30/01/2015

L’école inclusive, cherchez le mot en trop !

Au moment même où tout le monde parle d’école inclusive, il faudrait, je pense, dépasser le concept même d’école inclusive. « L’école, c’est l’école. L’école où vont les enfants. Les enfants d’un même quartier. »

Ce sont en ces termes qu’une de mes amies s’exprimait récemment.

Je lui en suis reconnaissante, parce qu’elle a mis des mots sur ce que je pense profondément. L’école, c’est l’école. Et à l’école on y accueille des enfants, petits et grands.

Les enfants différents sont-ils que « différents » ? Ne sont-ils pas des « enfants »?

Toutes ces personnes bien pensantes qui défendent, au fond, la ségrégation, en brandissant comme arme la peur, de quoi ont-elles peur au juste ? Des enfants ? 

C’est risible. En somme, cela le saurait s’il n’y avait comme premières victimes de leur vision de l’école, les enfants eux-mêmes.

Sur quelles bases ces personnes bien pensantes justifient-elles l’exclusion ? Pensent-elles vraiment que des enfants différents n’ont pas de compétences cognitives ni scolaires ?

Dans ce cas, l’ignorance n’est pas dans le bon camp. Ce n'est donc pas la question d'être conservateurs, insensibles, élitistes ou simplement grognons. C'est un peu plus grave que ça.

Et puis, l’école n’est-ce pas aussi un endroit social, où l’on apprend bien autre chose que 2+2 font 4 ? En somme, je précise aux personnes bien pensantes que ceci n’est qu’un exemple et que je sais que le PER propose autre chose. L’école, c’est l’endroit où l’on apprend à se faire des amis, mais aussi des ennemis, à mesurer le poids des valeurs, à se mesurer aux autres, à comprendre les règles de la vie, y compris les règles tacites. Je dirai même que pour pas mal d’élèves dits « normaux », l’école c’est parfois cela avant que les enseignements purement académiques.

Enfin toutes ces personnes bien pensantes, que connaissent-elles réellement des institutions (prétendument spécialisées) dans lesquelles les enfants différents sont systématiquement dirigés ? Les ont-elles visitées ? Et connaissent-elles vraiment nos enfants ? J’entends : sans s’arrêter à leur propre impression ou à leur « ressenti » ?

Je demande à les entendre sur leurs connaissances de la différence.

Non parce que sinon, vous comprenez, recevoir systématiquement des leçons de « bonne morale » de la part de gens très ignorants, même si très titrés (l’un n’empêche pas l’autre) commence sérieusement à être ridicule.

S’il est vrai que le ridicule ne tue pas, et qu’aujourd’hui cela peut même être une marque de distinction, les personnes qui le sont entravent réellement, par leur vision nombriliste de l’école, l’avenir de nombreux enfants. Du coup, leur ridicule me fait beaucoup moins rire.

L’école, c’est l’école. Elle doit y accueillir tous les enfants et DONC  toutes les compétences qui peuvent aider ces enfants. Personne n’est exclu : ni les enfants, quels qu’ils soient, ni les professionnels du spécialisé. Personne. Au contraire, nous créons une convergence de force, d’idées, de vie là où elle doit être créée : dans l’école du quartier ! Voilà l’école de demain !

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Soyons un peu visionnaire : n’érigeons pas les fausses croyances en préceptes et la peur en effigie. C’est de cette marotte-là que nous ne voulons pas.

20/01/2015

Autisme : la Suisse face au comité des droits de l’enfant (ONU) les 21 et 22 janvier

Le mercredi 21 et le jeudi 22 janvier, la Suisse devra répondre aux questions que le comité des droits de l’enfant (CDE) de l’ONU a posées sur leurs droits qui, dans bien des domaines, ne sont pas respectés en Suisse.

Parmi les questions soulevées, 4 sont directement liées à la question des troubles du spectre de l’autisme (TSA) :


1/ Qu’en est-il du packing en Suisse ?

 

Autisme Genève dénonce la pratique de cette thérapie issue de la pensée psychanalytique et qui consiste à envelopper dans des draps froids et humides des personnes en situation de handicap, dont des autistes.

 

2/ Qu’en est-il de l’enfermement dans des unités de psychiatrie sans droit de visite des parents ?

 

Autisme Genève dénonce la séparation parents/enfants et la limitation du droit de visite lorsque des psychiatres, souvent pas formés à l’autisme, décident d’enfermer des mineurs en unité psychiatrique.

 

3/ Qu’en est-il de l’inclusion scolaire ? Qu'en est-il de l'intervention précoce ?

 

Autisme Genève dénonce la ségrégation dont sont victimes les enfants en situation de handicap, particulièrement les enfants autistes qui sont, pour la très grande majorité d’entre eux, exclus de l’enseignement ordinaire. Le système genevois a été particulièrement pointé du doigt et le CDE demande à Genève de s’expliquer sur la situation réelle : quelles mesures ont été prises ?

Autisme dénonce le manque de place d'accueil dans les deux centres d'intervention précoces qui existent à Genève, dont l'un par ailleurs entièrement financé par des dons privés et qui à eux deux n'accueillent que 8 à 10 enfants sur les 60 qui répondraient aux besoins réels  du Canton !!

 

4/ Statistiques

 

Autisme Genève dénonce l’absence de statistiques.

 

Comment est-il possible, s’interroge Autisme Genève, de mettre en place une vraie politique publique des TSA sans savoir combien de personnes sont concernées ?

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La Suisse a livré ses réponses qui sont génériques, lacunaires.

Ce mercredi et ce jeudi la Suisse les défendra face à un Comité qui aura probablement besoin d’éclaircissements vu l’aspect si générique de ces réponses.

Autisme Genève sera présente avec un comité de soutien pour écouter les propos de la Suisse…

Nous vous tiendrons au courant.

 

Pour suivre le dossier depuis le début : ici

 

Dans 4 ans, la Suisse fera à nouveau l’objet d’une supervision de la part du CDE. Nous serons au rendez-vous. La Suisse, Genève, puisque les politiques sont cantonales, doivent mettre en place une vraie politique publique des TSA !

Nous affirmons que sans un « plan directeur interdépartemental spécifique autisme », nous continuerons à faire une politique du rafistolage !

Stop à l’amateurisme, construisons de manière coordonnée, planifiée et cohérente l’avenir pour tous nos enfants.

Ayons une pensée différente.

 

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Conférence de presse sur ce sujet: ici

 

13/01/2015

Conférence de presse 14/01/15: l'inclusion selon le DIP, la maltraitance dans les institutions, l'absence de statistiques.... La Suisse doit répondre à l'ONU.


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Autisme Genève annonce qu’elle tiendra une conférence de presse

le mercredi 14 janvier de 11h00 à 12h00

à la salle « La Pastorale » du Club suisse de la presse

au 106 route de Ferney, 1202 Genève (carte: cliquez ICI)

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Thème de la conférence:

« Le scandale des enfants autistes laissés pour compte! »
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INFOS: ici



"Les droits des enfants autistes ne sont pas respectés en Suisse. Victimes de ségrégation dès leur plus jeune âge, ils sont exclus de l'école de leur quartier à leur diagnostic, et placés dans des institutions qui ne répondent ni à leurs capacités scolaires ni à leurs besoins développementaux. Il existe pourtant des méthodes éducatives reconnues internationalement dans le cadre de l'autisme, mais la Suisse et particulièrement Genève, sous l'emprise de théories psychanalytiques obsolètes, ne les utilisent pas.

Les enfants autistes sont doublement entravés dans leur développement, par l'absence d'une éducation adaptée et par la discrimination sociale dont ils sont sujets.


L'association Autisme Genève a dénoncé la situation auprès du Comité des droits de l'enfant des Nations Unies, qui a été choqué qu'un tel constat ait pu être dressé notamment à Genève, siège des organisations internationales.

Des réponses ont été exigées et la Suisse y a répondu de manière très lacunaire.

Elle devra s'expliquer les 21 et 22 janvier prochain devant le Comité des droits de l'enfant (audience publique) de l'ONU.


Le parlement genevois vient de refuser un budget 2015 pour l’école inclusive, ainsi qu’un budget d’urgence pour des assistants à l’intégration scolaire de CHF 460'000 ! Des économies de bout de chandelle, lorsqu’on les compare au coût des nombreuses institutions spécialisées du Canton.


Autisme Genève présentera le situation actuelle des enfants autistes et de leurs familles en Suisse et particulièrement à Genève, demandant une prise de conscience, des mesures urgentes et un plan autisme, à l’instar de nombreux pays, régions, riches ou pauvres à travers le monde."


Nous serons là mercredi 14 janvier pour:

  • répondre à vos questions,
  • dire ce que nous pensons du plan actuellement en préparation au DIP pour l'école inclusive,
  • dire ce que nous savons sur les situations de maltraitance dans notre pays et dans notre canton,
  • faire entendre notre voix de parents, mais aussi d'experts de la question.


!! L'autisme, ce n'est pas ANODIN. Cela concerne 1% de la population !!