09/06/2015

Les repas dans les institutions spécialisées pour enfant avec un handicap. Votre avis, svp

Un enfant handicapé fréquente une institution spécialisée.

 

Dans cette institution, il a été décidé qu'il y aurait une politique institutionnelle pour les repas. Voici la règle: l'enfant doit d'abord goûter à la salade s'il veut avoir la suite de son repas. Sinon, il en sera privé.

 

Dans cet exemple, c'est l'enfant qui doit s'adapter à l'institution et non l'institution qui s'adapte aux besoins spécifiques de l'enfant.

 

 

Qu'en pensez-vous ?

 

11:38 Publié dans Autisme | Lien permanent | Commentaires (14) | |  Facebook | | | Pin it! |

Commentaires

C'est tout simplement de la maltraitance! À signaler donc!

Écrit par : Seyda Benvenuto | 09/06/2015

Bon, il manque un peu de détails pour s'en faire une image correcte (âge, type d'handicap, etc)

Dis comme cela, en tous les cas on comprend mal l'objectif d'une telle règle ? On pense plus à une mesure coercitive d'une secte d'herbivores, qu'une simple intention d'incitation à la diversité des goûts.
L'acceptation de ce l'on doit avaler, touche un sens si profond chez un enfant, que je crains que l'esprit d'une telle mesure ne crée que des problèmes directes où des troubles profonds chez ces enfants.

Écrit par : aoki | 09/06/2015

Cela ne me surprend pas car la rigidité et les abus de pouvoir sont nombreux dans des institutions qui fonctionnent en ghetto et qui sont rarement ou jamais contrôlées. Le mécanisme qui consiste à punir d'emblée les enfants, et les adultes d'ailleurs, en situation de handicap est ancré chez certaines équipes livrées à elles-mêmes. Je constante cette même rigidité dans des institutions pour adultes qui pratiquent le packing, maltraitance interdite par l'ONU. Dans ce cas on fait violence au corps tout comme on le fait aussi en forçant à manger la salade sous peine d'être privé de repas. Maltraitance et humiliation sont de mise dans ces deux exemples. Et aucun droit à l'autodétermination pour la personne concernée. Ces pratiques doivent être bannies.

Écrit par : Albrecht Priscilla | 09/06/2015

Cela relève du chantage ni plus ni moins!

Écrit par : lovejoie | 09/06/2015

Scandaleux abus de pouvoir. Révoltant.

Écrit par : vieuxschnock | 09/06/2015

Ça ne dit pas grand chose. L'ouverture aux autres aliments peut faire partie des objectifs s'il s'agit d'une population avec TSA par exemple. La privation du reste du repas, je n'y crois pas une seule seconde. Et les parents paient ces repas à hauteur de 7.50. Le but n'est pas la privation mais l'ouverture gustative, j'imagine.. celle-ci s'apprend aussi. Il existe des enfants qui ne mangent qu'une seule chose, un autre qui ne mangeait que gras. Obèse, il suait le gras et ne mangeait strictement aucun légume (TSA). C'est aussi de la maltraitance de ne pas travailler cela éducativement, ou de la non assistance à personne en danger... Travail également avec les parents. Le travail a consisté à le sensibiliser aux légumes, à savoir, un peu plus équilibrer ses repas. Selon ce qu'il mangeait en légumes, il se faisait servir une portion plus ou moins importante d'autre chose. Mais jamais de privation.

Écrit par : Fulsell | 09/06/2015

@Beatrix l'enfant handicapé possède un merveilleux sixième sens et comme dirait un ancien généraliste , si cet enfant refuse il ira loin car il montre déjà son besoin d'autonomie seule garantie pour survivre afin de ne pas rester à l'état de gentil petit robot
Je me permets de revenir sur le packing qui lui fait penser aux douches glacées utilisées pendant la guerre dans les hôpitaux psychiatriques ou sans médicament les soignants en sous nombre devaient trouver manière à calmer le jeu des internés les plus dangereux et très souvent criminels
En voyant un reportage sur le packing j'avoue avoir fait une relation avec le passé et on peut craindre aussi des chocs thermiques
Le monde actuel est malsain car l'enfant handicapé ou non se fait enrôler de plus en plus jeune pour permettre à des théoriciens d'assoir leur pouvoir
On leur apprend d'ailleurs à être sélectif beaucoup trop jeunes sans avoir auparavant appris les simples bases du calcul et en refusant de manger cet enfant handicapé n'a fait que renvoyer l'ascenseur a ceux qui de plus en plus rêvent de revenir à l'époque de l'Eugénisme d'ailleurs le tri sélectif en est la preuve diffuse soit mais bien réelle pour qui l'a vécu
Très belle journée pour Vous Madame

Écrit par : lovejoie | 10/06/2015

Ah bon, selon le commentaire précédent de Fulseli "le but n'est pas la privation mais l'ouverture gustative"... vous la pratiquez aussi en milieu ordinaire par l'intermédiaire du chantage Mme la directrice ou cheffe de secteur d'une institution concernée? Puis vous écrivez : "Obèse, il suait le gras" ... belle assertion dévalorisante pour la personne en situation de handicap... Vous l'utilisez aussi pour un enfant NORMAL ? Si "sensibiliser aux légumes" veut dire pour vous humilier, priver de repas et dévaloriser la personne en situation de handicap, ce que vous ne feriez certainement pas dans le milieu ordinaire car vous vous feriez licencier ... changez de job car vous n'avez rien à faire parmi nous. Vos méthodes ne sont pas les nôtres... nous, familles et personnes en situation de handicap. Et pour finir, qui contrôle vos méthodes, qui les supervise et les approuve? Vous-même?

Écrit par : Albrecht Priscilla | 10/06/2015

P.S. Il n'est pas indiqué en cet article si l'enfant est en mesure d'expliquer ou de dire pourquoi il ne veut pas manger de la salade (de la salade ou de "cette" salade)! Privilégier non la sanction mais le dialogue, la médiation, en fait.

Evidemment, si un enfant commence à ne plus vouloir manger de la salade et que les autres l'imitent... Rison pour laquelle en convoi de la Croix-Rouge, jadis, une enfant se mettant à pleurer une personne de la Croix-Rouge donna une claque qui fit s'évanouir la fillette laquelle revenant à elle s'entendit expliquer que si elle avait continué à pleurer les autres enfants auraient sans doute commencé à pleurer aussi raison pour laquelle il avait bien fallu lui donner une forte claque afin de la faire taire...
Rien n'est simple.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 10/06/2015

Madame,
J'imagine que vous publierez mes deux autres commentaires.
Le texte avant le P.S. normalement devait aller de soi.

Ce commentaire publié, avec le P.S., mettaient point final à ce qui n'est pas un "monologue".

Pour donner un avis, ce que vous nous demandiez, votre article ne le permet pas car, comme expliqué, il faudrait savoir de quels enfants et handicaps on parle.
Tel que présenté, le personnel éducatif travaille en aval, c'est-à-dire du symptôme au remède, "remède" en fait punition ou non.

Ce qui, en cas d'enfant incapable de parler est du sadisme.

Travaillant en amont, comme écrit en mon texte (professionnelle en l'éducation je n'invente ou n'imagine rien) le personnel éducatif se demanderait pourquoi l'enfant refuse de manger de la salade ensuite, si possibilité, poserait la question à la personne concernée, l'enfant lui-même. Pour la solution, parlant par image, nul ne perd du vue que ce n'est pas l'enfant qui est au service de la santé de la salade mais bien la salade qui est au service de la santé de l'enfant et que légumes et fruits compensent parfaitement ce que refusé par l'enfant en attendant qu'un jour, à condition d'avoir su "médier" la situation, l'enfant, faisant un effort, mange au moins un petit peu de salade... voire à la longue y prenant goût un "saladier"!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 10/06/2015

Je vous remercie de l'intérêt accordé à ce billet et de vos commentaires. J'espère les avoir tous publiés.

J'avoue qu'il est parfois difficile d'être présidente d'une association. Difficile sur le plan humain.


Notre association a pour première mission de défendre les droits des personnes autistes et de leurs familles. Cela demande de la compétence et du temps. Nous recevons donc les familles, les écoutons, les conseillons et lorsque des faits graves nous sont relatés, sur leur demande, nous nous déplaçons sur les lieux d'accueil de leur enfant. Sur place, nous essayons de comprendre les faits qui nous ont été relatés, de les contextualiser et si possible de leur donner un sens. Nous y arrivons parfois.

Mais dans le cas de figure qui nous occupe dans ce billet, j'avoue qu'en presque dix ans de "défense des droits des personnes elles-mêmes et de leur famille", c'est la première fois que je suis confrontée à une telle ineptie: le projet institutionnel doit, me précise la responsable, primer, envers et contre tout (y compris le bon sens apparemment) sur les besoins d'un enfant handicapé.


La règle, c'est la règle m'a-t-on précisé sur un ton particulièrement arrogant (permettez-moi de communiquer mon ressenti).


"Si nous dérogions à la règle, alors qu'enseignerions-nous aux enfants ?" me précise l'éducateur fort de ses vingt d'expérience.

J'avais envie de lui répondre: la bientraitance, Monsieur.

Voulez-vous connaître la règle ? Dans cette institution, si on ne goûte pas à l'entrée (en l'occurrence de la salade), on est privé de son repas.

Ce n'est ni plus ni moins que de la maltraitance.

J'ai alors posé la question de savoir s'ils tenaient compte des aspects sensoriels de l'enfant qu'ils avaient en face d'eux. Peut-être cet enfant souffre-t-il de troubles sensoriels et que pour lui la salade est vraiment aversive. Ont-ils fait faire un bilan sensoriel, par exemple ?


La réponse a été encore une fois des plus déconcertantes: "Madame, à l'école ordinaire, au parascolaire, les enfants sont obligés de goûter à tout ! C'est la règle, voilà tout! Chez nous, c'est la même chose."


Ce à quoi j'ai répondu que cet enfant était dans le spécialisé et que peut-être nous pouvions légitimement à nous attendre de la part du spécialisé qu'il tienne compte des besoins spécifiques des enfants qu'il accueille, y compris sur le plan alimentaire.


Par ailleurs, aurais-je dû sans doute préciser, je ne pense pas que dans le milieu ordinaire si un enfant ne goûte pas à la salade, on le prive du reste de son repas !!!
Vous imaginez la levée de bouclier de la part des parents....


Mais apparemment dans cette institution on pense que le projet institutionnel est plus important que la bientraitance, que l'éthique, que le droit et que l'enfant.


J'avoue qu'il est parfois difficile d'être présidente d'une association. Difficile sur le plan humain.
Tant la .... peut parfois être grande.


Je suis de tout cœur avec cet enfant. C'est à lui que j'ai pensé en écrivant ce billet. Tout simplement.


Marie-Jeanne

Écrit par : Marie-Jeanne | 11/06/2015

Si l'enfant est autiste il ne parle pas forcément, se tient éventuellement à l'écart du groupe. Pour l'éducateur/trice il s'agit de le rejoindre à son niveau... en sa situation de refus de manger de la salade. Par exemple, l'éducateur, en face de l'enfant, comme hésitant lui/elle-même devant sa propre assiette de salade... comme pesant le pour ou le contre: "j'en mange ou j'en mange pas?"! Comment peut-on ne pas savoir que chaque enfant autiste est "un" et qu'il ne peut y avoir de règle automatique ou administrative?!
De cœur avec vous, Marie-Jeanne.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 12/06/2015

Chère Marie-Jeanne,
J'espère pour cet enfant que les choses n'en resteront pas là et que sa famille et votre association interviendront auprès des pouvoirs publics dont dépend cette institution. En effet, trop de situations où les familles se taisent par peur des représailles sur leur enfant, restent "impunies" et je pèse mes mots. J'espère que cette situation sera dévoilée auprès des autres parents aussi. Nous sommes à disposition pour signer une pétition et écrire une lettre de lecteurs afin de diffuser ces abus dans la presse encore.
Cordialement.

Écrit par : Priscilla Albrecht | 12/06/2015

@Prsicillia : absolument, même méthode pour des élèves dits "normaux", il s'agit d'équilibre alimentaire. On ne peut décemment pas cautionner des menus mal équilibrés en milieu éducatif, quelle que soit la population. Quant à la privation, je le redis, au cas où vous voudriez bien me lire, que je ne la pratique pas et n'y crois pas. L'énoncé de ce blog est consternant. Que signifie "handicapé" de nos jours ? catégoriser les personnes à besoins spécifiques ne semble pas vous choquer et vous m'en voyez surpris.. Polémiques stériles et idiotes.

Écrit par : Fulsell | 14/06/2015

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