11/02/2012

François Fillon : "Notre combat pour l'autisme a toute sa part dans nos politiques publiques"

Monsieur le Président du Collectif « Ensemble pour l'autisme »,
Mesdames et Messieurs les présidents d'associations et de fédérations,
Mesdames et Messieurs,

Je voudrais vous souhaiter la bienvenue à Matignon qui accueille aujourd'hui toutes celles et tous ceux qui sont engagés sur cette Grande cause qui est l'autisme.
Pendant trop longtemps, notre pays a accusé un retard inacceptable sur l'autisme.
Nous ne pouvons pas fermer plus longtemps les yeux sur les souffrances dont ce retard est la cause.
Des progrès sont possibles, et vous avez été les premiers à le proclamer et à en faire votre combat.

Aujourd'hui, en lui consacrant la Grande cause nationale 2012, les pouvoirs publics ont choisi de lui accorder une reconnaissance, une reconnaissance pleine et entière; une reconnaissance destinée à vous aider à faire avancer cette cause qui est l'affaire de tous.
On évalue à 1 enfant sur 150 le nombre d'enfants touchés par l'autisme et c'est une proportion qui croît.

Malgré cela, l'autisme reste encore entouré de méconnaissances et de préjugés.
Ce sont des entraves supplémentaires dans les vies quotidiennes des personnes autistes et de leurs familles.

Le moment était donc venu pour un sursaut collectif et pour une mobilisation nationale pour changer notre regard sur l'autisme et surtout pour amplifier nos actions.
Je veux saluer l'engagement opiniâtre de tous ceux qui se sont mobilisés pour que cette reconnaissance soit possible, à commencer naturellement par les responsables des associations.
En dépit des différences d'approches qui existaient, vous avez su initier une dynamique de rassemblement à travers le « Collectif autisme ». Je veux vous en féliciter et naturellement je vous encourage à l'élargir autant que possible.

Je remercie aussi l'ensemble des parlementaires qui se sont réunis voici deux ans pour cette Grande cause, qui dépasse tous les clivages, autour de Daniel FASQUELLE et de Jean-François CHOSSY.
L'engagement de terrain de Daniel FASQUELLE pour les personnes autistes n'est plus à démontrer.
Le mois dernier, les premières journées parlementaires consacrées à l'autisme se sont tenues, ce qui prouve que tout le monde se met en mouvement.

J'ai pu entendre que le choix de cette thématique était « risqué », et que les distinctions parfois subtiles dans les modes d'appréhension de l'autisme faisaient que cette maladie ne se prêtait pas vraiment à une démarche du type « Grande cause nationale ».
Nous avons tenu bon parce que je pense exactement le contraire : c'est précisément parce que le rassemblement est nécessaire et qu'il vient tout juste de s'engager, c'est précisément parce qu'il y a des préjugés à combattre, et parce qu'il reste encore beaucoup à faire, que nous devons nous battre maintenant et nous engager de manière collective.

La Grande cause nationale n'est pas un label d'un jour, c'est un tremplin.
Pendant une année, nous allons multiplier débats et événements pour mieux faire connaître l'autisme. Chacune des initiatives de 2012 sera donc un pas de plus vers la prise de conscience que nous voulons ensemble provoquer.
Je sais que votre collectif y a déjà beaucoup travaillé, je sais que sont en préparation, notamment un Tour de France de débats sur l'autisme et un colloque national au Conseil Economique Social et Environnemental.
Le 2 avril - qui est la journée mondiale de l'autisme - constituera un point d'orgue pour cette sensibilisation autour de l'initiative « la France en bleu », couleur mondiale de l'autisme.
Il faut donc que le plus grand nombre de ministères, de collectivités et d'administrations puissent afficher leur soutien à cette occasion.

Parallèlement, la Grande cause nationale vous offrira l'accès aux chaînes publiques nationales, et permettra la diffusion d'une campagne nationale.
Mais il faudra aller plus loin et démultiplier les canaux pour que le message porte le plus possible.

Le ministère de la Santé mettra donc à la disposition de la démarche Grande cause nationale ses moyens de communication pour préparer un document de synthèse sur l'autisme qui puisse être accessible au grand public.

Luc CHATEL, Jeannette BOUGRAB et Martin HIRSCH sont engagés pour que le service civique volontaire soit pleinement utilisé en matière d'autisme. Dans les prochains jours, ils vont lancer un appel à candidatures pour que des jeunes volontaires viennent relayer cette démarche d'information sur le terrain.
J'ajoute que cette démarche devra être poursuivie, au-delà naturellement de l'année Grande cause nationale.
Le service civique volontaire peut être est un vecteur extrêmement utile pour favoriser l'accès à la vie sociale.
Mais il doit aussi pouvoir fonctionner comme un levier d'engagement au service des autres pour les personnes autistes, car il n'y a aucune raison d'exclure ces personnes de cet engagement lui-même.

L'attribution de ce label vous donne donc de la visibilité.
Mais au-delà de cette visibilité, elle confère aux pouvoirs publics des devoirs supplémentaires.
Je l'ai dit au début de mon propos, la France a un retard à rattraper. En même temps, nous ne partons pas de rien !

Le plan autisme 2008-2011 a d'ores et déjà consacré 187 millions d'euros à l'augmentation des capacités d'accueil - 4 100 places nouvelles ont été créées - et au développement de la recherche sur l'autisme.

Il faut y ajouter 20 millions d'euros destinés à expérimenter de nouveaux modèles de prise en charge. Les résultats de ces expérimentations sont souvent très positifs.
Ce sont les exemples personnels qui permettent d'en prendre conscience.
En l'espace de quelques mois, un enfant autiste pris en charge dans une nouvelle structure spécialisée peut faire des progrès significatifs.

Ces progrès possibles, c'est l'aune à laquelle nous devons mesurer le chemin qui reste à parcourir.

Le rapport que vient de remettre Valérie LETARD, que je remercie, au Gouvernement, a été préparé dans le cadre d'un dialogue extrêmement approfondi avec les acteurs du secteur, et il nous dit deux choses : d'abord il fait un point sur les avancées réelles permises par le plan autisme, et deuxièmement il nous donne une vision claire des domaines prioritaires dans lesquels il faut maintenant intensifier les efforts.

Ces messages ont bien été reçus.
A présent, nous devons tracer ensemble les contours d'un nouveau plan autisme qui guidera nos politiques publiques.
A partir de ces premières conclusions, j'ai demandé à Roselyne BACHELOT d'engager, en lien avec chacun des Ministres concernés, l'élaboration de ce nouveau plan.
Dans cet exercice, je souhaite évidemment qu'un dialogue approfondi soit mené avec chacun d'entre vous.
C'est la raison pour laquelle, conformément aux recommandations de Valérie LETARD, je souhaite que le Conseil national de l'autisme soit réactivé et qu'il se réunisse de façon régulière.
Pour renforcer le suivi et la coordination de ce Conseil national de l'autisme, un dispositif de coordination sera désormais assuré par le Secrétaire général du Comité interministériel du handicap.

Ce nouveau plan devra continuer l'effort de rattrapage sur le déploiement de nouvelles structures de prise en charge.
Pour y parvenir, nous avons, en dépit des contraintes économiques et budgétaires, préservé des marges de manœuvre pour accentuer encore notre effort sur le secteur médico-social.

Enfin, l'une des grandes priorités sera d'intensifier la recherche sur l'autisme.
Pour répondre à la complexité de ses causes, nous devons savoir mobiliser des champs scientifiques très différents : la recherche en biologie et santé, qu'elle soit fondamentale ou clinique, mais aussi la recherche en sciences humaines et sociales, qui a beaucoup à nous apporter pour mieux comprendre les interactions humaines et les interactions entre cognition et comportement.
Je sais que Laurent WAUQUIEZ a mobilisé ses équipes et que des initiatives nouvelles vont pouvoir être prises très rapidement.

Cette mobilisation sur l'autisme s'inscrit dans la droite ligne des engagements du Président de la République et du Gouvernement en matière de handicap.
En 2012, l'effort collectif total en direction des personnes handicapées - ce qu'on appelle le
« compte de handicap » - atteindra un total sans précédent de 38,5 milliards d'euros, soit près de 40 % de plus qu'en 2005.
D'ici la fin de l'année 2012, comme vous le savez, l'allocation « adultes handicapés » aura été revalorisée de 25 %.

Parmi les priorités que nous nous sommes fixées, il y a la scolarisation.
Je sais combien cette question est prioritaire pour toutes les familles d'enfants autistes.
Lors de la conférence nationale du handicap, le 8 juin dernier, le Président de la République a pris des engagements très forts en décidant notamment de supprimer progressivement les contrats aidés pour les remplacer par des personnels mieux formés, mieux rémunérés, sous des contrats de droit public de trois ans.
Dès cette rentrée, 2000 professionnels ont été recrutés sur ce statut, et 10 000 auxiliaires de vie scolaire supplémentaires ont été engagés.
L'année prochaine, les crédits de l'Éducation nationale consacrés à l'accompagnement des enfants handicapés seront augmentés, pour passer de 350 millions d'euros à 450 millions d'euros.
On sait que les enfants autistes ou atteints de troubles envahissants du développement sont de plus en plus nombreux à être scolarisés en milieu ordinaire.
Alors que le ministère de l'Éducation nationale en recensait 2000 en 2004, ils seraient maintenant 25 000 en 2011-2012.
C'est un progrès indéniable, parce que la scolarisation en milieu ordinaire est un élément incontournable de l'intégration dans la société. Et en même temps, nous savons que nous devons faire beaucoup plus pour que les enfants autistes y aient toute leur part.

En matière de handicap, au-delà des dispositifs et des moyens mobilisés, ce sont les attitudes, ce sont les regards, que nous devons changer.
C'est l'un des messages du rapport que Jean-François CHOSSY qui m'a remis en fin d'année.
Depuis la loi du 11 février 2005, voulue par le Président CHIRAC et portée par Marie-Anne MONTCHAMP, le principe d'accessibilité généralisée est entré dans notre droit.
Je sais toute la force de conviction qu'il a fallu pour parvenir à cet engagement et surtout pour s'assurer qu'il soit suivi d'effet.

Je veux saluer en particulier le travail de Paul BLANC, qui est présent ici, et dont la loi votée au mois de juillet dernier va considérablement renforcer l'efficacité et les capacités d'intervention des maisons départementales de personnes handicapées.

Vous savez mieux que quiconque combien défendre les droits des personnes handicapées est un combat exigeant, un combat permanent et un combat qui n'autorise aucune faiblesse.
Nul ne peut accepter qu'aujourd'hui en France perdurent des traitements qui ne seraient pas respectueux de la dignité et des droits des personnes.
Cela concerne aussi les personnes atteintes d'autisme.
Je souhaite que l'attribution de la Grande cause nationale permette de franchir une étape décisive dans le respect effectif de l'ensemble de ces principes fondamentaux.
J'ai donc demandé à Roselyne BACHELOT et à Xavier BERTRAND de prendre toutes les mesures qui s'imposent dans cet objectif. Dans les toutes prochaines semaines, la Haute autorité de santé - dont je veux saluer le Président Jean-Luc HAROUSSEAU - apportera également ses recommandations sur la question de la compatibilité des modes de prises en charge avec cette question essentielle du respect des droits des personnes.

Cette défense des droits des personnes autistes devra figurer en première place dans le futur plan autisme.
Et Dominique BAUDIS, Défenseur des droits, y veillera de près, lui qui suit en lien avec le Conseil consultatif national des personnes handicapées, l'application dans notre pays de la Convention des Nations Unies sur les droits des personnes handicapées.

Dans ce combat où rien ne se décrète mais où tout se conquiert patiemment, à force d'écoute, de sensibilisation, je veux dire notre reconnaissance collective aux soignants, à toutes les personnes qui interviennent auprès des personnes autistes.
Leur engagement est irremplaçable, et ils ont un vrai rôle à jouer dans l'amélioration continue de la qualité de la prise en charge en matière d'autisme.
Pour offrir le meilleur accompagnement possible, nous devrons utiliser tous les leviers dont nous disposons auprès des professionnels, et notamment le nouveau vecteur que représente le développement professionnel continu. Je sais que Xavier BERTRAND et Nora BERRA sauront les mobiliser.

Mesdames et Messieurs,

Dans la prise en charge des personnes autistes, ce que nous retrouvons, une nouvelle fois, ce sont les conséquences du vieux principe de séparation entre le domaine sanitaire et le domaine médico-social.
J'ai déjà eu l'occasion de dire toute l'absurdité qu'il y avait à croire que la prise en charge d'une personne pouvait être ainsi écartelée entre deux univers juridiques dissociés.
Un tel hiatus ne pouvait aboutir qu'à des conséquences dramatiques dans les champs d'intervention qui se situent précisément à la jointure de ces deux univers.
On l'a vu, pour la prise en charge des personnes âgées.
C'est vrai aussi en matière de handicap et, je le crois, de façon encore plus nette dans le domaine de l'autisme.

En dépit de l'artificialité complète de cette séparation, il nous a fallu près de trente-cinq ans pour engager le dépassement de cette dichotomie.
Permettez-moi de croire que c'est là un des acquis majeurs de l'action de ce Gouvernement dans le champ social.
Développer de nouvelles approches transversales à l'échelle des régions : c'est la mission des Agences Régionales de Santé, créées par la loi de juillet 2009.
C'est une véritable révolution de notre organisation.
Et je sais, en saluant Claude EVIN, toute l'énergie qu'il a fallu pour diffuser cette dynamique sur le terrain, avec des résultats, des premiers résultats qui sont là.
C'est désormais acquis : les projets régionaux de santé qui sont actuellement en phase de validation consacreront une place renforcée à l'autisme.
Nous avons engagé une nouvelle méthodologie d'approche : à partir des personnes et non plus à partir des structures. Cette nouvelle méthodologie doit irriguer l'ensemble du champ sanitaire et médico-social.
Personnaliser de plus en plus nos politiques, cela signifie aussi que nous devrons renforcer notre soutien aux aidants des personnes autistes.
Nous ne pouvons plus accepter que les proches, que les aidants familiaux soient livrés à eux-mêmes et soient laissés sans repères.
Ici encore, des initiatives fortes ont déjà été prises pour leur apporter un concours renforcé. Mais nous savons qu'il faudra aller beaucoup plus loin.

Notre combat pour l'autisme a toute sa part dans nos politiques publiques parce que c'est un combat qui touche au cœur de l'exigence de solidarité et d'humanisme qui fonde notre projet de société.
On a pu dire de l'autisme qu'il était en quelque sorte « un soleil inversé », dont « les rayons sont dirigés vers l'intérieur ». Eh bien, à nous de rediriger ces rayons vers l'extérieur.
C'est le défi politique et en même temps le défi humaniste que je vous propose de relever ensemble.
Il faut faire en sorte que le regard singulier de la personne autiste ne soit plus incompris, mais qu'il retrouve sa sérénité dans le lien à l'autre.
Je pense que nous en sommes tous convaincus, c'est ce qui nous rassemble ici, notre société a beaucoup à apprendre de ce regard et elle a beaucoup à lui donner.

Voilà, Mesdames et Messieurs, les réflexions et les convictions que je souhaitais partager avec vous. Après avoir débattu avec les présidents des associations et l'ensemble des ministres, je suis heureux de lancer de la manière la plus officielle qui soit cette Grande cause nationale.






à écouter et voir:

 

 

 

Source: http://www.gouvernement.fr/premier-ministre/francois-fillon-notre-combat-pour-l-autisme-a-toute-sa-part-dans-nos-politiques-pub

06:10 Publié dans Autisme - alors ça bouge ou pas ? | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

10/02/2012

Une définition clarifiée de l'autisme

 

En France, depuis que le monde politique s'est impliqué dans la problématique "autisme" à travers un plan autisme, la conscience a grandi de ce qu'il faut faire dans ces prochaines décennies pour changer la nature de la prise en charge. Cela dépendait prioritairement de la définition que l'on donnait de l'autisme (ou TSA). Cette définition a rejoint celle qui était en vigueur depuis des décennies dans les autres contrées. Et en Suisse ?


Les associations parentales sont les initiatrices de ces changements, mais seul les pouvoirs publics peuvent en être le vecteur. La France nous devance.


Il faut désormais s'inquiéter de ce qui se fait en Suisse et des mille définitions qui occupent encore le champ lexical de l'autisme dans notre pays, autorisant certains (très titrés) à prétendre encore qu'une approche psychanalytique est la panacée...  faisant fi de ce qui s'affirme partout ailleurs (cela devrait préoccuper nos politiques) et  détournant, ainsi,  à leur cause, minoritaire, des fonds publics qui devraient être mis au service de la définition désormais  de la majorité....

Les mots ont leur poids. Le sens des définitions aussi. Ils peuvent déterminer une politique publique. En France, c'est désormais le cas.

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Le rapport de Valérie Létard constate que l'action efficace en faveur de l'autisme a pâti d'un manque de consolidation des connaissances scientifiques sur le sujet et par voie de conséquence a retardé la mise en place des méthodes d'accompagnement et éducatives adaptées. Toutefois, "le plan autisme 2008-2010 a eu le mérite d'aborder clairement [...] la nécessité de régler le "conflit franco-français" portant sur la définition de l'autisme"(1), soulève le rapport.


En janvier 2010, la Haute Autorité de santé (HAS) a permis une avancée décisive avec l'adoption d'une définition du handicap partagée au plan international : "L'autisme est défini comme un trouble envahissant du développement (TED)", un trouble qui désorganise tous les domaines du développement psychologique (voir encadré ci-dessous). "Pour la première fois, [...] il existe un document socle que tous, associations comme professionnels, se sont appropriés et reconnaissent comme la référence pour définir l'autisme et les troubles envahissants de développement (TED)", se félicite Valérie Létard.


Sur la base de cette définition, les préconisations et recommandations qui en découlent peuvent et doivent être suivies par l'ensemble des professionnels de santé et du secteur médico-social : médecins, psychomotriciens, psychologues, travailleurs sociaux... "Cela pourra permettre d'avoir une approche plurielle des méthodes de prise en charge : si les méthodes ABA, Teacch ou Pecs(2) s'avèrent les plus efficaces, il faut les adopter. S'il y a besoin d'un accompagnement psychologique, psychiatrique - je ne parle pas de psychanalyse - à côté parce qu'un enfant à des troubles associés, il faut y recourir", a déclaré Valérie Létard lors des Journées parlementaires sur l'autisme du 12 janvier dernier. Pour elle, il faut désormais concentrer l'effort sur la formation des professionnels, l'adaptation et la création de structures sanitaires et médico-sociales pour une prise en charge efficace des personnes avec autisme.

 

Source: http://www.gouvernement.fr/gouvernement/la-grande-cause-nationale-2012-pour-ouvrir-le-regard-sur-l-autisme

 

Ou encore: http://www.rfi.fr/france/20120209-le-gouvernement-francais-annonce-nouveau-plan-autisme

07:04 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |

03/02/2012

Scolarisation des enfants autistes : H.Bello interroge le gouvernement

La députée, Huguette Bello, est intervenue cette semaine à l'Assemblée nationale pour attirer l'attention du gouvernement sur la nécessaire "intégration scolaire des enfants autistes en milieu ordinaire". Voici l'intégralité de la question orale, sans débat, d'Huguette Bello. 3765371-5603419.jpg



"L'attribution pour 2012 du label Grande cause nationale à la lutte contre l'autisme a été unanimement saluée. Parmi les différentes actions attendues pour mieux comprendre ce trouble, le faire mieux connaître et mieux le prendre en charge, l'intégration scolaire des enfants occupe une place toute particulière.

Nous savons que la loi de 2005 non seulement reconnaît à "tout enfant porteur de handicap le droit d'être inscrit dans l'école la plus proche de son domicile", mais encore qu’elle garantit la mise en œuvre des moyens financiers et humains nécessaires à sa scolarisation en milieu ordinaire.

Mais nous savons aussi que la réalité est tout autre. Pour 80% des enfants autistes, cette loi est restée une loi de papier.

Les recherches des spécialistes et les témoignages des parents ne cessent pourtant de nous dire à quel point une telle carence est nuisible aux enfants, et à quel point ses conséquences peuvent être lourdes pour la société. Pour remédier à une telle situation, les moyens sont déjà identifiés. Le dernier rapport en date, réalisé par la sénatrice Valérie Létard, les rappelle parfaitement et de manière opportune.

La sensibilisation des enseignants, notamment en classe maternelle, et le dépistage précoce des enfants sont indispensables. Ils permettent d'éviter la marginalisation progressive de l’enfant.

L'intégration scolaire des enfants autistes suppose également (je dirai même exige) la mise en œuvre réelle des mesures de compensation. Il s'agit en priorité des auxiliaires de vie scolaire. Il est devenu urgent d'augmenter leur nombre, de garantir, de façon pérenne, leur professionnalisation et d'alléger les procédures administratives de leur recrutement.

L'accompagnement scolaire doit devenir un vrai métier. Les familles, les associations, les professionnels insistent pour que l'« aide aux aidants » soit une priorité. C'est à cette condition que les postes seront pérennisés, que les AVSI pourront assurer la stabilité aux écoliers atteints de syndrome autistique, une stabilité absolument nécessaire, et que les conditions de leur scolarisation contrarient.

Les mesures sont identifiées. Le label 2012 est là. Les conditions sont donc réunies pour que la loi de 2005 soit enfin appliquée.

Le devoir, la solidarité, la morale elle-même interdisent que l'argument de la rigueur budgétaire soit opposé aux enfants les plus fragiles.

La question ne peut donc être que celle-ci : "Quand annoncerez-vous les mesures en faveur de leur scolarisation en milieu ordinaire ?"



Source: http://www.zinfos974.com/Scolarisation-des-enfants-autistes-H-Bello-interroge-le-gouvernement_a37162.html

19:22 Publié dans Autisme - école - inclusion | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | Pin it! |

L'exclusion tue !

Il faut aider nos enfants, favoriser l'intégration à tous les âges, penser à l'inclusion, au risque de pousser à bout nos enfants et leurs familles.

Il n'est pas vrai que l'intégration met en danger les autres enfants, il n'est pas vrai que l'intégration met en péril l'équilibre d'un système. Le système n'a pas le droit d'exclure en accusant l'enfant de ne pas pouvoir.... c'est le système qui doit se réformer pour rendre possible ! Ceux qui ne sont pas prêts...ce n'est pas nos enfants, ce sont les rouages du système. Ce n'est pas la même chose.

Alors arrêtons d'inverser les rôles et essayons plutôt ensemble de réformer ce qui ne va pas aujourd'hui pour le rendre possibe demain. Derrière cette conscience et ce courage d'action, il y  la vie de nos enfants, et ils sont nombreux.

 

 

 

Source de la vidéo: http://autisme.info31.free.fr/?p=1546

07:57 Publié dans Autisme - alors ça bouge ou pas ? | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook | | | Pin it! |

31/01/2012

"Je pense en images", Temple Grandin

04:07 Publié dans Autisme - une autre manière d'être | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | | Pin it! |

29/01/2012

Première formation continue en autisme de Suisse romande

Le Service de la formation continue de l'Université de Fribourg, en partenariat avec l'Ecole d'Etudes Sociales et Pédagogiques de Lausanne et l'association autisme suisse romande, remettra le 31 janvier 2012 les premiers "Certificate of Advanced Studies" (CAS) en autisme.

 

Pour la première fois en Suisse romande, un certificat d'études avancées porte spécifiquement sur les troubles du spectre de l'autisme, un ensemble d'affections qui entraîne d'importantes difficultés pour les personnes concernées. Le cerveau de la personne autiste n'est pas programmé comme celui de la personne ordinaire ou de celle qui présente une incapacité intellectuelle. Il fonctionne différemment et non uniquement de façon ralentie. Il comporte donc des spécificités que les professionnels doivent comprendre pour développer leurs interventions, un peu comme on apprend le langage des signes ou le braille.

Cet apprentissage nécessite un programme structuré, solide et sérieux. En présentant la compréhension actuelle de ces troubles, en exerçant les moyens récents d'évaluation du fonctionnement de ces personnes et les manières d'intervenir pour leur permettre la meilleure adaptation possible à notre environnement, ce certificat en autisme est le garant d'un accompagnement spécifique et professionnel.

La première volée de cette formation s'est achevée avec succès puisque, le 31 janvier 2012, 24 professionnels de qualité recevront ce diplôme.

 

Contact: Evelyne Thommen, Professeure de Psychologie, evelyne.thommen@unifr.ch

Pour tout renseignement d'ordre organisationnel: Service de la formation continue, Université de Fribourg, 026 300 73 49, formcont@unifr.ch, www.unifr.ch/formcont

 

07:35 Publié dans Autisme - Romandie - Suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | Pin it! |

27/01/2012

4 février: 5 ans de parteneriat Autisme Genève/OMP

 

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"Genève s'engage pour l'autisme :

5 ans de partenariat entre Autisme Genève et l'Office Médico-Pédagogique (OMP) "

 

le 4 février 2012 de 9h à 12h45

Au Centre Médical Universitaire (CMU), 1, rue Michel-Servet -1204 Genève

Auditoire B 400 Entrée libre


Ouverture à 9 heures par M. Charles Beer, conseiller d'Etat chargé du Département de l'instruction publique, de la culture et du sport.

 

 

 

Voici les projets aboutis grâce au partenariat Autisme Genève/OMP :

 

1)        Un centre de consultation spécialisée en autisme (CCSA) qui est un centre de diagnostic avec un financement privé sur 2 ans.

- Centre d'évaluation pour les enfants ayant un trouble du spectre autistique, qui offre des bilans diagnostiques, des formations et qui est une référence pour les professionnels.

Le projet est né au sein de l'association et a été proposé avec succès à l'OMP qui en est devenu le promoteur. Aujourd'hui ce centre fonctionne si bien qu'il est surchargé! Ce projet répondait  donc bien à un besoin qui était considérable. Formulons le voeu qu'il soit soutenu à l'avenir à la hauteur du service qu'il rend aux familles et aux enfants.

 

2)        Un centre d'intervention précoce avec un financement privé sur une seule année.

- Le centre offre une prise en charge intensive d'enfants avec un TSA de 14 mois à 4 ans (modèle ESDM) avec un soutien aux parents et une collaboration active avec le réseau et les familles. La prise en charge précoce d'enfants avec autisme est primordiale car son efficacité est prouvée scientifiquement et internationalement. Plus la prise en charge est précoce, plus elle est efficace ! C'est un des projets fondamentaux de la prise en charge.

 

Ce projet est un projet pilote en Romandie ! Il s'agit du premier centre d'intervention précoce qui existe, parmi tous les cantons romands et qui a suscité un intérêt général parmi les professionnels de tous les cantons ! Il faut dire qu'il est démontré  que la précocité au niveau de la prise en charge ce qui le mieux et le plus aide nos enfants.

A l'heure actuelle ce projet pilote n'accueille que 4 enfants. A quand une autre envergure pour ce qui est considéré unanimement comme LE projet par excellence ?

 

3)        Un projet de formation des professionnels du pôle autisme OMP avec un financement privé.

 

- Formation destinée aux professionnels de centres médico-pédagogiques au sein de l'OMP accueillant des enfants et adolescents avec un TSA. La formation est organisée sous forme de cours ou sous forme d'analyse de pratiques.

 

La formation est le mot-clé de l'association qui a mobilisé toutes ses forces pour faire aboutir ce projet sur le terrain. En accord avec la direction générale et opérationnelle de l'OMP, il a été convenu d'apporter directement  au seind de quelques institutions les connaissances qui font actuellement défaut. Comment aider nos enfants si les professionnels ne connaissent pas  les outils d'évaluation, la manière de formuler par écrit des objectifs, les outils pour les atteindre ? Formulons le voeu que l'on puisse non seulement  transmettre ces connaissances mais aussi en mesurer ensuite les acquis.

 

 

Cette matinée sera également l'occasion de présenter les premiers résultats du programme "Vis-à-vis "élaboré par le Professeur Eliez et son équipe.  Il s'agit d'un logiciel de remédiation socio-émotionelle mis au service de nos enfants.

 

Cette matinée nous démontre que le partenariat association/entité publique est gagnant.  Il nous démontre également que la combinaison fonds privés/Etat est de mise pour d'une part  lancer des projets-clés répondant à des besoins recensés et d'autre part de pouvoir ensuite les maintenir.

Au final, par ces alliances tout le monde en sort bénéficiaire: en tout premier lieu les enfants puisqu'ils sont au centre des projets, puis les familles qui trouvent des réponses institutionnelles à leur problème et enfin l'Etat qui -en favorisant le développement des compétences- évite la dispersion des énergies et donc des moyens.


Je pense que ce dernier point mérite une réflexion plus soutenue. En tout cas, c'est dans l'échange qu'il est possible de construire un meilleur  futur pour nos enfants. Et le bien-être de nos enfants est au centre de nos préocccupations.


Cette matinée scelle une première étape pour notre jeune association, mais elle est loin de constituer un terme. Nous la considérons plutôt comme un début.... A Genève, tout reste encore vraiment à construire. Trop de soucis entravent encore la progression de nos enfants à la fois dans les milieux institutionnels que dans leurs parcours scolaires.  Autisme Genève sera donc au front jusqu'à ce que nos enfants puissent comme TOUS LES AUTRES au nom des DROITS qui sont les leurs avoir  une instruction  qui réponde à leur besoins spécifiques.


Aujourd'hui, malheureusement, ce dernier point appartient encore au registre du voeu. Autisme Genève avec les partenaires qui le souhaiteront le réalisera, comme nous avons réalisés avec l'OMP les projets énoncés ci-dessus  et que nous aurons l'honneur de vous présenter le 4 février prochain en présence du conseiller d'Etat, M. Charles Beer.


Nous vous attendons donc nombreux. Programme ci-joint: flyer 4 février.pdf

 

 

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25/01/2012

Le Mur: la suite...

Évènements autour du film "le mur ; la psychanalyse à l'épreuve de l'autisme", film menacé d'interdiction et dont le verdict tombera le 26 Janvier à Lille




- 26 Janvier - New York



19h30 – 19h45 ( heure française ) : Réaction en Français de Sophie Robert à l’annonce de la décision dans l’affaire « Le Mur » par internet

20h00 – 21h00  ( heure française ): Vidéo chat en temps réel avec les parents et les journalistes par internet.





-26 Janvier - New York



21h30 ( heure française ) : David Heurtevent, jeune Asperger très impliqué lancera ( en anglais ) une campagne internationale pour une bonne prise en charge de l'autisme en France et pour l'interdiction du packing ( soin psychique consistant à envelopper entièrement un enfant presque nu dans des draps mouillés et sortis du frigo )





Les conférences seront visiblesen direct gratuitement sur ce lien

http://www.ustream.tv/channel/support-the-wall-press-conference



détails ici

http://www.soutenonslemur.org/2012/01/23/communique-sophie-robert-ny-26-janvier-evenements-francais/




- 27 Janvier - Philadelphie



Une version courte du film ( 30 minutes ) sera présentée par Sophie Robert à la conférence internationale de l'autisme

Elle y sera interviewée là bas, pour la chaine américaine ABC news



détails ici

http://www.soutenonslemur.org/2012/01/23/communique-confirmation-de-la-presentation-du-film-de-sophie-robert-a-philadelphie-etats-unis-le-27-janvier-2012/





L'ensemble des évènements sera filmé par un réalisateur américain en vue de la production d'un documentaire sur la situation de l'autisme en France.

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24/01/2012

Pour une culture de l'autisme. Genevois, romands, suisses, chinois, monde: même combat!!!!

 

 

 

 

 

 

 

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19/01/2012

Ne jugez pas, n'interprétez pas, apprenez juste à écouter....

Il faut apprendre à écouter, à écouter les personnes autistes elles-mêmes et leurs parents. Avec leurs mots, ils disent beaucoup et toujours plus juste que quiconque ... Respectons la spécificité: au nom de quelle norme aurait-on le droit de les exclure de la vie de la société ? Pourtant c'est ce qui se passe aujourd'hui au quotidien...La violence est là, pas ailleurs.

Tous les parents dénoncent et dénonceront toujours cette violence qui est faite à l'encontre de leur enfant, d'eux-mêmes. Et ils apprécieront comme des héros celles et ceux qui auront le courage de dire comme eux: respectons et acceptons la différence, cette différence qui n'est autre qu'une manière d'être !

 

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16/01/2012

Si on me demandait...

Voilà plusieurs années que je me bats, désormais, au quotidien pour mon enfant et aussi pour tous les enfants comme lui. Mon combat n'a jamais été égoïste, mais il est aussi personnel.

Si on me demandait un jour, pourquoi je suis la Présidente de l'association Autisme Genève, que j'ai créée,  je répondrai sans hésiter c'est parce que je suis maman.

Je n'ai jamais soumis et ne soumettrai jamais aucune considération, aucune ambition, aucun projet à une perspective qui ferait fi de mon rôle de maman.

Alors, je voulais débuter cette semaine en rendant hommage non seulement à mon grand garçon, Gabriel, mais aussi à son jeune frère qui au quotidien vit avec moi cette différence, avec simplicité. Il me confiait l'autre jour, presque au creux de l'oreille, "Gabriel c'est un grand, tu sais maman: maintenant il peut envoyer tout seul des messages avec son( nouvel) Ipad, et moi est-ce qu'il m'apprendra ?"

J'ai trouvé merveilleux que Jean-Baptiste admire son frère et encore plus merveilleux, sans doute, qu'il l'admire parce qu'il pourrait lui enseigner l'art de la communication électronique. Je lui ai répondu le plus simplement du monde: "Demande-lui, il sera fier de t'apprendre".

Il faut faire confiance aux enfants. J'ai toujours fait confiance aux miens, sans distinction aucune, mais dans le respect de leur singularité à chacun.

Bonne semaine à tous et merci d'être toujours aussi nombreux à lire mon blog !

 

Gabriel - maison de quartier 2011 017.JPG

 

 

 

 

 

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13/01/2012

Autisme: on peine à se sortir de la psychanalyse

La France peine à sortir d'une conception psychanalytique de l'autisme. Nous connaissons exactement le même problème en Romandie.

 

En France, les débats ont été ouverts. Hier,  l’occasion des premières rencontres parlementaires sur l’autisme Valérie Létard, sénatrice et ancienne secrétaire d'Etat à la Solidarité, a remis un rapport-bilan sur le plan autisme 2008-2010 à Marie-Anne Montchamp, actuelle secrétaire d'État. Le gouvernement a pris position sur l'opposition virulente qui existe entre associations parentales et les représentants de la psychiatrie. Voici un extrait du discours de Mme Montchamp :

"Je veux le dire avec force : pour le Gouvernement, les choses sont très claires : (...) L’autisme est enfin sorti du répertoire des psychoses en France en 2010 (faisant référence à l'état des lieux publié par la Haute Autorité de Santé). Cette réalité doit être connue de l’ensemble de nos compatriotes".

Le gouvernement français a pris ses responsabilités. Le processus va être encore long, mais il est enclenché...

 

Et en Romandie ?

 

Je pense que les théories sous-jacentes aux pratiques sont quasi inconciliables entre une école et une autre. Elles peuvent toutefois co-exister. Tout mouvement voulant concilier l'inconciliable trompe son interlocuteur. C'est comme si quelqu'un avait voulu, à l'époque, concilier les thèses des  nominalistes à celles des réalistes ... Quiconque connaît les positions respectives de ces grands penseurs sourirait rien qu'à cette idée. Nous sommes ici exactement dans le même ordre de considération.

 

Je vous conseille de lire ces articles concernant les conclusions du plan autisme 2008-10 qui - en France- va être reconduit:

 

http://www.20minutes.fr/societe/858320-autisme-rapport-pointe-manque-places-retard-important-mise-place-methodes-adaptees

http://www.psychomedia.qc.ca/autisme/2012-01-12/bilan-plan-gouvernemental-2008-2010-france

http://www.europe1.fr/France/La-France-n-arrive-pas-a-soigner-ses-autistes-901173/

 

 

 

 

 

 

 

 

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12/01/2012

Ces parents qui sacrifient tout pour aider leur enfant autiste...

En France ou en Romandie le combat n'est pas semblable, mais très similaire.


Ce qui est sûr, c'est que sur le front il y a les parents, tous ces parents qui parfois prennent la décision d'arrêter leur carrière professionnelle, de redimensionner/adapter leur vie familiale pour aider leur enfant autiste. Il y a des mamans et de papas courageux, là où l'Etat démontre ses limites. C'est vrai en France, c'est vrai en Romandie.

En France, l'autisme a été déclaré grande cause nationale. C'est l'occasion pour tous ces parents de dire leur combat non pas d'une heure, ni d'une journée, ni d'un an, mais d'une vie.

Aujourd'hui la sénatrice Valérie Létard va remettre à Roselyne Bachelot, ministre des Solidarités, le rapport concernant les résultats du plan autisme 2008-2010. En France, il y a du retard, mais il y a au moins comme mérite qu'il y ait eu un plan autisme, qu'il y ait une  prise de conscience que l'autisme était aussi (et surtout) un problème d'ordre politique et enfin que cette même prise de conscience soit arrivée au plus haut sommet de l'Etat, puisque le premier ministre en personne a déclaré l'autisme cause nationale 2012.

Et en Romandie ? A quand un vrai "plan autisme" ? Les actions ponctuelles sont appréciables, elles ont permis de répondre à l'urgence, mais il est impossible de continuer  à répondre tout le temps qu'à l'urgence. l'Etat n'a pas pas cette mission. L'Etat a pour mission de trouver et de mettre en place des solutions stables. Et je ne vois pas comment cela serait possible sans recenser les besoins, les analyser, coordonner ensuite des services pour y répondre, anticiper les problèmes (il y en aura) et enfin planifier sur du moyen/long terme des actions pour rendre compte, au final, des résultats. En somme, faire un plan autisme !

Du côté français, on attend avec hâte les résultats du plan autisme 2008-10 qui seront livrés officiellement ce jour... moi aussi !
En attendant, je vous conseille la lecture de cet article :

 

http://sante.lefigaro.fr/actualite/2012/01/11/16879-ces-parents-qui-sacrifient-tout-pour-aider-leur-enfant-autiste

 

 

 

 

 

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23/12/2011

Une manière différente de penser au service d'une pensée différente !

 

carte 2012.jpg

 

 

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21/12/2011

L’autisme, grande cause nationale en 2012

 

Le gouvernement français a donné son aval pour que l'autisme devienne la grande cause nationale en 2012 !  C'est une reconnaissance méritée de tout le combat associatif mené depuis des décennies. Et cette reconnaissance n'est pas anodine.

 

 

En France, il y a eu une prise de conscience que l'orientation psychanalytique majoritaire jusqu'alors et exclusive, devait être modérée, voire substituée par des approches psycho-éducatives validées partout ailleurs. Les associations ne réclament pas beaucoup plus de moyens aux autorités publiques, mais que les moyens soient déplacés : pourquoi une prise en charge psychanalytique, dont il n'y a aucun retour scientifique sur son bénéfice serait-elle remboursée, alors que les approches psycho-éducatives, qui elles apportent des résultats démontrés, ne le sont pas ?

 

Le vrai problème se situe à ce niveau. Derrière la guerre des idées, liées aux théories divergentes, il y a la guerre des moyens. A qui le gouvernement va-t-il donné des moyens ?

 

 

Il y a une réponse très forte aujourd'hui par le gouvernement français en faveur des associations qui défendent des approches psycho-éducatives en déclarant l'autisme grande cause 2012.

 

D'ailleurs au vu de la littérature scientifique internationale comment pourrait-il en être autrement ?

 

L'émoi (mot choisi sciemment ;-) suscité dans les milieux psy par le film Le Mur, dont on attend encore un jugement le 26 janvier prochain sur son sort, ne se cantonne qu'à la toute petite zone francophone européenne...ailleurs, la question de l'approche psy de l'autisme est déjà un fait classé dans l'histoire !

 

En Romandie, comme en France, l'opposition existe. Alors à quand une reconnaissance officielle des approches psycho-éducatives de l'autisme par le monde politique ? L'AI, qui est à très à l'écoute du monde politique,  va-t-elle enfin rembourser ces approches au même titre que les psychothérapies qui elles le sont depuis toujours, malgré que la validité ne soit pas encore démontrée (cela fait quand même  près de 40 ans qu'aucun résultat scientifique n'a été publié à ce sujet....) ? Ou trouve-t-on normal en Romandie que des familles doivent s'expatrier, ou payer de leur propre poche la scolarité de leur enfant, l'éducation spécialisée de leur enfant ???? Vous voulez des exemples concrets, combien ? Il n'y a qu'à demander !!! C'est indécent ! Nos enfants n'ont pas le droit d'avoir accès aux mêmes droits que les autres enfants parce qu'ils seraient autistes ????

 

Qu'on donne, comme se profile maintenant en France, la possibilité de rembourser des approches psycho-éducatives au damne des approches psychothérapeutique, puisque les moyens budgétaires sont limités...qu'on commence à partager équitablement les ressources...et que les autorités se basent ensuite sur les résultats de l'une ou l'autre école pour voir la différence en terme d'acquis pour les enfants et d'économie pour l'Etat !

 

Si on suit cette ligne politique, selon vous à qui iront les fonds dans 10 ans ? Ailleurs, partout ailleurs, les gouvernements ont déjà tranché... Il suffit de s'informer.

 

Je pense qu'il faut, en matière d'autisme, avoir un « courage » politique et une détermination comme le démontre actuellement M. Fillon qui ne cède pas aux pressions d'une élite, mais écoute la voix du plus grand nombre.

 

Espérons que cette cause nationale du pays voisin puisse inspirer les politiques de ce côté-ci de la frontière. Derrière cette décision du gouvernement français, il y a un changement de paradigme qui n'est pas anodin et qui s'inscrit dans l'Histoire. Nos lecteurs dans 50 ans, peut-être moins, en apprécieront la portée comme nous apprécions la portée de ce que Lorna Wing il y a 40 ans maintenant a fait en inscrivant pour la première dans le manuel de référence mondiale, le DSM, les TED comme relevant d'une triade.... Son apport avait bouleversé -de manière déterminante et irréversible- tous les discours  des psys de l'époque. ... A bon entendeur !

 

 

 

 

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19/12/2011

Cherchez la différence...

 

ABA est-elle une thérapie pour tous les autistes ?

 

La réponse est non.

 

La psychanalyse est-elle une thérapie pour les autistes ?

 

La réponse est non.

 

Entre la première et la deuxième question, cherchez la différence. Vous y trouverez la pensée de nombreux parents. Je pense qu'il faut respecter la pensée des parents, puisqu'on parle de leur enfant.

 

 

Je pense que le Prof. Mottron a raison de défendre les personnes Asperger, il a aussi eu raison d'engager Mme Dawson pour ses compétences et d'accepter sa manière de travailler ;  je pense qu'il serait vraiment très bien que les entreprises (y compris suisses)  puissent suivre ce merveilleux exemple d' »intégration » (le mot est inapproprié) professionnelle.

 

Je pense aussi que les personnes Asperger constituent un petit pourcentage des personnes autistes qui sont sur le spectre (TSA), et s'il est important de tenir compte de leur spécificité et de les aider, je pense aussi qu'il faut tenir compte de toutes les autres personnes (majoritaires) sur ce même spectre, dont, de surcroît,  50 % ont un retard mental associé à leur autisme.

 

Je pense donc qu'il faille éviter les fausses polémiques et les récupérations en tout genre, aussi subtiles soient-elles: il y a déjà tant de confusion dans le monde de l'autisme !

Nos enfants méritent mieux que des querelles de chapelles et la sauvegarde d'intérêts restreints et qui sont apparemment très répétitifs...on se demande parfois de quel côté est le syndrome....

 

13:01 Publié dans Autisme | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | Pin it! |

01/12/2011

Parents, étudiants, professionnels: INDIGNEZ-VOUS !

 

Lors de notre Journée du 26 novembre dernier, des vérités ont énoncées, les positions de chacun sont maintenant un peu plus claires. Il reste encore toutefois encore un long chemin à parcourir pour que chacun assume vraiment, face aux parents et aux professionnels, ses propres choix théoriques et donc pratiques.

 

Dans le public, il y a eu à un moment donné  la prise de parole d'une étudiante qui suit actuellement des cours à l'Université de Lausanne, en Faculté de psychologie.... Son intervention a été abasourdissante : AUJOURD'HUI SUR LES BANCS DE L'UNIVERSITE DE LAUSANNE ON APPREND A DES JEUNES QUI  SE FORMENT ET QUI BIENTÔT SUIVRONT NOS ENFANTS  SUR LE TERRAIN QUE L'AUTISME EST UNE PSYCHOSE !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! INCROYABLE MAIS VRAI !!

 

Cette étudiante n'avait JAMAIS entendu parler d'autres approches que celles d'ordre psychanalytique !!!!!

 

Vous ne me croyez pas ? Audio bientôt disponible sur notre site: www.autisme-ge.ch.... à entendre absolument !!

 

 

Parents, étudiants et professionnels : INDIGNEZ-VOUS !!!!!!

 

C'est précisément ce que nous condamnons : le monopole de la pensée, l'endoctrinement qui ne respecte ni la différenciation critique, base de tout travail scientifique, ni les conclusions d'études publiées dans le plus importantes revues scientifiques au niveau international.

 

 

L'Université de Lausanne pratique de la désinformation. Qu'en est-il des autres Universités ? Qui diligentera enfin une enquête à ce sujet ????? Que font nos autorités ? Sont-elles sous le joug d'un intérêt particulier, lequel  ?

 

C'est grave ! Nous dénonçons cet état de fait ! Nous voulons que l'information scientifique soit prodiguée à nos étudiants  dans le circuit officiel de la formation ! Qu'ils reçoivent un enseignement qui fasse le point  réel de la situation : il y a DES approches et non UNE approche de l'autisme.

 

A bas les monopoles, vraie source de toutes les tensions ! A bas la pensée unique !

 

Nous nous indignons !! Quel sera le premier politique à s'indigner autant que nous et avec nous ???? Qui nous aidera le premier ?

 

Faut-il planter sa tente dans un parc public pour être entendu ?

 

 

Malitiis non est indulgendum

 

 

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30/11/2011

Le reportage 36.9° de la TSR traitant de l’autisme primé !

Le reportage 36.9° de la TSR traitant de l’autisme (15 septembre 2010)) vient d’être primé par la Fondation Eben-Hézer!

A cette occasion, ne manquez pas l’interview de Christophe Ungar (journaliste du reportage de 36.9°) et Filippo Passardi (parent ayant participé au reportage) dans l’émission Médialogues de la RSR.

A entendre sur: http://www.rsr.ch/#/la-1ere/programmes/medialogues/?date=...

.

Encore toutes nos félicitations à Christophe Ungar et à son équipe pour ce magnifique reportage !!!!

 

Voir le reportage :

 


 

 

ou : http://www.tsr.ch/video/emissions/36-9/2470221-au-coeur-du-cerveau-autiste.html

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L'intégration en milieu scolaire ordinaire: au-delà de la spécialisation, avoir du bon sens tout simplement ...


Un témoignage de personne TED sur la scolarisation par INSHEA

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26/11/2011

Soyez les bienvenus à notre Journée d'infos et de débats :-) !

26 nov.png

 

Ci-joint le programme : AUTISME-GE-FLYER-v7.pdf

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24/11/2011

Petit panorama des approches en autisme, comment s'y retrouver ?

 

Les approches globales sont :

 

  • PRT (pivotal response training)

 

  • Denver - Early Start Denver Model

 

  • Teacch

 

  • ABA

 

 

Les approches qui admettent une hypothèse d'origine biologique de l'autisme sont :

 

  • Approches développementales (Teacch, Denver, Early Start Denver Model)
  • Approches comportementales (ABA et les différentes branches : IBI - EIBI - NET - VB)
  • Approches cognitives
  • Approches socio-émotives (à ne pas confondre avec les approches psycho-relationelles)

 

 

Parmi les principales approches qui focalisent sur un aspect spécifique et qui admettent une origine biologique de l'autisme nous pouvons citer: Greenspan, les 3 i, Son rise, Social Stories, Social Thinking, PECS, Makaton.

 

 

Les approches qui considèrent que l'autisme est un problème d'ordre psycho-relationnel sont :

 

Ces approches ne sont pas globales, mais focalisent sur un seul aspect de la personne avec autisme, sa « subjectivité / intersubjectivité » et visant don au rétablissement de la relation. En simplifiant on peut dire que ce sont des approches relationnelles.

 

  • Approche psychodynamique - version analytique de la psychanalyse
  • Approche intégrative - version neuropsychanalyste
  • Tomatis

 

 

 

L'approche sensori-motrice n'est pas globale, elle focalise sa pratique sur les particularités sensorielles et motrices des personnes avec autisme. Il y a divers courants de pensée qui se croisent pour sous-tendre à cette approche. J'y consacrerai un jour un billet.

 

 

Il faut pouvoir valider ces approches sur la base de critères définis comme incontournable par la communauté scientifique, dont la validité scientifique ont fait l'objet d'une étude que l'on trouvera ici :

 

Richard L Simpson (2005) - Evidence-based practices and students with autism spectrum disorders

 

https://depts.washington.edu/pdacent/Publications/Simpson...

 

 

 

La conclusion est que le seul traitement reconnu à ce jour comme efficace est l'EDUCATION !

 


 

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23/11/2011

La neuropsychanalyse, un « faux-nez » pour la psychanalyse?

À la fin des années 80, dans la foulée de la parution de L’homme neuronal, le mensuel La Recherche faisait état d’un dialogue manqué entre le psychanalyste André Green et le neurobiologiste Jean Pierre Changeux1. L’approche scientifique était accusée par le psychanalyste de « déni de la vie psychique » et plus généralement, de présenter une vision réductionniste de l’homme. En dépit de quelques tentatives isolées, le dialogue semblait impossible, d’autant que les années 90 virent, surtout hors de France, la psychanalyse et Freud remis en cause2. C’est pourquoi, lorsqu’en 19983 et 19994, Eric Kandel publiait dans la grande revue américaine de psychiatrie (Am J Psychiatry) deux articles (le second venant compléter et préciser l’objet du premier qui avait été à l’origine d’une correspondance très animée) invitant la psychanalyse à se rapprocher des neurosciences, ces parutions connurent immédiatement un certain retentissement, au point d’être traduits in extenso dans une revue française d’obédience psychanalytique assez stricte (L’Évolution Psychiatrique5). Il est possible que les travaux de Kandel sur l’aplysie, un mollusque marin, qui lui ont valu un prix Nobel en 2000 pour la découverte du mécanisme de la potentialisation à long terme (LTP), support de la mémoire à l’échelle synaptique, ne constituent pas le meilleur viatique pour aborder le domaine du refoulement et de la résolution de l’Œdipe. Nonobstant, l’obtention du Nobel conférait finalement à ces considérations, somme toute assez générales, une légitimité naturelle à ouvrir des voies nouvelles6. De fait, ces deux articles contribueront à précipiter la création d’une discipline alors encore en pénible gestation aux mains de quelques initiés new-yorkais du Neuroscience and Psychoanalysis Study Group au NYPY depuis les années 90 : la « neuropsychanalyse ». Une société internationale de neuropsychanalyse est alors fondée en 2000, dont le 10e congrès annuel s’est tenu à Paris en 2010 et dont la revue « Neuropsychoanalysis » est l’organe officiel (http://www.neuro-psa.org.uk/npsa/). Les ouvrages vont suivre, avec notamment, en langue française, et particulièrement ces cinq dernières années, plusieurs livres édités chez des éditeurs généralistes7, y compris et jusque dans la collection « Que Sais-Je ? » des PUF, témoignant d’un certain dynamisme et d’un soif de reconnaissance. Découverte majeure ? Effet de mode ? Tentative de sauvetage ? Les neurosciences des émotions, l’étude des processus non conscients, l’asymétrie fonctionnelle cérébrale, parmi d’autres, sont des domaines de recherche qui n’ont pas attendu la « neuropsychanalyse » pour être sérieusement investis. Le plaquage des concepts psychanalytiques (refoulement, pulsion, Oedipe) sur les résultats issus de ces recherches apparaît dès lors comme une simple méthode interprétative, qui ne peut constituer autre chose qu’une lecture orientée – et nullement scientifique – de données élaborées dans un tout autre contexte…


Une naissance opportune…

C’est Mark Solms, un psychologue clinicien sud-africain, qui est crédité de l’élaboration des bases théoriques et de l’organisation pratique de la neuropsychanalyse (il en assume actuellement la coprésidence). Formé au cours des années 80, c’est un travail réalisé à Londres auprès de patients cérébro-lésés et portant sur le contenu rapporté des rêves qui le pousse à investir ce champ théorique8. Il semble que la neuropsychanalyse soit apparue aux yeux de plusieurs responsables de la société américaine de Psychanalyse comme une opportunité de relancer l’intérêt pour une discipline qui, outre-Atlantique, prenait un tour menaçant. Le soutien institutionnel se précisant, et l’appel de Kandel validant cette approche, la société internationale de neuropsychanalyse pouvait voir le jour. L’examen du détail des travaux publiés de M. Solms montre qu’il s’agit de publications originales de faible niveau scientifique (essentiellement, des études de cas, comme son travail initial évoqué plus loin), contrastant avec des publications d’opinion ou de revue générale parfois accueillies dans des revues mieux cotées. Certains de ses travaux résonnent bizarrement dans le contexte de la psychanalyse, comme celui, auquel il est associé, reliant un polymorphisme du gène de la COMT (une enzyme sur la voie de la dopamine) et le score de dissociation après un antécédent de mauvais traitement au cours de l’enfance9.


Des psychanalystes « sceptiques »…

La tentative de sauver la psychanalyse par un « haut » qui serait scientifique a suscité immédiatement des réserves, y compris auprès des psychanalystes eux-mêmes. La position de Kandel, suggérant que la psychanalyse puisse recourir aux méthodes neuroscientifiques pour asseoir une certaine légitimité scientifique, est critiquée notamment à partir de l’irréductibilité radicale de l’objet de la psychanalyse au matériel neuroscientifique, empêchant toute possibilité de « saisie objective »10. Ainsi, « l’objet [de la psychanalyse] ne peut s’inscrire d’aucune façon dans le discours scientifique expérimental ». On reconnaît là la position dominante des psychanalystes qui s’oppose à toute tentative d’évaluation de leur pratique. Une position similaire est assumée par Pierre Fedida dans un article d’opinion portant sur « le canular de la neuropsychanalyse »11, en critiquant la « naïveté » qu’il y aurait à croire que la compréhension des mécanismes neurobiologiques à l’œuvre au cours de telle ou telle activité puisse aider un psychanalyste à s’occuper de ses clients. L’impossibilité d’aborder la structure psychologique d’un sujet à partir de la connaissance des bases neurobiologiques est également avancée comme l’aporie centrale de la neuropsychanalyse par Blass et Carmeli12 dans un article contestant radicalement l’intérêt de cette approche. En somme, les critiques internes relèvent de deux registres principaux : 1) l’intérêt de l’approche neuroscientifique des concepts psychanalytiques n’apporte rien à la pratique clinique, 2) l’objet de la psychanalyse ne peut être abordé par des méthodes scientifiques et expérimentales. Chacune des deux assertions semble effectivement difficile à contester.


Une vision neuroscientifique floue…


Si l’on regarde uniquement les ouvrages publiés ces dernières années en langue française, on peut constater qu’ils proviennent des deux rives : certains sont rédigés par des psychanalystes (G. Pommier, J. B. Stora), d’autres par des neuroscientifiques (P. Magistretti). Le moins que l’on puisse dire est que ceux qui émanent des psychanalystes font état de connaissances neurobiologiques approximatives, souvent datées sinon erronées, ou de surface (lecture des ouvrages grand public de Damasio, par exemple). À la page 240 de son ouvrage, par exemple, G. Pommier conteste l’atonie musculaire qui accompagne le sommeil paradoxal (ou « REM sleep »), sur l’argument que « cette description est le contraire de ce qui se passe pendant le rêve. Quiconque a dormi à côté d’une personne qui rêve sait à quel point cela peut l’agiter. De plus, le somnambulisme contredit cette thèse ». G. Pommier semble ignorer des données essentielles, connues depuis fort longtemps, qui sont que 1) les sujets fournissent également des récits de réveil lorsqu’ils sont tirés du sommeil « lent » (« non REM sleep », l’autre sommeil, celui qui ne s’accompagne pas d’atonie musculaire), 2) le somnambulisme (qui ne s’accompagne pas forcément d’un rêve) est une forme d’éveil dissocié survenant au cours du sommeil lent. La critique qu’il fait des données de Michel Jouvet repose sur son observation personnelle (« Quiconque a dormi etc. »), tout à fait en ligne avec une conception pour le moins floue de ce que peut être l’établissement d’une donnée rigoureuse, comme dans une note, page 14, où il relève : « Une cure psychanalytique n’est certes pas une expérimentation au sens où les physiologistes l’entendent. Mais, rétroactivement, les leçons tirées de plusieurs cures donnent des preuves au même titre que les expériences scientifiques ». Le « rétroactivement » est sublime.

De fait, l’essentiel de l’argumentaire repose, côté scientifique, sur les données soulignant la contribution des émotions au traitement cognitif, ou la neurologie du comportement, réinterprétées à la lumière des concepts psychanalytiques. Toute prudence interprétative est balayée, les données sont simplement transposées en termes psychanalytiques. Il existe une tendance paradoxale évocatrice d’une certaine phrénologie, comme la localisation cérébrale dans l’hémisphère droit de la pulsion (Pommier), ce qui est d’autant plus étonnant (et sans aucune base scientifique) que le « localisationnisme » a toujours fait l’objet de vives critiques à l’endroit des neuroscientifiques soupçonnés de phrénologie rampante. Dans cette perspective, les raccourcis du pire réductionnisme ne font pas peur au psychanalyste, alors qu’ils auraient fait hurler dans la bouche d’un scientifique, ainsi de G. Pommier, affirmant que « la dopamine est le neurotransmetteur spécifique du plaisir »13. L’ouvrage co-signé par Pierre Magistretti et François Ansermet, un neuroscientifique de renom et un psychanalyste, est naturellement moins contestable sur le plan scientifique. Les travaux de Pierre Magistretti ont porté notamment sur le métabolisme énergétique neuronal et glial, soit, il faut en convenir, assez loin de la clinique. L’argument repose notamment sur les processus mnésiques à l’échelle cellulaire et la plasticité neuronale, tout à fait dans la ligne des travaux de Kandel, qui pourraient être déclinés en termes psychanalytiques. Le risque demeure, qui n’est pas toujours évité, d’une mise en parallèle spéculative de processus neuronaux et de concepts psychanalytiques. Les points de rencontre véritable manquent, les sauts de l’un à l’autre des discours se faisant à un niveau qualitatif, tant sont hétérogènes les contenus. (note 1, page 16)


Un contenu évanescent…


Une discipline scientifique ne se limite pas aux spécificités de la discussion théorique des données recueillies. De fait, on peut se rendre compte des méthodes et des résultats d’une discipline en examinant les résumés qui sont présentés dans les congrès. La dernière édition du congrès international de neuropsychanalyse, tenue le 29 juin 2009 à Paris, a donné lieu à un peu plus de 50 communications dont les résumés sont disponibles (http://www.neuropsa.org.uk/images/s...). Seize d’entre eux n’exposent pas de résultat original mais des considérations générales sur le thème de la neuropsychiatrie et huit sont des cas cliniques donnant lieu à des spéculations assez générales. Les autres sont essentiellement représentés par des travaux classiques de neuropsychologie, au cours desquels des tests sont passés à des populations plus ou moins homogènes, donnant lieu à des comparaisons. Aucun de ces travaux ne diffère de ce qui constitue le quotidien des congrès de psychologie ou de neuropsychologie. À nouveau, la seule différence vient de la portée interprétative qui leur est donnée. En somme, la neuropsychanalyse fait la même chose que la psychanalyse à l’égard de la parole du patient, elle se borne à insérer des résultats dans un cadre interprétatif. Il n’y a aucune prédictivité et aucune réfutabilité possible. La tentation est évidemment grande, comme le souligne Jaak Panksepp, d’en dire beaucoup trop, sur bien peu de choses…(« saying too much on the basis of too little data »14).



Localiser l’inconscient…


Une tentation principale, déjà évoquée et bien illustrée par la position de Mark Solms, est purement et simplement localisationiste, soit la forme la plus réductionniste de l’approche neuroscientifique, basée sur une interprétation naïve des données de la neuroimagerie fonctionnelle15. C’est le cas des travaux du fondateur de la neuropsychanalyse, élaboré à partir d’une démarche anatomo-clinique auprès de patients souffrant de lésions cérébrales16. Le procédé consiste à inférer de l’association de lésions anatomiques et de déficits systématiques (en l’occurrence la possibilité/l’impossibilité de produire un récit de rêves) de supposées relations anatomo-fonctionnelles. Les limites d’une telle approche reposent notamment sur la grande hétérogénéité des lésions observées et des sujets étudiés, et sur l’impasse faite sur les raisons envisageables qui peuvent conduire un sujet à produire ou non un récit de rêve (ne pas produire un récit de rêve ne peut être assimilé à une absence de rêve).



Le cerveau, un organe définitivement « étranger » à la psychanalyse


La neuropsychanalyse ne constitue pas une discipline identifiable par sa méthode, sa problématique scientifique ou même ses résultats. Il s’agit simplement d’une lecture interprétative de résultats neurobiologiques parfois établis depuis longtemps (neurosciences affectives et..). Elle suit également une certaine mode, comme lorsqu’elle s’empare du concept de « neurones miroirs »17, ou du thème de l’empathie. De fait, la psychanalyse n’a pas besoin du cerveau pour s’occuper de ses clients. Il serait pour elle plus sage de reconnaître que le cerveau est un organe qui lui est radicalement étranger. À tout point de vue.


L’inconscient, une découverte de Freud ?

« S’il fallait faire tenir en un mot la découverte freudienne, ce serait incontestablement en celui d’inconscient. », Laplanche et Pontalis, 1973, Vocabulaire de la psychanalyse, Paris, PUF, p. 197

« […] l’hypothèse de l’inconscient est nécessaire et légitime, et (que) nous possédons de multiples preuves de l’existence de l’inconscient. », Freud, 1915, Métapsychologie, trad. fr. 1968, Paris, Idées, p. 66


L’Inconscient freudien

L’Inconscient est le mot-clé du freudisme. Cependant, Freud n’a pas découvert le concept d’Inconscient. Il l’a emprunté à d’autres, philosophes et psychologues du XIXe siècle, tels Leibnitz et les « perceptions confuses », Ed. Von Hartmann et sa « Philosophie de l’inconscient », ou encore Schopenhauer et Nietzsche, pour ne citer qu’eux. Littéralement, le qualificatif d’« inconscient » (avec une minuscule) décrit les phénomènes qui échappent au conscient. Avec Freud, l’« Inconscient » (avec une majuscule) désigne une partie perturbée, névrosée du psychisme, qui renferme des pensées « refoulées », parce que jugées inacceptables par la conscience. Ces pensées refoulées inconscientes sont remodelées dans l’Inconscient et ressurgissent de façon déguisée sous la forme de manifestations quotidiennes, telles les lapsus linguae,les actes manqués, les rêves, les oublis de noms et de projets, les angoisses et les symptômes névrotiques, qui s’expriment à travers le corps, ce que Freud a désigné sous l’ expression de « psychopathologie de la vie quotidienne ». Cependant, dans les Études sur l’Hystérieres extensa) : « Nous assimilons le système de l’Inconscient à une grande antichambre dans laquelle se débattent les motions psychiques telles des êtres vivants. À cette antichambre est attenante une autre pièce, plus étroite, une sorte de salon dans lequel séjourne aussi la conscience. Mais sur le seuil de la porte séparant ces deux pièces, veille un gardien qui inspecte chacune des motions psychiques, exerce la censure à leur égard et les empêchent d’entrer au salon si elles lui déplaisent. »* Freud ajoute que cette image domestique, loin d’être fantaisiste, est une « très bonne approximation de la réalité ». Il insiste : « Il ne s’agit plus d’une absence de conscience, mais bien d’une réalité en soi : une sorte de réservoir de pulsions et de représentations dissimulées sous la conscience comme une cave sous une maison. »** Ces pulsions et ces représentations se trouvent alors, comme une multitude d’agents à l’intérieur de l’Inconscient, doués de qualités, de propriétés et d’intentions. (1895), J. Breuer a mis en garde contre l’idée que l’inconscient serait une chose, alors que ce n’est qu’une métaphore. Freud n’en a pas tenu compte et a fait de l’Inconscient « une chose palpable », une substance, une « antichambre » un lieu (doté donc de

Cette conception freudienne de l’Inconscient s’est construite à partir de l’utilisation de l’hypnose pour vaincre les « résistances » du sujet, lever le « refoulement » et ramener à la conscience les pensées pathogènes inconscientes. Freud a affirmé que les symptômes hystériques et névrotiques disparaissaient chaque fois que revenait à la conscience le souvenir d’évènements traumatiques anciens, survenus au moment de l’apparition des troubles. Au moyen de la suggestion, il pressait ses patientes de raconter leurs rêves, les orientant vers le récit d’abus sexuels supposés subis dans l’enfance (théorie de la séduction). Puis il abandonna la théorie de la séduction et adopta alors la méthode des associations libres. C’est ainsi qu’il partit à la recherche des fantasmes œdipiens (théorie du complexe d’Œdipe).Pour justifier le bien-fondé de la méthode des associations libres, Freud montra que l’Inconscient est soumis au déterminisme psychique, postulat selon lequel des faits apparemment sans liens sont reliés entre eux par des chaînes associatives inconscientes, universelles mais latentes, ce qui explique que, alors même que l’Inconscient de tous les hommes les contient, seulement quelques hommes les manifestent. Il affirma que l’Inconscient ne connaît ni le temps, ce qui explique la pérennité des symptômes névrotiques, ni la contradiction : un analyste qui interprète les manifestations de l’Inconscient, un lapsus, un oubli de nom, peut donc dire une chose puis aussitôt après, une autre, sans se soucier de manquer de logique. Il attribua à l’Inconscient l’indifférence à la réalité et le déclara régulé par le principe du plaisir-déplaisir.Freud fit de l’Inconscient un « Autre » en nous, un être secret (un homuncule) qui tire les ficelles de notre destin, un étranger, un intrus envahissant, d’où la phrase bien connue « Le moi n’est même pas maître dans sa propre maison », en fin de compte une sorte de Dieu, de Saint-Esprit ou de démon, dont les preuves de l’existence se trouvent, comme celles de l’Inconscient freudien, dans leurs « manifestations ».


L’inconscient cérébral

Actuellement, les neurosciences définissent comme conscient tout ce dont le sujet peut rendre compte et comme non conscient, tout ce dont le sujet ne peut pas rapporter l’existence. Il existe un traitement non conscient de l’information, notamment émotionnel et cognitif, qui s’effectue à l’insu de ce que peut rapporter le sujet ; est l’inconscient cérébral qui n’a rien à voir avec l’Inconscient freudien. Par exemple, l’identification d’un objet donné parmi plusieurs autres est plus rapide si le sujet a préalablement vu l’objet en question, même sans y prêter une attention consciente. Ou encore, pour conduire une voiture, on n’a pas besoin, à chaque instant, de réfléchir aux gestes à accomplir. La mémoire dite « procédurale » est à l’œuvre et nous permet de conduire sans y penser***.


La neuropsychanalyse

Les progrès des neurosciences ont conduit certains psychanalystes à s’associer à des spécialistes des neurosciences pour tenter de réconcilier la psychanalyse avec elles. Ils appellent leur approche la « neuropsychanalyse ». Celle-ci s‘appuie notamment, suite aux travaux d’Edelberg, sur la plasticité du réseau neuronal. En effet, toute expérience laisse des traces ou des modifications dans l’agencement du réseau neuronal. Les psychanalystes utilisent ces traces pour prétendre que le concept psychanalytique d’Inconscient possède une dimension biologique. Ils en déduisent que la psychanalyse est le cadre conceptuel approprié pour guider les neurosciences dans la neurobiologie de l’inconscient. Et ainsi construire une théorie globale du cerveau.


En résumé

Le reproche principal que l’on peut faire à la psychanalyse, c’est de prêter à l’inconscient des qualités : il ne connaît ni le temps, ni la contradiction, il est régulé par le principe du plaisir-déplaisir ; de lui prêter des propriétés : c’est le réservoir de pulsions et des intentions, comme la censure sur les pensées pathogènes, et tout cela sans preuves scientifiques.

Là encore, on retrouve la prétention récurrente de la psychanalyse à vouloir combler les lacunes actuelles de la connaissance scientifique par sa propre théorie.

Brigitte Axelrad

 


* Freud, The standard edition of the complete psychological works of Sigmund Freud. The Hogarth Press, 24 volumes, XI 305
** ibid, XI 306
*** Voir l’article « L’inconscient au crible des neurosciences » de François Ansermet,Pierre Magistretti, La Recherche).

1 Green A. « Un psychanalyste face aux neurosciences ». La Recherche 1992 ;247 :1166-1174 (en fait, deux articles, dont le premier avait suscité une réponse – qui n’en était pas une – de J. P. Changeux finalement parue dans un numéro précédent (!), et le second était la réponse d’A. G. à l’article de Changeux)

2 Tallis RC. Burying Freud. The Lancet 1996, 347 : 9002 : 669-671

3 Kandel ER. A new intellectual framework for psychiatry. Am J Psychiatry 1998 ;155 :457-69

4 Kandel ER. Biology and the future of psychanalysis : a new intellectual framework for psychiatry revisited. Am J Psychiatry 1999 ;156 :505-524

5 Kandel ER. « Un nouveau cadre conceptuel de travail pour la psychiatrie, A new intellectual framework for psychiatry » L’Évolution Psychiatrique 2002 ;67 :12-39 et « La biologie et le futur de la psychanalyse : un nouveau cadre conceptuel de travail pour une psychiatrie revisitée Biology and the future of psychoanalysis : a new intellectual framework for psychiatry revisited » L’Évolution Psychiatrique, 2002 ; 67 : 40-82

6 Force est également de constater qu’en dehors d’une certaine bienveillance un peu distante, Kandel ne s’est jamais mouillé plus avant dans cette histoire de neuropsychanalyse.

7 Stora JB. La neuropsychanalyse. coll. Que Sais-je ?, Paris : PUF ; 2006 ; Ouss L, Golse B, Georgieff N, Widlöcher D. Vers une neuropsychanalyse ? Odile Jacob, 2009 ; Ansermet F, Magistretti F. À chacun son cerveau. Odile Jacob, 2005 ; Ansemert F, Magistretti P. Psychanalyse et Neurosciences, Odile Jacob 2010. Pommier G. Comment les neurosciences démontrent la psychanalyse. Flammarion 2004.

8 Stremler E, Castel PH. Les débuts de la neuropsychanalyse. IN Ouss L, Golse B, Georgieff N, Widlocher D. Vers une neuropsychanalyse ? Odile Jacob 2009 : 12-31

9 Savitz JB et al., « The relationship between childhood abuse and dissociation. Is it influenced by catechol-O-methyltransferase (COMPT) activiy ? » Int J Neuropsychopharm 2008 ;11 :149-161

10 Chaperot C, Celacu V, Pisani C. « Réflexions à propos des thèses et des propositions de Kandel relatives aux liens possibles entre psychanalyse et neurosciences : pour la défense d’une irréductibilité de l’objet ». Evolution Psy 2005 ;70 :131-139

11 Fedida P. « Le canular de la neuropsychanalyse ». La Recherche 2000 ;HS3 :101

12 Blass RB, Carmeli Z. « The case against neuropsychanalysis. On fallacies underlying psychoanalysis’latest scientific trend and its negative impact on psychoanalytic discourse ». Int J Psychoanal 2007 ;88 :19-40

13 Ce qui est faux. Les travaux de W. Schultz (J Physiol 1998 ; 80 :1-127) réalisés chez le primate montrent que les neurones dopaminergiques augmentent leur fréquence de décharge en réponse à la perspective d’une récompense. Son implication est certainement davantage dans la motivation, s’il faut tenter une approximation simplificatrice.

14 Panksepp J. “Neuro-psychoanalysis may enliven the mindbrain sciences”. Cortex 2007 ;43 :1106-1107

15 Telle celle véhiculée complaisamment par les médias : « on a découvert la localisation de Dieu dans le cerveau !.. », etc.

16 Et publié dans une revue confidentielle : Solms M. « New findings on the neurological organization of dreaming. Implications for psychoanalysis ». Psychoanalytic Quarterly 1995 ; 64 : 43-67

17 Voir par exemple, sur un site qui se revendique comme « le meilleur site de psychanalyse français », un article portant sur « Neuropsychanalyse made in USA » : http://www.oedipe.org/forum/read.ph....

 

par Laurent Vercueil - SPS n° 293, hors-série Psychanalyse, décembre 2010

 

 

Source: http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1547

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22/11/2011

Qui n'est pas pour l'existence et la liberté de choix ? Bas les masques !

 

Le clivage psys analystes/comportementalistes-cognitivistes même s'il reste d'actualité dans notre canton va être assez vite supplanté par une autre perspective, introduite par des psychanalystes comme Tustin, Hochmann, Golse ou encore Délion, un proche du cercle lacanien romand.

Golse&confrères prônent aujourd'hui une approche intégrative (courant de la neuro psychanalyse mise en place par lui) qui allierait les neurosciences à l'approche psychanalytique. Cette approche qui se veut globalisante discrédite ipso facto les débats qui resteraient cristallisés autour de l'opposition psy/non psy.

Ces psys new age qualifient cette opposition de dogmatique n'ayant plus rien avoir avec leur nouveau courant de pensée, qui est -évidemment - meilleur, proche de la réalité des « sujets autistes » et donc salvateur.

Ne vous y méprenez pas, leur réflexion est d'une très bonne qualité. Je pense que les familles ont en effet tout intérêt à dépasser le stade de la simple opposition psy/non psy si elles veulent bien saisir les nouveaux enjeux du débat qui sont bien plus subtils et apporter leur propre réflexion en matière.

 

Qu'est-ce que vraiment l'approche intégrative que je qualifie de « globalisante »? Et quelle différence avec une approche que je qualifie de «globale » comme celle de Teacch par exemple ?

Il faut bien, en effet, distinguer globalisante (= qui s'approprie des domaines de compétences divergents pour les concilier, dominer et au final diriger en imposant une méta-explication à une situation concrète) de globale (= qui tient compte de la réalité de la personne autiste et part de ses besoins pour -sa vie durant avec les modulations nécessaires - l'aider). Derrière ces visions se cache l'originelle opposition, qui elle ne disparaît pas, entre maladie psychique -donc guérissable- prônée par les psys et la vision des TSA comme un "handicap" (social) reconnue par l'autre courant, celui neuro-développemental.

Les psys y compris new age accusent d'ailleurs l'autre courant d'être déterministe, de ne pas laisser au « sujet » autiste l'espoir de guérir, grâce au recouvrement de son « moi » (je résume à peine) en libérant sa « voix », mais de l'enfermer dans une vision du tout handicap qui le cloisonnerait sa vie durant.  L'approche de la neuropsychanayse (intégrative), part désormais aussi des résultats de la neuro-imagerie et de la génétique, mais pour affirmer que  l'autisme est bien un trouble psychopathologique !

Pour eux, si les anomalies dévoilées au niveau du lobe temporal supérieur occupent une place centrale, ce n'est pas comme lieu d'une hypothétique cause primaire de l'autisme, mais plutôt comme un maillon intermédiaire et comme un reflet du fonctionnement autistique lui-même. L'accès à l'intersubjectivité (d'où l'impossibilité d'intégrer le fait que l'autre existe en tant qu'autre) pour le « sujet autiste » s'explique pour Golse par un processus « autistisant », concept développé par Hochmann visant à souligner que l'autisme infantile n'est pas une maladie strictement endogène, mais qu'elle se co-construit et s'organise dans le cadre de dysfonctionnements interactifs ou d'une spirale transactionnelle perturbée entre le bébé et les adultes qui en prennent soin, l'origine première du dysfonctionnement pouvant se situer, selon les cas, soit du côté du bébé soit du côté de l'adulte. Dans tous les cas, les dysfonctionnements interactifs de l'un des partenaires de l'interaction décontenancent l'autre qui, de ce fait, va répondre de manière mal adaptée en aggravant ipso facto les difficultés de son partenaire, et ainsi de suite, dans une spirale dangereuse à vocation auto-aggravante rapide.

Bref, Golse et confrères utilisent les résultats apportés par les neurosciences dans le but de valider leur propre vision de l'autisme et surtout leur propre idée de la bonne prise en charge qui se veut, dans leur propos, la seule, l'unique valable.C'est encore une fois une vision assez tentaculaire.

 

Le débat, vous le voyez bien, se situe à un autre niveau, même si la teneur en reste -au fond- la même. Il oppose maintenant une vision globalisante  à une vision globale, avec comme enjeu -non pas la vie psychique de nos enfants - comme le veulent faire croire les psys new age, mais entre l'idée de la réparation d'un lien originellement brisé (que cela soit de la part du bébé ou de l'adulte) que l'approche intégrative se propose de « réparer » à celle que la personne avec autisme a sa propre identité, due à sa manière constitutivement d'être et de penser que la vision globale respecte tout simplement.

 

Les données du débat ont évolué, la réflexion doit donc aussi évoluer. Il n'est plus question d'opposer psys analytiques/non psys; le débat est : les TSA sont-ils le fruit d'une psychopathologie ou y-a-t-il une identité « autistique » ? Probablement que la recherche active et féconde dans le domaine de ces troubles apportera des réponses ces prochaines années et que l'étiologie, encore obscure aujourd'hui, sera plus claire.

 

Au-delà des théories des uns et des autres qui ont le droit d'ailleurs, chacune, d'exister, (nous cultivons une pensée démocratique) ce qu'Autisme Genève revendique c'est LA LIBERTE DE CHOIX ! Le nœud du problème, ce n'est pas les divergences théoriques et d'approches (au fond chacun peut croire ce qu'il pense être juste de croire et le débat peut exister), mais c'est l'absence de choix !

Si vous êtes un parent et que vous pensez que l'approche globale (neuro-développementale, type Teacch) est celle qu'il faut, vous devez aujourd'hui soit partir de Genève (il y a si peu de solutions dans le public),  soit payer des sommes pharaoniques dans le privé ! Voilà où se situe notre vrai combat et le vrai enjeu pour nos enfants : créer des filières de formation et des solutions institutionnelles  qui répondent à une réelle demande !

Alors je lance un appel inédit : psys et non psys analytiques tous ensemble pour plus de démocratie ! Qui n'est pas pour la liberté de choix? Je pense que c'est celui-là qui serait le vrai -non pas dogmatique- mais doctrinaire !

 

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20/11/2011

La doxa, comme source de l'œcuménisme...

 

Il est juste de poser une réflexion, comme le fait Jérémy Tancray dans la revue « Le Journal des psychologies » ( n. 291 - octobre 2011) sur le dogmatisme qui règne aujourd'hui dans le domaine de l'autisme.

 

Après un bref rappel historique et une réelle autocritique, où il déduit que par son versant dogmatique la « psychanalyse est peut-être la plus responsable (elle qui prône l'appropriation de son histoire par le sujet !) de son actuel déclin dans le domaine de l'autisme », Tancray condamne tout autant le dogmatisme du tout comportementalisme enclenché, en France, par la publication de l'Énigme de l'autisme d'Uta Frith (1989). Il s'interroge sur la fonction du dogme dans le débat sur l'autisme et en arrive à la conclusion que la présence de l'alter est, lorsqu'on défend une position dogmatique, ipso facto considéré comme nocive pour la conception que chacun essaye de défendre ardemment. Cette réflexion vaut autant pour les dogmatiques comportementalistes que pour les dogmatiques psychanalystes. Je passe sur sa tentative d'analyse (pages 6-7), assez faible et inquiétante au fond, de justifier le dogmatisme des psys par un repli « autistique » atteints, en somme, par le même « mal » de ceux qu'ils sont censés s'occuper... Je n'ai jamais compris cette pseudo-analyse que les psys s'imposent à eux-mêmes comme nécessaire pour ne pas être aliénés par leurs « sujets ». On en perd le Verbe, en somme modus dicendi ;-) Et ce repli en soi, source de renfermement, est considéré, par l'auteur de cet article, comme une hypothèse très sérieuse de la genèse possible du dogmatisme.

 

Tancray s'aventure ensuite sur un terrain un peu glissant, à mon humble avis, celui de revenir au sens chrétien, plus précisément catholique (ce qui est déjà une erreur sur le plan historique), du dogmatisme. Vaste sujet. Ce n'est certainement pas en consultant, comme il le fait, le Grand Larousse Universel et l'Encyclopédia Universalis qu'il arrivera à comprendre l'origine, le sens et la portée de ce qui est bien plus qu'un simple concept. Ainsi, il en arrive à la conclusion, déductive, sans doute, que le dogmatisme est « protecteur, défensif ( ?) » que « les apôtres érigèrent les paroles du Christ en dogmes, les lestant d'une vérité de plomb protectrice ». Ce n'est pas juste sur le plan historique. Premièrement les apôtres n'ont pas « écrit », deuxièmement il n'y pas un, mais plusieurs dogmes potentiellement schismatiques, et c'est précisément l'incroyable confrontation de la « doxa » de chacun qui a généré la diversité et l'alternative. Je conseille à Tancray, si le sujet le passionne, de se replonger dans les magnifiques textes des quatre premiers conciles dits « œcuméniques » et à prendre connaissance - en relisant les sources et non des résumés d'encyclopédies- de leur contenu. Il est probable qu'après ces lectures, le sens et la portée, trop réductrice, qu'il donne au mot « dogmatique » changera.

 

Le dogmatisme, dans son acception originelle, a été source de débats, de confrontations à travers lesquels les points d'ancrage ont été définis. Ces derniers ont été établis en fonction de la croyance qui en était à la base.  Ces croyances cohabitent aujourd'hui. Si elles ne cohabitaient pas, ce serait la guerre !

 

Ce n'est donc pas le dogmatisme qui est source de conflits. Le dogmatisme n'est que l'expression de croyances divergentes. Et il faut qu'elles s'expriment. La forme d'expression, j'en conviens, n'est plus celle d'autrefois, où l'excellence était la règle, en mots et en esprit.

 

La vraie guerre, aujourd'hui, dans le monde de l'autisme c'est l'absence de choix. Là est le nœud du problème. Et la tentative de Golse et confères d'introduire la neuropsychanalyse comme « LA » solution, sorte de syncrétisme auto-salvateur, n'est autre qu'une doxa qui suscitera d'autres débats...

 

Mais, donnez aux familles et aux professionnels (qui le souhaitent) la possibilité de choisir entre une doxa et l'autre, vous verrez, j'en mets ma main au feu, le débat se tarir et les « chapelles », pour reprendre les propos de Tancray, cohabiter.

L'œcuménisme, pour reprendre le propos religieux introduit par Tancray, n'a jamais été une volonté de fusionner, de rendre compatible des opinions divergentes, de faire des syncrétismes, jamais ! L'œcuménisme, c'est simplement l'acceptation de l'autre avec et dans sa croyance.

 

Je défends la possibilité pour chacun de croire en ce qu'il veut et fondamentalement, viscéralement pour le DROIT AU CHOIX. A Genève, aujourd'hui, c'est de ce droit qu'on est privé  !

 

 

 

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16/11/2011

Et si on étudiait les atouts des personnes autistes ?

 

Selon un article provocateur publié aujourd'hui à l'invitation du journal Nature par le professeur Laurent Mottron, du Centre d'excellence en troubles envahissants du développement de l'Université de Montréal, nous devons cesser d'assimiler la structure cérébrale différente des personnes atteintes d'autisme à une déficience. Nombre de personnes autistes - pas uniquement les « savants » - possèdent en effet des qualités et des habiletés qui pourraient surpasser celles de personnes non autistes. « Des données récentes et ma propre expérience indiquent qu'il est temps de commencer à considérer l'autisme comme un avantage dans certaines sphères», a déclaré le professeur Mottron.

 

L'équipe de recherche du professeur Mottron, tout comme d'autres chercheurs, a fermement établi et répliqué les habiletés et, parfois, les supériorités des personnes autistes dans de multiples activités cognitives, notamment la perception et le raisonnement. Son groupe comprend plusieurs personnes autistes, et l'intégration de l'une d'entre elles, Michelle Dawson, représente une réussite particulière. Madame Dawson apporte des contributions importantes à notre compréhension de sa condition autistique par son travail et son jugement. «Michelle a mis au défi ma compréhension scientifique de l'autisme », a expliqué Laurent Mottron. Par exemple, Michelle interprète les forces des autistes comme la manifestation d'une authentique intelligence plutôt que d'une sorte de ''ruse'' cérébrale qui leur permettrait d'effectuer des tâches intelligentes sans les comprendre véritablement. « Je suis surpris que, pendant des décennies, les scientifiques aient évalué l'amplitude du retard mental en se fondant sur des tests inappropriés et sur une mauvaise interprétation des forces des personnes autistes », a-t-il ajouté.

 

« Nous avons inventé un mot pour ça: le normocentrisme, qui signifie l'idée préconçue que ce que vous faites et êtes est, par principe, normal, et que ce que fait ou est une personne autiste est, par principe, anormal», a déclaré le professeur. Il fait remarquer que cette manière de concevoir l'autisme constitue la rhétorique habituelle des collectes de fonds et des attributions de subventions. Elle comporte toutefois un prix à payer à l'égard de la manière dont les personnes autistes sont considérées dans le discours social. « Bien que le financement public et philanthropique soit important pour faire progresser notre compréhension de la condition, il est exceptionnel que qu'il soit utilisés pour travailler vers des objectifs identifiés par la collectivité autiste elle-même », ajoute monsieur Mottron, déplorant le fait que nombre de personnes autistes finissent par occuper des emplois répétitifs et subalternes, malgré leur intelligence et leur aptitude à effectuer des contributions beaucoup plus significatives pour la société. « Michelle Dawson et d'autres personnes autistes m'ont convaincu que, dans plusieurs cas, les autistes ont par-dessus tout besoin d'opportunités, souvent de soutien, mais rarement de traitement», déclare le chercheur. « Il en résulte que mon laboratoire, comme d'autres, croit que l'autisme devrait faire l'objet d'une description et d'une investigation à titre de variante acceptée de l'espèce humaine, pas comme un défaut à supprimer. »

 

Dans son article, Laurent Mottron stipule que la science devrait faire sa part pour redonner aux personnes autistes leur place au sein de la communauté humaine. Il approfondit les habiletés spécifiques de certaines personnes autistes, fournit une gamme d'exemples tirés de la réalité et offre certains renseignements personnels tirés de ses collaborations avec Michelle Dawson.

 

À propos du professeur Laurent Mottron

Laurent Mottron, M. D., Ph. D., est professeur au Département de psychiatrie de l'Université de Montréal et directeur du programme autisme de l'Hôpital Rivière-des-Prairies (Montréal). Il est aussi à l'origine de la création du Centre d'excellence en troubles envahissants du développement de l'Université de Montréal (CETEDUM), branche du CENUM affilié au Centre de recherche Fernand-Seguin.

 

Sur le Web :

Département de psychiatrie, Université de Montréal

Centre d'excellence en troubles envahissants du développement

Centre de recherche Fernand-Seguin

Hôpital Rivière-des-Prairies

 

 

Personne-ressource :

William Raillant-Clark

Attaché de presse international

Université de Montréal

Tél. : 514 343-7593

w.raillant-clark@umontreal.ca

@uMontreal_News

 

Source: http://www.nouvelles.umontreal.ca/recherche/sciences-de-la-sante/20111102-les-scientifiques-doivent-cesser-de-centrer-leurs-travaux-sur-les-deficits-des-autistes.html

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