/ZaZkvvB367I); etc. Où sont les packs ? Ils se trompés ? Oui sur de nombreux points, comme les biologisants se trompent, les neurosciences se trompent, etc. Il n'est pas question de défendre des erreurs, des maltraitances de parents ou quoique ce soit de ce genre. TEACH & ABA mal appliqués protocolés comme de l' éthologie animale, ça peut aussi être de la maltraitance ! Donc la solution c'est suivre plusieurs voies à la fois, les pondérer l'une l'autre, l'éducatif, le psychothérapeutique, les recherches, tout ce qu'on voudra. Le temps des chasses aux sorcières est révolu. Il desservait tout le monde. Essayer de comprendre un enfant souffrant n'est pas un crime. L'éduquer non plus. Se battre comme des charretiers oui !

Écrit par : Geyer M. | 06/02/2015

Cher Monsieur Geyer,

Je ne me bats pas comme un charretier. Nous avons simplement des points de vue différents sur la question des TSA. C'est humain. Je ne fais non plus de chasse aux sorcières...pas vraiment mon truc...

Vous êtes sans doute un expert. Tant mieux pour vous.

Moi aussi :-)

Nous avons le droit l'un et l'autre de suivre le chemin qui nous semble le plus approprié.

La psychanalyse a pignon sur rue. Elle n'a pas besoin de lutter pour se faire une place.

Vous avez le droit, par ailleurs, de créer une association et de revendiquer l'approche psycho thérapeutique comme valide pour les TSA. Vous pouvez aussi prôner les approches intégratives qui existent déjà d'ailleurs. Vous avez le droit d'aller le comité des droits de l'enfant exposer votre point de vue et voir si vous serez entendu, vous avez le droit... en somme, je ne pense pas avoir besoin de vous énoncer tous vos droits.


Les approches éducatives que je défends ne sont, quant à elles, pas encore remboursées. Le saviez-vous ?

J'ai le droit de le dire ! Ou non?

J'ai aussi le droit de défendre qu'elles sont plus aidantes que les psychothérapies que vous défendez. J'ai aussi le droit de dire que la Haute Autorité de la Santé dit la même chose en classant les approches psycho-thérapeutiques dans les approches non consensuelles parce que non étayées par des étude scientifiques.

Oui je sais vous allez me dire que les approches psychanalytiques n'ont pas besoin de fixer des objectifs, de les mesurer, de les évaluer etc etc... vous allez me dire, comment mesurer l'humain ? En somme, je subodore...mais comme je suis humaine, je peux me tromper en subodorant.


Nous pouvons aussi continuer notre échange pendant des années... et ce serait avec grand plaisir, mais j'ai si peu de temps... J'ai un quotidien un peu chargé... vous savez quand il s'agit de tout créer pour son propre enfant...ça rend les journées plus longues...


Quant à la maltraitance, Monsieur, le packing en est une forme extrême. Il s’agit ni plus, ni moins que d'une forme de contention. Qui défend le packing aujourd'hui ?

Réponse:

http://did.asso.fr/les-cyberscopies/97-pierre-delion-le-packing-avec-les-enfants-autistes-et-psychotiques.html

Je cite: "Les enfants autistes et psychotiques, vous savez déjà sans doute de quoi il retourne ! Mais le packing, qu’est-ce que cela peut bien être ?
Enracinée dans les différentes cultures du maternage et de l’hydrothérapie à travers le mode, cette technique de soins a été récemment revisitée par des psychanalystes pour devenir une technique au service de la psychothérapie des sujets autistes ou psychotiques. Il s’agit d’envelopper le corps dénudé du patient dans des linges trempés dans l’eau froide et d’être-là avec lui au cours du réchauffement, attentif à ce que cette situation particulière va lui permettre d’évoquer, de revivre..."


Vous essayez de me dire quoi, en fait ?

Que le packing n'a rien avoir avec la psychanalyse ?

Alors, je vous conseille de changer d’interlocuteur et de parler avec M. Délion pour exposer votre point de vue. Il sera sûrement heureux d'apprendre qu'il n'est plus psychanalyste.


Biographie de M. Délion: http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Delion



Cordialement,

Mj Accietto

Écrit par : Marie-Jeanne | 08/02/2015

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