L'inclusion, ce n'est pas de l'intégration !

En pleine réflexion sur l’école inclusive, on voit surgir dans toute la Romandie des commentaires à ce sujet. Tant mieux.

Terme rendu quasi obligatoire par la pression internationale, le terme « inclusion scolaire » est toutefois souvent évidé de son vrai sens.

Pourquoi ?

Voilà qu’un élève passant quelques heures par semaine en classe ordinaire est considéré comme un élève en inclusion. C’est faux. Cet élève est en intégration. Ce n’est pas exactement la même chose ni sur le plan sémantique ni sur le plan plus politiquement  des statistiques.

Pour les personnes peu habituées à ce genre de distinction, voici un schéma qui résume bien les choses.

 

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Il me semble que c’est très clair.

Mais je peux aussi fournir sur demande toute une longue série d’articles, livres, études, etc. qui parlent de cette distinction. Je pense que sur le plan scientifique, il n’est pas du tout possible de les confondre.

Donc la question est : pourquoi confond-on encore les termes de  « inclusion » et d’« intégration ». A quoi cela rime-t-il ?

Je laisse chacun répondre à cette question.

Le plus intéressant selon moi est de s’interroger sur les conséquences pour l’élève autiste d’être soit en inclusion, soit en intégration. Qu’est-ce qui POUR LUI est le plus adapté ? Et qui décide ? Quelles compétences a la personne qui décide ?

Indépendamment du fait que je pense que tous les élèves devraient être en inclusion, quel que soit leur niveau d’autisme, il faut toutefois actuellement tenir compte du contexte romand.

L’école inclusive, la société inclusive est possible, puisque nous avons des modèles qui existent et fonctionnement depuis plus de 30 ans dans d’autres contrées européennes. Voir ici : GAUTENA.

Mais  dans ces contrées, cela fonctionne parce qu’il y a TOUS les prérequis, ce qui n’est pas encore le cas en Romandie. Donc, il faut partir d’où on est.

Quels sont les prérequis ? C’est assez simple au fond :

  • Avoir des cours d’introduction à l’autisme dès la formation initiale dans toutes les écoles concernées (Université, HEP, HETS, etc.)
  • Pour les personnes qui souhaitent se spécialiser dans l’accompagnement en milieu ordinaire, avoir un module universitaire spécifique « comment accompagner les personnes en situation de handicap en milieu ordinaire » (si jamais…il y a déjà des Universités qui le proposent…il n’y aurait qu’à contextualiser à nos cursus…)
  • Rendre obligatoire les formations continues dans le domaine de l’autisme (ou autre domaine selon les personnes avec lesquelles on travaillera) avec un suivi obligatoire en « analyse la pratique »
  • Avoir des formations continues régulièrement dans un domaine plus spécifique. Par exemple, accompagner un élèves autiste en classe, accompagner un enfant dans ses loisirs, accompagner un adulte dans sa formation professionnelle, accompagner un adulte dans l’apprentissage de sa vie résidentielle, etc.

La liste n’est pas complète, évidemment, mais elle donne déjà quelques pistes.

 

Pour l’instant, le plus important c’est déjà de clarifier que l’intégration ce n’est pas de l’inclusion et lorsqu’un un élève va quelques heures en classe, il faudrait uniquement parler d’intégration et en indiquant clairement le nombre d’heures/semaine. Ce n’est pas la même chose de faire 1h/ semaine que 2 ou 3 ou 10h…

 Enfin, il n’y a pas à juger un système, mais il y a à être clair : pour l’instant et peut-être pour longtemps, c’est l’intégration qui prend le dessus en Romandie. Et bien partons de cette réalité.

 

C’est en partant de la réalité qu’il est possible de la renouveler un jour.

 

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