28/11/2015

L'inclusion: un concept en pleine évolution...

Dans le principe, il y eut un manque de vocabulaire.

Puis, un manque de compréhension.

Ensuite, un refus : « partager mon territoire, ça va pas la tête ou quoi ? » Non, non !

Ensuite, une hésitation.  Non, oui…. « Et si l’autre pouvait quand même un peu améliorer notre quotidien ? »

Ensuite, un peu plus d’évidence : « Diantre ! Cet autre (étranger, handicapé, sportif ou artiste hors norme) peut vraiment m’amener un plus …incroyable !»

Enfin, l’homme devint sapiens.

 

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Au pays de « oui, oui », tout est possible. Même marcher debout.

Même aller à l’école lorsqu’on est un enfant ! Oui, oui !

 

oui-oui.jpg

 

Absolument, tout est possible.

 

Alors, à quel stade en sommes-nous dans l’histoire de notre évolution à Genève ?  Qu’en pensez-vous ?

 

Moi je dirai au : « Non, oui ! »

….non ?

euhh…. opsss peut-être  au « non, non » alors :-) ?

… non ?

à « l’inclusion ? »

… non ? zut….ne me dîtes pas qu’on en est encore à :

« L’inclu., quoi ? »

 

Quoi ?! J’en perds les mots !

 

 

 

 

 

 

22/11/2015

Le droit des enfants comme moteur de l’école inclusive

 

J’ai assisté hier, samedi 21 novembre, à la journée sur l’école inclusive organisée par le DIP. 

Nous avons assisté à une très belle présentation, donnée par l’archiviste du DIP, Mme Chantal Renevey Fry, sur l’histoire de la « filière » spécialisée qui –à Genève- depuis le début s’est dessinée comme « séparatiste ».  Les personnes dénommées à l’époque comme « retardées », « arriérées » etc. étaient perçues comme dérangeant la « norme ». Il était donc préférable, et ce avec les meilleures intentions du monde de la part des responsables de l’époque qui ont fait ce choix, de les séparer des « élèves normaux » pour leur permettre d’apprendre à un rythme différent.

 

 La ségrégation est donc un héritage.

 

Il est difficile de se défaire d’un héritage qui est ancré dans les mentalités, dans les rouages administratifs et économiques d’une société. 

C’est d’ailleurs exactement ce qu’a formulé l’excellent conférencier de la matinée, M. Thomazet, maître de conférences à l’Ecole Supérieure du Professorat et de l’Education Clermont-Auvergne, spécialiste de l’école inclusive, qui a parfaitement illustré le changement de paradigme que la société, et donc aussi l’école, doit réussir à opérer pour faire de l’inclusion une réalité. Au centre de son argumentation, M. Thomazet a placé le DROIT.  Le droit aussi défini par des instances supranationales.

C’est exactement ce qu’Autisme Genève met en évidence et défend depuis le début : le DROIT.

C’est le sens de son action lorsqu’elle a interpellé, en 2014, le comité des droits de l’enfant, instance onusienne, pour attirer l’attention sur la ségrégation de fait qui existe en Suisse, et tout particulièrement dans le Canton de Genève. Nos enfants, dans leur très grande majorité, sont de fait en dehors du circuit scolaire ordinaire. 

Je suis donc ravie que la vision et une action comme celle d’Autisme Genève auprès de l’ONU correspondent aux propos énoncés par M.Thomazet, invité d’honneur du DIP. Pour créer l’école inclusive, il faut effectivement, comme le dit ce conférencier, changer de paradigme.

Ce sera probablement long.  Nous le savons. Mais je pense que cela sera encore plus long si des responsables de notre Canton n’utilisent pas le droit comme un tremplin pour accélérer le « processus » (mot employé pour qualifier la mise en place de l’école inclusive).

Il ne faut donc pas considérer les initiatives d’Autisme Genève, aussi dérangeantes soient-elles, comme une menace, mais comme un moteur pour le changement. Au fond peu importe que cela soit une association ou une autre instance qui pointe du doigt les contradictions d’un Etat. L’essentiel c’est de les pointer et de faire primer le DROIT sur les autres considérations.

C’est exactement ce qu’a fait le pays basque espagnol, dont le gouvernement en s’appuyant sur les associations de parents, a créé non seulement l’école, mais également la société inclusive. Nous l’avons vu de nos propres yeux. C’est un modèle, par ailleurs, qui a été primé au niveau international.

Nous nous réjouissons, à Autisme Genève, de finaliser notre rapport sur le voyage que nous avons effectué, en octobre dernier, au pays basque espagnol et de livrer les vrais chiffres sur l’inclusion scolaire dans cette région.  Puisque nous avons eu la chance de rencontrer deux membres du gouvernement, nous décrirons également les décisions politiques qui ont permis de changer radicalement de paradigme en passant d’un système ségrégationniste à un système TOTALEMENT inclusif et ce tout au long de la vie des personnes à besoins spécifiques.

C’est possible. C’est ce possible que nous voulons partager avec le gouvernement, mais aussi avec le plus grand nombre de personnes et plus particulièrement avec les acteurs de l’éducation à Genève.

Je pense qu’en leur disant que c’est « possible » et en leur démontrant comment cela est possible nous transmettons une vision positive et très constructive de l’avenir.

Nous ne sommes pas une association d’opposition, n’en déplaise à celles et ceux qui veulent véhiculer cette image de notre association (c’est si simple de se battre contre le pot de terre), mais de co-construction. Nous sommes une association qui, grâce à sa manière différente de penser, propose du possible. 

Autisme Genève a fait du droit un axe de pertinence. Lui demande-t-on d’être une association consensuelle et de se taire ? 

 

Memento audere semper