28/03/2015

2 avril : journée mondiale de l'autisme

Nous sommes certainement à un tournant, en Suisse, dans la prise de conscience de l'importance de l'autisme et de son impact dans la société.

 

Peu à peu les théories obsolètes comme les approches psychanalytiques, les pratiques retenues maltraitantes, comme le packing perdent d'importance et sont décriées désormais par le plus grand nombre. La tendance s'inverse enfin. 

 

La Suisse, un peu sonnée de se faire rappeler à l'ordre par des recommandations onusiennes, qui pointent le doigt sur l'irrespect des droits les plus élémentaires des enfants,  prend progressivement conscience du retard qu'elle a cumulé. Elle a cumulé du retard à cause de fausses théories, à cause de fausses pratiques qui avaient/ont encore pignon sur rue.

 

La connaissance scientifique reprend ses droits face aux dogmes, face aux croyances.  La recherche supplante l'amateurisme qui aura fait, en Suisse, quarante ans de dégâts. Des générations d'enfants autistes sacrifiés sur l'autel d'un ego sans égal: "Moi,  j'affirme que votre enfant ..." sans preuves, sans sens.

Combien de parents ont-ils  vécu cette sentence ? Et combien d'enfants en ont-ils été victimes ?

 

Il faudra sans doute encore bien des années pour sortir la Suisse du bourbier dans laquelle ces professionnels du passé l'ont enlisée, fort de leur confort.

 

Et puis, il faudra encore bien plus d'années pour que la liberté, l'auto-détermination dont tout le monde se prévaut, prenne le dessus sur le prédéterminisme ambiant. Nos enfants aujourd'hui encore n'ont pas le choix. Celui qui décide de leur avenir est un officiel du moment qui leur dit quoi faire, comment et surtout où. Tout est prédéterminé.

 

Pendant combien d'années nos enfants seront-ils encore privés de leurs droits les plus fondamentaux, parmi lesquels figurent celui de choisir leur propre destin ?

 

Personne n'est dupe, mais cet état de faits changera aussi un jour. Peut-être sous l'impulsion d'une autre recommandation ?

L'abolition de l'injustice et l'affirmation d'un droit dépendent toujours et depuis toujours des intelligences qui agissent.  Il faut juste savoir les repérer.

 

 

Mais nous sommes certainement à un tournant, en Suisse.  

 

 

Alors,  keep calm and swag the Light it up blue ;-) 

light it blue.png

 

 

Le bleu est la couleur de l'autisme. La Suisse a rejoint le mouvement international de Light it up Blue qui consiste à illuminer en bleu  des bâtiments clés dans les villes du monde entier.

 

 

Genève participera à cet élan de solidarité et de sensibilisation mondiale en illuminant en bleu le jet d'eau et en faisant flotter sur le Pont du Mont-Blanc des drapeaux en faveur de l'autisme.

 

Tous en bleu pour nos enfants, tous nos enfants, petits et grands !

 

Autisme suisse romande organisatrice de cet évènement en Romandie diffusera un film sur la question du Jobcoaching le 30 mars prochain, à Lausanne.

Infos: www.autisme.ch

06:11 Publié dans Autisme - Romandie - Suisse, Genève | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | Pin it! |

26/03/2015

Diantre ! Tous ces parents d'enfants autistes qui n'ont pas bien "holdé" leur enfant !

Chers parents,

 

J'ai une bonne nouvelle pour vous: les psychanalystes  et/ou psychiatres qui pratiquent (diligentent ou dirigent) des soins du psychisme par le corps (ils se distinguent des psychanalystes qui font des soins par la seule parole), vont jouer aux " bons parents" et "réparer" les mauvais traitements que vous avez fait subir à votre enfant durant sa prime enfance (certains diraient durant la grossesse... pourquoi se limiter...).

 

En effet, grâce à la libidinisation du rapport thérapeute/patient votre enfant connaîtra enfin l'affection qui lui a tant manqué durant sa prime enfance. Ahhh : si l'affect est au rendez-vous ...

Grâce aux pique-packeurs (à ne pas confondre avec pickpockets...bien que... oppss ...pardon), à savoir des thérapeutes experts en packs votre enfant -après une régression thérapeutique  bienfaitrice (si si  si si ...absolument) -connaîtra (peut-être) le nirvana des limites corporelles enfin éprouvées :-) et tout ira mieux...

 

En somme, parfois, dixit M.de Coulon, le sentiment de haine pour son patient peut naître (il faut alors le reconnaître et le vivre) et tout, précise-t-il, dans le holding, n'est pas toujours aussi évident, aussi simple, aussi direct et le thérapeute a même le droit de "lâcher" son patient en cours de route... Le pack a ses mystères...

 

Alors si vous n'avez pas été une bonne mère  (pour la définition de "bonne mère", demandez aux psys, ils fournissent une ou des définitions selon leur dictionnaire scientifico-affectif), ne vous souciez plus: les packs sont là pour "réparer" (je simplifie à peine) par la magie du transfert/contre-transfert !

 

Vous n'y comprenez rien ?

 

Normal: comme vous êtes de mauvais parents, vous ne  pouvez pas prétendre tout de même comprendre des notions formulées par des scientifiques du MOI ou du "self" , espèce de sous-moi..... (à ne pas confondre avec des selfies ;-)

 

J'ai essayé de comprendre le packing, mais en tant que maman d'un enfant autiste, je précise tout de même que j'ai mes limites psychiques (obtenues sans packs !?!! faut que je parle à ma mère, moi!! ). Alors si je résume:

 

Le pack est une technique issue de la pensée de psychanalystes/psychiatres qui font des soins du psychisme par le corps et qui consiste à contenir (mesure de contention) des patients (dont on ne sait pas s'ils sont consentants) par le biais de draps humides et froids avec lesquels les thérapeutes serrent (au sens littéral) le patient (il ne doit pas bouger) pour qu'il ressente ensuite un réchauffement salutaire pour le corps et donc pour l'esprit.  Cela lui fait ressentir ses limites ....

 

Ouaho c'est oufff ce programme...Et au juste, ça coûte combien ?

13:07 Publié dans Autisme - alors ça bouge ou pas ?, Autisme - Romandie - Suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | Pin it! |

04/03/2015

Le packing ou la relation intime au patient: un concept de la psychanalyse contemporaine

Il est assez particulier d'entendre s'exprimer M.  Albernhe (psychiatre et historien, Antibes) sur le packing.

 

Après avoir précisé, avec grande honnêteté, que l'histoire du packing n'apporte pas beaucoup d'éléments pour confirmer sa validité, d'avoir reconnu qu'en réalité on ne sait pas si c'est le pack ou d'autres thérapies connexes qui permettent au patient d'améliorer ses symptômes, M. Albernhe conclut avec éloquence que le pack est une histoire authentique d'intimité entre le soignant et le soigné. Evidemment s'empresse-t-il de préciser (et je suis très étonnée qu'il soit obligé de le faire) ce rapport d'intimité n'est pas  un rapport érotique ou plus précisément il ne faut qu'il "dérive" dans un rapport érotique.

 

???!!!!?????

 

Il faut l'entendre pour y croire.

Si vous n'y croyez pas, ce que je peux aisément croire, vous pouvez visionner la conférence en question en cliquant sur le lien suivant: ici

 

Sa conclusion illustre parfaitement les raisons pour lesquelles nos enfants quand ils peuvent  s'exprimer et leurs familles sont très réfractaires à la "technique" du pack (j'emploie un euphémisme).

 

Ce n'est pas tant parce qu'elle coûte chère (ne soyons point matérialiste), ni qu'elle ne donne aucune preuve scientifique de son bien fondé (ne soyons pas scientifico-matérialiste... c'est le terme qu'ils emploient pour les détracteurs des packs si mes souvenirs sont bons), non rien de tout cela (en somme ... un peu quand même).

Ce qui ne va pas c'est l'affirmation que M. Albernhe exprime avec toute sérénité en conclusion de sa conférence, à savoir la satisfaction du rapport intime qu'il établit avec son patient, du bien-être réciproque (je cite) que le pack apporte.

 

Constat édifiant, ne le pensez-vous pas ?

 

En y réfléchissant bien, je suis d'accord avec M. Albernhe lorsqu'il dit au début de son intervention que l'outil analytique (entendez  la psychanalyse) est un "outil à penser" indispensable pour les soignants qui font des packs.

 

Effectivement. Indispensable.

Je constate qu'il n'y a pas que les personnes schizophrènes qui souffrent d'une mauvaise proxémie.

 

Je trouve aussi très originale la tentative de M. Albernhe de vouloir distinguer le packing de la psychanalyse. Il est vrai que les deux sont considérées comme non consensuelles par la Haute Autorité de la Santé... alors autant essayer d'en sauver au moins une...  Peu importe si historiquement le packing est né de la pensée de psychanalystes...comme le dit M. Albernhe lui-même. Aujourd'hui, paraît-il, l'un n'a plus rien avoir avec l'autre. C'est amusant comme vision...  Le Prof. Délion, psychiatre, psychanalyste et théoricien émérite du packing version new age, doit être heureux de l'apprendre.

 

Je trouve les contradictions de M. Alberhne amusantes si elles ne cachaient, en réalité, une duperie. Je cite: "on se garde bien de dire pour l'instant avec toutes ces polémiques en France ... on se garde bien de dire qu'on  utilise l'outil psychanalytique mis à profit pour les patients. D'accord? Vous voyez la différence?"

 

Je suis étonnée avec cet aveu que M. Albernhe nous parle d'éthique. Vous ne trouvez pas?

 

 

Mais je suis désormais convaincue et je l'en remercie: l'outil analytique est un "outil à penser" indispensable pour les soignants qui font des packs.

 

 

A bon entendeur.

 

 

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Autisme Genève rappelle que le Comité des droits de l'enfant (ONU) a demandé à la Suisse d'interdire le packing. Nous espérons que les entités suisses de formation, notamment, ne feront plus la promotion de cette "technique" qui avait été, par ailleurs, déjà condamnée comme non consensuelle par la Haute Autorité de Santé dans le pays voisin.