25/01/2012

Le Mur: la suite...

Évènements autour du film "le mur ; la psychanalyse à l'épreuve de l'autisme", film menacé d'interdiction et dont le verdict tombera le 26 Janvier à Lille




- 26 Janvier - New York



19h30 – 19h45 ( heure française ) : Réaction en Français de Sophie Robert à l’annonce de la décision dans l’affaire « Le Mur » par internet

20h00 – 21h00  ( heure française ): Vidéo chat en temps réel avec les parents et les journalistes par internet.





-26 Janvier - New York



21h30 ( heure française ) : David Heurtevent, jeune Asperger très impliqué lancera ( en anglais ) une campagne internationale pour une bonne prise en charge de l'autisme en France et pour l'interdiction du packing ( soin psychique consistant à envelopper entièrement un enfant presque nu dans des draps mouillés et sortis du frigo )





Les conférences seront visiblesen direct gratuitement sur ce lien

http://www.ustream.tv/channel/support-the-wall-press-conference



détails ici

http://www.soutenonslemur.org/2012/01/23/communique-sophie-robert-ny-26-janvier-evenements-francais/




- 27 Janvier - Philadelphie



Une version courte du film ( 30 minutes ) sera présentée par Sophie Robert à la conférence internationale de l'autisme

Elle y sera interviewée là bas, pour la chaine américaine ABC news



détails ici

http://www.soutenonslemur.org/2012/01/23/communique-confirmation-de-la-presentation-du-film-de-sophie-robert-a-philadelphie-etats-unis-le-27-janvier-2012/





L'ensemble des évènements sera filmé par un réalisateur américain en vue de la production d'un documentaire sur la situation de l'autisme en France.

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24/01/2012

Pour une culture de l'autisme. Genevois, romands, suisses, chinois, monde: même combat!!!!

 

 

 

 

 

 

 

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19/01/2012

Ne jugez pas, n'interprétez pas, apprenez juste à écouter....

Il faut apprendre à écouter, à écouter les personnes autistes elles-mêmes et leurs parents. Avec leurs mots, ils disent beaucoup et toujours plus juste que quiconque ... Respectons la spécificité: au nom de quelle norme aurait-on le droit de les exclure de la vie de la société ? Pourtant c'est ce qui se passe aujourd'hui au quotidien...La violence est là, pas ailleurs.

Tous les parents dénoncent et dénonceront toujours cette violence qui est faite à l'encontre de leur enfant, d'eux-mêmes. Et ils apprécieront comme des héros celles et ceux qui auront le courage de dire comme eux: respectons et acceptons la différence, cette différence qui n'est autre qu'une manière d'être !

 

07:20 Publié dans Autisme - une autre manière d'être | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | Pin it! |

16/01/2012

Si on me demandait...

Voilà plusieurs années que je me bats, désormais, au quotidien pour mon enfant et aussi pour tous les enfants comme lui. Mon combat n'a jamais été égoïste, mais il est aussi personnel.

Si on me demandait un jour, pourquoi je suis la Présidente de l'association Autisme Genève, que j'ai créée,  je répondrai sans hésiter c'est parce que je suis maman.

Je n'ai jamais soumis et ne soumettrai jamais aucune considération, aucune ambition, aucun projet à une perspective qui ferait fi de mon rôle de maman.

Alors, je voulais débuter cette semaine en rendant hommage non seulement à mon grand garçon, Gabriel, mais aussi à son jeune frère qui au quotidien vit avec moi cette différence, avec simplicité. Il me confiait l'autre jour, presque au creux de l'oreille, "Gabriel c'est un grand, tu sais maman: maintenant il peut envoyer tout seul des messages avec son( nouvel) Ipad, et moi est-ce qu'il m'apprendra ?"

J'ai trouvé merveilleux que Jean-Baptiste admire son frère et encore plus merveilleux, sans doute, qu'il l'admire parce qu'il pourrait lui enseigner l'art de la communication électronique. Je lui ai répondu le plus simplement du monde: "Demande-lui, il sera fier de t'apprendre".

Il faut faire confiance aux enfants. J'ai toujours fait confiance aux miens, sans distinction aucune, mais dans le respect de leur singularité à chacun.

Bonne semaine à tous et merci d'être toujours aussi nombreux à lire mon blog !

 

Gabriel - maison de quartier 2011 017.JPG

 

 

 

 

 

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13/01/2012

Autisme: on peine à se sortir de la psychanalyse

La France peine à sortir d'une conception psychanalytique de l'autisme. Nous connaissons exactement le même problème en Romandie.

 

En France, les débats ont été ouverts. Hier,  l’occasion des premières rencontres parlementaires sur l’autisme Valérie Létard, sénatrice et ancienne secrétaire d'Etat à la Solidarité, a remis un rapport-bilan sur le plan autisme 2008-2010 à Marie-Anne Montchamp, actuelle secrétaire d'État. Le gouvernement a pris position sur l'opposition virulente qui existe entre associations parentales et les représentants de la psychiatrie. Voici un extrait du discours de Mme Montchamp :

"Je veux le dire avec force : pour le Gouvernement, les choses sont très claires : (...) L’autisme est enfin sorti du répertoire des psychoses en France en 2010 (faisant référence à l'état des lieux publié par la Haute Autorité de Santé). Cette réalité doit être connue de l’ensemble de nos compatriotes".

Le gouvernement français a pris ses responsabilités. Le processus va être encore long, mais il est enclenché...

 

Et en Romandie ?

 

Je pense que les théories sous-jacentes aux pratiques sont quasi inconciliables entre une école et une autre. Elles peuvent toutefois co-exister. Tout mouvement voulant concilier l'inconciliable trompe son interlocuteur. C'est comme si quelqu'un avait voulu, à l'époque, concilier les thèses des  nominalistes à celles des réalistes ... Quiconque connaît les positions respectives de ces grands penseurs sourirait rien qu'à cette idée. Nous sommes ici exactement dans le même ordre de considération.

 

Je vous conseille de lire ces articles concernant les conclusions du plan autisme 2008-10 qui - en France- va être reconduit:

 

http://www.20minutes.fr/societe/858320-autisme-rapport-pointe-manque-places-retard-important-mise-place-methodes-adaptees

http://www.psychomedia.qc.ca/autisme/2012-01-12/bilan-plan-gouvernemental-2008-2010-france

http://www.europe1.fr/France/La-France-n-arrive-pas-a-soigner-ses-autistes-901173/

 

 

 

 

 

 

 

 

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12/01/2012

Ces parents qui sacrifient tout pour aider leur enfant autiste...

En France ou en Romandie le combat n'est pas semblable, mais très similaire.


Ce qui est sûr, c'est que sur le front il y a les parents, tous ces parents qui parfois prennent la décision d'arrêter leur carrière professionnelle, de redimensionner/adapter leur vie familiale pour aider leur enfant autiste. Il y a des mamans et de papas courageux, là où l'Etat démontre ses limites. C'est vrai en France, c'est vrai en Romandie.

En France, l'autisme a été déclaré grande cause nationale. C'est l'occasion pour tous ces parents de dire leur combat non pas d'une heure, ni d'une journée, ni d'un an, mais d'une vie.

Aujourd'hui la sénatrice Valérie Létard va remettre à Roselyne Bachelot, ministre des Solidarités, le rapport concernant les résultats du plan autisme 2008-2010. En France, il y a du retard, mais il y a au moins comme mérite qu'il y ait eu un plan autisme, qu'il y ait une  prise de conscience que l'autisme était aussi (et surtout) un problème d'ordre politique et enfin que cette même prise de conscience soit arrivée au plus haut sommet de l'Etat, puisque le premier ministre en personne a déclaré l'autisme cause nationale 2012.

Et en Romandie ? A quand un vrai "plan autisme" ? Les actions ponctuelles sont appréciables, elles ont permis de répondre à l'urgence, mais il est impossible de continuer  à répondre tout le temps qu'à l'urgence. l'Etat n'a pas pas cette mission. L'Etat a pour mission de trouver et de mettre en place des solutions stables. Et je ne vois pas comment cela serait possible sans recenser les besoins, les analyser, coordonner ensuite des services pour y répondre, anticiper les problèmes (il y en aura) et enfin planifier sur du moyen/long terme des actions pour rendre compte, au final, des résultats. En somme, faire un plan autisme !

Du côté français, on attend avec hâte les résultats du plan autisme 2008-10 qui seront livrés officiellement ce jour... moi aussi !
En attendant, je vous conseille la lecture de cet article :

 

http://sante.lefigaro.fr/actualite/2012/01/11/16879-ces-parents-qui-sacrifient-tout-pour-aider-leur-enfant-autiste

 

 

 

 

 

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23/12/2011

Une manière différente de penser au service d'une pensée différente !

 

carte 2012.jpg

 

 

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21/12/2011

L’autisme, grande cause nationale en 2012

 

Le gouvernement français a donné son aval pour que l'autisme devienne la grande cause nationale en 2012 !  C'est une reconnaissance méritée de tout le combat associatif mené depuis des décennies. Et cette reconnaissance n'est pas anodine.

 

 

En France, il y a eu une prise de conscience que l'orientation psychanalytique majoritaire jusqu'alors et exclusive, devait être modérée, voire substituée par des approches psycho-éducatives validées partout ailleurs. Les associations ne réclament pas beaucoup plus de moyens aux autorités publiques, mais que les moyens soient déplacés : pourquoi une prise en charge psychanalytique, dont il n'y a aucun retour scientifique sur son bénéfice serait-elle remboursée, alors que les approches psycho-éducatives, qui elles apportent des résultats démontrés, ne le sont pas ?

 

Le vrai problème se situe à ce niveau. Derrière la guerre des idées, liées aux théories divergentes, il y a la guerre des moyens. A qui le gouvernement va-t-il donné des moyens ?

 

 

Il y a une réponse très forte aujourd'hui par le gouvernement français en faveur des associations qui défendent des approches psycho-éducatives en déclarant l'autisme grande cause 2012.

 

D'ailleurs au vu de la littérature scientifique internationale comment pourrait-il en être autrement ?

 

L'émoi (mot choisi sciemment ;-) suscité dans les milieux psy par le film Le Mur, dont on attend encore un jugement le 26 janvier prochain sur son sort, ne se cantonne qu'à la toute petite zone francophone européenne...ailleurs, la question de l'approche psy de l'autisme est déjà un fait classé dans l'histoire !

 

En Romandie, comme en France, l'opposition existe. Alors à quand une reconnaissance officielle des approches psycho-éducatives de l'autisme par le monde politique ? L'AI, qui est à très à l'écoute du monde politique,  va-t-elle enfin rembourser ces approches au même titre que les psychothérapies qui elles le sont depuis toujours, malgré que la validité ne soit pas encore démontrée (cela fait quand même  près de 40 ans qu'aucun résultat scientifique n'a été publié à ce sujet....) ? Ou trouve-t-on normal en Romandie que des familles doivent s'expatrier, ou payer de leur propre poche la scolarité de leur enfant, l'éducation spécialisée de leur enfant ???? Vous voulez des exemples concrets, combien ? Il n'y a qu'à demander !!! C'est indécent ! Nos enfants n'ont pas le droit d'avoir accès aux mêmes droits que les autres enfants parce qu'ils seraient autistes ????

 

Qu'on donne, comme se profile maintenant en France, la possibilité de rembourser des approches psycho-éducatives au damne des approches psychothérapeutique, puisque les moyens budgétaires sont limités...qu'on commence à partager équitablement les ressources...et que les autorités se basent ensuite sur les résultats de l'une ou l'autre école pour voir la différence en terme d'acquis pour les enfants et d'économie pour l'Etat !

 

Si on suit cette ligne politique, selon vous à qui iront les fonds dans 10 ans ? Ailleurs, partout ailleurs, les gouvernements ont déjà tranché... Il suffit de s'informer.

 

Je pense qu'il faut, en matière d'autisme, avoir un « courage » politique et une détermination comme le démontre actuellement M. Fillon qui ne cède pas aux pressions d'une élite, mais écoute la voix du plus grand nombre.

 

Espérons que cette cause nationale du pays voisin puisse inspirer les politiques de ce côté-ci de la frontière. Derrière cette décision du gouvernement français, il y a un changement de paradigme qui n'est pas anodin et qui s'inscrit dans l'Histoire. Nos lecteurs dans 50 ans, peut-être moins, en apprécieront la portée comme nous apprécions la portée de ce que Lorna Wing il y a 40 ans maintenant a fait en inscrivant pour la première dans le manuel de référence mondiale, le DSM, les TED comme relevant d'une triade.... Son apport avait bouleversé -de manière déterminante et irréversible- tous les discours  des psys de l'époque. ... A bon entendeur !

 

 

 

 

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19/12/2011

Cherchez la différence...

 

ABA est-elle une thérapie pour tous les autistes ?

 

La réponse est non.

 

La psychanalyse est-elle une thérapie pour les autistes ?

 

La réponse est non.

 

Entre la première et la deuxième question, cherchez la différence. Vous y trouverez la pensée de nombreux parents. Je pense qu'il faut respecter la pensée des parents, puisqu'on parle de leur enfant.

 

 

Je pense que le Prof. Mottron a raison de défendre les personnes Asperger, il a aussi eu raison d'engager Mme Dawson pour ses compétences et d'accepter sa manière de travailler ;  je pense qu'il serait vraiment très bien que les entreprises (y compris suisses)  puissent suivre ce merveilleux exemple d' »intégration » (le mot est inapproprié) professionnelle.

 

Je pense aussi que les personnes Asperger constituent un petit pourcentage des personnes autistes qui sont sur le spectre (TSA), et s'il est important de tenir compte de leur spécificité et de les aider, je pense aussi qu'il faut tenir compte de toutes les autres personnes (majoritaires) sur ce même spectre, dont, de surcroît,  50 % ont un retard mental associé à leur autisme.

 

Je pense donc qu'il faille éviter les fausses polémiques et les récupérations en tout genre, aussi subtiles soient-elles: il y a déjà tant de confusion dans le monde de l'autisme !

Nos enfants méritent mieux que des querelles de chapelles et la sauvegarde d'intérêts restreints et qui sont apparemment très répétitifs...on se demande parfois de quel côté est le syndrome....

 

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01/12/2011

Parents, étudiants, professionnels: INDIGNEZ-VOUS !

 

Lors de notre Journée du 26 novembre dernier, des vérités ont énoncées, les positions de chacun sont maintenant un peu plus claires. Il reste encore toutefois encore un long chemin à parcourir pour que chacun assume vraiment, face aux parents et aux professionnels, ses propres choix théoriques et donc pratiques.

 

Dans le public, il y a eu à un moment donné  la prise de parole d'une étudiante qui suit actuellement des cours à l'Université de Lausanne, en Faculté de psychologie.... Son intervention a été abasourdissante : AUJOURD'HUI SUR LES BANCS DE L'UNIVERSITE DE LAUSANNE ON APPREND A DES JEUNES QUI  SE FORMENT ET QUI BIENTÔT SUIVRONT NOS ENFANTS  SUR LE TERRAIN QUE L'AUTISME EST UNE PSYCHOSE !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! INCROYABLE MAIS VRAI !!

 

Cette étudiante n'avait JAMAIS entendu parler d'autres approches que celles d'ordre psychanalytique !!!!!

 

Vous ne me croyez pas ? Audio bientôt disponible sur notre site: www.autisme-ge.ch.... à entendre absolument !!

 

 

Parents, étudiants et professionnels : INDIGNEZ-VOUS !!!!!!

 

C'est précisément ce que nous condamnons : le monopole de la pensée, l'endoctrinement qui ne respecte ni la différenciation critique, base de tout travail scientifique, ni les conclusions d'études publiées dans le plus importantes revues scientifiques au niveau international.

 

 

L'Université de Lausanne pratique de la désinformation. Qu'en est-il des autres Universités ? Qui diligentera enfin une enquête à ce sujet ????? Que font nos autorités ? Sont-elles sous le joug d'un intérêt particulier, lequel  ?

 

C'est grave ! Nous dénonçons cet état de fait ! Nous voulons que l'information scientifique soit prodiguée à nos étudiants  dans le circuit officiel de la formation ! Qu'ils reçoivent un enseignement qui fasse le point  réel de la situation : il y a DES approches et non UNE approche de l'autisme.

 

A bas les monopoles, vraie source de toutes les tensions ! A bas la pensée unique !

 

Nous nous indignons !! Quel sera le premier politique à s'indigner autant que nous et avec nous ???? Qui nous aidera le premier ?

 

Faut-il planter sa tente dans un parc public pour être entendu ?

 

 

Malitiis non est indulgendum

 

 

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30/11/2011

Le reportage 36.9° de la TSR traitant de l’autisme primé !

Le reportage 36.9° de la TSR traitant de l’autisme (15 septembre 2010)) vient d’être primé par la Fondation Eben-Hézer!

A cette occasion, ne manquez pas l’interview de Christophe Ungar (journaliste du reportage de 36.9°) et Filippo Passardi (parent ayant participé au reportage) dans l’émission Médialogues de la RSR.

A entendre sur: http://www.rsr.ch/#/la-1ere/programmes/medialogues/?date=...

.

Encore toutes nos félicitations à Christophe Ungar et à son équipe pour ce magnifique reportage !!!!

 

Voir le reportage :

 


 

 

ou : http://www.tsr.ch/video/emissions/36-9/2470221-au-coeur-du-cerveau-autiste.html

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L'intégration en milieu scolaire ordinaire: au-delà de la spécialisation, avoir du bon sens tout simplement ...


Un témoignage de personne TED sur la scolarisation par INSHEA

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26/11/2011

Soyez les bienvenus à notre Journée d'infos et de débats :-) !

26 nov.png

 

Ci-joint le programme : AUTISME-GE-FLYER-v7.pdf

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24/11/2011

Petit panorama des approches en autisme, comment s'y retrouver ?

 

Les approches globales sont :

 

  • PRT (pivotal response training)

 

  • Denver - Early Start Denver Model

 

  • Teacch

 

  • ABA

 

 

Les approches qui admettent une hypothèse d'origine biologique de l'autisme sont :

 

  • Approches développementales (Teacch, Denver, Early Start Denver Model)
  • Approches comportementales (ABA et les différentes branches : IBI - EIBI - NET - VB)
  • Approches cognitives
  • Approches socio-émotives (à ne pas confondre avec les approches psycho-relationelles)

 

 

Parmi les principales approches qui focalisent sur un aspect spécifique et qui admettent une origine biologique de l'autisme nous pouvons citer: Greenspan, les 3 i, Son rise, Social Stories, Social Thinking, PECS, Makaton.

 

 

Les approches qui considèrent que l'autisme est un problème d'ordre psycho-relationnel sont :

 

Ces approches ne sont pas globales, mais focalisent sur un seul aspect de la personne avec autisme, sa « subjectivité / intersubjectivité » et visant don au rétablissement de la relation. En simplifiant on peut dire que ce sont des approches relationnelles.

 

  • Approche psychodynamique - version analytique de la psychanalyse
  • Approche intégrative - version neuropsychanalyste
  • Tomatis

 

 

 

L'approche sensori-motrice n'est pas globale, elle focalise sa pratique sur les particularités sensorielles et motrices des personnes avec autisme. Il y a divers courants de pensée qui se croisent pour sous-tendre à cette approche. J'y consacrerai un jour un billet.

 

 

Il faut pouvoir valider ces approches sur la base de critères définis comme incontournable par la communauté scientifique, dont la validité scientifique ont fait l'objet d'une étude que l'on trouvera ici :

 

Richard L Simpson (2005) - Evidence-based practices and students with autism spectrum disorders

 

https://depts.washington.edu/pdacent/Publications/Simpson...

 

 

 

La conclusion est que le seul traitement reconnu à ce jour comme efficace est l'EDUCATION !

 


 

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23/11/2011

La neuropsychanalyse, un « faux-nez » pour la psychanalyse?

À la fin des années 80, dans la foulée de la parution de L’homme neuronal, le mensuel La Recherche faisait état d’un dialogue manqué entre le psychanalyste André Green et le neurobiologiste Jean Pierre Changeux1. L’approche scientifique était accusée par le psychanalyste de « déni de la vie psychique » et plus généralement, de présenter une vision réductionniste de l’homme. En dépit de quelques tentatives isolées, le dialogue semblait impossible, d’autant que les années 90 virent, surtout hors de France, la psychanalyse et Freud remis en cause2. C’est pourquoi, lorsqu’en 19983 et 19994, Eric Kandel publiait dans la grande revue américaine de psychiatrie (Am J Psychiatry) deux articles (le second venant compléter et préciser l’objet du premier qui avait été à l’origine d’une correspondance très animée) invitant la psychanalyse à se rapprocher des neurosciences, ces parutions connurent immédiatement un certain retentissement, au point d’être traduits in extenso dans une revue française d’obédience psychanalytique assez stricte (L’Évolution Psychiatrique5). Il est possible que les travaux de Kandel sur l’aplysie, un mollusque marin, qui lui ont valu un prix Nobel en 2000 pour la découverte du mécanisme de la potentialisation à long terme (LTP), support de la mémoire à l’échelle synaptique, ne constituent pas le meilleur viatique pour aborder le domaine du refoulement et de la résolution de l’Œdipe. Nonobstant, l’obtention du Nobel conférait finalement à ces considérations, somme toute assez générales, une légitimité naturelle à ouvrir des voies nouvelles6. De fait, ces deux articles contribueront à précipiter la création d’une discipline alors encore en pénible gestation aux mains de quelques initiés new-yorkais du Neuroscience and Psychoanalysis Study Group au NYPY depuis les années 90 : la « neuropsychanalyse ». Une société internationale de neuropsychanalyse est alors fondée en 2000, dont le 10e congrès annuel s’est tenu à Paris en 2010 et dont la revue « Neuropsychoanalysis » est l’organe officiel (http://www.neuro-psa.org.uk/npsa/). Les ouvrages vont suivre, avec notamment, en langue française, et particulièrement ces cinq dernières années, plusieurs livres édités chez des éditeurs généralistes7, y compris et jusque dans la collection « Que Sais-Je ? » des PUF, témoignant d’un certain dynamisme et d’un soif de reconnaissance. Découverte majeure ? Effet de mode ? Tentative de sauvetage ? Les neurosciences des émotions, l’étude des processus non conscients, l’asymétrie fonctionnelle cérébrale, parmi d’autres, sont des domaines de recherche qui n’ont pas attendu la « neuropsychanalyse » pour être sérieusement investis. Le plaquage des concepts psychanalytiques (refoulement, pulsion, Oedipe) sur les résultats issus de ces recherches apparaît dès lors comme une simple méthode interprétative, qui ne peut constituer autre chose qu’une lecture orientée – et nullement scientifique – de données élaborées dans un tout autre contexte…


Une naissance opportune…

C’est Mark Solms, un psychologue clinicien sud-africain, qui est crédité de l’élaboration des bases théoriques et de l’organisation pratique de la neuropsychanalyse (il en assume actuellement la coprésidence). Formé au cours des années 80, c’est un travail réalisé à Londres auprès de patients cérébro-lésés et portant sur le contenu rapporté des rêves qui le pousse à investir ce champ théorique8. Il semble que la neuropsychanalyse soit apparue aux yeux de plusieurs responsables de la société américaine de Psychanalyse comme une opportunité de relancer l’intérêt pour une discipline qui, outre-Atlantique, prenait un tour menaçant. Le soutien institutionnel se précisant, et l’appel de Kandel validant cette approche, la société internationale de neuropsychanalyse pouvait voir le jour. L’examen du détail des travaux publiés de M. Solms montre qu’il s’agit de publications originales de faible niveau scientifique (essentiellement, des études de cas, comme son travail initial évoqué plus loin), contrastant avec des publications d’opinion ou de revue générale parfois accueillies dans des revues mieux cotées. Certains de ses travaux résonnent bizarrement dans le contexte de la psychanalyse, comme celui, auquel il est associé, reliant un polymorphisme du gène de la COMT (une enzyme sur la voie de la dopamine) et le score de dissociation après un antécédent de mauvais traitement au cours de l’enfance9.


Des psychanalystes « sceptiques »…

La tentative de sauver la psychanalyse par un « haut » qui serait scientifique a suscité immédiatement des réserves, y compris auprès des psychanalystes eux-mêmes. La position de Kandel, suggérant que la psychanalyse puisse recourir aux méthodes neuroscientifiques pour asseoir une certaine légitimité scientifique, est critiquée notamment à partir de l’irréductibilité radicale de l’objet de la psychanalyse au matériel neuroscientifique, empêchant toute possibilité de « saisie objective »10. Ainsi, « l’objet [de la psychanalyse] ne peut s’inscrire d’aucune façon dans le discours scientifique expérimental ». On reconnaît là la position dominante des psychanalystes qui s’oppose à toute tentative d’évaluation de leur pratique. Une position similaire est assumée par Pierre Fedida dans un article d’opinion portant sur « le canular de la neuropsychanalyse »11, en critiquant la « naïveté » qu’il y aurait à croire que la compréhension des mécanismes neurobiologiques à l’œuvre au cours de telle ou telle activité puisse aider un psychanalyste à s’occuper de ses clients. L’impossibilité d’aborder la structure psychologique d’un sujet à partir de la connaissance des bases neurobiologiques est également avancée comme l’aporie centrale de la neuropsychanalyse par Blass et Carmeli12 dans un article contestant radicalement l’intérêt de cette approche. En somme, les critiques internes relèvent de deux registres principaux : 1) l’intérêt de l’approche neuroscientifique des concepts psychanalytiques n’apporte rien à la pratique clinique, 2) l’objet de la psychanalyse ne peut être abordé par des méthodes scientifiques et expérimentales. Chacune des deux assertions semble effectivement difficile à contester.


Une vision neuroscientifique floue…


Si l’on regarde uniquement les ouvrages publiés ces dernières années en langue française, on peut constater qu’ils proviennent des deux rives : certains sont rédigés par des psychanalystes (G. Pommier, J. B. Stora), d’autres par des neuroscientifiques (P. Magistretti). Le moins que l’on puisse dire est que ceux qui émanent des psychanalystes font état de connaissances neurobiologiques approximatives, souvent datées sinon erronées, ou de surface (lecture des ouvrages grand public de Damasio, par exemple). À la page 240 de son ouvrage, par exemple, G. Pommier conteste l’atonie musculaire qui accompagne le sommeil paradoxal (ou « REM sleep »), sur l’argument que « cette description est le contraire de ce qui se passe pendant le rêve. Quiconque a dormi à côté d’une personne qui rêve sait à quel point cela peut l’agiter. De plus, le somnambulisme contredit cette thèse ». G. Pommier semble ignorer des données essentielles, connues depuis fort longtemps, qui sont que 1) les sujets fournissent également des récits de réveil lorsqu’ils sont tirés du sommeil « lent » (« non REM sleep », l’autre sommeil, celui qui ne s’accompagne pas d’atonie musculaire), 2) le somnambulisme (qui ne s’accompagne pas forcément d’un rêve) est une forme d’éveil dissocié survenant au cours du sommeil lent. La critique qu’il fait des données de Michel Jouvet repose sur son observation personnelle (« Quiconque a dormi etc. »), tout à fait en ligne avec une conception pour le moins floue de ce que peut être l’établissement d’une donnée rigoureuse, comme dans une note, page 14, où il relève : « Une cure psychanalytique n’est certes pas une expérimentation au sens où les physiologistes l’entendent. Mais, rétroactivement, les leçons tirées de plusieurs cures donnent des preuves au même titre que les expériences scientifiques ». Le « rétroactivement » est sublime.

De fait, l’essentiel de l’argumentaire repose, côté scientifique, sur les données soulignant la contribution des émotions au traitement cognitif, ou la neurologie du comportement, réinterprétées à la lumière des concepts psychanalytiques. Toute prudence interprétative est balayée, les données sont simplement transposées en termes psychanalytiques. Il existe une tendance paradoxale évocatrice d’une certaine phrénologie, comme la localisation cérébrale dans l’hémisphère droit de la pulsion (Pommier), ce qui est d’autant plus étonnant (et sans aucune base scientifique) que le « localisationnisme » a toujours fait l’objet de vives critiques à l’endroit des neuroscientifiques soupçonnés de phrénologie rampante. Dans cette perspective, les raccourcis du pire réductionnisme ne font pas peur au psychanalyste, alors qu’ils auraient fait hurler dans la bouche d’un scientifique, ainsi de G. Pommier, affirmant que « la dopamine est le neurotransmetteur spécifique du plaisir »13. L’ouvrage co-signé par Pierre Magistretti et François Ansermet, un neuroscientifique de renom et un psychanalyste, est naturellement moins contestable sur le plan scientifique. Les travaux de Pierre Magistretti ont porté notamment sur le métabolisme énergétique neuronal et glial, soit, il faut en convenir, assez loin de la clinique. L’argument repose notamment sur les processus mnésiques à l’échelle cellulaire et la plasticité neuronale, tout à fait dans la ligne des travaux de Kandel, qui pourraient être déclinés en termes psychanalytiques. Le risque demeure, qui n’est pas toujours évité, d’une mise en parallèle spéculative de processus neuronaux et de concepts psychanalytiques. Les points de rencontre véritable manquent, les sauts de l’un à l’autre des discours se faisant à un niveau qualitatif, tant sont hétérogènes les contenus. (note 1, page 16)


Un contenu évanescent…


Une discipline scientifique ne se limite pas aux spécificités de la discussion théorique des données recueillies. De fait, on peut se rendre compte des méthodes et des résultats d’une discipline en examinant les résumés qui sont présentés dans les congrès. La dernière édition du congrès international de neuropsychanalyse, tenue le 29 juin 2009 à Paris, a donné lieu à un peu plus de 50 communications dont les résumés sont disponibles (http://www.neuropsa.org.uk/images/s...). Seize d’entre eux n’exposent pas de résultat original mais des considérations générales sur le thème de la neuropsychiatrie et huit sont des cas cliniques donnant lieu à des spéculations assez générales. Les autres sont essentiellement représentés par des travaux classiques de neuropsychologie, au cours desquels des tests sont passés à des populations plus ou moins homogènes, donnant lieu à des comparaisons. Aucun de ces travaux ne diffère de ce qui constitue le quotidien des congrès de psychologie ou de neuropsychologie. À nouveau, la seule différence vient de la portée interprétative qui leur est donnée. En somme, la neuropsychanalyse fait la même chose que la psychanalyse à l’égard de la parole du patient, elle se borne à insérer des résultats dans un cadre interprétatif. Il n’y a aucune prédictivité et aucune réfutabilité possible. La tentation est évidemment grande, comme le souligne Jaak Panksepp, d’en dire beaucoup trop, sur bien peu de choses…(« saying too much on the basis of too little data »14).



Localiser l’inconscient…


Une tentation principale, déjà évoquée et bien illustrée par la position de Mark Solms, est purement et simplement localisationiste, soit la forme la plus réductionniste de l’approche neuroscientifique, basée sur une interprétation naïve des données de la neuroimagerie fonctionnelle15. C’est le cas des travaux du fondateur de la neuropsychanalyse, élaboré à partir d’une démarche anatomo-clinique auprès de patients souffrant de lésions cérébrales16. Le procédé consiste à inférer de l’association de lésions anatomiques et de déficits systématiques (en l’occurrence la possibilité/l’impossibilité de produire un récit de rêves) de supposées relations anatomo-fonctionnelles. Les limites d’une telle approche reposent notamment sur la grande hétérogénéité des lésions observées et des sujets étudiés, et sur l’impasse faite sur les raisons envisageables qui peuvent conduire un sujet à produire ou non un récit de rêve (ne pas produire un récit de rêve ne peut être assimilé à une absence de rêve).



Le cerveau, un organe définitivement « étranger » à la psychanalyse


La neuropsychanalyse ne constitue pas une discipline identifiable par sa méthode, sa problématique scientifique ou même ses résultats. Il s’agit simplement d’une lecture interprétative de résultats neurobiologiques parfois établis depuis longtemps (neurosciences affectives et..). Elle suit également une certaine mode, comme lorsqu’elle s’empare du concept de « neurones miroirs »17, ou du thème de l’empathie. De fait, la psychanalyse n’a pas besoin du cerveau pour s’occuper de ses clients. Il serait pour elle plus sage de reconnaître que le cerveau est un organe qui lui est radicalement étranger. À tout point de vue.


L’inconscient, une découverte de Freud ?

« S’il fallait faire tenir en un mot la découverte freudienne, ce serait incontestablement en celui d’inconscient. », Laplanche et Pontalis, 1973, Vocabulaire de la psychanalyse, Paris, PUF, p. 197

« […] l’hypothèse de l’inconscient est nécessaire et légitime, et (que) nous possédons de multiples preuves de l’existence de l’inconscient. », Freud, 1915, Métapsychologie, trad. fr. 1968, Paris, Idées, p. 66


L’Inconscient freudien

L’Inconscient est le mot-clé du freudisme. Cependant, Freud n’a pas découvert le concept d’Inconscient. Il l’a emprunté à d’autres, philosophes et psychologues du XIXe siècle, tels Leibnitz et les « perceptions confuses », Ed. Von Hartmann et sa « Philosophie de l’inconscient », ou encore Schopenhauer et Nietzsche, pour ne citer qu’eux. Littéralement, le qualificatif d’« inconscient » (avec une minuscule) décrit les phénomènes qui échappent au conscient. Avec Freud, l’« Inconscient » (avec une majuscule) désigne une partie perturbée, névrosée du psychisme, qui renferme des pensées « refoulées », parce que jugées inacceptables par la conscience. Ces pensées refoulées inconscientes sont remodelées dans l’Inconscient et ressurgissent de façon déguisée sous la forme de manifestations quotidiennes, telles les lapsus linguae,les actes manqués, les rêves, les oublis de noms et de projets, les angoisses et les symptômes névrotiques, qui s’expriment à travers le corps, ce que Freud a désigné sous l’ expression de « psychopathologie de la vie quotidienne ». Cependant, dans les Études sur l’Hystérieres extensa) : « Nous assimilons le système de l’Inconscient à une grande antichambre dans laquelle se débattent les motions psychiques telles des êtres vivants. À cette antichambre est attenante une autre pièce, plus étroite, une sorte de salon dans lequel séjourne aussi la conscience. Mais sur le seuil de la porte séparant ces deux pièces, veille un gardien qui inspecte chacune des motions psychiques, exerce la censure à leur égard et les empêchent d’entrer au salon si elles lui déplaisent. »* Freud ajoute que cette image domestique, loin d’être fantaisiste, est une « très bonne approximation de la réalité ». Il insiste : « Il ne s’agit plus d’une absence de conscience, mais bien d’une réalité en soi : une sorte de réservoir de pulsions et de représentations dissimulées sous la conscience comme une cave sous une maison. »** Ces pulsions et ces représentations se trouvent alors, comme une multitude d’agents à l’intérieur de l’Inconscient, doués de qualités, de propriétés et d’intentions. (1895), J. Breuer a mis en garde contre l’idée que l’inconscient serait une chose, alors que ce n’est qu’une métaphore. Freud n’en a pas tenu compte et a fait de l’Inconscient « une chose palpable », une substance, une « antichambre » un lieu (doté donc de

Cette conception freudienne de l’Inconscient s’est construite à partir de l’utilisation de l’hypnose pour vaincre les « résistances » du sujet, lever le « refoulement » et ramener à la conscience les pensées pathogènes inconscientes. Freud a affirmé que les symptômes hystériques et névrotiques disparaissaient chaque fois que revenait à la conscience le souvenir d’évènements traumatiques anciens, survenus au moment de l’apparition des troubles. Au moyen de la suggestion, il pressait ses patientes de raconter leurs rêves, les orientant vers le récit d’abus sexuels supposés subis dans l’enfance (théorie de la séduction). Puis il abandonna la théorie de la séduction et adopta alors la méthode des associations libres. C’est ainsi qu’il partit à la recherche des fantasmes œdipiens (théorie du complexe d’Œdipe).Pour justifier le bien-fondé de la méthode des associations libres, Freud montra que l’Inconscient est soumis au déterminisme psychique, postulat selon lequel des faits apparemment sans liens sont reliés entre eux par des chaînes associatives inconscientes, universelles mais latentes, ce qui explique que, alors même que l’Inconscient de tous les hommes les contient, seulement quelques hommes les manifestent. Il affirma que l’Inconscient ne connaît ni le temps, ce qui explique la pérennité des symptômes névrotiques, ni la contradiction : un analyste qui interprète les manifestations de l’Inconscient, un lapsus, un oubli de nom, peut donc dire une chose puis aussitôt après, une autre, sans se soucier de manquer de logique. Il attribua à l’Inconscient l’indifférence à la réalité et le déclara régulé par le principe du plaisir-déplaisir.Freud fit de l’Inconscient un « Autre » en nous, un être secret (un homuncule) qui tire les ficelles de notre destin, un étranger, un intrus envahissant, d’où la phrase bien connue « Le moi n’est même pas maître dans sa propre maison », en fin de compte une sorte de Dieu, de Saint-Esprit ou de démon, dont les preuves de l’existence se trouvent, comme celles de l’Inconscient freudien, dans leurs « manifestations ».


L’inconscient cérébral

Actuellement, les neurosciences définissent comme conscient tout ce dont le sujet peut rendre compte et comme non conscient, tout ce dont le sujet ne peut pas rapporter l’existence. Il existe un traitement non conscient de l’information, notamment émotionnel et cognitif, qui s’effectue à l’insu de ce que peut rapporter le sujet ; est l’inconscient cérébral qui n’a rien à voir avec l’Inconscient freudien. Par exemple, l’identification d’un objet donné parmi plusieurs autres est plus rapide si le sujet a préalablement vu l’objet en question, même sans y prêter une attention consciente. Ou encore, pour conduire une voiture, on n’a pas besoin, à chaque instant, de réfléchir aux gestes à accomplir. La mémoire dite « procédurale » est à l’œuvre et nous permet de conduire sans y penser***.


La neuropsychanalyse

Les progrès des neurosciences ont conduit certains psychanalystes à s’associer à des spécialistes des neurosciences pour tenter de réconcilier la psychanalyse avec elles. Ils appellent leur approche la « neuropsychanalyse ». Celle-ci s‘appuie notamment, suite aux travaux d’Edelberg, sur la plasticité du réseau neuronal. En effet, toute expérience laisse des traces ou des modifications dans l’agencement du réseau neuronal. Les psychanalystes utilisent ces traces pour prétendre que le concept psychanalytique d’Inconscient possède une dimension biologique. Ils en déduisent que la psychanalyse est le cadre conceptuel approprié pour guider les neurosciences dans la neurobiologie de l’inconscient. Et ainsi construire une théorie globale du cerveau.


En résumé

Le reproche principal que l’on peut faire à la psychanalyse, c’est de prêter à l’inconscient des qualités : il ne connaît ni le temps, ni la contradiction, il est régulé par le principe du plaisir-déplaisir ; de lui prêter des propriétés : c’est le réservoir de pulsions et des intentions, comme la censure sur les pensées pathogènes, et tout cela sans preuves scientifiques.

Là encore, on retrouve la prétention récurrente de la psychanalyse à vouloir combler les lacunes actuelles de la connaissance scientifique par sa propre théorie.

Brigitte Axelrad

 


* Freud, The standard edition of the complete psychological works of Sigmund Freud. The Hogarth Press, 24 volumes, XI 305
** ibid, XI 306
*** Voir l’article « L’inconscient au crible des neurosciences » de François Ansermet,Pierre Magistretti, La Recherche).

1 Green A. « Un psychanalyste face aux neurosciences ». La Recherche 1992 ;247 :1166-1174 (en fait, deux articles, dont le premier avait suscité une réponse – qui n’en était pas une – de J. P. Changeux finalement parue dans un numéro précédent (!), et le second était la réponse d’A. G. à l’article de Changeux)

2 Tallis RC. Burying Freud. The Lancet 1996, 347 : 9002 : 669-671

3 Kandel ER. A new intellectual framework for psychiatry. Am J Psychiatry 1998 ;155 :457-69

4 Kandel ER. Biology and the future of psychanalysis : a new intellectual framework for psychiatry revisited. Am J Psychiatry 1999 ;156 :505-524

5 Kandel ER. « Un nouveau cadre conceptuel de travail pour la psychiatrie, A new intellectual framework for psychiatry » L’Évolution Psychiatrique 2002 ;67 :12-39 et « La biologie et le futur de la psychanalyse : un nouveau cadre conceptuel de travail pour une psychiatrie revisitée Biology and the future of psychoanalysis : a new intellectual framework for psychiatry revisited » L’Évolution Psychiatrique, 2002 ; 67 : 40-82

6 Force est également de constater qu’en dehors d’une certaine bienveillance un peu distante, Kandel ne s’est jamais mouillé plus avant dans cette histoire de neuropsychanalyse.

7 Stora JB. La neuropsychanalyse. coll. Que Sais-je ?, Paris : PUF ; 2006 ; Ouss L, Golse B, Georgieff N, Widlöcher D. Vers une neuropsychanalyse ? Odile Jacob, 2009 ; Ansermet F, Magistretti F. À chacun son cerveau. Odile Jacob, 2005 ; Ansemert F, Magistretti P. Psychanalyse et Neurosciences, Odile Jacob 2010. Pommier G. Comment les neurosciences démontrent la psychanalyse. Flammarion 2004.

8 Stremler E, Castel PH. Les débuts de la neuropsychanalyse. IN Ouss L, Golse B, Georgieff N, Widlocher D. Vers une neuropsychanalyse ? Odile Jacob 2009 : 12-31

9 Savitz JB et al., « The relationship between childhood abuse and dissociation. Is it influenced by catechol-O-methyltransferase (COMPT) activiy ? » Int J Neuropsychopharm 2008 ;11 :149-161

10 Chaperot C, Celacu V, Pisani C. « Réflexions à propos des thèses et des propositions de Kandel relatives aux liens possibles entre psychanalyse et neurosciences : pour la défense d’une irréductibilité de l’objet ». Evolution Psy 2005 ;70 :131-139

11 Fedida P. « Le canular de la neuropsychanalyse ». La Recherche 2000 ;HS3 :101

12 Blass RB, Carmeli Z. « The case against neuropsychanalysis. On fallacies underlying psychoanalysis’latest scientific trend and its negative impact on psychoanalytic discourse ». Int J Psychoanal 2007 ;88 :19-40

13 Ce qui est faux. Les travaux de W. Schultz (J Physiol 1998 ; 80 :1-127) réalisés chez le primate montrent que les neurones dopaminergiques augmentent leur fréquence de décharge en réponse à la perspective d’une récompense. Son implication est certainement davantage dans la motivation, s’il faut tenter une approximation simplificatrice.

14 Panksepp J. “Neuro-psychoanalysis may enliven the mindbrain sciences”. Cortex 2007 ;43 :1106-1107

15 Telle celle véhiculée complaisamment par les médias : « on a découvert la localisation de Dieu dans le cerveau !.. », etc.

16 Et publié dans une revue confidentielle : Solms M. « New findings on the neurological organization of dreaming. Implications for psychoanalysis ». Psychoanalytic Quarterly 1995 ; 64 : 43-67

17 Voir par exemple, sur un site qui se revendique comme « le meilleur site de psychanalyse français », un article portant sur « Neuropsychanalyse made in USA » : http://www.oedipe.org/forum/read.ph....

 

par Laurent Vercueil - SPS n° 293, hors-série Psychanalyse, décembre 2010

 

 

Source: http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1547

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22/11/2011

Qui n'est pas pour l'existence et la liberté de choix ? Bas les masques !

 

Le clivage psys analystes/comportementalistes-cognitivistes même s'il reste d'actualité dans notre canton va être assez vite supplanté par une autre perspective, introduite par des psychanalystes comme Tustin, Hochmann, Golse ou encore Délion, un proche du cercle lacanien romand.

Golse&confrères prônent aujourd'hui une approche intégrative (courant de la neuro psychanalyse mise en place par lui) qui allierait les neurosciences à l'approche psychanalytique. Cette approche qui se veut globalisante discrédite ipso facto les débats qui resteraient cristallisés autour de l'opposition psy/non psy.

Ces psys new age qualifient cette opposition de dogmatique n'ayant plus rien avoir avec leur nouveau courant de pensée, qui est -évidemment - meilleur, proche de la réalité des « sujets autistes » et donc salvateur.

Ne vous y méprenez pas, leur réflexion est d'une très bonne qualité. Je pense que les familles ont en effet tout intérêt à dépasser le stade de la simple opposition psy/non psy si elles veulent bien saisir les nouveaux enjeux du débat qui sont bien plus subtils et apporter leur propre réflexion en matière.

 

Qu'est-ce que vraiment l'approche intégrative que je qualifie de « globalisante »? Et quelle différence avec une approche que je qualifie de «globale » comme celle de Teacch par exemple ?

Il faut bien, en effet, distinguer globalisante (= qui s'approprie des domaines de compétences divergents pour les concilier, dominer et au final diriger en imposant une méta-explication à une situation concrète) de globale (= qui tient compte de la réalité de la personne autiste et part de ses besoins pour -sa vie durant avec les modulations nécessaires - l'aider). Derrière ces visions se cache l'originelle opposition, qui elle ne disparaît pas, entre maladie psychique -donc guérissable- prônée par les psys et la vision des TSA comme un "handicap" (social) reconnue par l'autre courant, celui neuro-développemental.

Les psys y compris new age accusent d'ailleurs l'autre courant d'être déterministe, de ne pas laisser au « sujet » autiste l'espoir de guérir, grâce au recouvrement de son « moi » (je résume à peine) en libérant sa « voix », mais de l'enfermer dans une vision du tout handicap qui le cloisonnerait sa vie durant.  L'approche de la neuropsychanayse (intégrative), part désormais aussi des résultats de la neuro-imagerie et de la génétique, mais pour affirmer que  l'autisme est bien un trouble psychopathologique !

Pour eux, si les anomalies dévoilées au niveau du lobe temporal supérieur occupent une place centrale, ce n'est pas comme lieu d'une hypothétique cause primaire de l'autisme, mais plutôt comme un maillon intermédiaire et comme un reflet du fonctionnement autistique lui-même. L'accès à l'intersubjectivité (d'où l'impossibilité d'intégrer le fait que l'autre existe en tant qu'autre) pour le « sujet autiste » s'explique pour Golse par un processus « autistisant », concept développé par Hochmann visant à souligner que l'autisme infantile n'est pas une maladie strictement endogène, mais qu'elle se co-construit et s'organise dans le cadre de dysfonctionnements interactifs ou d'une spirale transactionnelle perturbée entre le bébé et les adultes qui en prennent soin, l'origine première du dysfonctionnement pouvant se situer, selon les cas, soit du côté du bébé soit du côté de l'adulte. Dans tous les cas, les dysfonctionnements interactifs de l'un des partenaires de l'interaction décontenancent l'autre qui, de ce fait, va répondre de manière mal adaptée en aggravant ipso facto les difficultés de son partenaire, et ainsi de suite, dans une spirale dangereuse à vocation auto-aggravante rapide.

Bref, Golse et confrères utilisent les résultats apportés par les neurosciences dans le but de valider leur propre vision de l'autisme et surtout leur propre idée de la bonne prise en charge qui se veut, dans leur propos, la seule, l'unique valable.C'est encore une fois une vision assez tentaculaire.

 

Le débat, vous le voyez bien, se situe à un autre niveau, même si la teneur en reste -au fond- la même. Il oppose maintenant une vision globalisante  à une vision globale, avec comme enjeu -non pas la vie psychique de nos enfants - comme le veulent faire croire les psys new age, mais entre l'idée de la réparation d'un lien originellement brisé (que cela soit de la part du bébé ou de l'adulte) que l'approche intégrative se propose de « réparer » à celle que la personne avec autisme a sa propre identité, due à sa manière constitutivement d'être et de penser que la vision globale respecte tout simplement.

 

Les données du débat ont évolué, la réflexion doit donc aussi évoluer. Il n'est plus question d'opposer psys analytiques/non psys; le débat est : les TSA sont-ils le fruit d'une psychopathologie ou y-a-t-il une identité « autistique » ? Probablement que la recherche active et féconde dans le domaine de ces troubles apportera des réponses ces prochaines années et que l'étiologie, encore obscure aujourd'hui, sera plus claire.

 

Au-delà des théories des uns et des autres qui ont le droit d'ailleurs, chacune, d'exister, (nous cultivons une pensée démocratique) ce qu'Autisme Genève revendique c'est LA LIBERTE DE CHOIX ! Le nœud du problème, ce n'est pas les divergences théoriques et d'approches (au fond chacun peut croire ce qu'il pense être juste de croire et le débat peut exister), mais c'est l'absence de choix !

Si vous êtes un parent et que vous pensez que l'approche globale (neuro-développementale, type Teacch) est celle qu'il faut, vous devez aujourd'hui soit partir de Genève (il y a si peu de solutions dans le public),  soit payer des sommes pharaoniques dans le privé ! Voilà où se situe notre vrai combat et le vrai enjeu pour nos enfants : créer des filières de formation et des solutions institutionnelles  qui répondent à une réelle demande !

Alors je lance un appel inédit : psys et non psys analytiques tous ensemble pour plus de démocratie ! Qui n'est pas pour la liberté de choix? Je pense que c'est celui-là qui serait le vrai -non pas dogmatique- mais doctrinaire !

 

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20/11/2011

La doxa, comme source de l'œcuménisme...

 

Il est juste de poser une réflexion, comme le fait Jérémy Tancray dans la revue « Le Journal des psychologies » ( n. 291 - octobre 2011) sur le dogmatisme qui règne aujourd'hui dans le domaine de l'autisme.

 

Après un bref rappel historique et une réelle autocritique, où il déduit que par son versant dogmatique la « psychanalyse est peut-être la plus responsable (elle qui prône l'appropriation de son histoire par le sujet !) de son actuel déclin dans le domaine de l'autisme », Tancray condamne tout autant le dogmatisme du tout comportementalisme enclenché, en France, par la publication de l'Énigme de l'autisme d'Uta Frith (1989). Il s'interroge sur la fonction du dogme dans le débat sur l'autisme et en arrive à la conclusion que la présence de l'alter est, lorsqu'on défend une position dogmatique, ipso facto considéré comme nocive pour la conception que chacun essaye de défendre ardemment. Cette réflexion vaut autant pour les dogmatiques comportementalistes que pour les dogmatiques psychanalystes. Je passe sur sa tentative d'analyse (pages 6-7), assez faible et inquiétante au fond, de justifier le dogmatisme des psys par un repli « autistique » atteints, en somme, par le même « mal » de ceux qu'ils sont censés s'occuper... Je n'ai jamais compris cette pseudo-analyse que les psys s'imposent à eux-mêmes comme nécessaire pour ne pas être aliénés par leurs « sujets ». On en perd le Verbe, en somme modus dicendi ;-) Et ce repli en soi, source de renfermement, est considéré, par l'auteur de cet article, comme une hypothèse très sérieuse de la genèse possible du dogmatisme.

 

Tancray s'aventure ensuite sur un terrain un peu glissant, à mon humble avis, celui de revenir au sens chrétien, plus précisément catholique (ce qui est déjà une erreur sur le plan historique), du dogmatisme. Vaste sujet. Ce n'est certainement pas en consultant, comme il le fait, le Grand Larousse Universel et l'Encyclopédia Universalis qu'il arrivera à comprendre l'origine, le sens et la portée de ce qui est bien plus qu'un simple concept. Ainsi, il en arrive à la conclusion, déductive, sans doute, que le dogmatisme est « protecteur, défensif ( ?) » que « les apôtres érigèrent les paroles du Christ en dogmes, les lestant d'une vérité de plomb protectrice ». Ce n'est pas juste sur le plan historique. Premièrement les apôtres n'ont pas « écrit », deuxièmement il n'y pas un, mais plusieurs dogmes potentiellement schismatiques, et c'est précisément l'incroyable confrontation de la « doxa » de chacun qui a généré la diversité et l'alternative. Je conseille à Tancray, si le sujet le passionne, de se replonger dans les magnifiques textes des quatre premiers conciles dits « œcuméniques » et à prendre connaissance - en relisant les sources et non des résumés d'encyclopédies- de leur contenu. Il est probable qu'après ces lectures, le sens et la portée, trop réductrice, qu'il donne au mot « dogmatique » changera.

 

Le dogmatisme, dans son acception originelle, a été source de débats, de confrontations à travers lesquels les points d'ancrage ont été définis. Ces derniers ont été établis en fonction de la croyance qui en était à la base.  Ces croyances cohabitent aujourd'hui. Si elles ne cohabitaient pas, ce serait la guerre !

 

Ce n'est donc pas le dogmatisme qui est source de conflits. Le dogmatisme n'est que l'expression de croyances divergentes. Et il faut qu'elles s'expriment. La forme d'expression, j'en conviens, n'est plus celle d'autrefois, où l'excellence était la règle, en mots et en esprit.

 

La vraie guerre, aujourd'hui, dans le monde de l'autisme c'est l'absence de choix. Là est le nœud du problème. Et la tentative de Golse et confères d'introduire la neuropsychanalyse comme « LA » solution, sorte de syncrétisme auto-salvateur, n'est autre qu'une doxa qui suscitera d'autres débats...

 

Mais, donnez aux familles et aux professionnels (qui le souhaitent) la possibilité de choisir entre une doxa et l'autre, vous verrez, j'en mets ma main au feu, le débat se tarir et les « chapelles », pour reprendre les propos de Tancray, cohabiter.

L'œcuménisme, pour reprendre le propos religieux introduit par Tancray, n'a jamais été une volonté de fusionner, de rendre compatible des opinions divergentes, de faire des syncrétismes, jamais ! L'œcuménisme, c'est simplement l'acceptation de l'autre avec et dans sa croyance.

 

Je défends la possibilité pour chacun de croire en ce qu'il veut et fondamentalement, viscéralement pour le DROIT AU CHOIX. A Genève, aujourd'hui, c'est de ce droit qu'on est privé  !

 

 

 

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16/11/2011

Et si on étudiait les atouts des personnes autistes ?

 

Selon un article provocateur publié aujourd'hui à l'invitation du journal Nature par le professeur Laurent Mottron, du Centre d'excellence en troubles envahissants du développement de l'Université de Montréal, nous devons cesser d'assimiler la structure cérébrale différente des personnes atteintes d'autisme à une déficience. Nombre de personnes autistes - pas uniquement les « savants » - possèdent en effet des qualités et des habiletés qui pourraient surpasser celles de personnes non autistes. « Des données récentes et ma propre expérience indiquent qu'il est temps de commencer à considérer l'autisme comme un avantage dans certaines sphères», a déclaré le professeur Mottron.

 

L'équipe de recherche du professeur Mottron, tout comme d'autres chercheurs, a fermement établi et répliqué les habiletés et, parfois, les supériorités des personnes autistes dans de multiples activités cognitives, notamment la perception et le raisonnement. Son groupe comprend plusieurs personnes autistes, et l'intégration de l'une d'entre elles, Michelle Dawson, représente une réussite particulière. Madame Dawson apporte des contributions importantes à notre compréhension de sa condition autistique par son travail et son jugement. «Michelle a mis au défi ma compréhension scientifique de l'autisme », a expliqué Laurent Mottron. Par exemple, Michelle interprète les forces des autistes comme la manifestation d'une authentique intelligence plutôt que d'une sorte de ''ruse'' cérébrale qui leur permettrait d'effectuer des tâches intelligentes sans les comprendre véritablement. « Je suis surpris que, pendant des décennies, les scientifiques aient évalué l'amplitude du retard mental en se fondant sur des tests inappropriés et sur une mauvaise interprétation des forces des personnes autistes », a-t-il ajouté.

 

« Nous avons inventé un mot pour ça: le normocentrisme, qui signifie l'idée préconçue que ce que vous faites et êtes est, par principe, normal, et que ce que fait ou est une personne autiste est, par principe, anormal», a déclaré le professeur. Il fait remarquer que cette manière de concevoir l'autisme constitue la rhétorique habituelle des collectes de fonds et des attributions de subventions. Elle comporte toutefois un prix à payer à l'égard de la manière dont les personnes autistes sont considérées dans le discours social. « Bien que le financement public et philanthropique soit important pour faire progresser notre compréhension de la condition, il est exceptionnel que qu'il soit utilisés pour travailler vers des objectifs identifiés par la collectivité autiste elle-même », ajoute monsieur Mottron, déplorant le fait que nombre de personnes autistes finissent par occuper des emplois répétitifs et subalternes, malgré leur intelligence et leur aptitude à effectuer des contributions beaucoup plus significatives pour la société. « Michelle Dawson et d'autres personnes autistes m'ont convaincu que, dans plusieurs cas, les autistes ont par-dessus tout besoin d'opportunités, souvent de soutien, mais rarement de traitement», déclare le chercheur. « Il en résulte que mon laboratoire, comme d'autres, croit que l'autisme devrait faire l'objet d'une description et d'une investigation à titre de variante acceptée de l'espèce humaine, pas comme un défaut à supprimer. »

 

Dans son article, Laurent Mottron stipule que la science devrait faire sa part pour redonner aux personnes autistes leur place au sein de la communauté humaine. Il approfondit les habiletés spécifiques de certaines personnes autistes, fournit une gamme d'exemples tirés de la réalité et offre certains renseignements personnels tirés de ses collaborations avec Michelle Dawson.

 

À propos du professeur Laurent Mottron

Laurent Mottron, M. D., Ph. D., est professeur au Département de psychiatrie de l'Université de Montréal et directeur du programme autisme de l'Hôpital Rivière-des-Prairies (Montréal). Il est aussi à l'origine de la création du Centre d'excellence en troubles envahissants du développement de l'Université de Montréal (CETEDUM), branche du CENUM affilié au Centre de recherche Fernand-Seguin.

 

Sur le Web :

Département de psychiatrie, Université de Montréal

Centre d'excellence en troubles envahissants du développement

Centre de recherche Fernand-Seguin

Hôpital Rivière-des-Prairies

 

 

Personne-ressource :

William Raillant-Clark

Attaché de presse international

Université de Montréal

Tél. : 514 343-7593

w.raillant-clark@umontreal.ca

@uMontreal_News

 

Source: http://www.nouvelles.umontreal.ca/recherche/sciences-de-la-sante/20111102-les-scientifiques-doivent-cesser-de-centrer-leurs-travaux-sur-les-deficits-des-autistes.html

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13/11/2011

Autisme : les délires des psychanalystes

À propos du film « Le Mur ou la psychanalyse à l'épreuve de l'autisme »

par Brigitte Axelrad

« La psychanalyse n'est pas une science. Elle n'a pas son statut de science, elle ne peut que l'attendre, l'espérer. C'est un délire - un délire dont on attend qu'il porte une science. On peut attendre longtemps ! Il n'y a pas de progrès, et ce qu'on attend ce n'est pas forcément ce qu'on recueille. C'est un délire scientifique. »

Jacques Lacan, Ornicar ? Bulletin périodique du champ freudien, 1978, 14, p. 9.

« Le point fondamental de mon attitude en tant qu'analyste c'est le fait d'abdiquer l'idée d'une progression »

Un psychanalyste dans « Le Mur ou la psychanalyse à l'épreuve de l'autisme »

 

Dans un reportage de 52 minutes intitulé « Le Mur ou la psychanalyse à l'épreuve de l'autisme » (Océan Invisible Productions) [1], destiné à faire le point sur la conception psychanalytique de l'autisme, Sophie Robert recueille les conceptions de dix pédopsychiatres et psychanalystes [2], dont quelques-uns parmi les plus grands spécialistes français.

Trois des psychanalystes interviewés, appartenant à l'Association de la Cause Freudienne, assignent à présent Sophie Robert en justice et demandent de faire interdire la diffusion du film [3]. Serait-ce qu'ils ne peuvent supporter de se voir à l'écran et de s'entendre sur ce sujet ? Un article paru dans Rue89, le 4 novembre, analyse les termes de l'assignation et met en évidence les manquements à la loi auxquels se sont livrés les plaignants, comme de demander par l'intermédiaire de leur avocat les rushes, ce qui est une « atteinte au secret des sources des journalistes » protégé par la loi du 4 janvier 2010. [4]

Si Jacques Lacan est lucide lorsqu'il affirme que la psychanalyse est un « délire scientifique », comment se fait-il que, 33 ans plus tard, les psychanalystes refusent encore d'abandonner leur vision pseudo-scientifique de l'autisme ? Comment se fait-il qu'ils refusent de reconnaître, avec la communauté scientifique internationale, que l'autisme est un trouble neurologique d'origine probablement génétique, qui entraîne un handicap dans la relation sociale, qu'il y a des autismes et non pas « un » autisme, qu'il faut parler plutôt de « troubles envahissants du développement » et non pas, comme ils le soutiennent, de « psychose », résultant d'une prétendue « toxicité maternelle » et relevant de la psychiatrie ?

Le documentaire de Sophie Robert tente d'apporter quelques éléments de réponse à ces questions en s'appuyant sur le discours des psychanalystes eux-mêmes.

Avant Bruno Bettelheim et sa théorie psychanalytique de l'autisme, Kanner et Asperger s'étaient interrogés sur la possible origine organique de l'autisme.

En 1943, Léo Kanner avait décrit l'autisme comme un trouble affectif de la communication et de la relation n'atteignant pas l'intelligence. Il avait reconnu qu'il s'agissait d'un trouble inné dont les parents ne pouvaient être jugés responsables. En 1944, Hans Asperger, convaincu d'une origine organique de l'autisme, avait émis l'hypothèse que les troubles autistiques sont des « psychopathies » pouvant aller « de la débilité au génie ».

Bruno Bettelheim rompit avec cette conception organique et imposa une conception psychanalytique de l'autisme. Se fondant sur son expérience des camps de concentration, il avait établi une analogie entre les prisonniers des camps et l'enfant autiste. Celui-ci aurait, selon lui, reçu de ses parents, et principalement de sa mère, le message inconscient selon lequel tout le monde se porterait mieux, s'il n'existait pas. En réponse à ce message, l'enfant « choisissait » de s'enfermer dans une « forteresse vide », titre de son ouvrage « La forteresse vide », 1967, consacré à ce problème. [5]

À la fin des années 60, la psychanalyse perd sa suprématie un peu partout dans le monde mais, en France, elle trouve paradoxalement un nouveau souffle sous l'influence d'un psychiatre charismatique, Jacques Lacan.

Les psychanalystes interviewés par Sophie Robert confirment la survivance de cette conception. Répondant à ses questions, ils reprennent en chœur les grands thèmes chers à Bettelheim, Lacan, Klein, Dolto... Ils développent, pour rendre compte des troubles du langage, de la communication et de l'expertise sociale de la personne autiste, les thèmes psychanalytiques de la « mère frigidaire », de la « toxicité maternelle », de la « mère vorace et castratrice » (cf. l'analogie avec le crocodile au début du film qui symbolise le « ventre de la mère », les « dents de la mère ») de la « folie maternelle », de la « mère incestueuse », de la « mère mortifère », etc. La mère est d'après eux toujours « trop » : trop froide, trop chaude, trop vide. Pour résumer, la maternité est psychogène par nature. En face d'elle se dresse « la loi du père » qui lui interdit jouissance et inceste ! Un psychanalyste précise : « La fonction paternelle consiste à intervenir de deux façons, d'une part à dire non à la fusion de la mère et de l'enfant et le père est celui qui interdit la mère. [...] Celui qui interdit la jouissance, c'est-à-dire, qui interdit aussi bien que l'enfant jouisse exclusivement de la mère que le fait que la mère jouisse exclusivement de l'enfant. »

L'autisme et les ravages de la psychanalyse

Les théories psychanalytiques ne sont pas sans conséquence. Cixi, dans son Blog sur Mediapart, parlant des théories psychanalytiques, écrit : « Théories qui ne sont pas sans conséquences. Sûr(e)s de leurs bons droits, avec des poses de résistants à l'envahisseur anglo-saxon et ses théories cognitives comportementales (qu'ils apparentent à du dressage), les voilà qui isolent les enfants autistes de leurs parents, s'opposent à leur socialisation et scolarisation, culpabilisent les parents et instillent le doute d'une potentielle maltraitance de la part des parents et en particulier de la mère. » [1]

Voici ce que dit de son côté le Comité Consultatif National d'Ethique pour les Sciences de la Vie et de la Santé à propos des approches psychanalytiques de prise en charge des enfants autistes (extraits de l'avis n°102, 6 décembre 2007 [2], « Sur la situation en France des personnes, enfants et adultes, atteintes d'autisme » :

Les années 1940-1960 : quand une théorie scientifique qui vise à comprendre la souffrance de l'enfant provoque la souffrance des parents et des enfants.

Le drame de l'autisme représente un exemple particulièrement douloureux des conséquences que peuvent avoir des théories sur les causes d'un handicap ou d'une maladie en termes de souffrance humaine et de respect de la personne. Les théories psychanalytiques de l'autisme - les théories psychodynamiques, dont le concept de « forteresse vide » - proposées durant les années 1950 pour décrire et expliquer le monde intérieur des enfants souffrant d'autisme, ont conduit à une mise en cause du comportement des parents, et en particulier des mères, décrites comme des « mères frigidaires », « mères mortifères » dans le développement du handicap (voir Annexe 3). Considérer la mère comme coupable du handicap de son enfant, couper les liens de l'enfant avec sa mère, attendre que l'enfant exprime un désir de contact avec le thérapeute, alors qu'il a une peur panique de ce qui l'entoure font mesurer la violence qu'a pu avoir une telle attitude, les souffrances qu'elle a pu causer, et l'impasse à laquelle cette théorie a pu conduire en matière d'accompagnement, de traitement et d'insertion sociale.

La révolution des années 1980 : l'émergence du concept de « trouble envahissant du développement ».

L'émergence durant les années 1970 d'une nouvelle conception organique, neurobiologique de l'autisme, considéré comme un « trouble envahissant du développement » a conduit, en particulier dans les pays anglo-saxons et les pays d'Europe du Nord, au développement de méthodes radicalement nouvelles d'accompagnement, d'insertion sociale, de « désinstitutionalisation », et de prise en charge précoce, éducative, psychologique et thérapeutique des enfants dans le cadre d'une participation active des parents et des familles. Elles ont aussi conduit à une attention particulière à la souffrance des familles, et à l'accompagnement des familles, contribuant ainsi à atténuer leur détresse.Depuis les années 1980, la classification internationale des syndromes autistiques comme « troubles envahissants du développement » a conduit à l'abandon de la théorie psychodynamique de l'autisme et de la notion de « psychose autistique » dans la quasi-totalité des pays, à l'exception de la France et de certains pays d'Amérique latine, où la culture psychanalytique exerce une influence particulièrement importante dans la pratique psychiatrique.

[1] « Autisme : quand les psychanalystes font mur ».http://blogs.mediapart.fr/blog/cixi...
[2] Membres du Groupe de travail : Jean-Claude Ameisen (rapporteur), Chantal Deschamps, Claude Kordon, Haïm Korsia, Chantal Lebatard, Philippe Rouvillois.
http://www.legislation-psy. com/IM...

Lorsqu'on leur demande comment ils conçoivent l'attitude psychanalytique auprès de l'enfant autiste dont on sait qu'elle est fondée sur la parole, l'un d'entre eux ne craint pas de dire : « Disons que quand on reçoit un enfant autiste, on pratique une psychanalyse qui est une pure invention. On se trouve en face d'un sujet qui, la plupart du temps, ne dispose pas du langage. ». Un autre : « [...] avec un enfant autiste, j'en fais très peu. Très peu, ça veut dire quoi ? Que je pose mes fesses, que je me mets à côté de lui et j'attends qu'il se passe quelque chose, et j'oublie, j'essaie d'oublier tout. [...] Et quand on les interroge sur les résultats qu'ils attendent de la psychanalyse, l'un répond : « Je ne peux pas répondre à ça. Ce n'est pas une question de psychanalyste, ça ! » Et un autre : « En attendre ? Le plaisir de s'intéresser à une bulle de savon. Je ne peux pas vous répondre autre chose. »

En contrepoint de ce discours psychanalytique, Sophie Robert a interrogé, dans deux vidéos « Bonus », Monica Zilbovicius, psychiatre, directrice de recherches à l'INSERM (Unité INSERM 1000, Hôpital Necker, Paris). Avec une grande sobriété, celle-ci décrit les avancées de la connaissance scientifique dans ce domaine à l'aide des outils tels que les mesures de flux sanguin dans le cerveau, l'« Eye Tracking » ou « tracé du regard » et l'IRM, qui permet de détecter l'anomalie de structure dans le cerveau des enfants autistes dans la région temporale supérieure : le sillon temporal. Elle dit : » Nous sommes donc dans la recherche sur le cerveau. »

Monica Zilbovicius confirme donc que l'autisme n'est pas une psychose, que le tableau de psychose est très spécifique de rupture de la réalité avec des hallucinations et des idées délirantes. Cela, dit-elle, ne concerne pas du tout la problématique de l'autisme.

Dans le film « Le Mur », le discours des psychanalystes s'interrompt par moments pour laisser place aux témoignages de familles touchées par l'autisme de leur enfant, comment elles ont organisé leurs vies pour donner à leur enfant les moyens de progresser grâce aux programmes TEACCH, PECS et ABA, qui s'appuient sur les sciences cognitives et comportementales. Ces programmes ont été mis au point depuis plus de 30 ans aux États-Unis mais sont très peu développés en France, essentiellement à cause du combat que les psychanalystes mènent contre eux. L'un d'entre eux dit : « Dans le monde francophone, l'envahissement par les techniques cognitivo-comportementales est un envahissement nouveau, récent, mais très présent, actuellement. La Psychanalyse se bat contre cet envahissement. »

Les psychanalystes, pour la plupart, refusent de reconnaître l'avancée des connaissances scientifiques sur l'autisme et empêchent les programmes fondés sur les neurosciences de se développer en France.

Les parents d'enfants autistes et les enfants autistes paient lourdement leur obstination.

Le film « Le Mur ou la psychanalyse à l'épreuve de l'autisme » est un bon moyen de faire connaître au grand public les obstacles, « le mur », auxquels se heurtent ceux qui sont concernés par l'autisme. Souhaitons que la plainte de ces trois psychanalystes ne freine pas une nouvelle fois les progrès dans la connaissance de l'autisme et dans le développement des structures nécessaires pour accueillir et socialiser les enfants qui en sont atteints.


[1] Les différentes parties du documentaire réalisé par Sophie Robert, en 2011, pour l'association Autistes sans Frontières : http://www.autistessansfrontieres.com/ sont téléchargeables sur vimeo : http://vimeo.com/28297548

[2] Dr Alexandre Stevens PsyK ECF - Psychiatre en chef de l'institution Le Courtil à Tournai. Prof Pierre Delion PsyK - Chef du service de Pédo-Psychiatrie du CHU de Lille. Dr Geneviève Loison PsyK lacanienne - Pédo-psychiatre référent - Lille. Prof Daniel Widlöcher PsyK - APF - Ancien chef du service de psychiatrie - Hôpital de la Pitié Salpêtrière - Paris. Dr Aldo Naouri Pédiatre - Analyste - Essayiste. Prof Bernard Golse PsyK APF - Chef de service de pédopsychiatrie de l'Hôpital Necker de Paris. Esthela Solano PsyK ECF Psychologue clinicienne. Yann Bogopolsky PsyK Kleinienne. Laurent Danon-Boileau Linguiste MODYCO CNRS PsyK SPP Centre Alfred Binet Paris. Eric Laurent PsyK ECF Enseignant formateur en PsyK.

[3] Rue 89 : http://www.rue89.com/2011/11/04/aut...

[4] http://legifrance.gouv.fr/affichTex...

[5] SPS n° 286, juillet-septembre 2009
L'autisme : un pas de plus vers sa connaissance (1)
L'autisme : un pas de plus vers sa connaissance (2)

Observatoire zététique, 7 avril 2009, http://www.zetetique.fr/index.php/d...

 

 

 

SOURCE: http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1744

 

 

21:52 Publié dans Autisme - alors ça bouge ou pas ? | Lien permanent | Commentaires (16) | |  Facebook | | | Pin it! |

11/11/2011

Les autistes auraient des neurones en plus

D'après une étude neuro-anatomique publiée dans le Journal of the Medical Association (JAMA) les enfants atteints d'autisme auraient le cerveau plus lourd que les autres enfants.

Une nouvelle découverte

En effet, des chercheurs ont conclu que les enfants autistes ont 67% de neurones en plus logés dans le cortex préfrontale. Cette région du cerveau est celle qui "gère" les diverses fonctions cognitives supérieures telles que la communication, le comportement social, l'humeur et l'attention (fonctions déficitaires chez les enfants autistes).

Cette étude suggère aussi différentes causes prénatales de l'autisme en montrant que des problèmes de croissance du cerveau, intervenant avant la naissance, pourraient expliquer le développement de ce syndrome aux origines inconnues. Ces travaux semblent confirmer les observations qui avaient été étudiés il y a un peu plus de 10 ans, révélant une croissance excessive du cerveau chez les enfants autistes.

A l'aide d'un système informatisé d'analyse des tissus, le Pr. Eric Courchesne, du Centre d'excellence de l'autisme de l'Université de San Diego (E-U), a lui-même effectué le dénombrement post-mortem des cellules présentent dans le cortex préfrontal du cerveau de 7 garçons atteints d'autisme et 6 autres au développement normal, tous agés de 2 à 16 ans.

Le résultat :
Les enfants atteints d'autisme ont 67% de neurones en plus dans le cortex préfrontal et donc un cerveau plus lourd que celui des autres enfants de leur âge. Ce qui représente en moyenne 1.94 milliards de neurones pour les autistes contre 1.16 milliards chez les enfants à développement normal.

Si les recherches donnent aujourd'hui la possibilité de connaître les causes prénatales de l'autisme, elles pourraient également avoir un impact important sur la compréhension de la maladie et peut-être prochainement sur le développement des traitements.

 

 

Source: http://sante-az.aufeminin.com/w/sante/n84879/news/les-aut...

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07/10/2011

Comme quoi on se pose tous les mêmes questions...

Quelles thérapies pour l’autisme ?

La Haute Autorité de Santé vient de clore une consultation publique portant sur la version provisoire des futures recommandations de bonnes pratiques de prise en charge de l'autisme. En complément, elle a publié également une version provisoire d'un argumentaire détaillé qui comporte une revue exhaustive de la littérature scientifique récente sur ce sujet, utilisée pour élaborer ce projet de recommandations.

 
Ce document doit encore être finalisé, selon les remarques faites au cours de la consultation publique ; on espère le document définitif au cours du premier semestre 2012.
 
Une bonne surprise à la lecture du document provisoire, c'est qu'enfin, on reconnaît l'importance d'une intervention éducative précoce et intensive, utilisant une approche cognitivo-comportementale de type TEACCH ou ABA. Il s'agit d'une revendication de longue date des associations de parents, qui se heurte toujours aujourd'hui à un blocage institutionnel lié à la prédominance de la vision psychanalytique obsolète de l'autisme dans nos institutions de prise en charge (hopitaux de jour, instituts médico-éducatifs, CMP, Sessad...). Dans ces recommandations provisoires, il est clairement recommandé : « Mise en oeuvre dans les 3 mois qui suivent le diagnostic de TED d’interventions individualisées, précoces, globales et coordonnées, débutées avant 4 ans, qu’il y ait ou non retard mental associé, selon une approche comportementale ou développementale de type ABA, modèle de Denver ou TEACCH ou selon une prise en charge intégrative, dont la thérapie d’échange et de développement ».
 
On y trouve aussi : « équipes formées et supervisées, taux d’encadrement d’un adulte pour un enfant, rythme hebdomadaire d’au moins 20-25 heures par semaine scolarisation comprise, fondées sur des objectifs fonctionnels à court terme, ajustés au cours d’échanges entre la famille, les professionnels qui mettent en oeuvre les interventions et ceux qui en assurent la supervision, visant au minimum l’imitation, le langage, la communication, le jeu, les capacités d’interactions sociales, l’organisation motrice et la planification des actions et les capacités adaptatives des comportements dans la vie quotidienne ».
 
Enfin, donc, on trouve noir sur blanc qu'il est recommandé pour aider les autistes des prises en charge avant tout éducatives, visant à leur apprendre les compétences qu'ils n'ont pas acquis naturellement comme les enfants neurotypiques. Enfin, aussi, on y recommande un volume hebdomadaire minimum de 20 à 25 heures scolarisation comprise, ce qui devrait éviter les sempiternels débats avec l'école ou la MDPH, qui sous prétexte de compassion, limitent au minimum les heures de scolarisation en incitant perpétuellement les parents à ne pas « sur-stimuler ces pauvres enfants ». Au contraire, les autistes sont des enfants qui se noient et qu'il faut aider à sortir la tête de l'eau afin qu'ils apprennent à nager – les laisser couler à cause d’une compassion déplacée serait le pire service à leur rendre.
 
L'argumentaire détaillé, même s'il est très épais et fastidieux à lire, démontre s'il en était besoin l'abondance d'études scientifiques sérieuses qui démontrent l'efficacité des prises en charge éducatives de type comportemental (ABA) et cognitif (TEACCH). Les détracteurs de ces approches ne pourront plus prétendre qu'on ne sait rien, que rien n'est prouvé – c'est faux, on sait très bien, et depuis longtemps, ce qui marche ou non, ce qui aide les autistes ou non.
 
Les parents et leurs associations auraient donc tout lieu de se réjouir de ce projet de recommandations qui a mis si longtemps à voir le jour ; rappelons qu'il devait être publié au début du Plan Autisme 2008-2010, il a donc environ 3 ans de retard ! Mais ce retard est imputable aux impitoyables actions de blocage menées en coulisse par les tenants de l'approche psychanalytique de l'autisme, qui ont beaucoup à perdre à la sortie de ce document. Donc mieux vaut tard que jamais...
 
Cependant, une lecture plus attentive amène certaines interrogations inquiétantes. En effet, le processus de production de ce document repose sur le « consensus formalisé », c'est à dire que pour que sorte une recommandation, suffisamment de personnes parmi celles ayant participé à l'élaboration du document doivent y trouver leur compte. Il s'agit d'une méthode utilisée par la HAS pour tenter de surmonter les divergences de vues irréconciliables entre psychanalystes, cognitivistes et familles ; mais cette méthode a ses effets pervers, comme on va le voir.
 
Reprenons la recommandation citée au début de cet article ; la fin est importante : « ...ou selon une prise en charge intégrative, dont la thérapie d’échange et de développement ». La « Thérapie Echange Développement » est une prise en charge qui ressemble un peu à du TEACCH qui serait axé principalement sur le jeu. Sa définition est : « La thérapie d’échange et de développement est décrite comme une psychothérapie centrée sur l’échange et le développement cognitif, affectif et émotionnel. Prototype des interventions précoces, la thérapie d’échange et de développement est un soin individuel réalisé sous la conduite d'un thérapeute spécialisé, qui permet à l'enfant de développer ainsi ses capacités de contact avec autrui, d'interaction et d'adaptation à l'environnement ». Elle a été mise au point au CHU de Tours par l'équipe du Pr Lelord, aujourd'hui dirigée par le Pr Catherine Barthélémy, par ailleurs présidente du comité de pilotage d'élaboration de ces recommandations. On comprend donc qu'elle soit recommandée, compte tenu de sa similitude avec les prises en charge éducatives validées par les études scientifiques de l'argumentaire.
 
 Mais que signifie donc « prise en charge intégrative » ? Pour cela, il va falloir nous plonger dans l'argumentaire détaillé. La page 83 donne comme définition : « Les prises en charge intégratives font l’objet d’une section distincte en raison de leur éclectisme. Elles empruntent leurs moyens à différents courants théoriques et adaptent leur utilisation au contexte de l’enfant, aux souhaits de sa famille et aux ressources des professionnels de différentes disciplines. Les interventions proposées dans le cadre de ces programmes sont multiples et variables. » Que faut-il en comprendre ? La phrase clé est « elles empruntent leurs moyens aux différents courants théoriques ». En effet, on constate depuis quelques années que le discours des professionnels de la mouvance psychanalytique a évolué en apparence, prônant une « synthèse » ou une « intégration harmonieuse » des « différents courants théoriques » de façon à répondre aux besoins de la personne autiste dans les différents domaines « éducatifs et thérapeutiques ». L'idée serait donc de mélanger par exemple du TEACCH et de l'ABA avec des prises en charge psychanalytiques, sans a priori, au bénéfice de l'enfant. Ce discours est évidemment très séduisant, tout d'abord pour les parents, perdus dans les querelles théoriques entre spécialistes, mais aussi et surtout pour les décideurs politiques chargés de distribuer les financements et encore plus perdus que les parents. Ces prises en charge dites « intégratives » parviendraient donc à réconcilier des spécialités qui s'opposaient jusqu'à présent.
 
D'un point de vue théorique, cela paraît bien hardi. Comment réconcilier en effet l'approche cognitivo-comportementale avec l'approche psychanalytique ? La première considère l'autisme comme un cumul de déficiences qu'il s'agit d'aider l'enfant à surmonter à l'aide d'une prise en charge éducative précoce et intensive, le plus tôt possible et le plus rapidement possible pour tirer avantage de la plasticité cérébrale chez le jeune enfant (d'où les 20 à 25h par semaine préconisées par le projet de recommandations). L'approche cognitivo-comportementale considère aussi qu'une grande partie des angoisses de la personne autiste vont disparaître à mesure que ses facultés de communication et sa compréhension de son environnement s'améliorent. A l'inverse, l'approche psychanalytique considère les angoisses comme la cause première des difficultés de la personne autiste et s'attachent donc à les diminuer, considérant qu'elle ne sera pas « psychiquement prête » pour de l'éducatif tant que les angoisses sont trop présentes. De plus, les tenants de cette approche ne cessent de recommander de ne pas « sur-stimuler » les enfants, préférant attendre « l'émergence du désir de communiquer » - en gros, l'autiste finira par parler quand il en aura l'envie... On ne peut donc échapper à un certain scepticisme quand à la faisabilité réelle d'une telle « intégration » des courants théoriques.
 
 Mais qu'en est-il, d'un point de vue pratique ? Quels sont les résultats obtenus par ces approches, qui sont uniquement mises en oeuvre dans les hôpitaux de jour français, par des psychiatres psychanalystes ? Le même argumentaire donne des réponses (pages 155-156) à cette question. On est d'abord frappé par la pauvreté de la littérature scientifique sur ces méthodes, alors que les hôpitaux de jour existent depuis des décennies : une seule étude réellement utilisable, publiée en 2007. Quels sont ses résultats ? « après 3 ans de prise en charge en service de pédopsychiatrie, l’échantillon d’enfants montre une augmentation du retard de développement d’autonomie de vie quotidienne et du développement de la cognition relative à la personne. En contraste, le rythme de développement de la communication et socialisation et de la cognition relative aux objets demeure stable bien que retardé. » Ce qui veut dire que, en moyenne, les compétences des enfants autistes pris en charge de cette manière, au mieux stagnent, au pire se dégradent.
 
Si le même document note que quelques établissements de ce type proposent néanmoins des prises en charge jugées de bonne qualité (intégrant des éléments éducatifs, comportementaux, et une intensivité suffisante), la plupart de ces prises en charge sont trop « éclectiques » et trop peu intensives pour pouvoir être réellement efficaces : « certaines d’entre elles s’apparentent alors à une juxtaposition de pratiques éducatives et de rééducations peu fréquentes mises en oeuvre avec des techniques très hétérogènes, ce qui n’est pas souhaitable pour l’enfant/adolescent autiste ».
 
Finalement, ces prises en charge dites « intégratives » font plus penser à un vaste fourre-tout dans lequel on trouve fréquemment le pire, rarement le meilleur, compte tenu des résultats disponibles. Pour beaucoup d'associations de parents, il s'agirait donc d'une sorte d'alibi servant à dissimuler, sous une couche peu épaisse « d'éducatif », une poursuite des pratiques psychanalytiques obsolètes et inutiles qui sont la règle dans 80% des hôpitaux de jour et IME accueillant des autistes. L'exception la plus notable étant l'hôpital de Tours où la Thérapie Echange Développement a été mise au point.
 
On voit donc maintenant plus clairement le danger du libellé de ces recommandations provisoires : en amalgamant la Thérapie Echange Développement aux pratiques inefficaces des hôpitaux de jour à dominante psychanalytique, sous une appellation consensuelle de « prise en charge intégrative », ce projet permettrait que la vie continue comme avant et que surtout, surtout rien ne change. Les quelques parents motivés et pugnaces qui se battent dans leur coin pour aider leur enfant en mettant sur pied de l'ABA ou du TEACCH avec quelques uns des rares professionnels disponibles, le plus souvent en payant de leur poche la majorité des coûts, pourraient continuer (tant que leur santé n'y aura pas été usée). Les autres, la majorité, faisant confiance au « docteur en blouse blanche », mettront leur enfant à l'hôpital de jour le plus proche, pensant sincèrement qu'on y fait du bon travail, évidemment, puisqu'il suffit de coller quelques pictogrammes sur les portes pour pouvoir dire que la prise en charge y est magiquement devenue « intégrative » !
 
Heureusement, ces recommandations, issues de plusieurs mois de tractations entre professionnels et associations, ont été comme prévu soumise à une « large consultation de tous les acteurs concernés ». Les associations de parents ont ainsi pu faire entendre leurs voix, et cette tentative d'escroquerie manifeste a été décelée et largement dénoncée par la plupart des représentants du monde associatif (dont le collectif Egalited). L'incohérence entre l'argumentaire, qui conclut au manque de données permettant de justifier ces prises en charge intégratives, et le projet de recommandations, qui les met en avant au même titre que l'ABA ou le TEACCH, est manifeste, et a été signalé à la Haute Autorité de Santé au cours de cette consultation.
 
Ces remarques, venues de tous horizons, sont aujourd'hui en cours d'examen par le groupe de pilotage de la HAS et de l'ANESM qui a la charge de publier ces recommandations. La version finale est prévue début 2012 ; espérons que le bon sens, l’honnêteté intellectuelle et la rigueur scientifique finissent par prévaloir et qu'enfin les parents d'enfants autistes puissent disposer d'une base fiable sur laquelle fonder leurs choix pour leur enfant, au niveau des documents équivalents disponibles dans les autres pays. Ce n’est qu’à cette condition que la situation pourra enfin évoluer favorablement pour les autistes français et leurs familles et que la France pourra enfin sortir par le haut de 50 ans de misérabilisme.

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04/10/2011

Autisme : découverte d'un mécanisme génétique potentiellement responsable

Info rédaction, publiée le 04 octobre 2011
 

Selon une étude publiée hier, des chercheurs américains sont parvenus à identifier un mécanisme génétique qui pourrait expliquer l'autisme.

C’est en manipulant génétiquement des souris présentant des symptômes similaires à ceux d’enfant autistes que des chercheurs américains ont découvert un mécanisme génétique dans ce trouble. En effet, d’après l’étude publiée hier dans les Annales de l'Académie nationale américaine des sciences (PNAS), le fait d’hériter d'un nombre de copies moindre de certains gènes se traduirait par des symptômes ressemblant à ceux provoqués par l'autisme chez les enfants.

Depuis 2007, et grâce au Professeur Michael Wigler du Cold Spring Harbor Laboratory (CSHL), on sait que certains enfants autistes ont une petite partie de certains gènes sur le chromosome 16 qui sont effacés. Cette partie affecte 27 gènes dans une région du génome appelée 16p11.2, rapporte romandie.com. Ainsi, comme l’explique Alea Mills, professeur au CSHL et auteur principal de l’étude, "nous avions ainsi les outils pour voir si des changements dans le nombre de copies de gènes trouvés chez des enfants autistes provoquaient les symptômes".

Des symptômes semblables

C’est donc en créant un modèle animal avec des souris rendues autistes avec une technique, dite d'ingénierie du chromosome, que les scientifiques ont démontré que le fait d'hériter d'un moins grand nombre de copies de ces gènes produit des symptômes ressemblant à ceux de l'autisme chez les enfants.
Les souris génétiquement manipulées pour créer la même anomalie dans la partie du chromosome 16p11.2 (c'est-à-dire l’effacement de certaines parties du gène) ont montré une variété de comportements ressemblant cliniquement à l'autisme chez les humains : hyperactivité, difficultés d'adaptation à un nouvel environnement, déficits de sommeil et comportements répétitifs.

Bien que certaines variations génétiques avaient déjà été identifiées chez des enfants autistes, c'est la première fois qu'un lien aussi direct est établi. La découverte fournit ainsi de nouvelles informations précieuses sur ce trouble du développement encore mal compris.

 

Source:http://www.maxisciences.com/autisme/autisme-decouverte-d-039-un-mecanisme-genetique-potentiellement-responsable_art17446.html

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AUTISME: ÉDUQUER POUR TRAITER

Le 14 septembre 2011 paraisait dans le "Courrier" un article reportant les propos du psychanalyste Prof. Caretto qui traitait l'autisme de "cerceuil enfermé". L'association a réagi à ces propos touchant à la dignité des personnes avec autisme  en demandant un droit de réponse. La rédaction du Courrier a retenu notre demande légitime et nous a donné une page dans la rubrique Contrechamp. Voici notre réponse publiée dans l'édition d'hier (lundi 3 octobre). Nous remercions au passage le Courrier pour son sens de l'équité.
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SANTE • Autisme Genève, qui accompagne les personnes avec autisme et leurs proches, mise sur le traitement par l’éducation. L’association réagit aux propos du Pr Sergio Caretto, tenant d’une approche psychanalytique de l’autisme, parus dans notre édition du 14 septembre.

aut_103.jpgL’autisme est un trouble sévère et précoce du développement, d’origine neurobiologique. Il se manifeste avant l’âge de trois ans. Les signes varient considérablement d’une personne à l’autre, c’est pourquoi on parle aussi de Troubles du spectre autistique (TSA) ou de Troubles envahissants du développement (TED). Les symptômes s’étendent sur un continuum, les personnes pouvant présenter tant une intelligence normale qu’un profond retard mental. Les points communs de ces troubles sont des altérations des interactions sociales, de la communication et la présence d’intérêts restreints. Cette définition, qui se base sur la Classification internationale des maladies de l’OMS, la CIM10, n’est à l’heure actuelle pas toujours adoptée par la psychiatrie psychanalytique, qui associe l’autisme à la psychose et le considère, à tort, comme un trouble relationnel.

Acquérir des compétences


Sur le plan international, il est admis qu’une intervention précoce et intensive facilite un développement plus harmonieux de l’enfant, l’acquisition de compétences lui permettant de mieux s’inscrire dans l’échange et les apprentissages. Ceci demande qu’un diagnostic soit posé le plus tôt possible (avant l’âge de dix-huit mois) et qu’un accompagnement spécialisé soit mis en place. Les TSA ne sont pas un problème anodin, puisqu’ils concernent 1 personne sur 110, dont 30 à 50% n’ont aucune déficience intellectuelle.
Une intervention spécifique doit comporter certains ingrédients indispensables 1:
• Le seul traitement efficace ayant fait ses preuves dans l’autisme est l’éducation;
• Les approches les plus bénéfiques sont celles qui impliquent les parents;
• Les professionnels doivent être formés aux connaissances actuelles;
• L’intervention est efficace si elle se base sur une évaluation cognitive et sensorielle permettant une individualisation des stratégies éducatives.
Aujourd’hui, un diagnostic précoce basé sur des outils reconnus reste rare en Suisse romande. Si certains professionnels se spécialisent de plus en plus aux approches reconnues sur le plan international, nous en manquons encore cruellement qui soient formés spécifiquement à l’autisme. Même si des établissements commencent à prendre en compte les particularités des personnes avec autisme dans leur comportement et leurs capacités, nombreuses sont celles qui ne bénéficient pas encore d'un accompagnement adapté.

 

«L’autisme n’est pas un cercueil fermé»

 

aut_129.jpgSur le plan émotionnel, il est évident que pour toute personne avec autisme et pour son entourage, l’image du «cercueil fermé» employée par le professeur Sergio Caretto1 pour décrire l’autisme est choquante. Dire que c’est l’autisme qui est un cercueil fermé, et non l’autiste, ne change rien à l’affaire. Et –tout bien réfléchi– qu’est ce que cela signifie? C’est une formule assez incompréhensible, qui semble se référer à l’immobilisme et à la mort. Les personnes avec autisme ne se réduisent pas à leurs particularités et ne vivent pas «emmurées», loin de là. Elles sont souvent joyeuses et dotées d’humour, cherchent la proximité de l’autre et progressent régulièrement. Nous n’arrivons pas à repérer les bases méthodologiques du travail de M.Caretto. Affirmer le bien-fondé d’une intervention, c’est pouvoir en citer des résultats qui vont au-delà de l’anecdote ou de l’étude de cas et qui détaillent le point de départ, l’ensemble des interventions et le point d’arrivée. Ceci en faisant la part des choses, c’est-à-dire en essayant de mettre en évidence quelles interventions ont été les plus bénéfiques (logopédie, ergothérapie, psychothérapie, scolarisation, participation des parents, etc.) La littérature évaluant le travail psychanalytique auprès des personnes avec autisme est bien pauvre à ce sujet, et il est probable que les conclusions du rapport de Baghdadli et al. (2007) qui recense les pratiques de prise en charge et le niveau de preuve de leur efficacité, soient encore d’actualité: «… il n’existe pas d’études sur les effets des thérapies à référence psychanalytique, ce qui nous amène à dire qu’il n’existe pas de preuve de leur efficacité»2

Certains énoncés dans l’interview de M.Caretto semblent tomber droit du ciel. L’autisme serait, selon lui, «une réponse possible, entre autre, à l’incidence certainement traumatisante du langage sur l’être humain». Où sont les éléments qui étayent une telle supposition? M.Caretto continue en laissant entendre que l’autisme ne serait ni un déficit, ni un handicap –ces propos feraient sûrement plaisir aux assurances-maladie et à l’assurance-invalidité! Malheureusement un grand nombre des personnes avec autisme ne pourront pas mener une vie indépendante et devront vivre en institution dès lors que leurs parents ne pourront plus s’occuper d’elles. L’évacuation d’une réflexion sur l’origine du trouble est un peu rapide (citons l’article: «L’objet de la psychanalyse n’est pas l’origine des symptômes, mais plutôt de faire découvrir au sujet une vérité qui le concerne»). Comment aider une personne avec autisme à évoluer si on ne cherche pas à comprendre le problème dans son ensemble? A l’hypothèse de «l’incidence traumatisante du langage sur l’être humain», on peut opposer l’hypothèse bien étayée d’une impossibilité pour la personne avec autisme de décoder et réagir correctement à son environnement à cause d’un développement atypique de son cerveau (confirmé par l’imagerie cérébrale). Cette dernière hypothèse est beaucoup plus riche, car elle ouvre des pistes d’intervention très concrètes favorisant notamment le développement de la communication et des interactions sociales. Ainsi, grâce à une prise en charge éducative, «l’incidence traumatisante du langage sur la personne autiste» diminue nettement! M-J.A. et J.E.P.

 

 

Le droit à une éducation spécifique

 

Autisme Genève (anciennement TED-autisme Genève) est ouverte aux parents et aux professionnels. Nous œuvrons sur trois axes:

1. L’accueil et l’écoute des parents et des professionnels. Notre but est de défendre les droits des personnes avec autisme et de leurs familles, en premier lieu le droit à une éducation spécifique. Pour ce faire, tous les enfants devraient bénéficier d’évaluations spécifiques avec à la clé un projet éducatif individualisé (PEI) écrit et élaboré avec les parents. L’association est aussi à l’écoute des professionnels qui sont surtout en quête de formations spécifiques, quasi inexistantes à Genève.

2. L’élaboration de projets. Sur la base des besoins recensés, l’association a mis en place de nombreux services qu’elle finance. L’accès par tous aux projets est en effet la philosophie de base de l’association. Ainsi, nous avons créé des cours de sensibilisation à l’autisme, un centre de loisirs et des groupes de compétences sociales. Par ailleurs nous avons sollicité des entités publiques pour qu’elles soient plus à l’écoute des besoins des familles. L’Office médico-pédagogique (OMP) dépendant du Département de l’instruction publique a été réceptif à notre démarche. Nous avons ainsi financé pour les deux premières années un centre de diagnostic situé à l’OMP, dont le besoin est indéniable puisqu’il y a actuellement une liste d’attente de plusieurs mois. Nous avons également financé la formation aux approches éducatives structurées de quatre institutions sur la cinquantaine que compte l’OMP. C’est peu, mais c’est un début pour offrir aux familles qui habitent Genève la possibilité de choisir l’orientation psycho-pédagogique qu’elles veulent pour leur enfant. L’association souhaite avant tout la création d’alternatives à l’approche psycho-dynamique jusqu’à présent prônée de façon majoritaire.

3. La communication. Nous organisons des stands, des colloques réunissant des spécialistes au niveau national et international, ou encore des journées de débats et d’informations, comme celle du 26 novembre prochain (lire ci-dessous).

L’association assume l’ensemble de ces responsabilités de façon bénévole. Elle espère un jour être entendue dans sa demande, sans que cette dernière soit soumise à des conditions particulières, de recevoir des subventions publiques à la hauteur du travail fourni tous les jours par des parents qui sont déjà confrontés à un quotidien très difficile. Autisme Genève a indéniablement apporté en quelques années des réponses que de nombreuses familles et professionnels attendaient depuis des décennies. Il reste encore un long chemin à parcourir. L’association espère que les décideurs politiques élaboreront un vrai «plan autisme», comme cela se fait ailleurs, et prendront ainsi la mesure de toutes les actions qu’il reste encore à mener, surtout dans le domaine clé de la formation. M-J.A. et J.E.P.

 

26 NOVEMBRE


De l’enfance à l’âge adulte, que propose Genève?

Dans une volonté de dialogue et de confron-tation des voix divergentes qui s’élèvent ac-tuellement à Genève au niveau de l’accompagnement des personnes avec au-tisme, Autisme Genève organise le 26 no-vembre 2011 une Journée, ouverte à tous. Il s’agit d’une première, puisque tous les res-ponsables d’entités publiques genevoises s’occupant de personnes avec autisme se-ront présents pour exposer leur théorie et leur pratique. La journée sera ponctuée de deux débats. Une adresse e-mail (debat@autisme-ge.ch) est ouverte pour recueil-lir les questions des parents, professionnels ou simplement curieux. Informations et ins-criptions à la journée du 26 novembre: www.autisme-ge.ch

 

 Marie-Jeanne Accietto *; Julia Erskine Poget **

* Présidente d’Autisme Genève.
** Psychologue FSP.

1 «Guide des bonnes pratiques dans le traitement des troubles du spectre autistique». Revista de Neurologia, 2006, 43(7).

2  «L’autisme, ce ‘cercueil fermé’», Le Courrier, 14 septembre 2011. 2 Baghdadli, A., Noyer, M., & Aussilloux, C. (2007) p. 260. Interventions éducatives, pédagogiques et thérapeutiques proposées dans l’autisme. Paris, DGAS.

Source: http://www.lecourrier.ch/autisme_eduquer_pour_traiter

 

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30/09/2011

Psychanalystes versus tous les autres: qui a raison?

On dit souvent que l’autisme déchaîne les passions entre une vision psychanalytique et une vision neuro-développementale. C’est tout à fait vrai. Il suffit de mettre quelques mots clés dans un moteur de recherche quelconque pour aboutir à des kilomètres de mots, de part et d’autre très invectifs sur la question. Les premiers traitant les autres je cite « de fous ou stupides », les autres traitant les psy de vieux shnocks surannés (n’ayant pas de citation directe, je résume l’état d’esprit).

C’est d’ailleurs assez amusant (en somme modus dicendi) de lire les uns et les autres défendre leurs positions respectives, chacun affirmant haut et fort détenir une vérité très scientifique. Il faut ajouter le « très », cela fait bien plus sérieux.

 

 

Mais quelqu’un sait-il poser la question de savoir au fond où toutes ces passions se déchaînaient ? Non, parce que – en général – lorsqu’on dit « détenir une vérité très scientifique », cette dernière rencontre un certain consensus au niveau international. Êtes-vous d’accord avec ce raisonnement ?

 

Or, force est de constater que la majorité des études scientifiques, publiées ces vingt dernières année, au niveau international, invalide la thèse des schnocks et donne raison aux fous et stupides. Le débat passionné se réduit, tout d’un coup,  à la seule aire géographique francophone européenne. Cela limite tout de même un peu les enjeux…j’entends les enjeux scientifiques. Parce que en ce qui concerne les enjeux de vie touchant les personnes avec autisme et leurs familles qui malencontreusement habitent dans la zone francophone européenne, ils sont –par la force des choses – d’une autre nature. Dans nos contrées, les familles –secondées fort heureusement par de nombreux professionnels- doivent encore se battre pour créer ne serait-ce qu’une alternative à la vision très absolutiste des défenseurs de Freud et confrère Lacan.

 

Pour défendre leurs positions, ces derniers accusent les autres d’être des « matérialistes », de réduire le fait psychique à un fonctionnement que neuronal et d’être à la solde, en vérité, « d’un marché du psychotrope » (je cite). Ces accusations sont graves et infondées.

 

Les psychanalystes pensent que la personne avec autisme a  un fonctionnement subjectif spécifique et ils montent en épingle cette idée en affirmant qu’elle est opposée à la vision de leurs adversaires déclarés. Mais problème : leurs supposés adversaires disent exactement la même chose. Zut alors !

 

Le problème n’est pas dans cette reconnaissance d’un fonctionnement subjectif spécifique, ce que les fous/stupides formuleraient plutôt comme une « manière différente de traiter l’information ». Une fois ce constat au fond très banal posé le vrai problème est de savoir COMMENT on va aider les enfants dans leur progression.

 

C’est -aujourd’hui- dans le COMMENT que réside la vraie opposition entre les psychanalystes et les psychopédagogues ( nommés -de manière un peu réductrice- « les tout biologiques » par les psychanalystes).

 

Les psychanalystes accusent encore les autorités politiques de donner trop de crédit au concept « contemporain » d’autisme (comme si c’était une insulte d’être à jour sur les connaissances scientifiques contemporaines), concept je cite « forgé sur Internet par les tenants du « tout biologique », relayé par certaines associations de parents d’autistes ». Il faudrait peut-être conseiller aux psychanalystes de lire autre chose que des textes publiés sur Internet et de s’abonner par exemple à des revues scientifiques reconnues internationalement. Ils accusent encore les autorités publiques de reconnaître l’autisme comme un « handicap » et non un « fonctionnement subjectif spécifique », cette dernière idée justifiant leur pratique professionnelle d’« autoréparation de l’existence ».

 

Là encore ces assertions non aucun sens ! Comment peut-on nier que l’autisme soit un handicap lorsqu’on sait que beaucoup de nos enfants ne seront pas totalement autonome à l’âge adulte ? Et si on se permet de formuler cette vérité, communément admise, vous avez des psychanalystes qui s’insurgent et viennent vous culpabiliser en disant que –dans la perspective du handicap-  « le sujet autiste perd toute subjectivité pour devenir l’objet du discours médical et de l’orthopédie des comportements » et que si les familles acceptent l’idée du handicap c’est parce qu’elles ne peuvent « concevoir de conférer un statut à leurs enfants qu’en tant que c’est leur corps qui est malade, les enfermant ainsi dans une perspective sans espoir » !!!!! Merci, sympa les gars !!!

 

Toujours aux dires des psychanalystes si les familles reconnaissent le handicap de leur enfant et essayent de l’aider par le biais de moyens éducatifs (pour rappel employés partout ailleurs sauf dans la zone francophone européenne…) elles le considèrent d’emblée comme « incurable» ?? alors que – je cite- « la psychanalyse ne promet certes pas de guérison, mais donne légitimement à croire que des améliorations sont possibles où quelque chose du sujet pourrait advenir ». Ouhaooo ça c’est de la précision scientifique….Comprenne qui voudra….

 

 

Aujourd’hui, comme le démontre l’article (Hégémonie du modèle de l’autisme : carrefour éistémologique entre médecine, familles et politique) récemment publié dans la Revue suisse médicale par les Prof. Halfon et Guex, qui travaillent au Département de psychiatrie du CHUV de Lausanne, la vraie opposition entre les deux visions de l’autisme (psychanalyste et « biologiste ») n’est plus centrée sur les questions d’étiologies ou sur l’acceptation que les TSA sont bien un problème d’ordre neuro-développemental !  Il faut dire que la position défendue ardemment par les psychanalystes du tout « subjectif » n’était plus tenable et défendable sur un plan scientifique. Il reste encore des oppositions sémantiques entre les deux tendances, les psychanalystes s’accrochant encore aux lemmes -qui ne sont plus du tout employés, sur le plan diagnostique, ailleurs- de « troubles psychotiques de dysharmonie psychotique, de prépsychose de l’enfant ».  C’est là aussi, je pense, une question de temps pour que ce vocabulaire disparaisse en relation aux TSA et aussi de clarifier exactement de quoi on parle…

 

Le vrai problème qui oppose les deux visions est situé au NIVEAU DE LA PRISE EN CHARGE !!!!! La théorie est une chose, la pratique une autre !  Il est certes très intéressant de voir se rapprocher la psychanalyse de la neurologie et c’est aussi – au passage - amusant de voir comment le « subjectif » veuille composer désormais avec le diablotin « biologique » ;-)  L’idée de la plasticité cérébrale est indiscutable et vérifiable tant sur le plan subjectif que biologique ! Tout va bien.

 

Par contre, c’est dans la manière de comprendre cette plasticité cérébrale et d’y « travailler » que les voix entre les deux visions sont fondamentalement et structurellement divergentes.

 

Encore une fois il faut se référer aux résultats menés au niveau international. Ces derniers sont clairs : l’approche éducative est celle qui le mieux et le plus a permis de faire progresser les enfants avec autisme quel que soit leur « degré » d’autisme ! 

 

M. Halfon et M. Guex disent -dans leur article- qu’il « manque des évidences scientifiques pour prioriser telle approche plutôt qu’une autre » et que la psychanalyse -d’une certaine manière- n’aurait pas pu démontrer l’efficacité de son approche parce que les financements ont été consacrés « à  soutenir la recherche clinique, mais encore peu celle  en thérapie et santé publique ! » C’est un comble d’écrire ces contre-vérités :

 

1.     il suffit de lire les revues scientifiques internationales pour connaître les résultats des approches éducatives

2.     l’approche psychanalytique est en vigueur depuis une quarantaine d’années en Romandie et encore majoritaire aujourd’hui. 40 ans n’ont pas suffi à démontrer scientifiquement la valeur de cette approche ????? Je suis inquiète…Ils ne s’en soucient que maintenant, pourquoi ? Je suis encore plus inquiète….

3.     l’approche psychanalytique est remboursée par les assurances alors que si l’on veut offrir à son enfant une approche éducative cognitivo-comportementale (je résume) elle est -dans la majorité des cas- à la charge EXCLUSIVE des familles !!!!!

 

Encore une fois, le débat existe et il ne doit pas être évincé ni soumis à des fausses assertions : l’approche psychanalytique a eu le temps et l’argent pour démontrer sa pratique.

 

Elle est encore en vigueur dans nos contrées, pour des raisons historiques, ailleurs on fait -depuis longtemps- autrement, y compris dans les filières académiques.

 

Le débat doit être posé, puisqu’il doit l’être ici, sur les résultats, fruits de deux approches conceptuellement différentes :

 

·       Y a-t-il des études  pour étayer des résultats ?

·       qui a posé le diagnostic des enfants sur lesquels on élabore une étude ? (Est-on sûr du diagnostic déjà…)

·       quels sont été les critères retenus pour cette étude ?

·       Ces derniers sont-ils auto-référencés ou pas ?

·       Ou ont-ils été soumis à des organes de contrôle indépendants ?

·       Ont-ils été soumis à des critères internationaux pour établir des comparatifs ?

·       Sur quelle échelle ces résultats ont été établis ?

·       Etc.

 

 

La culture des résultats n’enferme pas le débat, contrairement à ce que pensent les psychanalystes, il l’ouvre sur des bases vérifiables…

 

Le vrai enjeu se situe ici, pas ailleurs.

 

Le 26 novembre à l’occasion de notre Journée-débats nous ne souhaitions pas parler des consensus (étiologie, diagnostic et prise en charge précoce que tout le monde désormais reconnaît comme nécessaire), mais des DIVERGENCES qui, elles, se situent au niveau de la PRISE EN CHARGE !

 

Alors, approches éducatives (Teacch, ABA, Denver Model) ou approche psychanalytique ???? Pour ceux qui prônent la mixité des approches ils n’ont pas bien compris, je pense, les divergences théoriques…assez inconciliables entre les deux manières de penser… Evitons les syncrétismes et les fausses solutions ! Place plutôt au débat !

07:28 Publié dans Autisme - alors ça bouge ou pas ? | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | Pin it! |

17/09/2011

Dépistage précoce de l’autisme : un questionnaire pour les parents

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Rapide à remplir par les parents, facile à analyser par les médecins, un questionnaire distribué en cabinet lors de la visite des 12 mois pourrait permettre un diagnostic et un traitement ultraprécoces de l’autisme.1Le questionnaire CSBS DB[*], qui contient 24 questions regroupées en différentes catégories – aptitude à communiquer, habileté, compréhension – a été testé au Centre d’excellence sur l’autisme de l’Université de Californie à San Diego. Qu’apporte cette méthode peu coûteuse en temps et en argent ? Entretien avec Hilary Wood, psychologue responsable du Centre de consultation spécialisée en autisme de l’Office médico-pédagogique à Genève.

Propos recueillis par Marina Casselyn

Sur plus de 10 000 enfants ayant participé à l’étude, 32 ont reçu un diagnostic provisoire d’autisme, 56 de retard de langage, et 9 de retard du développement. Comment être sûr de la qualité de ce test ?

Comme pour tous les questionnaires, les résultats ne sont jamais complètement fiables : on peut obtenir deux réponses opposées en formulant différemment la même question. Ce test CSBS DB, qui vient compléter les tests dont nous disposons déjà, n’est donc pas à 100% prédictif, mais il a une très haute sensibilité, ce qui représente une vraie promesse.

Un dépistage systématique chez des enfants aussi jeunes peut-il être efficace ?

Oui. Il est très important que nous disposions d’une structure permettant de dépister les enfants dès leur plus jeune âge. Cependant en Suisse, ce type de dépistage n’est pas encore suffisamment utilisé. Actuellement, l’identification précoce se fait rarement avant 10 mois, car il ressort de nombreuses études que peu de symptômes sont observables avant cet âge. Dès 11-14 mois, on peut observer ce que j’appelle des «drapeaux rouges», de réelles alertes.

Faudrait-il traduire ce questionnaire en français, pour que les pédiatres romands puissent le distribuer aux parents ?

Utiliser le CSBS DB en Suisse pourrait effectivement permettre un dépistage encore plus précoce. Le M-CHAT[**], utilisé pour les enfants âgés de 16 à 30 mois, est déjà traduit en français. Il est important que les parents et les pédiatres aient accès à des outils d’évaluation dans leur langue.

Vers quel âge peut-on dépister de façon sûre le spectre autistique ?

Toujours avant trois ans. Et dans la plupart des cas, l’autisme est présent de façon évidente dès l’âge de 18 mois. Plus les symptômes sont sévères et plus le trouble est détecté précocement.

Cinq des 32 enfants dépistés par le test ne présentaient plus de signes de la maladie après avoir bénéficié d’une intervention précoce. Pour expliquer ce phénomène, les auteurs n’excluent ni la possibilité de faux positifs, ni les effets correcteurs de la thérapie. Qu’en pensez-vous ?

La possibilité d’une diminution des symptômes après qu’un enfant a bénéficié d’une intervention très précoce a du sens. L’enfant autiste naît avec une différence cérébrale qui l’attire vers certains stimuli, comme les mouvements circulaires d’une roue, d’un lave-linge, au lieu de stimuli sociaux comme la voix de sa mère par exemple. Une véritable rupture développementale se crée, suivie d’une cascade d’événements délétères car au lieu d’apprendre en permanence, le cerveau se focalise sur des informations moins pertinentes. Plus on attend, plus l’enfant passe à côté des opportunités d’apprendre et de développer une compréhension sociale. Une intervention précoce, notamment sur le «cerveau social», permet, en théorie, d’interrompre ce processus et de réorienter le développement du cerveau. L’enfant – puis l’adulte – pris en charge précocement, bien qu’ayant toujours des traits autistiques, voit ses capacités cognitives et sociales extrêmement améliorées.

Quels sont les obstacles à la prise en charge précoce des enfants autistes ? Le retard de diagnostic. Souvent, les parents entendent un «wait and see» de la part de leur pédiatre, même lorsqu’ils sont réellement préoccupés. Et lorsque l’enfant est référé pour un dépistage, il y a généralement une longue liste d’attente ou un manque d’accès à une évaluation diagnostique. L’âge moyen du diagnostic aux Etats-Unis se situe autour des trois ans. En Suisse, on ne connaît pas le nombre d’enfants avec autisme ni l’âge moyen du diagnostic. Cependant, une étude de 20092 effectuée sur trente-trois jeunes adultes autistes par le Pr Evelyne Thommen, de la Haute école de travail social et de la santé du canton de Vaud, suggère que le diagnostic se pose assez tard, avec un âge moyen de sept ans. Je reçois parfois des adolescents de 15 ans pour qui l’on n’a toujours pas eu de diagnostic. Dans l’étude, les auteurs rapportent que certains parents d’enfants dépistés ont refusé le moindre traitement. Cela m’est arrivé également, bien que rarement. La plupart du temps, je rencontre des parents qui ont désespérément besoin d’aide pour leur enfant, et qui sont très motivés pour entrer dans un programme d’intervention précoce, mais très peu de centres offrent de tels programmes en Suisse.

Les 137 pédiatres ayant participé à l’étude continuent à utiliser le questionnaire dans leur cabinet. Quel serait votre message aux pédiatres suisses ?

L’autisme n’occupe pas une place suffisante dans la formation des pédiatres, si l’on considère le nombre d’enfants touchés. Car ce trouble du développement n’est pas rare : il concerne un enfant sur cent dix. Ce que je conseillerais, c’est qu’au moindre doute, un pédiatre utilise une check-list telle que la CSBS DB pour les bébés de 12 mois, ou la M-CHAT pour ceux âgés de 16 à 30 mois. De la même façon, si les parents se posent des questions – sur un manque d’interactions sociales, une absence de babillage ou la présence de comportements répétitifs – ils ne doivent pas hésiter à consulter un spécialiste.

Bibliographie

  1. Pierce K, et al. Detecting, studying, and treating autism early : The one-year well-baby check-up approach. J Pediatr 2011. Edition en ligne du 19 avril.
  2. Zoppetti A. Pour une meilleure intégration des personnes autistes. Fonds national suisse. Horizons. 2009, 18.


[*] Communication and symbolic behavior scales developmental profileTM, sur www.brookespublishing.com/store/books/wetherby-csbsdp/CSBSDP_Checklist.pdf. [**] The Modified Checklist for Autism in Toddlers.

 

 

Source: http://rms.medhyg.ch/numero-308-page-1776.htm

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