Quels sont les besoins des élèves autistes en milieu ordinaire ?

Les élèves autistes ont parfois mauvaise presse. Réduits souvent à leurs « comportements » atypiques, ils sont considérés comme peu « intégrables » dans le système dit ordinaire.

A part le fait qu’il est très, très discutable, sur le plan éthique, de partir du principe qu’une personne puisse être « intégrable » ou pas, le critère décisionnel du « comportement atypique » de élèves autistes  est de toute façon erroné.

Disons que c’est une vraie méconnaissance de la pensée autistique. Il faut se former à l’autisme pour comprendre cette pensée et en découvrir le plus possible la logique et la beauté.

Prenons une situation concrète :

  • Imaginez-vous dans un pays lointain, dont les us et coutumes, les lois, la langue, les codes sociaux vous sont totalement étrangers.
  • Imaginons que vous ayez des difficultés (nous en avons tous) avec quelques aspects sensoriels : le bruit, par exemple, même anodin des vagues vous agresse le tympan et la lumière tamisée du soleil vous heurte la pupille des yeux…
  • Imaginez enfin que vous n’ayez pas "google translator" ni "picto selector" pour « communiquer »….

 

Allez, franchement, au bout d’un temps beaucoup plus rapide que vous ne l’imaginez, vous allez avoir quelques petits soucis de « comportement »…Non ?

Eh bien, c’est le quotidien des personnes autistes. Elles ne décodent pas intuitivement le langage social, ni savent pas très comment se mettre en lien avec leurs pairs. Souvent les aspects sensoriels les perturbent jusqu’à avoir « mal », etc.

Quoi de plus étonnant qu’elles manifestent alors, parfois, quelques comportements « atypiques » ?

Face à cette réalité, il y a deux réactions :

1/ on veut les « protéger », alors on le dirige plutôt vers des "centres spécialisés" séparés

C’est une logique. Surannée, mais une logique quand même. Elle relève d’un courant d’idées, où le précepte de «protéger », de « rétablir une relation » prime sur celui tout simplement d’éduquer.

 

2/ on aménage l’environnement de telle sorte que cette personne puisse trouver ses points de repères et on lui fournit, sans discussion possibles, un/des outils/s de communication.

C’est ce qu’on apprend dans les formations spécifiques en autisme.

 

Prenons l’exemple maintenant d’un élève autiste en inclusion scolaire. Selon vous, que faut-il faire pour lui assurer de bonnes conditions de scolarisation ?

 

  • Ne rien aménager dans la classe en terme de composantes « sensorielles » ?
  • Ne pas comprendre que la récréation, où les nuisances sonores sont manifestement connues depuis l’aube des temps, n’est peut-être pas le moment le plus agréable pour ces élèves ? Alors le laisser continuer à y aller sans « précautions » ?
  • Continuer à lui demander avec une certaine insistance (qui provient sûrement de  meilleure intention du monde mais qui n’en reste pas moins fausse) de « goûter » ce qui est dans l’assiette pour ne pas créer un différend ( !!!!!!) avec ses camarades neurotyiques !! ???
  • Lui demander de « participer » alors que la « participation » est un acte social par excellence ? Continuer à ne pas lui apprendre comment faire (objet de cours de compétences sociales spécifiques ) ?

 

Bon, je pourrai ajouter à cette liste quelques autres considérations…mais celles énoncées suffisent déjà à définir quelle est la base incontournable de tout processus inclusif….

Si on n’aménage pas l’environnement de cet élève en partant réellement de SES besoins (il ne fait pas exprès d’être autiste…) et non de ce que le système peut, avec un sentiment de « suffisance » (genre : on fait déjà ça… !!!! ?????), alors il est INEVITABLE que cet élève sera exclu du système ordinaire…

Et que dira-t-on ? Que fera-t-on passer comme message auprès des enseignants de l’ordinaire ? Et des autres parents ? Et des parents de l’élève ? Et de l’élève lui-même ? Que l’inclusion de ces élèves n’est pas possible ?

Je pense qu’il est urgent et indispensable d’inclure dans la réflexion ACTUELLE non seulement les considérations sur le renforcement pédagogique, mais aussi celles sur l’accompagnement de ces élèves dans les moments informels, parce que c’est durant ces moments où LEURS difficultés se manifestent de façon exacerbée et ce sont durant ces moments où il y a la plus grande chance de voir leur inclusion être mise à mal.

On apprend ça, en général, dans le premier cours d’introduction à l’autisme. Ne pas le savoir et ne pas penser à des mesures de soutien dans ce sens relève d’une ignorance aujourd’hui difficilement compréhensible et justifiable.

Alors, fournissons les bonnes et justes ressources aux élèves autistes en inclusion scolaire, tout simplement en COMPRENANT leur différence. Simple comme « bonjour ».

 

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Lien permanent Catégories : Autisme - école - inclusion 1 commentaire

Commentaires

  • De cette approche, de cette étude j'aime et relève le mot accompagnement.

    Accompagner, marcher avec, écouter, suivre… leur chemin… un chemin en réalité du premier souffle à l'ultime notre chemin à tous mais quant à nos ressentis chemins multiples.

    Empathie silence écoutons avec eux, les autistes, les oiseaux, le vent dans les branches, tel… clapotis

    Apprenons d'eux à redevenir poètes, artistes


    inspirés

    La planète, en son état, est-elle entre de bonnes mains?

    Est-on bien certains de dépister automatiquement à temps d'entre nous tous les plus dangereusement atteints!?

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