• Es-tu atteint de "neurotypicité"?

    Pourrions-nous réfléchir un peu aux qualificatifs suivants :

    • Personne affectée d’autisme
    • Personne atteinte d’autisme

    Bientôt dira-t-on : personne « malade » d’autisme ?

     

    Il serait plus juste de dire :

    •  une personne autiste

    ou encore

    •  une personne avec un TSA (Trouble du spectre de l’autisme)

    ou encore

    • une personne avec autisme.

    Pas besoin de qualifier une condition…

    Réfléchissons : dirait-on que vous êtes une personne « atteinte » de neurotypicité ? ou « affectée » de neurotypicité ou encore « malade » de neurotypicité … ?

    Bien qu’en y réfléchissant un peu …

    Ironie, à part, ce serait bien de commencer à faire attention à notre manière de nous adresser aux personnes autistes ou d’en parler.

    Et d’ailleurs, ne parlons pas sur elles sans elles…

    Il est vrai toutefois que souvent le mot « atteinte » a pris une connotation quasi neutre depuis le temps qu’on l’emploie, y compris par des spécialistes, par des associations, etc. …  il est la plupart du temps le résultat d’une traduction de l’anglais où le mot a une autre valence. Mais cette réalité ne nous exempte pas tous de nous interroger sur le sens des mots que nous employons.

    Les mots sont le reflet d’une pensée.

    Autre exemple : percevez-vous une différence entre « prendre en charge » une personne autiste et « accompagner » une personne autiste ?

    Je pense que les parents sont de plus en plus sensibles à la manière dont les professionnels parlent de leur enfant et s’adressent à lui.

    Autre exemple : lorsque les personnes autistes sont devenues des adultes, pensez-vous qu’elles ont besoin  d’un « éducateur » ou plutôt d’un « coach » ?

     

    Ce n’est pas qu’une histoire de mots. C’est une question de conception, de vision du handicap dont il est question ici. L’autodétermination en est le fondement. Et l’autodétermination est le fer de lance de l’inclusion.

    Et si vous voulez rire franchement un peu de vous-même en tant que neurotypique, je vous conseille vivement cette lecture : ICI

     

    5 minutes de vérité et de bonheur absolu  ;-)

     

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    PS : Les personnes autistes désignent les personnes non-autistes  par le terme de « neurotypique ».

     

    Source de l'image: https://spectredelautisme.blogspot.com/2014/11/syndrome-neurotypique.html

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  • L'inclusion, ce n'est pas de l'intégration !

    En pleine réflexion sur l’école inclusive, on voit surgir dans toute la Romandie des commentaires à ce sujet. Tant mieux.

    Terme rendu quasi obligatoire par la pression internationale, le terme « inclusion scolaire » est toutefois souvent évidé de son vrai sens.

    Pourquoi ?

    Voilà qu’un élève passant quelques heures par semaine en classe ordinaire est considéré comme un élève en inclusion. C’est faux. Cet élève est en intégration. Ce n’est pas exactement la même chose ni sur le plan sémantique ni sur le plan plus politiquement  des statistiques.

    Pour les personnes peu habituées à ce genre de distinction, voici un schéma qui résume bien les choses.

     

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    Il me semble que c’est très clair.

    Mais je peux aussi fournir sur demande toute une longue série d’articles, livres, études, etc. qui parlent de cette distinction. Je pense que sur le plan scientifique, il n’est pas du tout possible de les confondre.

    Donc la question est : pourquoi confond-on encore les termes de  « inclusion » et d’« intégration ». A quoi cela rime-t-il ?

    Je laisse chacun répondre à cette question.

    Le plus intéressant selon moi est de s’interroger sur les conséquences pour l’élève autiste d’être soit en inclusion, soit en intégration. Qu’est-ce qui POUR LUI est le plus adapté ? Et qui décide ? Quelles compétences a la personne qui décide ?

    Indépendamment du fait que je pense que tous les élèves devraient être en inclusion, quel que soit leur niveau d’autisme, il faut toutefois actuellement tenir compte du contexte romand.

    L’école inclusive, la société inclusive est possible, puisque nous avons des modèles qui existent et fonctionnement depuis plus de 30 ans dans d’autres contrées européennes. Voir ici : GAUTENA.

    Mais  dans ces contrées, cela fonctionne parce qu’il y a TOUS les prérequis, ce qui n’est pas encore le cas en Romandie. Donc, il faut partir d’où on est.

    Quels sont les prérequis ? C’est assez simple au fond :

    • Avoir des cours d’introduction à l’autisme dès la formation initiale dans toutes les écoles concernées (Université, HEP, HETS, etc.)
    • Pour les personnes qui souhaitent se spécialiser dans l’accompagnement en milieu ordinaire, avoir un module universitaire spécifique « comment accompagner les personnes en situation de handicap en milieu ordinaire » (si jamais…il y a déjà des Universités qui le proposent…il n’y aurait qu’à contextualiser à nos cursus…)
    • Rendre obligatoire les formations continues dans le domaine de l’autisme (ou autre domaine selon les personnes avec lesquelles on travaillera) avec un suivi obligatoire en « analyse la pratique »
    • Avoir des formations continues régulièrement dans un domaine plus spécifique. Par exemple, accompagner un élèves autiste en classe, accompagner un enfant dans ses loisirs, accompagner un adulte dans sa formation professionnelle, accompagner un adulte dans l’apprentissage de sa vie résidentielle, etc.

    La liste n’est pas complète, évidemment, mais elle donne déjà quelques pistes.

     

    Pour l’instant, le plus important c’est déjà de clarifier que l’intégration ce n’est pas de l’inclusion et lorsqu’un un élève va quelques heures en classe, il faudrait uniquement parler d’intégration et en indiquant clairement le nombre d’heures/semaine. Ce n’est pas la même chose de faire 1h/ semaine que 2 ou 3 ou 10h…

     Enfin, il n’y a pas à juger un système, mais il y a à être clair : pour l’instant et peut-être pour longtemps, c’est l’intégration qui prend le dessus en Romandie. Et bien partons de cette réalité.

     

    C’est en partant de la réalité qu’il est possible de la renouveler un jour.

     

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