04/03/2015

Le packing ou la relation intime au patient: un concept de la psychanalyse contemporaine

Il est assez particulier d'entendre s'exprimer M.  Albernhe (psychiatre et historien, Antibes) sur le packing.

 

Après avoir précisé, avec grande honnêteté, que l'histoire du packing n'apporte pas beaucoup d'éléments pour confirmer sa validité, d'avoir reconnu qu'en réalité on ne sait pas si c'est le pack ou d'autres thérapies connexes qui permettent au patient d'améliorer ses symptômes, M. Albernhe conclut avec éloquence que le pack est une histoire authentique d'intimité entre le soignant et le soigné. Evidemment s'empresse-t-il de préciser (et je suis très étonnée qu'il soit obligé de le faire) ce rapport d'intimité n'est pas  un rapport érotique ou plus précisément il ne faut qu'il "dérive" dans un rapport érotique.

 

???!!!!?????

 

Il faut l'entendre pour y croire.

Si vous n'y croyez pas, ce que je peux aisément croire, vous pouvez visionner la conférence en question en cliquant sur le lien suivant: ici

 

Sa conclusion illustre parfaitement les raisons pour lesquelles nos enfants quand ils peuvent  s'exprimer et leurs familles sont très réfractaires à la "technique" du pack (j'emploie un euphémisme).

 

Ce n'est pas tant parce qu'elle coûte chère (ne soyons point matérialiste), ni qu'elle ne donne aucune preuve scientifique de son bien fondé (ne soyons pas scientifico-matérialiste... c'est le terme qu'ils emploient pour les détracteurs des packs si mes souvenirs sont bons), non rien de tout cela (en somme ... un peu quand même).

Ce qui ne va pas c'est l'affirmation que M. Albernhe exprime avec toute sérénité en conclusion de sa conférence, à savoir la satisfaction du rapport intime qu'il établit avec son patient, du bien-être réciproque (je cite) que le pack apporte.

 

Constat édifiant, ne le pensez-vous pas ?

 

En y réfléchissant bien, je suis d'accord avec M. Albernhe lorsqu'il dit au début de son intervention que l'outil analytique (entendez  la psychanalyse) est un "outil à penser" indispensable pour les soignants qui font des packs.

 

Effectivement. Indispensable.

Je constate qu'il n'y a pas que les personnes schizophrènes qui souffrent d'une mauvaise proxémie.

 

Je trouve aussi très originale la tentative de M. Albernhe de vouloir distinguer le packing de la psychanalyse. Il est vrai que les deux sont considérées comme non consensuelles par la Haute Autorité de la Santé... alors autant essayer d'en sauver au moins une...  Peu importe si historiquement le packing est né de la pensée de psychanalystes...comme le dit M. Albernhe lui-même. Aujourd'hui, paraît-il, l'un n'a plus rien avoir avec l'autre. C'est amusant comme vision...  Le Prof. Délion, psychiatre, psychanalyste et théoricien émérite du packing version new age, doit être heureux de l'apprendre.

 

Je trouve les contradictions de M. Alberhne amusantes si elles ne cachaient, en réalité, une duperie. Je cite: "on se garde bien de dire pour l'instant avec toutes ces polémiques en France ... on se garde bien de dire qu'on  utilise l'outil psychanalytique mis à profit pour les patients. D'accord? Vous voyez la différence?"

 

Je suis étonnée avec cet aveu que M. Albernhe nous parle d'éthique. Vous ne trouvez pas?

 

 

Mais je suis désormais convaincue et je l'en remercie: l'outil analytique est un "outil à penser" indispensable pour les soignants qui font des packs.

 

 

A bon entendeur.

 

 

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Autisme Genève rappelle que le Comité des droits de l'enfant (ONU) a demandé à la Suisse d'interdire le packing. Nous espérons que les entités suisses de formation, notamment, ne feront plus la promotion de cette "technique" qui avait été, par ailleurs, déjà condamnée comme non consensuelle par la Haute Autorité de Santé dans le pays voisin.

 

Commentaires

La psychanalyse étant inconditionnellement une cure par la PAROLE il n'est pas possible de soutenir cette technique en l'occurrence dévoyée du packing. Pratique scandaleuse particulièrement, tout particulièrement, singulièrement lorsqu'il s'agit d'enfants autistes "parfois muets"! ou parce qu'enfants n'"ont rient à dire" ou n'"osent" pas refuser, ne pas se "laisser faire"!

Et ce terme (un de plus) obéissant à la mode du moment "packing" n'y changera rien.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 05/03/2015

En attendant que les scientifiques se mettent d'accord sur le siège de la conscience dans l'individu et au vu de la pléthore d'écoles qui s'appuient sur des théories potentiellement obsolètes puisque, depuis les expériences de Benjamin Libet, nous savons que le corps décide avant le cerveau, je fais le choix de la confiance dans le mental des cellules.

Écrit par : PIerre Jenni | 05/03/2015

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