19/03/2016

Inclusion scolaire: la guerre des chiffres n'aura pas lieu

 De quoi parle-t-on lorsqu'on parle d'inclusion ?

 

Lorsqu'on est parent, on parle avant d'un parcours de vie, celui de son enfant. Un enfant né différent.

 

Très vite, on se rend compte que sa vie, sa vie personnelle, sa vie familiale, sa vie professionnelle, sa vie sociale va être changée par cette différence. On s'y prépare, plus ou moins, parfois moins que plus.

 

On comprend assez vite qu'il va falloir chercher au plus profond de soi-même des forces spéciales, des forces qu'on ne soupçonnait peut-être même pas d'avoir. Mais on les a.

 

Lorsqu'on est parent, on parle avant tout de son enfant. De son parcours.

 

Tout débute par une inquiétude.

 

Il ne parle pas, peu, autrement

Il ne joue pas, peu, autrement;

Il ne regarde pas, peu, autrement;

Il ne mange pas, peu, autrement

Il... pas, peu, autrement...

 

Pas, peu. Autrement.

 

Cela continue par un "ce n'est pas grave".

 

Il y a quand même du "peu", du "autrement" et on met au pas les pas. Et on avance.

 

Puis, au bout d'un moment, ça finit par: "il est autrement".

 

Pas beaucoup.

Un peu.

On ne sait plus.

 

La vie devient dès lors un défi: les actes les plus anodins du quotidien une épreuve à surmonter.

 

On comprend assez vite qu'il va falloir chercher au plus profond de soi-même des forces spéciales.

 

Et on poursuit. On dort parfois un peu moins, on remonte comme on peut le courant à contre-courant et on puise, par ci, par là, des petites forces, des sourires, du soutien, du répit. Mais si peu.

 

On vit au quotidien les regards, mais ce n'est pas encore trop grave. Puis on vit l’exclusion, comme une gifle. Là cela devient bien plus grave. Puis, peu à peu le monde devient de plus en plus petit. Il est maintenant minuscule. On vous a volé tous les possibles.

 

Votre enfant a maintenant quatre ans et le monde, pour lui, est devenu minuscule. On lui a volé tous ses possibles.

 

Vous comprenez alors, pardon, on vous fait comprendre alors que votre enfant est vraiment différent.

 

Et la différence ici se traite ailleurs. Si possible loin, à l'abri sans doute des regards.

 

Alors, on continue à se battre, en dormant encore un peu moins parfois, en remontant le courant encore un peu plus à contre-courant et en puisant, par ci, par là, des petites forces, des sourires, du soutien, du répit. Mais si peu.

 

On sent quand même un peu la fatigue. Et votre enfant qui grandit. Là-bas, à l'abri des regards. Mais, pour son bien, disent-ils.

A la fatigue s'ajoute alors un brin d'amertume. Mais on l'enfouit, au fond, tout au fond de soi, là où se cachent les forces. A quoi pourrait bien servir l'amertume ?

 

De quoi parle-t-on lorsqu'on parle d'inclusion ?

 

Lorsqu'on est parent, on parle avant d'un parcours de vie, celui de son enfant. Un enfant né différent.

 

On ne parle pas de chiffres, on n'a pas le temps. Ce n'est pas intéressant pour un parent. Chiffres de quoi ? A celui qui inclut le plus ? A celui qui s'enorgueillit de dire ce qu'il ne fait pas ? A celui qui dégoise à tort ?

 

Quels chiffres ?

 

Un parent n'a pas besoin de chiffres: il sait. Sa mesure est celui de son quotidien. C'est son quotidien et celui de son enfant qui mesurent le bien.

 

Ici, le bien est ailleurs. Loin. Si possible des regards.

 

Ailleurs, j'ai pu mesurer que le bien était bien là. Au quotidien. Je n'ai pu mesurer sa grandeur parce que la grandeur ne se mesure pas.

 

Quels chiffres ?

 

De quoi parle-t-on lorsqu'on parle d'inclusion ?

 

Moi, je parle de mon enfant. Celui a qui on a dit "non". Non ta place n'est pas à l'école. Non ta place n'est pas parmi tes pairs. Exclu. Sous le regard de tous, acteurs et garants du système.

Là-bas, on lui aurait dit "oui". Voilà ce que je comprends. Il aurait eu sa place à l'école, une place à sa mesure. Il aurait été avec les autres enfants de son âge. Inclus. Reconnu. Un élève, tout simplement. Là-bas, il aurait été lui. On ne lui aurait pas volé ses possibles.

Alors, non, la petite guéguerre des chiffres n'aura pas lieu. Celle qui essaye de justifier l'injustifiable, celle qui essaye d'embrouiller, de masquer, celle qui essaye de sauver quoi au juste ? Les choix d'antan ? Ceux qui qualifiaient nos enfants d’"arriérés" ? Ceux qui faisaient croire que nous étions des avant-gardistes ?

 

L'exclusion n'a jamais été une idée avant-gardiste. Ou le croit-on ici ?

 

Non: la guéguerre des chiffres n'aura pas lieu. Celle qui veut sauver les apparences. Celle qui veut masquer la réalité.

 

De quoi parle-t-on lorsqu'on parle d'inclusion ? Mais demandez donc aux parents.

 

Ici, dans notre pays, on parle d'enfants laissés au ban. Leur vie durant.

 

Là-bas, on parle d'élèves assis sur les bancs. Acteurs de leur vie.

 

 

Alor non la guéguerre des chiffres n'aura pas lieu.

 

Nous, on veut juste parler de nos enfants. Ceux à qui ici on a dit "non" et à qui, là-bas, on aurait dit "oui".

 

Voilà ce qu'est l'école inclusive. Une école à qui on ne dit pas "non" à des enfants parce qu'ils sont différents.

 

 

Je vous invite à découvrir l'école de là-bas

https://www.facebook.com/Autisme-Genève-767505886694877/?...

 

 

inclusion en classe ordinaire avec une AIS-2.jpg

27/02/2016

L'école inclusive: changer nos "représentations"

La question de l’inclusion est devenue un sujet politique. C’est même un des axes prioritaires du DIP.  Nous nous en réjouissons.

 

 

classe.jpg

C’est un sujet toutefois qui prête à confusion et qui crée des tensions. Ce n’est pas étonnant. Il y a souvent une mauvaise compréhension du terme même d’« inclusion ». Chaque acteur sur le terrain en ayant sa propre perception et définition. Il y a ceux qui pensent qu’elle correspond à un idéal, certains qu’elle n’est possible qu’en passant  préalablement par l’étape « intégration », d’autres encore imaginent que le simple transfert du dispositif du spécialisé au sein de l’école ordinaire suffira et quelques personnes enfin, apparemment peu informées, croient que l’inclusion médicalisera l’école. Difficile dans ces conditions de dégager une convergence.

 

De cette façon, chacun se fait sa propre « représentation » de l’inclusion.  Une représentation qui se forge au gré du crédit qu’on attribue aux personnes handicapées et de la place que la société leur accorde. Dans notre canton, les enfants à besoins spécifiques  sont, dès leur plus jeune âge, séparés de leurs pairs : quelle représentation pourrions-nous donc bien en avoir, sinon celle d’enfants « faibles », « déficitaires », « à réparer » ? D’enfants qui nécessitent d’être « à part » parce qu’ils sont différents et qu’il a été décidé de traiter la différence en mode séparé (pour leur bien) ?

La ségrégation est historique dans notre canton. Mais elle repose sur un faux postulat, celui de croire que l’exclusion est préférable à l’union, et sur une confusion, celle d’attribuer au terme « séparé » le sens de « désunir » et non celui d’« isoler ». N’importe quel élève, y compris un élève à besoins spécifiques a parfois besoin d’être « isolé » pour mieux apprendre, mais il n’a jamais besoin d’être désuni de ses pairs.

Comment faire évoluer notre « représentation » des enfants à besoins spécifiques ?

Peut-être faudrait-il s’interroger sur la formation pédagogique et ses filières. Les outils employés par les enseignants dits spécialisés sont en réalité très utiles pour tous les élèves.  Clarifier les espaces, fournir des supports visuels, structurer les tâches, mais aussi soutenir les efforts de l’élève en mettant en place des systèmes motivationnels concrets sont des mesures simples et utiles pour quiconque. La seule différence, peut-être, c’est que pour l’élève autiste et pour tous ses camarades à besoins spécifiques, ces outils sont tout simplement incontournables.  Mais au détour de cet incontournable, il y a la rencontre et le partage. N’est-ce pas là aussi le sens du métier d’enseignant : offrir des espaces d’échanges ?  Créer des liens, plutôt que de les défaire ?

Pourquoi séparer des enfants lorsqu’on peut, au contraire, les faire se rencontrer ? Pourquoi voir le déficit, là où il y a en réalité un potentiel ?

Peut-être faudrait-il s’interroger sur l’organisation de nos ressources humaines et logistiques. Est-il envisageable de diminuer plutôt que de penser toujours à augmenter ? Pourquoi augmenter le nombre d’intervenants peu qualifiés plutôt que de diminuer le nombre d’élèves par classe ? Ce moins deviendrait un plus pour tous, ne le pensez-vous pas ? Est-ce que l’idée d’avoir une classe à moindre effectif avec un titulaire formé et un assistant formé paraît si insensée ? Et y  en réfléchissant bien, n’aurions-nous pas déjà la majorité des ressources à disposition ?

Pourquoi séparer des enseignants tous qualifiés lorsqu’on peut au contraire les faire se rencontrer, et favoriser leur collaboration dans un même espace ?

 

Peut-être faudrait-il s’interroger sur les espaces eux-mêmes.

 

Réunir, organiser des espaces de travail distincts, combiner des moments d’apprentissage isolés, plus individuels et des moments collectifs, visualiser, concrétiser… c’est tout cela que l’école inclusive favorise. N’est-elle pas tout simplement  l’école des enfants ? Les enfants, c’est connu, n’ont pas tous la même forme d’intelligence, ils n’apprennent pas tous de la même manière.

Pourquoi compartimenter, uniformiser les apprentissages alors que le développement même de l’enfant n’est que flux ?

 

Peut-être faudrait-il s’interroger sur le droit. Les droits fondamentaux de nos enfants d’être parmi leurs pairs et de partager avec eux les rires de l’enfance, ses questionnements et ses espoirs.

L’école inclusive ce n’est rien d’autre que tout cela : partager des savoirs, partager des espaces,  alterner des apprentissages collectifs et individuels, adapter les ressources pédagogiques, respecter le droit de l’enfant d’être reconnu dans son intelligence. Cette école-là nous donne une magnifique opportunité de faire évoluer nos « représentations » du handicap.

Aujourd’hui nos enfants, de fait, sont exclus de la société, parce que physiquement placés dans des lieux de vie, lieux de travail, lieux de loisirs séparés des autres, des autres définis « normaux ». Normaux ?

Genève a créé une économie (onéreuse) parallèle, celle des handicapés. Un choix qui aujourd’hui est pointé du doigt par des instances internationales de la défense des droits humains.

Mettre le droit au centre de tous les dispositifs, qu’ils soient politiques, économiques ou sociétaux : voilà ce à quoi nous invite la mise en place de l’école inclusive de demain. C’est le message que le DIP a livré lors de la journée qu’il a consacrée, en novembre 2015, à l’école inclusive.

Une révolution inéluctable est en marche, une révolution aussi importante que celle qui a amené le droit à la liberté d’expression, le droit de se réunir, le droit à l’égalité des races… C’est une belle révolution et, à terme, j’en suis sûre, rien ne nous semblera plus absurde, comme il nous semblerait absurde aujourd’hui de défendre l’apartheid, qu’on ait pu croire que la séparation était préférable à l’union, que la création d’une « société » parallèle, identifiée par le label « besoins spécifiques », était plus appréciable que l’union.

C’est le droit et le droit seul qui a mis fin à ce que nous percevons aujourd’hui comme des absurdités. Alors, nous avons le droit, je pense, de rêver en ce qui concerne l’avenir de nos enfants…

 

L’école inclusive est une école qui épouse le mouvement. Epouser le mouvement est le meilleur moyen de le conserver. Et le mouvement, c’est la vie.

 

 

 

 

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28/11/2015

L'inclusion: un concept en pleine évolution...

Dans le principe, il y eut un manque de vocabulaire.

Puis, un manque de compréhension.

Ensuite, un refus : « partager mon territoire, ça va pas la tête ou quoi ? » Non, non !

Ensuite, une hésitation.  Non, oui…. « Et si l’autre pouvait quand même un peu améliorer notre quotidien ? »

Ensuite, un peu plus d’évidence : « Diantre ! Cet autre (étranger, handicapé, sportif ou artiste hors norme) peut vraiment m’amener un plus …incroyable !»

Enfin, l’homme devint sapiens.

 

evolution-de-l-homme.jpg

 

Au pays de « oui, oui », tout est possible. Même marcher debout.

Même aller à l’école lorsqu’on est un enfant ! Oui, oui !

 

oui-oui.jpg

 

Absolument, tout est possible.

 

Alors, à quel stade en sommes-nous dans l’histoire de notre évolution à Genève ?  Qu’en pensez-vous ?

 

Moi je dirai au : « Non, oui ! »

….non ?

euhh…. opsss peut-être  au « non, non » alors :-) ?

… non ?

à « l’inclusion ? »

… non ? zut….ne me dîtes pas qu’on en est encore à :

« L’inclu., quoi ? »

 

Quoi ?! J’en perds les mots !

 

 

 

 

 

 

22/11/2015

Le droit des enfants comme moteur de l’école inclusive

 

J’ai assisté hier, samedi 21 novembre, à la journée sur l’école inclusive organisée par le DIP. 

Nous avons assisté à une très belle présentation, donnée par l’archiviste du DIP, Mme Chantal Renevey Fry, sur l’histoire de la « filière » spécialisée qui –à Genève- depuis le début s’est dessinée comme « séparatiste ».  Les personnes dénommées à l’époque comme « retardées », « arriérées » etc. étaient perçues comme dérangeant la « norme ». Il était donc préférable, et ce avec les meilleures intentions du monde de la part des responsables de l’époque qui ont fait ce choix, de les séparer des « élèves normaux » pour leur permettre d’apprendre à un rythme différent.

 

 La ségrégation est donc un héritage.

 

Il est difficile de se défaire d’un héritage qui est ancré dans les mentalités, dans les rouages administratifs et économiques d’une société. 

C’est d’ailleurs exactement ce qu’a formulé l’excellent conférencier de la matinée, M. Thomazet, maître de conférences à l’Ecole Supérieure du Professorat et de l’Education Clermont-Auvergne, spécialiste de l’école inclusive, qui a parfaitement illustré le changement de paradigme que la société, et donc aussi l’école, doit réussir à opérer pour faire de l’inclusion une réalité. Au centre de son argumentation, M. Thomazet a placé le DROIT.  Le droit aussi défini par des instances supranationales.

C’est exactement ce qu’Autisme Genève met en évidence et défend depuis le début : le DROIT.

C’est le sens de son action lorsqu’elle a interpellé, en 2014, le comité des droits de l’enfant, instance onusienne, pour attirer l’attention sur la ségrégation de fait qui existe en Suisse, et tout particulièrement dans le Canton de Genève. Nos enfants, dans leur très grande majorité, sont de fait en dehors du circuit scolaire ordinaire. 

Je suis donc ravie que la vision et une action comme celle d’Autisme Genève auprès de l’ONU correspondent aux propos énoncés par M.Thomazet, invité d’honneur du DIP. Pour créer l’école inclusive, il faut effectivement, comme le dit ce conférencier, changer de paradigme.

Ce sera probablement long.  Nous le savons. Mais je pense que cela sera encore plus long si des responsables de notre Canton n’utilisent pas le droit comme un tremplin pour accélérer le « processus » (mot employé pour qualifier la mise en place de l’école inclusive).

Il ne faut donc pas considérer les initiatives d’Autisme Genève, aussi dérangeantes soient-elles, comme une menace, mais comme un moteur pour le changement. Au fond peu importe que cela soit une association ou une autre instance qui pointe du doigt les contradictions d’un Etat. L’essentiel c’est de les pointer et de faire primer le DROIT sur les autres considérations.

C’est exactement ce qu’a fait le pays basque espagnol, dont le gouvernement en s’appuyant sur les associations de parents, a créé non seulement l’école, mais également la société inclusive. Nous l’avons vu de nos propres yeux. C’est un modèle, par ailleurs, qui a été primé au niveau international.

Nous nous réjouissons, à Autisme Genève, de finaliser notre rapport sur le voyage que nous avons effectué, en octobre dernier, au pays basque espagnol et de livrer les vrais chiffres sur l’inclusion scolaire dans cette région.  Puisque nous avons eu la chance de rencontrer deux membres du gouvernement, nous décrirons également les décisions politiques qui ont permis de changer radicalement de paradigme en passant d’un système ségrégationniste à un système TOTALEMENT inclusif et ce tout au long de la vie des personnes à besoins spécifiques.

C’est possible. C’est ce possible que nous voulons partager avec le gouvernement, mais aussi avec le plus grand nombre de personnes et plus particulièrement avec les acteurs de l’éducation à Genève.

Je pense qu’en leur disant que c’est « possible » et en leur démontrant comment cela est possible nous transmettons une vision positive et très constructive de l’avenir.

Nous ne sommes pas une association d’opposition, n’en déplaise à celles et ceux qui veulent véhiculer cette image de notre association (c’est si simple de se battre contre le pot de terre), mais de co-construction. Nous sommes une association qui, grâce à sa manière différente de penser, propose du possible. 

Autisme Genève a fait du droit un axe de pertinence. Lui demande-t-on d’être une association consensuelle et de se taire ? 

 

Memento audere semper

 

11/10/2015

L’inclusion scolaire à Genève : un vrai théâtre !

rideau_theatre_10.jpgL'inclusion est devenu le thème à la mode.  Une priorité gouvernementale. Presque une ligne budgétaire. Il y en aura une. Aucun doute sur la question.

Mais les échanges vont quand même être vifs. Les acteurs vont discuter dans des commissions ad hoc constituées spécifiquement pour en débattre avec des gens très sérieux, des experts.  Le débat va être vivant, passionnant. Il y a ceux qui vont dire qu'on en fait trop pour les handicapés, les autres affirmeront qu’on n’en fait pas assez. On va se fâcher sur le sujet.  Les arguments vont fuser. Tout le monde essayera de faire primer sa position, forcément la meilleure. Et puis il y aura les sages. Les sages eux connaissent déjà la conclusion des débats. Ils savent déjà comment sera l'école inclusive. Normal, ce sont des sages. Et pour cause.

 

Magnifique: tous les registres sont parfaitement mis en scène, magistralement administrés par un pouvoir qui tait son nom. Normal, le pouvoir est toujours anonyme. Et pour cause.

 

Tout est parfait.  Synchro.  Déterminé. Lever le rideau !

Mais, au fait: joue-t-on vraiment la bonne pièce ?  C'est déjà quoi le titre de la pièce  ?

 

L'inclusion, c'est quoi au juste ?

 

  • Une politique d’essai-erreur ?  On essaye un modèle d’inclusion, puis une autre, puis le troisième et on revient en arrière.  On teste, quoi. Aux frais du contribuable toutefois.
  • Une sorte de compromis avec un système déjà existant ?  On maintient l’ancien système, mais on le relooke un peu: un petit changement de lieu par ci, un petit changement de  nom par là…  Petits changements aux frais du contribuable toutefois.

 

Je ne sais pas trop bien à quel registre attribué cette pièce. Que diriez-vous, vous ?  Un vaudeville, une tragicomédie, une impro. , une pièce de marionnette ?

 

Ce serait vraiment amusant de poursuivre cette critique littéraire si toutefois derrière ces facéties, il n’y avait pas en jeu l’avenir d’enfants. Parce que pendant que la galerie s’amuse à ajuster ses décors, des enfants (réels) eux sont discriminés.

 

Il me semblerait important de mener une réflexion sur le fond avec des acteurs qui ne sont pas déjà costumés. Par exemple, pourquoi ne pas aller voir comment se déroule l’inclusion scolaire dans des pays où elle est déjà pratiquée depuis des décennies avec des résultats à la clé ? Par exemple, au hasard, au pays basque espagnol.

 


En novembre 2012, dans le cadre de son colloque scientifique centré sur l’inclusion scolaire (http://autisme-ge.ch/colloque-modele-2/),  le Prof. Fuentes nous avait présenté le modèle inclusif de Gautena. Ce modèle entièrement financé par les pouvoirs publics est parti d’un projet gouvernemental clair et planifié : fermer toutes les institutions spécialisées, mais transférer toutes les compétences du spécialisé au sein même du milieu ordinaire.

Résultats après plus de 30 ans d’existence de ce modèle:

- les personnes autistes font partie de la société à part entière et bénéficie directement de l'aide dont elles ont besoin au sein même de l'école. Leurs droits sont donc respectés. Pas de discrimination.

- le taux d'hospitalisation et de médicalisation des personnes autistes a chuté de manière spectaculaire. A Genève, le taux d'hospitalisation ne cesse de croître....

- les budgets sont 50 fois moins élevés que lorsqu'il existait un système d’institutions spécialisés en parallèle à l'école publique... C'est un argument de poids pour les gouvernements me semble-t-il.

Sur la base de ces considérations et sur la suggestion du directeur de Gautena, nous avons invité le gouvernement genevois à nous accompagner sur place pour voir ce modèle d'inclusion scolaire. Malheureusement faute de budget (il est vrai qu’il n’y a pas de petite économie) et parce qu'il n'est pas encore habituel pour des officiels genevois d’accompagner une délégation de parents (c'est l'argument qui nous a été donné), aucun représentant du gouvernement n'a été désigné.

Pourtant, il est  intéressant, de notre point de vue, de voir sur place un modèle d'inclusion scolaire qui fonctionne avec succès autant sur le plan de la qualité de vie des personnes autistes que sur le plan budgétaire pour un Etat. Et ce depuis plus de trente ans et à moins de 2 heures de vol  de Genève....

 

Rencontrer des acteurs nouveaux nous permettrait sans doute d’écrire une pièce plus crédible. Ne le pensez-vous pas ?

 

Objectifs du voyage d'Autisme Genève prévu le 14 et 15 octobre prochain:

- Prendre connaissance de ce modèle en visitant les infrastructures et en ayant des échanges avec les directeurs, enseignants et éducateurs qui en sont les acteurs sur le terrain.

- Avoir un échange avec un membre du gouvernement pour comprendre comment il a été possible de mettre en place une telle politique publique en si peu de temps et avec une telle efficacité.

- Débattre avec nos interlocuteurs sur la question des aspects positifs et/ou négatifs du choix d'avoir fermé toutes les institutions spécialisées du pays en privilégiant exclusivement le modèle inclusif.

 

Autisme Genève s'engage ensuite à écrire un rapport,  à l'envoyer aux autorités compétentes du Canton et à le publier sur son site.

 

 

Entracte ;-)

 

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17/02/2015

Autisme: les recommandations de l'ONU à la Suisse

L’ONU s’inquiète de la discrimination envers les enfants autistes en Suisse  et tout particulièrement à Genève.

 

Le 4 février 2015, le Comité des droits de l’enfant des Nations Unies a adressé à la Suisse une série de recommandations à l’issue de l’examen du respect de la Convention relative aux droits de l’enfant dans le pays. Une partie de ces recommandations concerne spécifiquement les droits des enfants avec un trouble du spectre de l’autisme (TSA), en particulier dans les domaines de l’inclusion scolaire et sociale, du dépistage précoce et de l’intervention précoce.

Concernant les enfants avec TSA à Genève, le Comité s’est dit préoccupé par la discrimination et la ségrégation à l’égard des ces enfants dans beaucoup d’aspects de leur vie sociale, y compris l’insuffisance de détection précoce, le manque de programmes d’intervention précoce et le manque d’accès à l’éducation ordinaire à cause notamment de l’absence de professionnels qualifiés pour soutenir les enfants autistes au sein des écoles ordinaires. Le Comité s’est également inquiété de la formation insuffisante des professionnels qui s’occupent d’enfants avec un TSA et des traitements inadéquats, tels la pratique du « packing » (enveloppement dans des draps mouillés et froids) qu’il dénonce comme étant de la maltraitance.

En matière de diagnostic et d’intervention précoce le Comité demande instamment à la Suisse de mettre en place les mécanismes permettant une détection et une intervention précoces basés sur des connaissances scientifiques et de s’assurer que tous les enfants avec TSA en bénéficient.

En matière d’inclusion le Comité demande que des mesures soient prises dans tous les cantons pour que les enfants avec un TSA soient entièrement intégrés dans tous les lieux de la vie sociale, y compris les activités de loisirs et les activités culturelles. Le Comité demande instamment qu’une éducation inclusive adaptée aux besoins des enfants avec un TSA soit prioritaire sur une éducation en école spécialisée et en institution spécialisée[1].

En matière de formation le Comité demande à la Suisse de fournir aux professionnels une formation adéquate en autisme.

En matière de traitements inadéquats le Comité demande à la Suisse d’interdire la pratique du « packing » dans la loi Suisse et de prendre les mesures nécessaires pour que les enfants avec un TSA soient traités avec dignité et respect et bénéficient d'une protection efficace.



[1]  Nous avons traduit le terme « daycare » utilisé par le Comité par « institution spécialisée », mais en réalité ce terme veut littéralement dire « garderie ».

 

 

POUR PLUS D'INFOS: ICI

 

05/02/2015

Autisme et Comité des droit de l’enfant de l’ONU : recommandations pour la Suisse

Le Comité demande instamment à la Suisse  : 

 

  • d'adresser les besoins spécifiques des enfants avec un trouble du spectre de l'autisme dans tous les cantons, et en particulier de faire en sorte qu'ils soient entièrement intégrés dans tous les lieux de la vie social, y compris les activités de loisirs et culturelles, et d'assurer qu'une éducation inclusive adaptée à leurs besoins soit prioritaire sur une éducation en école spécialisée et en centre de jour*, de mettre en place des mécanismes pour la détection précoce, de fournir une formation adéquate des professionnels et de s'assurer que tous les enfants bénéficient effectivement de programme de développement précoce qui sont basés sur la connaissance scientifique.

 

  • d'interdire légalement la pratique du "packing" des enfants et de prendre les mesures nécessaires pour assurer que les enfants avec un trouble du spectre de l'autisme soient traités avec dignité et respect et bénéficient d'une protection efficace.

 

* Nous avons traduit par "centre de jour", mais le comité a utilisé le mot "daycare" qui veut littéralement dire "garderie".

Traduction personnelle. La traduction française officielle sera prête d'ici quelques semaines. Voir infra la version anglaise qui est déjà disponible sur le site de l'ONU.

 

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AUTISME GENÈVE REMERCIE LE COMITÉ DES DROITS DE L'ENFANT

 

  • d'avoir pointer du doigt la discrimination dont nos enfants sont victimes au quotidien, exclus des écoles oinclusion.jpgrdinaires, exclus pour la grande majorité d'entre eux de toute forme d’éducation spécifique, sous l'emprise d'un personnel qui n'est souvent pas formé aux troubles du spectre de l'autisme, entravant ainsi par son ignorance le bon développement même du réel potentiel de nos enfants !!!!!! Ce qui se passe en Suisse et surtout dans les cantons romands est grave !!!!!!!! Le comité demande une VRAIE POLITIQUE PUBLIQUE D’INCLUSION et non d’intégration, qui est pourtant le mot officiel utilisé dans les textes de loi en Suisse, reflet du grand retard que nous avons cumulé dans ce domaine.

 

 

 

  • denver.pngd'avoir demandé que la détection et l'intervention précoce (sur la base de modèles validés), qui sont unanimement reconnues comme le meilleur vecteur du développement de leur potentiel,  pouvant changer considérablement et de manière déterminante le cours de leur VIE, soient la règle et non l'exception comme c'est le cas aujourd'hui !!!!!

Pour rappel, la Suisse se targue de financer, par l’AI, 5 projets pilotes recouvrant toutes les régions linguistiques, alors que cela concerne en tout et pour tout moins de 50 enfants  au niveau national !!!! A Genève, 12 places sont disponibles dont plus de la moitié financée par des fonds privés, alors que les besoins ont été évalués à 60 places pour répondre à la demande ! Où est l’ETAT ??????????

 

 

 

 

 

 

  • 1-autisme-packing_335.jpgd'avoir très clairement demandé l'interdiction de la pratique du packing, pratique défendue par des psychanalystes de premier ordre et  qui, en réalité, n'est rien d'autre qu'une mesure de contention inacceptable !

 

 

 

 

 

  • d'avoir demandé de respecter la dignité de nos enfants en cessant toute pratique abusive d'enfermement dans de unités psychiatriques complètement inadaptées a leurs besoins où ils sont parfois même recoupés du droit de visite de leurs propres parents!!!!!! Où sont les organes de contrôle indépendants ????

 

 

 

 

AUTISME GENEVE.pngPour pouvoir respecter toutes ces recommandations et changer la donne d’ici ces prochaines 5 années, date à laquelle la Suisse sera à nouveau auditionnée par le CDE, Autisme Genève demande à la Suisse et à l’Etat de Genève qui est son premier interlocuteur de mettre en place un PLAN AUTISME interdépartemental (DIP, Département des affaires sociale et de la Santé) qui pourra ENFIN (comme nous le demandons depuis 10 ans) coordonner la filière TSA du diagnostic jusqu’à l’âge sénior !

Le plan autisme permettra d’établir des statistiques fiables, de recenser les besoins, de les planifier, de redistribuer les budgets et d’en demander de manière ciblée là où il y en a besoin.

Arrêtons la « politique rafistolage », où aucune vision globale des TSA ne prime ! C’est une politique dépensière et inefficace.

Soyons pragmatiques : mettons au centre de notre réflexion les personnes avec un TSA et non la défense, la justification et le maintien de systèmes caducs et très chers.

C’est le DROIT DE LA PERSONNE qui doit primer.

 

Autisme Genève est en dialogue avec TOUS les acteurs locaux, romands, nationaux et internationaux depuis près de 10 ans. Nous avons une bonne expertise de la question des TSA.

WANTED: partenaire prêt à faire respecter le droit de nos enfants, TOUS nos enfants, petits et grands.

 

 

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Voici le texte en anglais publié sur le site de l'ONU:

 

G. Disability, basic health and welfare (arts. 6, 18 (para. 3), 23, 24, 26, 27 (paras. 1-3) and 33)

                        Children with disabilities 

54. The Committee welcomes the entry into force of the Federal Act on the Elimination of Discrimination against Persons with Disabilities and the adoption of the inter-cantonal agreement on cooperation in the area of specialized schooling. However, the Committee is concerned about:

(a)    The lack of comprehensive data on children with disabilities, including children with autism spectrum disorders;

(b)   Children are not adequately included in mainstream education in all cantons, and there are insufficient human and financial resources allocated to ensure the adequate functioning of the system of inclusive education in practice;

(c)    The lack of sufficient early childhood education and care and inclusive vocational training opportunities for children with disabilities;

(d)   Discrimination and segregation of children with autism spectrum disorders, especially in the canton of Geneva, in many aspects of their social life, including insufficient early childhood detection of autism spectrum, lack of intensive early developmental programmes, lack of access to mainstream education due notably to the absence of qualified professionals to provide specialised support to these children in mainstream schools, and insufficient training of professionals to deal with children with autism spectrum disorder;

(e)    Reports that children with autism spectrum disorders, especially in the canton of Geneva, are subjected to inadequate treatments, such as the “packing” technique (wrapping the child in cold, wet sheets), which amount to ill-treatment; and

(f)    Lack of information on measures taken to prevent the placement of children with disabilities in psychiatric units and ensure that these children are not arbitrarily deprived of their right to be visited by their parents.

55. In the light of its general comment No. 9 (2006) on the rights of children with disabilities, the Committee urges the State party to adopt a human rights-based approach to disability and specifically recommends that it:

(a)   Collect and analyse data on the situation of all children with disabilities, disaggregated by, inter alia, age, sex, type of disability, ethnic and national origin, geographic location and socioeconomic background;

(b)   Strengthen its efforts to ensure State-wide inclusive education without discrimination, including through allocation of necessary resources, adequate training of professionals and clear guidance being given to cantons that still apply a segregated approach;

(c)    Promote inclusion rather than integration;

(d)   Ensure that children with disabilities have access to early childhood education and care, early development programmes and inclusive vocational training opportunities in all cantons;

(e)    Address the specific needs of children with autism spectrum disorders in all cantons, and in particular ensure that they are fully integrated into all areas of social life, including recreational and cultural activities, ensure inclusive education adapted to their needs is given priority over special schooling and day-care, set up mechanisms for early detection, provide adequate training of professionals and ensure that they effectively benefit from early development programmes which are based on scientific knowledge;

(f)    Legally prohibit the practice of “packing” of children and take the necessary measures to ensure that children with autism spectrum disorders are treated with dignity and respect and benefit from effective protection;

(g)   Take all necessary measures to prevent that children with disabilities are placed in psychiatric units and ensure that these children are not arbitrarily deprived of their right to be visited by their parents.

 

Source: ici

30/01/2015

L’école inclusive, cherchez le mot en trop !

Au moment même où tout le monde parle d’école inclusive, il faudrait, je pense, dépasser le concept même d’école inclusive. « L’école, c’est l’école. L’école où vont les enfants. Les enfants d’un même quartier. »

Ce sont en ces termes qu’une de mes amies s’exprimait récemment.

Je lui en suis reconnaissante, parce qu’elle a mis des mots sur ce que je pense profondément. L’école, c’est l’école. Et à l’école on y accueille des enfants, petits et grands.

Les enfants différents sont-ils que « différents » ? Ne sont-ils pas des « enfants »?

Toutes ces personnes bien pensantes qui défendent, au fond, la ségrégation, en brandissant comme arme la peur, de quoi ont-elles peur au juste ? Des enfants ? 

C’est risible. En somme, cela le saurait s’il n’y avait comme premières victimes de leur vision de l’école, les enfants eux-mêmes.

Sur quelles bases ces personnes bien pensantes justifient-elles l’exclusion ? Pensent-elles vraiment que des enfants différents n’ont pas de compétences cognitives ni scolaires ?

Dans ce cas, l’ignorance n’est pas dans le bon camp. Ce n'est donc pas la question d'être conservateurs, insensibles, élitistes ou simplement grognons. C'est un peu plus grave que ça.

Et puis, l’école n’est-ce pas aussi un endroit social, où l’on apprend bien autre chose que 2+2 font 4 ? En somme, je précise aux personnes bien pensantes que ceci n’est qu’un exemple et que je sais que le PER propose autre chose. L’école, c’est l’endroit où l’on apprend à se faire des amis, mais aussi des ennemis, à mesurer le poids des valeurs, à se mesurer aux autres, à comprendre les règles de la vie, y compris les règles tacites. Je dirai même que pour pas mal d’élèves dits « normaux », l’école c’est parfois cela avant que les enseignements purement académiques.

Enfin toutes ces personnes bien pensantes, que connaissent-elles réellement des institutions (prétendument spécialisées) dans lesquelles les enfants différents sont systématiquement dirigés ? Les ont-elles visitées ? Et connaissent-elles vraiment nos enfants ? J’entends : sans s’arrêter à leur propre impression ou à leur « ressenti » ?

Je demande à les entendre sur leurs connaissances de la différence.

Non parce que sinon, vous comprenez, recevoir systématiquement des leçons de « bonne morale » de la part de gens très ignorants, même si très titrés (l’un n’empêche pas l’autre) commence sérieusement à être ridicule.

S’il est vrai que le ridicule ne tue pas, et qu’aujourd’hui cela peut même être une marque de distinction, les personnes qui le sont entravent réellement, par leur vision nombriliste de l’école, l’avenir de nombreux enfants. Du coup, leur ridicule me fait beaucoup moins rire.

L’école, c’est l’école. Elle doit y accueillir tous les enfants et DONC  toutes les compétences qui peuvent aider ces enfants. Personne n’est exclu : ni les enfants, quels qu’ils soient, ni les professionnels du spécialisé. Personne. Au contraire, nous créons une convergence de force, d’idées, de vie là où elle doit être créée : dans l’école du quartier ! Voilà l’école de demain !

la-marotte-du-bouffon.jpg

 

 

Soyons un peu visionnaire : n’érigeons pas les fausses croyances en préceptes et la peur en effigie. C’est de cette marotte-là que nous ne voulons pas.

20/01/2015

Autisme : la Suisse face au comité des droits de l’enfant (ONU) les 21 et 22 janvier

Le mercredi 21 et le jeudi 22 janvier, la Suisse devra répondre aux questions que le comité des droits de l’enfant (CDE) de l’ONU a posées sur leurs droits qui, dans bien des domaines, ne sont pas respectés en Suisse.

Parmi les questions soulevées, 4 sont directement liées à la question des troubles du spectre de l’autisme (TSA) :


1/ Qu’en est-il du packing en Suisse ?

 

Autisme Genève dénonce la pratique de cette thérapie issue de la pensée psychanalytique et qui consiste à envelopper dans des draps froids et humides des personnes en situation de handicap, dont des autistes.

 

2/ Qu’en est-il de l’enfermement dans des unités de psychiatrie sans droit de visite des parents ?

 

Autisme Genève dénonce la séparation parents/enfants et la limitation du droit de visite lorsque des psychiatres, souvent pas formés à l’autisme, décident d’enfermer des mineurs en unité psychiatrique.

 

3/ Qu’en est-il de l’inclusion scolaire ? Qu'en est-il de l'intervention précoce ?

 

Autisme Genève dénonce la ségrégation dont sont victimes les enfants en situation de handicap, particulièrement les enfants autistes qui sont, pour la très grande majorité d’entre eux, exclus de l’enseignement ordinaire. Le système genevois a été particulièrement pointé du doigt et le CDE demande à Genève de s’expliquer sur la situation réelle : quelles mesures ont été prises ?

Autisme dénonce le manque de place d'accueil dans les deux centres d'intervention précoces qui existent à Genève, dont l'un par ailleurs entièrement financé par des dons privés et qui à eux deux n'accueillent que 8 à 10 enfants sur les 60 qui répondraient aux besoins réels  du Canton !!

 

4/ Statistiques

 

Autisme Genève dénonce l’absence de statistiques.

 

Comment est-il possible, s’interroge Autisme Genève, de mettre en place une vraie politique publique des TSA sans savoir combien de personnes sont concernées ?

 --------------------------------------

La Suisse a livré ses réponses qui sont génériques, lacunaires.

Ce mercredi et ce jeudi la Suisse les défendra face à un Comité qui aura probablement besoin d’éclaircissements vu l’aspect si générique de ces réponses.

Autisme Genève sera présente avec un comité de soutien pour écouter les propos de la Suisse…

Nous vous tiendrons au courant.

 

Pour suivre le dossier depuis le début : ici

 

Dans 4 ans, la Suisse fera à nouveau l’objet d’une supervision de la part du CDE. Nous serons au rendez-vous. La Suisse, Genève, puisque les politiques sont cantonales, doivent mettre en place une vraie politique publique des TSA !

Nous affirmons que sans un « plan directeur interdépartemental spécifique autisme », nous continuerons à faire une politique du rafistolage !

Stop à l’amateurisme, construisons de manière coordonnée, planifiée et cohérente l’avenir pour tous nos enfants.

Ayons une pensée différente.

 

Logo-Club-suisse-de-la-presse.png



Conférence de presse sur ce sujet: ici

 

20/12/2014

LE MEPRIS DE GENEVE POUR LES ENFANTS HANDICAPES

Faut-il demander à des Fondations privées de financer l'inclusion scolaire  dans les écoles publiques genevoises ?

 

Je pense que cela serait modélisant et aussi un peu amusant.

 

Il faut parfois avoir un esprit libéral, faute d'avoir un Etat responsable. Notre Parlement apprendrait que financer 7 Assistants à l'Intégration Scolaire (AIS) pour la modique somme de 464 000 frs permettrait une économie au minimum du double pour les finances publiques. 

Le calcul n'est pas très difficile à faire, mais - effectivement- il faut se donner la peine de le faire.

 

Après tout, si l'esprit libéral du Parlement est freiné dans son essence, en dehors de ces augustes murs il la retrouverait peut-être, j'entends: son essence ? Cette dernière n'est-elle pas  de prendre des initiatives, faire des investissements pour avoir en retour des bénéfices ?

 

Il  est amusant (modus dicendi) de voir que ceux qui freinent, au sein de la machine étatique, les bons investissements sont ceux qui dans le privé en sont les maîtres du jeu. Je dirai même qu'ils en ont une parfaite maîtrise.

 

 

Vraiment: il faudrait demander à des Fondations privées de financer l'inclusion scolaire  dans les écoles publiques genevoises. Ce serait amusant.

 

Ne le pensez-vous pas ?

 

Je lance comme idée que sur le pupitre de chaque enfant dont l'AIS serait financé par un privé, on y appose une plaquette avec comme inscription : "Ci vit (prénom de l'enfant) grâce au généreux don de (anonyme ou nom de l'investisseur)".

 

Amusant, non ?

 

Je propose aussi que cet investisseur puisse avoir le choix: soit il considère son investissement comme une pure action sociale (déductible des impôts), soit qu'il perçoive la différence de l'économie faite de soutenir un enfant en classe ordinaire plutôt que de le maintenir dans le système du spécialisé :-) ! Cet investisseur, à n'en pas douter, va devenir très riche ! Sacré veinard.

 

Vraiment: il faudrait demander à des Fondations privées de financer l'inclusion scolaire  dans les écoles publiques genevoises. Ce serait constructif.

 

On ouvre un compte AIS ?

Qui souhaiterait parrainer des enfants handicapés exclus de leur droit fondamental d'aller à l'école ordinaire à Genève ?

 

Ayons une pensée différente.

04/12/2014

DEFENDONS ENSEMBLE L'ECOLE INCLUSIVE

 

Aujourd'hui, jeudi 4 décembre, rassemblement devant l'Hôtel-de-Ville, dès 16h15!


GENEVOIS, NE LOUPONS PLUS LE COCHE.


NOS ENFANTS SONT EXCLUS…C'EST INACCEPTABLE !

L'INCLUSION EST UNE FORCE POUR TOUS.

STOP A L'APARTHEID DANS NOTRE CANTON.


 PRENEZ LE TEMPS DE REGARDER  CE FILM (8 MINUTES):

IL DONNE L'EXEMPLE. C'EST POSSIBLE. 

 

 

 

NOUS AVONS BESOIN D'UNE VRAIE PRISE DE CONSCIENCE POLITIQUE ET D'UN ENGAGEMENT AUTHENTIQUE DE TOUTE LA COMMUNAUTE. L'INCLUSION EST L'AFFAIRE DE TOUS.

SOYONS SOLIDAIRES.

05:27 Publié dans Autisme - alors ça bouge ou pas ?, Autisme - école - inclusion | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

01/12/2014

La formation des enseignants devrait être au centre du dispositif de l'inclusion scolaire...

Comment cela se fait-il qu'ailleurs les guides pour accompagner les enfants avec un TSA en classe pullulent et qu'ici à Genève, on se pose encore la question de savoir si leur place est en classe ?

 

Combien de retard voulons-nous encore cumuler avant de se mettre sérieusement au travail ?

 

Combien de génération d’enseignants vont encore ignorer ces guides parce que personne, au niveau de la formation, ne les connaît et donc ne les présente ? !

 

D'ailleurs qui est vraiment formé à Genève pour donner des formations dans ce domaine ?

 

Je m’inquiète (légitimement, je pense) de savoir qui assurera, le 22 janvier prochain, la formation de l'atelier TSA, organisée par le DIP  et destinée  aux enseignants. Aucune réponse sur le sujet...

http://edu.ge.ch/beph/spip.php?article62

 

Pourtant, la formation des enseignants est la principale clé du succès de l’inclusion scolaire pour nos enfants. Peut-on s'improviser formateur dans ce domaine ? 

 

Il n'y a pas à Genève de filière de formation dans le domaine de l'autisme...donc il n'y a pas de formateurs.... Ceux qui œuvrent à Genève ont tous une formation acquise à l'étranger ou dans le cadre des formations assurées par autisme suisse romande (et évidemment il n'en faut pas une pour se prétende formateur...)

 

Pourquoi un tel niveau d'amateurisme dans ce domaine dans notre Canton ? Qui est garant de quoi ?

Dans quel autre domaine accepterait-on qu'on désigne quelqu'un comme "spécialiste- formateur" sans que ce dernier n'ait fait un cursus de formation spécifique et ait de l'EXPERIENCE dans ce domaine ????

C'est pourtant exactement ce qui arrive à Genève dans le mode de l'autisme !

 

On se voit proposer des gens sans quasi aucune formation sérieuse comme "formateur". Mais que vont-ils apprendre à leur audience ? Où et la conscience professionnelle ?

 

Il ne suffit pas d'avoir envie de bien faire (ce qui est respectable), mais il faut aussi des compétences pour bien faire (ce qui est préférable).

 

Ce qui est évident dans n'importe quel autre domaine ne l'est pas dans le domaine de l'autisme, pourquoi ? Accepterait-on qu'un enseignant de l’ordinaire du premier cycle, par exemple, n'ait aucune formation dans le domaine de la pédagogie de la petite enfance ? J'imagine que cela n'est pas possible. Alors comment peut-on accepter que des "formateurs" œuvrent officiellement dans le domaine de la formation en autisme sans avoir eux-même de formation spécifique (acquise dans des filières de formation certifiante) ?

Il faut cesser le rafistolage dans le domaine de l'autisme et il faut cesser l'amateurisme ! Nous avons besoin de gens vraiment formés pour, à leur tour un jour, former correctement les futurs professionnels de l'éducation.

 

En attendant ce jour, voici un guide téléchargeable gratuitement à l’attention des enseignants de l’ordinaire...très utile ;-) :

 

J’accueille un élève ayant un trouble du spectre autistique dans ma salle de classe. Guide pour le personnel de la salle de classe ordinaire. Ici

 

Et je rappelle qu'Autisme Genève a offert des jeux éducatifs qui sont disponibles dans deux ludothèques du Canton: les Grottes et Prêts-Ludes. N'hésitez pas à les emprunter pour vos élèves :-))

 

Infos:

http://www.autisme-ge.ch/?page_id=5530

 

Bon travail à tous avec nos enfants :-)

 

 

 

05:30 Publié dans Autisme - école - inclusion, Autisme - outils pédagogiques | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

30/11/2014

Autisme: l'inclusion scolaire est possible ailleurs, pourquoi pas ici ?

Il faut cesser d'exclure nos enfants des écoles: leur place est parmi leurs pairs !

L'Etat de Genève doit cesser la politique ségrégationniste contraire à la Convention des droits de l'enfant.

Soyons tous solidaires des enfants différents. Rendez-vous le:

4 décembre 16h15-17h15 - rassemblement devant l'hôtel de ville pour une école inclusive !

Origine de la manifestation : Fédération genevoise des associations de personnes

handicapées et de leurs proches (FéGAPH).

Lire la suite

26/11/2014

Il est urgent de replacer les enfants handicapés au cœur des politiques publiques

Dans mon dernier blog, j’ai évoqué le projet « 2014, année de l’enfance », lancé par la Ville de Genève à l’occasion du 25ème anniversaire de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant et j'ai été épatée de constater que les enfants handicapés étaient les grands oubliés du système !

 

Lire la suite

25/11/2014

Les victimes silencieuses: 25 ans des droits de l'enfant sans les autistes !

Nous sommes ravis que Genève fête officiellement le 25ème anniversaire des droits de l'enfant en au moment même où la Suisse doit répondre devant le Comité des droits de l'enfant , en janvier prochain, aux raisons pour lesquelles les enfants porteur d'un handicap et en particulier autistes sont écartés des écoles et victimes de SEGREGATION !

 

Quelle image veut-on donner des droits de l'enfant ? Des droits sans la présence de ceux qui sont victimes de leur non-respect ?

 

Le Canton de Genève qui met en place une nouvelle Chaire inter facultaire au sein de l'alma mater en même temps EXCLUT de son système scolaire des enfants en situation de handicap. Quelqu'un souhaiterait-il commenter ?

 

Comment est-il possible de tolérer cette injustice, injustice qui fait de vraies victimes, des victimes silencieuses ?

 

Comment est-il possible de fêter les droits de l'enfant et en même temps les bafouer impunément ?

 

Comment est-il possible d'afficher une telle sérénité politique en sachant pertinemment que des milliers d'enfants vivent dans un apartheid social ?

 

Genève fête les droits des enfants sans les enfants handicapés qui sont les vrais exclus des droits: quel message a t-on vraiment transmis ? 

 

 

http://www.tdg.ch/video/?video_id=202340&channel_id=81&page=1

 

http://www.tdg.ch/video/?video_id=202148&channel_id=81&page=1 

 

Nous invitons toutes les personnes qui souhaitent que les droits de l'enfant soient vraiment respectés dans notre canton à se joindre à nous le jeudi 4 décembre devant l'hôtel de ville de 16h15 à 17h15.  C'est un combat pour la dignité.

 

 

 

 

 

 

24/11/2014

Qu'est ce que l'école inclusive ?

Le concept d’inclusion  implique de procurer les conditions nécessaires à la pleine participation de tous les enfants, ordinaires ou à besoins spécifiques.
En réalité, tous les enfants ont des besoins communs ET des besoins spécifiques.

La conception de l’éducation inclusive est donc valable pour tous les enfants.
Leurs différences importent peu. L’inclusion dans le milieu ordinaire devient la principale option.

Ceci implique que le milieu ordinaire doit «se spécialiser» par rapport à la
situation de l’enfant.

L’inclusion déplace la charge de la responsabilité: ce n’est pas l’enfant qui doit s’intégrer mais c’est plutôt la structure qui doit offrir les conditions nécessaires à l’accueil de tous les enfants et ce, dès le plus jeune âge, dès la naissance.


Par ailleurs, l’inclusion ne signifie pas que l’enfant doit toujours se trouver avec le groupe «ordinaire»; il peut aller dans un groupe spécialisé ou recevoir une intervention individualisée à certains moments, selon ses besoins.


L’inclusion signifie que tous les enfants ont une place dans le groupe, quels que soient leurs besoins.

 

Tous les enfants sont donc membres à part entière du milieu d’accueil et tous participent équitablement aux opportunités et aux responsabilités du groupe ordinaire. La base qui sous-tend tout le système est l’acceptation des autres et de leurs différences.


inclusion.jpgLa valeur fondamentale de l’éducation inclusive est l’égalité entre les personnes.
Mais il s’agit d’égalité des chances. L’égalité doit aussi impliquer l’équité. Sous l’optique de l’égalité, tous ont accès à l’éducation et reçoivent les mêmes ressources, peu importe leurs besoins. Dans celle de l’équité, chacun a le droit de bénéficier des ressources adaptées à ses besoins afin de favoriser son développement. Ce dernier concept est évidement plus favorable pour l’enfant porteur d’un handicap.

L’inclusion fait l’éloge de la diversité, ce qui implique la reconnaissance des besoins de chacun, le respect de l’autre dans ses différences et la responsabilité du bien-être de chacun.

 

Source:Maryse Hendrix, l'éducation inclusive

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18/11/2014

Enseignantes, enseignants: nous avons besoin de vos compétences !

Qui aura le courage de cultiver, de promouvoir et de mettre en oeuvre une VISION différente de l'école genevoise ? C'est le grand défi de ces dix à vingt prochaines années. Il faut avoir de l'envergure, une volonté de fer et un sens humble de la grandeur pour y arriver.

 

Nous demandons une école qui respecte les droits de l'enfant, de chaque enfant.

 

Il ne s'agit pas d'annihiler l'apport de l'enseignement spécialisé, au contraire: il s'agit de l'importer dans les écoles dites ordinaires. Mais les enseignants de l'école dite ordinaire ont aussi fondamentalement les outils qui sont nécessaires à nos élèves ! Le problème, c'est qu'ils ne le savent pas !

 

En réalité, ce qui doit primer c'est le fait d'ENSEIGNER. Tous les enseignants sont compétents pour enseigner si on leur donne, dans leur formation de base, les bons outils pour enseigner. Il ne faut pas partir de la peur de ne pas savoir faire. C'est une erreur ! Il faut partir du principe qu'en face de soi, on a un élève. Et un élève c'est avant tout un enfant. Tous les enfants ont des besoins.

 

Je pense que la vraie réflexion n'est pas celle des compétences des enseignants de l'ordinaire, mais c'est celle bien plus subversive que le système a infiltré dans les esprits de ces enseignants depuis près de quarante ans dans notre Canton: leur faire croire que les enfants en situation de handicap avaient moins de compétences !

 

Mais ce n'est pas vrai: ils ont des compétences différentes ! Ce n'est pas la même chose.

 

Et puis, que signifie: moins de compétences ? Par rapport à quoi ? Par rapport à  quelle norme tacite sous-jacente: celle de la compétitivité ? Que veut-on faire de nos enfants: des banquiers en herbe ?

 

Quelle triste et pauvre vision de l'école. Où est l'esprit humaniste et humain ? Où est celle ou celui qui portera ces valeurs au service de tous nos enfants ?

 

 

Les enfants sont avant tout des enfants. Ce qui doit changer ce n'est pas l'enfant, mais le système qui accueille l'enfant. Et c'est possible. Les systèmes sont des inventions humaines, reflet des valeurs promues dans la société.

 

 

Il est donc triste de constater qu'aujourd’hui à Genève le système promu est celui de la ségrégation. Au nom de quel principe ? Celui artificiel de faire croire que  le spécialisé confiné dans des centres éloignés du monde dit ordinaire répondrait mieux aux différences  de ces enfants ??

 

Mais se rend-on compte que ce système n'est ni plus ni moins qu'une forme d'apartheid social ???

Allez: les handicapés d'un côté, les autres de l'autre !! Et tout cela justifié par le fait qu'on donnerait de cette manière plus de chance aux enfants handicapés de s'en sortir dans la société ????? Et personne ne relève l'incroyable sottise de cette contradiction: "toi, handicapé, plus on t'éloigne des autres, plus on te donne des chances de t'insérer un jour (jamais défini)  dans la société !!!!! "

 

Quelle connerie !

 

Comment est-il possible dans notre société si riche, dite si évoluée, dans le bercail des institutions internationales d'accepter un tel discours si irrespectueux de la dignité des enfants ???

 

Genève a le devoir de changer !

 

 

Enseignantes et enseignants: nous avons besoin de vos compétences ! Il faut refuser de participer à ce système ségrégationniste.

Il faut faire confiance à nos enfants: leur place est parmi leur pair. Nulle part ailleurs. C'est là que doit oeuvrer le dit spécialisé.

 

Si on pense de cette manière (il faut réussir à penser différemment), alors vous verrez que dans 20 ans, on ne parlera plus de spécialisé ou d'ordinaire, mots qui reflètent tant notre pensée ségrégationniste d'aujourd’hui, mais on parlera d'ENSEIGNER aux enfants ! Et il sera évident qu'enseigner correspondra, non pas à un système, mais à l'enfant, à ses besoins.

 

Partir de l'enfant, chercher ce qu'il y a de commun entre tous les enfants et respecter leur singularité: voilà le défi à relever pour une vraie école.

 

 

Mais qui donc aura le courage de cultiver, de promouvoir et de mettre en oeuvre une VISION différente de l'école genevoise ? 

07/11/2014

Droits des enfants autistes: les non réponses du gouvernement suisse à l’ONU !

Suite au dépôt du rapport alternatif auprès du Comité des droit des enfants de l’ONU, qui a formulé des questions auxquelles le gouvernement devait répondre, force est de constater que ce dernier esquive les problèmes, se retranche derrière des arguments de forme et reste lacunaire.

 

Autisme Genève va formuler ses commentaires qu’elle fera part au CDE et c’est sur cette base que le gouvernement devra justifier ses propos lorsqu’il sera auditionné en janvier prochain.

 

Sur la question du packing, nous avons les preuves qu’il est pratiqué dans les institutions romandes et donc remboursé par l’Etat.

 

Sur la question de la ségrégation et de l’absence d’inclusion scolaire pour les enfants avec un TSA, notamment à Genève, nous avons une INFINITE d’exemples concrets à fournir, chiffres à la clé sur cette triste réalité.

 

Sur la question de l’enfermement sans discernement d’enfants avec un TSA dans des unités inappropriées comme le sont les unités psychiatriques, nous avons aussi des exemples, par ailleurs, qui ont déjà médiatisés.

 

Sur la question du diagnostic et de l’intervention précoce, nous avons des chiffres à avancer… Les cantons romands sont loin de recouvrir les réels besoins de leurs populations respectives (système cantonal oblige).

 

Sur la question des statistiques… c’est tout simplement la catastrophe ! Nous avons un gouvernement qui -au nom de la difficulté à recenser les situations à cause du système fédéral –  est complètement démissionnaire. Aucune statistique n'est prévue...on ignore le nombre réel de personnes avec autisme dans notre pays !

 

Pourtant l’inclusion scolaire et professionnelle est possible pour les personnes autistes.

Pourquoi ailleurs cela est déjà une réalité et ici, en Suisse, bercail des institutions  de réputation internationale défendant les droits humains, cela fait l’objet d’une mise en accusation ?

Le colloque scientifique qu’Autisme Genève organise le 15 novembre prochain au Centre Médical Universitaire (voir flyer) présentera les modèles d’inclusion scolaire et professionnelle existant ailleurs. Ce sont des modèles exportables et adaptables à la réalité juridique de tout pays s’il y a, à la base, une réelle volonté de pratiquer une politique inclusive !  

Le problème est là ! Il n’y a pas dans les Cantons de plan interdépartemental (ou global) qui pense l’inclusion des personnes autistes de la petite enfance à l’âge adulte… Or, l’autisme ne s’arrête pas à 20 ans, lorsque l’enfant passe de la responsabilité du Département de l’Instruction publique à celui des Affaires sociales.

L’autisme est un handicap à vie qu’il faut pouvoir penser du début à la fin en faisant ainsi une ENORME ECONOMIE de moyens autant sur le plan humain que sur celui budgétaire.

 

Aujourd’hui l’Etat dépense plus pour une efficacité moindre.

Adoptons les bons modèles et faisons d’une pierre deux coups :

1/rendre vraiment la dignité à nos enfants en leur permettant de développer au mieux leur potentiel en milieu ordinaire avec des vrais appuis

et

2/ faire faire des économies aux gouvernements qui se plaignent tant, à tort,  de ne pas avoir de budgets !!

 

Le thème de notre colloque se combine, par un heureux hasard, avec la demande d’éclaircissements de la part du CDE au gouvernement suisse notamment sur la question de l’inclusion scolaire.

Venez donc nombreux écouter nos conférenciers de réputation internationale nous décrire ce qui ailleurs fonctionne bien et depuis longtemps en matière d’inclusion !

 

Flyer du colloque : ici  (délai d’inscription prolongé )

 

Rapport alternatif d’Autisme Genève : ici

 

List of Issues (liste des questions du CDE à la Suisse) : ici

 

Réponses de la Suisse : ici

 

Et bientôt on-line nos commentaires…. alors suivez-nous !    www.autisme-ge.ch

 

07:05 Publié dans Autisme - alors ça bouge ou pas ?, Autisme - école - inclusion | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | | Pin it! |

06/11/2014

D'où viennent les résistances à l'adoption de l'inclusion ?


Paradoxalement, le handicap principal de l'inclusion est son faible coût.


Dans le domaine de l'inclusion scolaire, l'analyse comparée des divers systèmes européens de réponse aux besoins éducatifs particuliers fait ressortir que l'adoption de l'inclusion scolaire dépend en premier lieu de l'importance de l'économie des institutions spécialisées.

Les besoins éducatifs particuliers en Europe 2003 European Agency for Development in Special Needs Education p.14

1.5.5 Obstacles

« En plus du financement, l’existence même d’une large structure d’éducation séparée peut être une
entrave au processus d’inclusion. Comme nous l’avons vu précédemment, dans les pays disposant d’une structure différenciée assez conséquente, les enseignants et les institutions spécialisées peuvent se sentir menacés par le processus d’inclusion : ils craignent que l’inclusion remette en cause leur rôle et ainsi mette en danger la pérennité de leur position. La tension à ce niveau est d’autant plus vive que le contexte économique du pays est difficile, posant le risque d’éventuelles restructurations. Dans de telles conditions, il est extrêmement difficile de discuter de l’inclusion sur la base d’arguments éducatifs ou normatifs. »

 

Source: inclure.fr/w/AutismeInclusion.pdf

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31/10/2014

L'école inclusive vs l'intégration

 

La plupart des travaux en faveur de l’inclusion soulignent le droit de tous les enfants à fréquenter l’école.

La question n’est pas celle de l’efficacité de l’école inclusive, de sa rentabilité ou de son coût, mais bien du droit de chaque enfant à fréquenter l’école de droit commun, sans discrimination.

La science ne peut donner de réponse absolue à la question de l’intégration scolaire. À l’époque de la Guerre civile américaine, Abraham Lincoln aurait-il dû exiger la preuve scientifique des bienfaits de l’abolition de l’esclavage ? Aurait-il dû consulter des experts, par exemple, un sociologue, un économiste, un analyste politique ? Bien sûr que non. L’esclavage n’était pas et n’est pas davantage aujourd’hui une question qui doit être tranchée par la science. C’est une question morale.

Bilken, 1985, p. 16 ; traduction de Vienneau, 2002


Ainsi, l’école inclusive doit être un modèle de la démocratie que l’on souhaiterait trouver dans l’ensemble de la société.

 

Conclusion de l'article que je vous conseille de lire dans son intégralité (voir infra):

 

L’analyse historique et comparative nous a permis de constater qu’il y a autant de différences entre l’intégration et l’école inclusive qu’il pouvait y en avoir entre les pratiques ségrégatives et les pratiques intégratives. Hérité de l’anglais, le terme d’école inclusive n’est peut-être pas idéal et ne doit peut-être pas être conservé en langue française. Il reste qu’une dénomination est nécessaire pour désigner cette forme de prise en charge des élèves à besoins éducatifs particuliers et de gestion des singularités au sein de l’école ordinaire.


Dans un processus d’adaptation de l’école à sa mission fondatrice, il s’agit d’une nouvelle étape : permettre à tous les enfants d’un pays de recevoir la meilleure éducation possible. Dans ce cadre, depuis quelques années, l’accent est mis sur la différenciation par l’émergence d’une altérité non pas concédée, consentie aux enfants différents par le hasard de la naissance ou les aléas de l’existence, mais une altérité revendiquée par l’éducateur, car seule susceptible de faire exister l’Humanité plurielle (Gardou et Develay, 2001, p. 22).


D’une certaine façon, les mots font les choses (Plaisance, 1999, p. 49), en adaptation scolaire comme ailleurs. Il nous semble alors important de pouvoir désigner précisément l’étape que nous vivons actuellement pour mieux l’identifier, et par là même, agir plus efficacement.

 

Source:

L’intégration a des limites, pas l’école inclusive !

Prof. Serge Thomazet, Professeur invité, Université du Québec à Chicoutimi

 

Article dans son intégralité: ici

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10/10/2013

L’individualisation des programmes scolaires met-il en danger le métier d’enseignant ?

 

 

Tout dépend de ce qu’on entend par individualisation.

 

L’école représente un contexte social. Au sein des écoles suisses (cela se passe autrement dans d’autres cultures), le mode d’apprentissage fonctionne sur une base d'enseignement "collectif": tout le monde doit apprendre les mêmes notions en même temps (en somme le plus possible cela s’entend). C’est un rapport d’apprentissage collectif, où la part d’individualisation n’est pas retenue comme probante sur le plan didactique. « Différenciation » est le mot plutôt employé par les enseignants. Ils essayent, tant bien que mal, de différencier les apprentissages par rapport aux difficultés de l’élève. Mais différencier ne veut pas dire « individualiser ».

 

Avec le nouveau paradigme de l’école inclusive, de nouvelles questions se posent aux enseignants. Ces questions, par la nature même du changement de paradigme, interrogent la didactique actuelle. Est-il suffisant de « différencier » les apprentissages ou faut-il plutôt les « individualiser » pour permettre à cet élève aux besoins spécifiques de faire son parcours scolaire avec des pairs ?

 

Cela mérite d’être débattu.

 

Derrière le débat, il y a sans doute des visions différentes de la « spécificité ». Elles ne sont pas anodines. Ces visions façonneront des paradigmes sociétaux différents de « l’instruction publique ».

 

Les débats doivent avoir lieu. Des idées vont se confronter. C’est normal. Mais au final, la vraie question est celle de l’enfant.

 

Lorsque je dis enfant, je ne pense pas à l’enfant « juridique » qui a des droits, ni à l’enfant « handicapé » qui a des « besoins », ni à l’enfant « élève » qui a des « devoirs ». Je pense à l’enfant.

 

Je pense qu’il serait bien que chacun réussisse à penser à « l’enfant ». L’enfant est potentiellement un adulte. C’est ainsi, je pense, qu’on répondrait mieux à sa « nature ».

 

N’est-ce pas là la mission de la société ? Le collectif est-il là pour modeler la nature ou la laisser se déployer dans un cadre collectif ? Parce que ce n’est pas la même chose….

 

Il me semble que dans la vision qui -aujourd’hui- s’oppose entre « différenciation » et « individualisation » des apprentissages, il y a cette considération différente du rôle du « collectif ».

Peut-être que la vraie question est de savoir comment apprend vraiment l’enfant qui en face de nous ?

Le métier d'enseignant ne se définit-il pas en fonction de la réponse/des réponses à cette question ?

07:16 Publié dans Autisme - école - inclusion | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | Pin it! |

02/03/2013

Intégration/inclusion: la Suisse à la traîne...

  • Aux USA, depuis la loi IDEA de 1975, les élèves handicapés sont scolarisés avec les autres ; ils bénéficient de prises en charges spécialisées dans les locaux de l'école, dans des classes dédiées, une partie du temps scolaire, et sont en classe ordinaire le reste du temps ; ceci concerne aussi les handicaps cognitifs et mentaux qui en France mènent tout droit à l'IME.

  • en Italie, lorsqu'un élève avec un handicap est inscrit dans une école, l'effectif de la classe est divisé par 2 afin de permettre à l'enseignant de gérer le surcroit de travail, et de plus un enseignant spécialisé est affecté en supplément dans la classe

  • en Belgique ou au Canada existent des classes ou écoles spécialisées pour les élèves avec autisme, que l'on pourrait comparer à des CLIS en France ; la différence majeure est que dans ces pays les élèves passent facilement de ces classes spécialisées aux classes ordinaires, voire partagent leur temps entre école spécialisée et école ordinaire, en fonction de leurs progrès ; en France l'affectation en CLIS ou en IME est dans 90% des cas un aller simple.

     

    Pour lire l'intégralité de l'article: 

    http://www.agoravox.fr/actualites/citoyennete/article/autisme-ambition-enseigner-131261
     
     
    En Suisse ? 
     
    Plus de 90% de nos enfants ne sont pas en milieu ordinaire et ils ne bénéficient pas non plus de programme scolaire reconnu dans le milieu spécialisé. Double peine...

    On fomente une révolution ou les autorités vont enfin se saisir du problème sur un plan national ?

    En attendant, les parents payent de leur poche la scolarité de leur enfant...pour pouvoir leur en offrir une ! Et ils payent leurs impôts aussi .... 

    Vous avez dit : "droit à l'instruction publique ?" ahahahahaah très rigolo. 


     
     

06:11 Publié dans Autisme - école - inclusion | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

24/05/2012

Les personnes autistes de haut niveau, les grands oubliés du système scolaire et professionnel ...

Alors que dans de nombreux collèges et Universités européens se développent à grande vitesse des services de "Studycoaching" (nom inventé par Autisme Genève ;-) et de Jobcaoaching pour les personnes autistes de haut niveau, en Romandie on se pose encore la question de savoir si ces personnes doivent ou pas entrer dans le circuit d'études et/ou professionnel...

.... en attendant elles sont à la charge soit des familles qui se dépatouillent comme elles le peuvent en recourant au système D pour trouver une filière scolaire ou un emploi  adapté, soit elles sont à la charge de l'Etat placées, à tort, dans des institutions....

 

...et après on se plaint des dépenses publiques....

 

Evidemment lorsqu'on a  pas  même conscience que les solutions existent...les responsables politiques ne vont pas imaginer de les mettre en place...

 

Alors qu'il suffirait de dialoguer avec les associations qui sont, non pas revendicatrices, encore moins militantes,  mais juste très professionnelles et donc au fait de ce qui se fait sur le plan scientifique et gouvernemental ailleurs....pour dégager des solutions adéquates...

 

Mais...que dire ? On va attendre que les mentalités évoluent...et les associations vont essayer de faire bouger les lignes pour qu'enfin en Romandie on puisse rejoindre le reste de l'Europe en matière d'accompagnement SPECIFIQUE !

 

A titre d'exemple (allez voir, cela vaut le détour...):

http://www.autism.org.uk/living-with-autism/education/fur...

 

Autisme Genève vient d'élaborer un projet de Jobcaoching spécifique autisme et Studycoaching spécifique autisme... n'hésitez pas à vous renseigner auprès de notre association: autisme-ge.ch.... elle bouge  et fait bouger ;-)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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03/02/2012

Scolarisation des enfants autistes : H.Bello interroge le gouvernement

La députée, Huguette Bello, est intervenue cette semaine à l'Assemblée nationale pour attirer l'attention du gouvernement sur la nécessaire "intégration scolaire des enfants autistes en milieu ordinaire". Voici l'intégralité de la question orale, sans débat, d'Huguette Bello. 3765371-5603419.jpg



"L'attribution pour 2012 du label Grande cause nationale à la lutte contre l'autisme a été unanimement saluée. Parmi les différentes actions attendues pour mieux comprendre ce trouble, le faire mieux connaître et mieux le prendre en charge, l'intégration scolaire des enfants occupe une place toute particulière.

Nous savons que la loi de 2005 non seulement reconnaît à "tout enfant porteur de handicap le droit d'être inscrit dans l'école la plus proche de son domicile", mais encore qu’elle garantit la mise en œuvre des moyens financiers et humains nécessaires à sa scolarisation en milieu ordinaire.

Mais nous savons aussi que la réalité est tout autre. Pour 80% des enfants autistes, cette loi est restée une loi de papier.

Les recherches des spécialistes et les témoignages des parents ne cessent pourtant de nous dire à quel point une telle carence est nuisible aux enfants, et à quel point ses conséquences peuvent être lourdes pour la société. Pour remédier à une telle situation, les moyens sont déjà identifiés. Le dernier rapport en date, réalisé par la sénatrice Valérie Létard, les rappelle parfaitement et de manière opportune.

La sensibilisation des enseignants, notamment en classe maternelle, et le dépistage précoce des enfants sont indispensables. Ils permettent d'éviter la marginalisation progressive de l’enfant.

L'intégration scolaire des enfants autistes suppose également (je dirai même exige) la mise en œuvre réelle des mesures de compensation. Il s'agit en priorité des auxiliaires de vie scolaire. Il est devenu urgent d'augmenter leur nombre, de garantir, de façon pérenne, leur professionnalisation et d'alléger les procédures administratives de leur recrutement.

L'accompagnement scolaire doit devenir un vrai métier. Les familles, les associations, les professionnels insistent pour que l'« aide aux aidants » soit une priorité. C'est à cette condition que les postes seront pérennisés, que les AVSI pourront assurer la stabilité aux écoliers atteints de syndrome autistique, une stabilité absolument nécessaire, et que les conditions de leur scolarisation contrarient.

Les mesures sont identifiées. Le label 2012 est là. Les conditions sont donc réunies pour que la loi de 2005 soit enfin appliquée.

Le devoir, la solidarité, la morale elle-même interdisent que l'argument de la rigueur budgétaire soit opposé aux enfants les plus fragiles.

La question ne peut donc être que celle-ci : "Quand annoncerez-vous les mesures en faveur de leur scolarisation en milieu ordinaire ?"



Source: http://www.zinfos974.com/Scolarisation-des-enfants-autistes-H-Bello-interroge-le-gouvernement_a37162.html

19:22 Publié dans Autisme - école - inclusion | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | Pin it! |

30/11/2011

L'intégration en milieu scolaire ordinaire: au-delà de la spécialisation, avoir du bon sens tout simplement ...


Un témoignage de personne TED sur la scolarisation par INSHEA

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